Réponse
aux intoxications de l'extrême droite
Le national-socialisme contre le socialisme
Les nazis se présentèrent comme les protecteurs
du peuple allemand. Par leur discours et slogans populistes, ils manipulèrent
l'opinion publique. Ce qui permit à Hitler de prendre le pouvoir...
avec le soutien de la droite nationale conservatrice et une majorité
du patronat allemand. Le système capitaliste resta la référence
du Reich nazi.

Sur cette photomontage –
intitulée « La signification du salut hitlérien
» - de John Heartfield ont peut lire « Des millions sont
derrière moi ». L'artiste allemand en résistance
y dénonce ici les liens d'Hitler avec une bonne partie du patronat
allemand. Dès les années 1920, les nazis se sont occupés
de la répression des mouvements révolutionnaires anticapitalistes.
Ce sont des dirigeants de la droite nationaliste allemande - se restructurant
après la Première Guerre mondiale – qui sont à
la base d'une nouvelle doctrine idéologique, le national-socialisme.
Ensuite, Adolf Hitler va incarner cette idéologie en devenant
le führer du NSDAP, le Parti national-socialiste des
ouvriers allemands. Programme politique, philosophique et économique,
il propose l'instauration d'un système étatique de nature
dictatoriale. La construction d'un Ordre nouveau est le modèle
du national-socialisme pour diriger les Allemands et soumettre leurs
ennemis. Opposants radicaux des marxistes révolutionnaires
allemands – l'Allemagne de l'après 1914-1918 est traversée
par une guerre civile -, le NSDAP propose un contre socialisme. Un
socialisme de type national rejetant l'internationalisme, la quintessence
du socialisme théorisé par Karl Marx et Friedrich Engels.
Nazis au service du capitalisme
Par des analyses poussées du national-socialisme,
établies sur la base des ouvrages de base en sciences économiques,
les conclusions purent très vite être tirées :
le programme politique et économique du NSDAP était
très éloigné des théories égalitaristes
du socialisme. La solidarité et la lutte des classes furent
en effet bannies de l'idéologie portée par Hitler. Celui-ci
proposait à leur place une exclusion totale des plus faibles
et la collaboration de classes, entre les ouvriers, les employés
et les patrons, et ce dans un seul objectif : le renforcement de la
Nation. Les contradictions et les exploitations entre les catégories
sociales devaient être bannies. Or, elles allaient continuer
à exister sous le IIIe Reich. Le socialisme, dans sa version
hitlérienne, ne proposait pas, contrairement à Marx,
Engels, Lénine... la destruction du système capitaliste.
Un système considéré comme l'élément
premier de l'aliénation de la classe ouvrière.
Les nationaux-socialistes prônaient
l'édification d'un capitalisme d'Etat, sous le contrôle
des nouvelles autorités de Berlin dès 1933. Un capitalisme
qui continuait à permettre un processus de salariat injuste.
C'est pour cela que les hitlériens reçurent le soutien
d'une grande partie du patronat et de la droite conservatrice, allemands
comme étrangers (notamment américains).

Couverture du magazine
français Télérama (novembre 2007). Hitler
a dynamisé un spectacle de diversion pour aliéner le
peuple allemand et le soumettre au profit de la finance...
Opération manipulation
Le national-socialisme n'avait donc rien de socialiste, d'autant
plus qu'il se basait sur des théories racistes. L'utilisation
et l'exploitation de ce terme ne comportaient qu'un but stratégique
: séduire les ouvriers, constituant la majorité des
travailleurs, afin de les récupérer comme électeurs
– la seule solution pour devenir un parti de masse et gagner
les élections. Ce qui permit d'ailleurs au NSDAP d'accaparer
le pouvoir par scrutins interposés. Grâce aux électeurs
venant de la classe ouvrière, mais également grâce
à ses alliances post-électorales avec des partis conservateurs
de la droite nationale allemande, singularisés par leur opposition
radicale au socialisme.
La stratégie de manipulation des
masses par le NSDAP peut être résumée par cette
phrase : « Nous avons choisi la couleur rouge pour nos affiches
après mûre et solide réflexion, pour faire enrager
la gauche, pour provoquer son indignation, et pour l'amener à
venir à nos réunions, ne fût-ce que dans le but
de les saboter, parce que c'était la seule façon de
nous faire entendre de ces gens-là ». Cette phrase
- avouant l'opération d'intoxication et la fausse nature de
gauche du parti nazi - est extraite de Mein Kampf , le livre-manifeste
d'Adolf Hitler. Afin de distinguer le national-socialisme du socialisme,
l'utilisation des termes nazi et nazisme lui seront préférés.
Certains disciples de l'hitlérisme,
plus tard, agiront comme le NSDAP en choisissant un « label
» nationaliste-révolutionnaire pour s'autodésigner.
Une fois de plus, ils ne seront « révolutionnaires
» que de nom... et resteront les « domestiques »
de l'ultradroite conservatrice et rétrograde. Avec pour unique
but de rassembler sous leur égide des rebelles du système
pour encore mieux les encadrer, contrôler et pour finir les
désamorcer en les remettant de manière disciplinée
dans les rangs de la majorité silencieuse.
Alexandre Vick
© RésistanceS – Observatoire
belge de l'extrême droite – www.resistances.be –
info@resistances.be – Article mis en ligne le 14 février
2008.
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