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Le NSV, un cercle
étudiant nationaliste, a trente ans
VB-NSV, des liens pour un Ordre nouveau
Le Vlaams Belang d'aujourd'hui
jure ses grands dieux qu'il n'est plus le Vlaams Blok de hier. Du
passé faisons table rase, clame la jeune génération
dirigeante du VB conduite par Filip Dewinter. Issue des rangs du NSV,
une bonne partie de la direction VBiste fêtera ce 18 novembre,
à Anvers, le trentième anniversaire d'existence de ce
cercle d'étudiants nationalistes adeptes de la croix celtique,
comme les néonazis...

Des étudiants du NSV en
présence de militants de l'Assaut et de la Jong wacht, deux
groupuscules néonazis héritiers du Vlaamse militanten
orde (VMO), après une manifestation nationaliste © photo
RésistanceS.
Ce samedi 18 novembre, le Nationalistische Studentenvereniging (NSV,
cercle des étudiants nationalistes) va fêter, dans la
ville d'Anvers (son principal fief), ses trente années d’existence
en présence de dirigeants du Vlaams Belang (VB). Une preuve
de plus des connexions maintenues entre le VB et le NSV.
Le président du comité d’organisation
de cet anniversaire est par exemple Filip Dewinter en personne, le
big-boss charismatique du VB. Comme lui, plusieurs hauts dirigeants
du parti d'extrême droite flamand proviennent du NSV. Une organisation
d’extrême droite marquée par son radicalisme et
ses multiples liens historiques avec le milieu néonazi, négationniste
et antisémite. Une preuve encore que le VB reste un parti bien
différent des autres. Et qu'à la moindre occasion, le
naturel revient rapidement au galop.
Une jeunesse pure et dure pour
le Blok
Officiellement, le Nationalistische Studentenvereniging n’a
aucun lien avec des partis politiques. Concrètement : il n'est
rien moins qu'un mouvement étudiant lié directement
au Vlaams Blok/Belang. Comme son histoire l'enseigne.
Le NSV est une scission du Katholieke vlaams hoogstudenten
verbond (KVHV) apparue en 1976. Le clash au sein de cette association
d’étudiants catholiques se produisit après un
long conflit entre sa tendance modérée, conduite par
Bart Vandermoere (de la Volksunie, le principal parti nationaliste
flamand de l'époque), et les ultras, menés par Edwin
Truyens. Peu de temps après, Edwin Truyens fera partie du premier
cercle des dirigeants du Vlaams Blok, fondé en 1978. Promu
économiste du nouveau parti, il sera le responsable de son
service d’études. Tout en étant le représentant
officieux de la tendance catholique intégriste du Blok. Presque
tout membre du VB qui se respecte et qui a entrepris des études
après 1976, était ou est encore membre du NSV. «
Onze Levensbeschouwing », son manifeste, publié en 1982,
fut écrit par Edwin Truyens et Hans Carpels, un autre cadre
blokker. En 1984, ce dernier succéda à Truyens au poste
de président du NSV.

Avant de devenir le dirigeant
du NSV, le big-boss actuel du Vlaams Belang, Filip Dewinter, le fut
du NjSV, la branche lycéenne du cercle des étudiants
nationalistes adeptes de la croix celtique (document : Archives Hugo
Gijsels - RésistanceS).
Le
programme de cette association étudiante se réfère
au national-solidarisme. Cette idéologie est apparue en Flandre
dans les années trente. C'est un corpus doctrinal adapté
du national-socialisme allemand. En grande partie, le programme du
NSV est une transcription quasi mot pour mot, à la fois du
manifeste de Were Di (un cercle de réflexion idéologique
national-socialiste, dissout il y a quelques jours) et de celui du
Vlaams Blok (issu idéologiquement de Were Di). Dès ses
premières années de combat, le NSV revendique l’amnistie
inconditionnelle des ex-collabos, va lutter contre le socialisme,
le communisme et l’avortement. Son modèle de société
se base sur un système d’apartheid, afin de garantir
la « pureté de la race ». Comme le VB, le NSV rêve
d'une Flandre indépendante, construite par une « communauté
homogène »... soit une « race pure ».
Filip Dewinter, leader et référence
Tout en accord avec leur manifeste raciste, les membres du
NSV font régulièrement parler d’eux. La plupart
du temps lors de manifestions violentes ou d'actions commando contre
des cibles de gauche (militants, cafés, piquets de grève,
manifestions, locaux de réunion…). Les personnes d'origine
étrangère sont également parmi les cibles du
NSV. Dans ses premières années d’existence, une
collaboration intense s’était établie sur le terrain
avec la plupart des groupes d’action nationaliste, comme le
VMO de Bert Eriksson, le Taal aktie komité (Tak) ou le Voorpost.
Ce dernier groupe est dirigé par des dirigeants du Vlaams Blok,
comme Roeland Rae (vice-président de 1978 à 2000), Francis
Vanden Eyden (député fédéral), Luk Vermeulen
(responsable de son service de sécurité)...
Six ans après sa création, le NSV
va se doter d'une branche active dans les écoles secondaires,
le Nationalistische jongstudenten verbond (NjSV). Cette association
est la continuation, mais sous un autre nom, du Vlaamse scholieren
actie groepen (VSAG). Le changement de dénomination fut réalisé
par Filip Dewinter, dirigeant de l’époque du VSAG. Ensuite,
le même Dewinter siègera à la présidence
nationale commune du NSV-NjSV et dirigera par après le NSV,
durant ses études en journalisme à Anvers. De la direction
du NSV, il passa directement à celle du Vlaams Blok en 1983-84.

