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RésistanceS 30-11-2008 |
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Etat des lieux L'extrême droite dans une voie sans issue ?
En Belgique, le Vlaams Belang n'est plus du tout un parti en perpétuelle croissance : il stagne et diminue même depuis les derniers scrutins. Une situation inédite qui débouche sur de nouvelles tensions au sein de sa direction. Les conflits internes risquent d'atomiser ce bloc, jusqu'à présent uni autour de ses chefs charismatiques. L'arrivée dans le paysage politique d'un concurrent de taille, Jean-Marie Dedecker et son parti populiste et nationaliste flamand, explique pour une part la perte du leadership du VB sur l'ultra-droite flamingante. Du côté de l'extrême droite belge francophone, cela fait longtemps que les zizanies et les complots endogènes la minent de l'intérieur. Depuis sa création en 1985, le Front national propose une saga à rebondissements, où les intrigues, les stratégies de déstabilisation, les divorces et autres scissions sont monnaie courante. Le FN de Daniel Féret – son fondateur et propriétaire auto-proclamé – s’est constamment singularisé par ses dysfonctionnements et son incapacité à se développer en un véritable parti, malgré ses succès électoraux.
Comme l'autre, le FN-bis est une « auberge espagnole » où se côtoient des individus provenant de divers milieux politiques : poujadistes, intégristes catholiques, transfuges de partis traditionnels (de l'ex-PRL et de l'ancien PSC), mais aussi du PFN, du Vlaams Belang ou du Parti communautaire national-européen, une formation d'obédience national...bolchévique ! C'est les cas des députés régionaux Patrick Sessler (également secrétaire-général du FN-bis) et Jean-Pierre Borbousse. Après son passage au PCN, le même Borbousse fit encore un tour au Parti du Travail de Belgique, une formation d'extrême gauche... Ce cocktail hétéroclite produit donc des réactions parfois difficiles à maîtriser. Le nouveau FN est traversé par des pratiques intrinsèques à l'extrême droite : règlements de compte, complots ourdi clan contre clan, divisions internes, sabotages... De plus, l'image négative du FN de Féret déteint sans cesse sur le « Front » des réformateurs, pour cause de confusion. Les révélations récentes sur l'engagement négationniste de Patrick Cocriamont, député et président ff, depuis le 21 juin passé, du Front national d'origine, salissent le portrait clean que se donnent les dirigeants néofrontistes. Pire : la diffusion récente d'une vidéo de vacances (datant de 2000) montrant le président ff du « FN rénové » Michel Delacroix fredonnant une chanson antisémite n'a pas arrangé le plan de marketing qu'il avait planifié pour gagner la première place au hit-parade de la droite nationaliste et identitaire à Bruxelles et en Wallonie. Camoufler la nature nazie
Résumons : le VB n'est plus un parti menaçant directement l'équilibre politique en Flandre, depuis sa diminution aux dernières élections et l'arrivée de la Lijst Dedecker (LDD) chassant le même électorat. L'annonce de l'apparition d'un nouveau parti populiste et démagogique, comme celui de Rudy Aernoudt, pourrait également représenter un concurrent pour le FN en Wallonie. Un FN fracturé en deux fronts distincts. Les révélations sur les racines néonazies de ces partis ne cesseront pas. Les élections régionales et européennes qui approchent à grand pas, ne garantiront pas aux deux FN de pouvoir déposer des listes électorales et d'avoir des élus. Pendant ce temps, divers groupuscules sont déjà en embuscade pour les remplacer le jour venu. C'est le cas du mouvement Nation ou de « Wallonie d'abord », le nouveau nom de Force nationale, une énième dissidence du FN de Féret. Mais ces pseudopodes du frontisme restent condamnés à garder leur profil marginal et folklorique, l'électeur préférant toujours l'original à la copie. Le rendez-vous électoral du mois de juin prochain sera donc décisif pour savoir si l'extrême droite représente toujours une menace dans le paysage politique belge. D'ici là, elle continuera à proposer le show politique qu'elle s'est habituée à animer depuis belle lurette Manuel Abramowicz © RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 30 novembre 2008 |
Enquête
sur le Front national - chanson antisémite et Ordre noir
Au
sommaire de ce dossier : • Chanson antisémite à la tête du «nouveau» FN • Portrait du Zwarte orde-Ordre noir (Zoon) • Georges-Pierre Tonnelier et l'extrême droite : c’est fini
Sur le(s) Front national, lire également sur RésistanceS.be : • Les liens du président Front national and C° avec un hitlérien... • Il y a deux Front national en Belgique • Etat des lieux de l'extrême droite francophone
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