|
Après le Parti
socialiste (43 % des voix), Le Front national (17 % des voix)
est désormais le deuxième parti à Charleroi
et le cinquième dans la Région wallonne (avec
8 % des voix). Le 13 juin dernier, à l’occasion
des élections régionales bruxelloises et wallonnes,
le FN a confirmé et ancré sa présence dans
le paysage politique de notre pays. Son succès annonce-t-il
la fin de l’« ère Féret » et
la mise en place d’un véritable parti d’extrême
droite, 20 ans après la création du FN ? Les bons
résultats électoraux sont en effet favorables
à sa tendance pure et dure, qui ne rêve que d’une
chose : bouter Daniel Féret hors du Front.
Lors des précédentes élections régionales
(en 1999), le Front national (FN), présidé depuis
sa créatio n
en 1985 par Daniel Féret, avait connu un reflux important
de son électorat. Le FN subit alors son premier «
Waterloo électoral ». Cette défaite de l’extrême
droite devant l’électeur donna lieu à la
création de nouveaux « clones frontistes »
adaptés à une « ligne politique »
différentiée de celle de Féret : le mouvement
Nation d’Hervé Van Laethem et le Bloc Wallon de
Georges Hupin, Hubert Defourny et Willy Fréson. Aujourd’hui,
le premier s’est transformé en petit groupe d’action
nationaliste, comme le fut le groupe néonazi l’Assaut,
fondé par le même Van Laethem, et le second a totalement
disparu de la circulation, après son échec électoral
aux communales d’octobre 2000.
Malgré une absence totale sur le terrain et un appareil
militant fantomatique, le Front national avait réussi
l’année dernière, à l’occasion
des élections législatives, à se remettre
sur ses pattes, notamment en faisant élire un député
fédéral (Daniel Féret), un sénateur
élu directement et un autre représentant coopté
au Sénat. La remontée électorale du FN
en 2003 annonçait celle du 13 juin dernier. Comme «
RésistanceS » l’avait prédit (relire
l’article introductif de notre dossier Elections 2004
: « Des
élections décisives »).
Une percée « frontiste » partout
en Wallonie
Les résultats du FN du 13 juin dernier se rapprochent,
avec des différences dans certaines circonscriptions
cependant, des résultats obtenus par celui-ci aux élections
régionales de 1995. Sur l’ensemble des circonscriptions
où il déposa des listes, le Front national double
et triple même parfois ses scores par rapport à
ce qu’il récoltait aux précédentes
élections régionales de 1999. Quant aux concurrents
directs du FN, une fois encore, c’est l’échec.
Ils n’ont pas pu attirer à eux une partie des votes
protestataires. Le Front nouveau de Belgique (FNB, une dissidence
du FN devenue aujourd’hui groupusculaire) se maintient
(dans le canton de Mons par exemple avec 1,6 % en 1999 et 1,7
le 13 juin dernier), perd (dans le canton de Molenbeek-Saint-Jean,
il passe de 1,8 à 0,7 %) ou augmente légèrement
dans certaines circonscriptions (dans celle de Tournai-Ath-Mouscron,
il passe de 0,8 à 1,2 %). Les voix perdues du FNB l’on
souvent été à la faveur du FN. Présents
pour la première fois à des élections,
le Bloc national (0,5 % dans la circonscription de Liège)
et la Ligue (0,2 % dans la circonscription de Charleroi) obtiennent
des scores aux ras des pâquerettes.
