RésistanceS 30-11-2008

Delacroix... gammée ?


L'« affaire Delacroix » a suscité une vague d'indignation bien compréhensible. Sa source : la diffusion en novembre d'une immonde séquence vidéo, où Michel Delacroix, avocat, sénateur et désormais président ff démissionnaire du Front national rénové, fredonne une chanson antisémite. Occasion de rappeler ses liens avec Léon Degrelle et son ex-bras-droit, le commandant Vermeire, ainsi que l'ex-chef du Zoon... le Zwarte orde-Ordre noir !


De 1989 à 1994, le président ff du Front national rénové a été un intime de Léon Degrelle, le vieux chef nazi belge, ici en 1992 avec d'autres militants et dirigeants de l'extrême droite belge et étrangère.


Grâce à ce document vidéo exceptionnel, la face cachée de Michel Delacroix a été découverte avec effroi par ceux qui pensaient que son cv politique était nickel, contrairement à ceux de bien d'autres dirigeants d'extrême droite. Depuis plusieurs années, la « droite nationale » (sic) développe une énergie folle pour mettre en avant des personnalités sortant de la « galaxie facho-nazie » habituelle. But : éviter toute diabolisation. C'est pour cette raison qu'en avant-garde du FN-bis (Féret avait adopté la même attitude en 1995) se trouvent, comme des chevaux de Troie, des ex-libéraux du PRL ou des sociaux-chrétiens du PSC. Delacroix était un de ces prototypes. L'homme idéal. BCBG et passe partout. Et pourtant...

1989 : Delacroix rencontre Degrelle
En 1994, il avait déjà fait la une de l'actualité. Quand des armes de guerre furent découvertes chez lui. Au même moment, des informations se diffusèrent sur les liens politico-amicaux de Delacroix avec Léon Degrelle, le chef de l'extrême droite belge des années 1930, devenu dirigeant de la « SS Wallonie » sous les ordres des nazis et exilé depuis 1945 en Espagne. Delacroix connaissait effectivement fort bien Degrelle. Le 12 juin 1989, il avait participé, en Espagne, à une rencontre secrète entre le vieux chef nazi belge et une délégation de plus de 200 « anciens soldats » de sa « Division SS Wallonie», de nostalgiques du rexisme et d'autres nervis de la croix celtique.

C'est l'association les Bourguignons, rassemblant d'ex-SS wallons et bruxellois, qui était à l'origine de cette rencontre historique. Après ces retrouvailles, Michel Delacroix resta en relations étroites avec Degrelle. Ensemble, ils eurent le projet d'entamer une action judiciaire en révision des condamnations prononcées contre Degrelle après la guerre.

Leur idée folle capota cependant. Mais pas les liens de Delacroix avec l'ex-général SS et ses derniers partisans, comme Jean Vermeire. Officier de la SS wallonne durant la guerre 40-45, Vermeire fut le plus fidèle bras-droit de Degrelle et le responsable des Bourguignons (qui ne compteraient plus qu'une dizaine de membres de nos jours). Delacroix restera en très bons termes avec Jean Vermeire. Ils participeront même ensemble à un meeting du Front national de Daniel Féret, dans la région de Mons. Mais seul, Delacroix s'engagera pour finir dans les rangs frontistes. En août dernier, Michel Delacroix rencontrait encore le « commandant » Jean Vermeire pour se rappeler ensemble de bons souvenirs.

Un ami de l'Ordre noir
Pour en revenir à l'immonde vidéo ayant médiatisé la face cachée du Front national en général et de Delacroix en particulier, il faut savoir que la personne figurant à ses côtés, un certain Luc Vankeerberghen, est comme la presse l'a signalé, un mandataire communal du Vlaams Belang. Depuis lors exclu du VB, pour faire bonne figure.

Le même individu est également l'ancien dirigeant d'un groupuscule néonazi des années 1980. Le nom de celui-ci : Zwarte orde-Ordre noir (Zoon). Le Zoon avait jadis organisé une campagne de terreur contre les immigrés et des mosquées. Cet « ordre noir » fut proche de la mouvance du WNP, une organisation terroriste néonazie liée aux services secrets américains ! L'ami de Delacroix en question fréquentait aussi le Front de la jeunesse (FJ) et le VMO, les principaux groupes néonazis – francophone et flamand - de cette époque.

En 1986, Vankeerberghen devint le président de l'association SOS Agression, mise sur pied par des membres du Parti des forces nouvelles (issu du FJ) et de futurs cadres du Front national féretiste. Le nom de Luc Vankeerberghen aurait encore été cité dans le dossier de l'attentat du journal de gauche « Pour » en 1980. Michel Delacroix avait été l'avocat du chef du commando responsable de ce crime, Yves T, dit « Popeye ». C'est à cette occasion qu'il aurait rencontré « Rocky », le pseudonyme dans le milieu néonazi de Luc Vankeerberghen... Ah oui ! il y a quelques années, des militants d'extrême droite avaient surnommé Michel Delacroix « Delacroix gammée ». Un surnom justifié ? A vous de juger...

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 30 novembre 2008.

Enquête sur le Front national - chanson antisémite et Ordre noir
Un dossier de Manuel Abramowicz
Avec Nadia Geerts

 

Au sommaire de ce dossier :

Etat des lieux : l'extrême droite dans une voie sans issue ?

Chanson antisémite à la tête du «nouveau» FN

Delacroix... gammée ?

Portrait du Zwarte orde-Ordre noir (Zoon)

Fachos et pognon

Georges-Pierre Tonnelier et l'extrême droite : c’est fini

 


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également sur RésistanceS.be :

Les liens du président Front national and C° avec un hitlérien...

Il y a deux Front national en Belgique

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