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L'extrême droite devant
les tribunaux
Un haut dirigeant du Vlaams Belang condamné
pour négationnisme
Membre-fondateur et vice-président de 1978 à
2001 du Vlaams Belang, Roeland Raes a apporté son soutien manifeste
aux négationnistes. A ceux qui nient, pour des raisons politiques,
le génocide des Juifs commis par la dictature nazie durant
la Seconde Guerre mondiale. Toujours dirigeant et éminence
grise du parti nationaliste flamand d'extrême droite, il vient
d'être condamné par la Justice pour avoir enfreint la
loi antinégationniste de 1995.

Roeland Raes (quatrième en partant de
gauche) sur un tract du Vlaams Blok/Belang pour les élections
européennes de 1994. Les deux derniers à l'extrême
droite sont Franck Van Hecke et Karel Dillen, le deuxième (de
1996 à 2008) et premier (de 1978 à 2006) président
du parti nationaliste flamand d'extrême droite - Document :
Archives Hugo Gijsels/Ceges-Soma.
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, ce 12 décembre,
Roeland Raes pour infraction à la loi contre négationnisme.
Ce haut dirigeant du Vlaams Belang (il fut sénateur de ce parti
et surtout son vice-président de 1978 à 2001 !), a été
condamné à quatre mois de prison (dont trois ans de
sursis), à des dommages et intérêts de 1.000 €,
ainsi que des frais de procédure à verser au Centre
pour l’égalité des chances et la lutte contre
le racisme et au Forum des organisations juives d'Anvers, les deux
parties civiles à l'origine de cette affaire judiciaire.
Un VBiste pro-négateurs à la TV
Le 31 mai 2001, ce dirigeant du VB avait tenu des propos
pronégationnistes lors d'une interview pour le magazine télévisé
hollandais «Netwerk Actualiteitenmagazine» (NCRV). Son
entretien avait été réalisé au secrétariat
national du Vlaams Blok/Belang, à Bruxelles. Le Centre pour
l'égalité des chances a rappelé qu'au cours de
cette interview «Roeland Raes était interrogé
sur ses sympathies pour des ''négationnistes'' qui prétendaient
que les chambres à gaz et le génocide des Juifs ne seraient
qu'un mythe». Roeland Raes mettra également en doute
l’authenticité du «journal d’Anne Frank»,
la jeune juive cachée à Amsterdam puis déportée
avec sa famille par les nazis, dont le carnet de notes fut retrouvé
ensuite par son père, le seul survivant de la famille Frank,
et publié sous la forme d'un livre après la guerre.
Les propos nauséabonds de Raes avaient choqué les organisations
antiracistes. Et manifestement tombaient sous le coup de la loi antinégationniste.
Pour un représentant du Forum
des organisations juives, «le message de Roeland Raes est
évident. Il veut semer le doute sur l’extermination systématique
des Juifs, sur l’existence des chambres à gaz, et même
sur celui du ''Journal d’Anne Frank''. Par ces déclarations,
il justifie et approuve implicitement le génocide et le minimalise
considérablement. Il tente dans ses questions de semer le doute
sans directement nier les choses. Cela a autant d’effets psychologiques
et négatifs que lorsque l’on nie et réfute directement».
Pour le directeur adjoint du Centre pour
l’égalité des chances, Edouard Delruelle, «le
tribunal a opportunément rappelé que nier ou minimaliser
le génocide commis par les nazis est tout simplement une infraction
qui n’est pas tolérable dans une société
démocratique».

Au Vlaams Blok/Belang, les négationnistes
ont été (sont encore ?) nombreux. En premier lieu, le
président-fondateur du parti, Karel Dillen, ici dans les années
1990 en compagnie de son ami français Maurice Bardèche
(à droite). En 1952, Dillen avait traduit, du français
au néerlandais, un ouvrage de ce dirigeant d'extrême
droite d'outre-Quiévrain... le premier livre négationniste
! - Document photo : Archives Hugo Gijsels/Ceges-Soma.
Eminence grise du Vlaams Belang, toujours en 2008
En novembre 2000, RésistanceS.be révélait
que le même Roeland Raes avait déjà tenu des propos
favorables aux négationnistes. Au cours d'une conférence
publique d'extrême droite organisée à Bruxelles,
auquelle assista un membre de RésistanceS.be, le dirigeant
VBiste affirma que le vote favorable de son parti pour la loi antinégationniste,
en 1995, avait été fait par pur calcul politique. Dans
le but d'éviter la poursuite de sa diabolisation dans le paysage
politique. Ce vote en faveur de ladite loi fut «une des
plus graves erreurs historiques» du Vlaams Blok/Belang,
selon Raes. Malgré cette loi, les partisans du négationnisme
sont encore nombreux à l'extrême droite, y compris au
VB. Comme vient de le démontrer la justice belge en condamnant
Roeland Raes.
Egalement dirigeant de Voorpost, un «groupe
d'action nationaliste» qui propageait aussi les thèses
négationnistes à une certaine époque, Roeland
Raes reste toujours pour l'heure une personnalité de premier
plan au sein du Vlaams Belang. Notamment comme l'une de ses éminences
grises. Récemment, Uitgeverij Egmont, les éditions de
cette formation d'extrême droite, publiait son dernier livre
: «60 nationalistische figuren». Un ouvrage réhabilitant,
notamment, d'anciens dirigeants de la collaboration flamande pronazie
durant la guerre 39-45. Comme par hasard, bien entendu...
Manuel Abramowicz
Information
du 23 décembre 2008
Le dirigeant du Vlaams Belang Roeland Raes a annoncé qu'il
irait en appel de sa condamnation pour infraction à la
loi antinégationniste. La suite de cette affaire judiciaire
sur RésistanceS.be... |
© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire
belge de l'extrême droite – www.resistances.be –
info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 décembre
2008 et réactualisé le 23 décembre 2008.
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Dans les années 1990, Roeland Raes avec Hubert Defourny, le
leader de l'extrême droite identitaire wallonne © Photo:
Georges Berghezan
Pour plus d'informations
sur Roeland Raes, lire sur
RésistanceS.be : •
Affaire Roeland Raes (suite et pas fin) :
le Blok est négationniste !
• Roeland
Raes,un idéologue de la «Race»
• L’université
de Gand codirigée par le Vlaams Blok
Sur le négationnisme,
lire
la section de RésistanceS.be
consacrée à ce sujet :
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