Tableau
1
Résultats de l’extrême droite aux élections
régionales de 1999 et 2004 dans les Provinces de
la Région wallonne (entre parenthèses :
score de 1999) |
| |
FN |
FNB |
Autres |
TOTAL |
| Hainaut |
11,0
%
(5,6 %) |
1,1
%
(1,2 %) |
0,1
%
La Ligue |
12,2
%
(7 %) |
| Liège |
7,0
%
(3,2 %) |
-
|
0,3
%
Bloc nat. |
7,3
%
(3,9 %) |
| Namur |
7,4
%
(4 %) |
1,0
%
(0,3 %) |
-
- |
8,4
%
(4,3 %) |
| Luxembourg |
3,1
%
(1,5 %) |
-
- |
-
- |
11%
(5,6%) |
Tableau
2
Résultats de l’extrême droite aux élections
régionales de 1999 et 2004 dans cinq cantons significatifs
de la Région wallonne (entre parenthèses:
score de 1999). |
| |
FN |
FNB |
Autres |
TOTAL |
| Charleroi |
16,9
%
(7,9 %) |
1,8
%
(3 %) |
0,2
%
La Ligue |
18,9
%
(11,2 %) |
| La
Louvière |
11
%
(6,1 %) |
-
(1 %) |
-
-. |
11,0
%
(7,1 %) |
| Mons |
10,9
%
(4,9 %) |
1,7
%
(1,6 %) |
-
- |
12,6
%
(6,8 %) |
| Mouscron |
10,8
%
(5,1 %) |
2,1
%
(2,2 %) |
-
- |
12,9
%
(7,3 %) |
| Herstal |
9,2
%
(4,4 %) |
-
(0,6 %) |
0,6
%
Bloc nat. |
9,8
%
(5,0 %) |
Bruxelles : le FN et le VB au coude à
coude
Bruxelles est depuis toujours, en tant que capitale de la Belgique,
un enjeu essentiel pour le Vlaams Blok. Depuis les premières
élections régionales, en 1989, il tente par tous
les moyens d’écarter du scrutin bruxellois le Front
national. L’objectif du parti séparatiste flamand
: devenir le seul parti d’extrême droite à
Bruxelles. Pour cela, il sait qu’il doit fédérer
les électorats flamands et francophones dans un premier
temps, y avoir la majorité politique au sein de la classe
politique flamande dans un deuxième temps et y bloquer
les institutions dans un troisième temps. But final : faire
imploser la Belgique, via une crise institutionnelle bruxelloise.
Depuis 1989, le Blok applique cette stratégie. Depuis 1989,
cette dernière est vouée systématiquement
à l’échec, malgré les millions d’Euros
dépensés, auxquels s’ajoute une importante
mobilisation militante sur Bruxelles. La création de structures
militantes francophones, servant au rabattage des électeurs
francophones – en 1993, le mouvement Bruxelles Identité
Sécurité (BIS) et tout récemment l’Alliance
bruxelloise contre le déclin (ABCD) –, ainsi que
les appels à voter pour sa liste bruxelloise émis
par le groupuscule Nation et le Parti communautaire national-européen
(PCN, une formation nationaliste européenne basée
à Bruxelles) n’ont servi à rien. Cela prouve
aussi que des structures comme le BIS, ABCD, Nation et le PCN,
favorables à la victoire du Blok dans la capitale, manquent
cruellement de militants et s’apparentent bien souvent à
des coquilles vides devant servir de leurres simulant une présence
militante sur le terrain. On sait désormais que celle-ci
est inexistante.