Comme le Vlaams Blok/Belang, le Nationalistische
Studentenvereniging veut que la « Belgique crève »
en explosant. Cette affiche du NSV est-elle un appel au terrorisme
? (document : Archives-RésistanceS).
A
l'instar de Filip Dewinter, plusieurs importants dirigeants et élus
actuels du VB firent donc leur endoctrinement politique au NSV : Frank
Vanhecke, Joris van Hauthem, Karim van Overmeire, Jurgen Ceder, Koen
et Marijke Dillen, Bart Laeremans, Erik Arckens, Dominiek Lootens
et bien d'autres. Le principal agent de liaison entre le NSV-NjSV
et le Vlaams Blok fut Luc Dieudonné, alias Jan Stalmans. Dans
ce milieu, ce personnage de l’ombre est également connu
sous le pseudonyme de « Herakles ». Cet adepte d’opérations
barbouzes collaborait régulièrement Branding, le bulletin
du NSV. Pour l’anecdote : auparavant, ce dernier avait pour
titre Signaal… comme celui de la propagande allemande nazie
durant l’Occupation.
Ce 18 novembre, le Nationalistische Studentenvereniging
fêtera son trentième anniversaire d'existence et de combat
pour le nationalisme nostalgique de l'Ordre nouveau... en présence
du gratin du Vlaams Belang. Un parti comme un autre ?
Wim HAELSTERMAN
A propos de cet article
L'auteur de celui-ci, Wim Haelsterman, est l'un des premiers
correspondants flamands de RésistanceS. Il a été
une première fois publié, sous le titre de « Pures
& dures ! Historique des jeunesses nationalistes flamandes de
1947 à 1997 », dans RésistanceS (revue imprimée),
numéro 0, mai-juin 1997, pages 13 à 17. ll a été
revu, raccourci et réactualisé par Alexandre Vick en
novembre 2006.
Des étudiants
violents au service du VB
Le NSV
se présente comme un « syndicat étudiant
». Il a toujours été caractérisé
par sa violence et ses discours ouvertement racistes. Et par
ses connexions avec le Vlaams Blok/Belang.
Le Nationalistische
Studentenvereniging est présent sur plusieurs campus
universitaires en Flandre (essentiellement à Anvers,
Gand et Louvain) et à Bruxelles (à la VUB et dans
plusieurs Hautes-écoles). Ses principaux alliés
sont des groupes d’action comme le Tak et le Voorpost.
Dans les années 70-80, il agissait - main dans la main
- avec le VMO… une « milice » flamingante
et néonazie. Il avait alors aussi des contacts militants
et politiques avec les francophones du groupe néonazi
l’Assaut.
Occident
néonazi comme référence
En France, le Gud (Groupe union défense), un «
syndicat » étudiant actif à la faculté
d’Assas (Paris) était le correspondant français
du NSV. Aujourd’hui dissout, le Gud se fit connaître
par ses actions commando ultra violentes contre ses adversaires.
Il inspira fortement le NSV, comme le mouvement Occident, d'obédience
néonazie et interdit par les autorités françaises
en 1968, suite à ses habituels bagarres de rue avec les
gauchistes, entre autres de la Ligue communiste révolutionnaire.
La nostalgie de cette époque
violente reste cultivée. Une affiche actuelle du NSV
reprend entièrement l’affiche légendaire
d’Occident, adaptée à la « sauce flamande
». Le NSV se considère comme l’héritier
direct de cette mouvance étudiante nationaliste, néofasciste
et pour qui la violence peut être un mode d'action régulier.


D'abord
l'affiche actuelle du NSV, en-dessous celle d'Occident, un mouvement
néonazi, dissout par les autorités françaises
en 1968 et référence des étudiants du Vlaams
Belang. L'affiche d'Occident trônait dans le bureau personnel
de Filip Dewinter (documents : RésistanceS).
Soutenues
par les responsables du Vlaams Belang de Filip Dewinter, les
manifestations du NSV se terminent le plus souvent en batailles
rangées autour du slogan « Belgïe barst »
(Que la Belgique crève). La branche active dans les écoles
et lycéens du NSV, le Nationalistische jongstudenten
verbond (NjSV), diffusait en 1996 des autocollants reprenant
le logo de Combat 18, un groupe néonazi anglais terroriste.
Un autre autocollant, à la même époque,
proclamait que le « révisionnisme n’est pas
illégal », un an après le vote de la loi
anti-négationniste.
Filip Dewinter fut le premier président
du NjSV, puis devint l’un des dirigeants les plus marquant
du NSV. Aujourd’hui, il reste le leader charismatique
et historique de ce « syndicat » étudiant
ultra violent et néofasciste. Une preuve encore que le
Vlaams Belang reste le Vlaams Blok, avec ses références
politiques les plus nauséabondes…
Manuel
ABRAMOWICZ
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© RésistanceS –
www.resistances.be – info@resistances.be - Bruxelles –
17 novembre 2006
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Dirigés par Filip Dewinter, le NjSV et le NSV sont
des adeptes de la croix celtique... comme les néonazis (document
: Archives Hugo Gijsels - RésistanceS).
Chant de guerre
En toute
camaraderie, le NjSV et le NSV aiment chanter lors de « cantus
». Extrait des paroles d'un de leur chant :
« (…), un
Marocain, (…) et un nègre, un communiste, un étranger,
nous les balançons tous dans leur cercueil /
Un chien rouge avec une grande bouche, nous l'envoyons par le fond
/
Un sale juif, un maoïste, un fransquillon et un socialiste, la
BRT (ndlr : ancien nom de la télévision et radio VRT)
et le syndicat, nous les désossons jusqu'à la moelle
(…) ».
Cité dans «
Le Vlaams Blok » de Hugo Gijsels
(éditions Luc Pire, Bruxelles, 1993, p. 64).
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