Tableau 3
Résultats globaux de l’extrême droite
dans la Région de Bruxelles-capitale aux élections
régionales de 1989 à 2004 |
|
1989 |
1995 |
1999 |
2004 |
| VB |
2,1%
9.006 voix
1 élu |
3%
12.507 voix
2 élus |
4,5%
19.310 voix
4 élus |
4,7 %
21.297 voix
6 élus |
| PFN |
1%
4.190 voix |
- |
- |
- |
| FN |
3,3%
14.392 voix
2 élus |
7,5%
30.803 voix
6 élus |
2,6%
11.204 voix
2 élus |
4,7 %
21.195 voix
4 élus |
| Unie (1) |
- |
0,4%
1827 voix |
- |
- |
| AR (2) |
- |
0,1%
423 voix |
- |
- |
| FNB |
- |
- |
1,3%
5.528 voix
1 élu |
0,6 %
2.656 voix
0 élu |
| ZUT (3) |
- |
- |
0,2%
788 voix |
- |
| Blow-W (4) |
- |
- |
0,2%
681 voix |
- |
| PSD (5) |
- |
- |
0,2%
644 voix |
- |
| TOTAL |
6,4%
27.588 voix
3 élus |
11%
45.560 voix
8 élus |
8,8%
38.155 voix
7 élus |
10 %
45.158 voix
10 élus |
Suite à un accord d’apparentement
électoral avec le Vlaams Blok, la liste FIRE, présente
pour la première fois aux élections, n’est
cependant pas reprise dans les tableaux 3 et 4. En effet, la
campagne électorale de FIRE ne peut être considérée
comme ayant été « identifiée »
par les électeurs à celle d’un parti à
proprement parler d’extrême droite. Quant à
ses résultats, ils oscillent entre 0,0 et 0,1 % (sur
FIRE, lire notre article : « La
liste bruxelloise FIRE est un sous-marin du Vlaams Blok
» )
Tableau
4
Résultats de l’extrême droite aux élections
régionales du 13 juin 2004 dans les cantons de
la Région de Bruxelles-capitale (entre parenthèses
: score de 1999). |
| |
FN |
Vl.
Blok |
FNB |
TOTAL |
| Anderlecht |
7,0 %
(4 %) |
8,0
%
(7,6 %) |
0,8
%
(1,7 %) |
15,8
%
(13,3 %) |
| Bruxelles-Ville |
4,5
%
(2,9 %) |
5,8
%
(6,1 %) |
0,5
%
(1,2 %) |
10,8
%
(10,2 %) |
| Ixelles |
3,4
%
(1,6 %) |
2,4
%
(2 %) |
0,5
%
(0,9 %) |
6,3
%
(4,5 %) |
| Molenbeek-Saint-Jean |
6,1
%
(3,9 %) |
7,3
%
(7 %) |
0,7
%
(1,8 %) |
14,1
%
(12,7 %) |
| Saint-Gilles |
3,6
%
(2,5 %) |
2,3 %
(2,5 %) |
0,4
%
(0,8 %) |
6,3
%
(5,8 %) |
Schaerbeek |
4,9
%
(2,8 %) |
4,7
%
(5,3 %) |
0,6
%
(1,5 %) |
10,2
%
(9,6 %) |
| Saint-Josse-ten-Noode |
3,5
%
(1,6 %) |
2,8
%
(2,5 %) |
0,7
%
(1,1 %) |
7
%
(5,2 %) |
| Uccle |
3,8
%
(1,9 %) |
2,7
%
(2,2 %) |
0,5
%
(0,9 %) |
7
%
(5 %) |
Le ver est dans le fruit
La lecture des tableaux
1, 2, 3 et 4, nous permet de tirer plusieurs constats généraux
des résultats obtenus par les extrêmes droites
lors des élections du 13 juin 2004.
Pour l’extrême droite francophone en général,
ces constats sont au nombre de sept :
1. Le Front
national continue coûte que coûte à incarner
l’extrême droite francophone, dont il détient
le leadership depuis 1991.
2. Le FNB et La Ligue (des dissidences du
FN) et le Bloc national (liste qui lui était concurrente
en 2004, uniquement dans la circonscription de Liège)
obtiennent des scores totalement marginaux.
3. Sur l’ensemble des deux régions
(Bruxelles-capitale et wallonne), le FN augmente. Là
où il était présent, il double ses résultats
de 1999, voire les triple (dans la Province du Luxembourg).
4. Dans ses « fiefs », le parti
de Daniel Féret se renforce fortement : dans le canton
de Charleroi (de 7,9 % en 1999 à 16,9 % le 13 juin
dernier) et dans celui de La Louvière (de 6,1 à
11 %).
5. Le FN, lors des élections du 13
juin, a réussi une percée dans des cantons et
circonscriptions moins touchés jusqu’à
présent par les poussées électorales
en sa faveur. C’est le cas dans la Province de Liège
où le FN passe de 3,2 % en 1999 à 7 %. Mais
également dans la Province de Luxembourg : en 1999,
le FN y obtenait 1,5 %, le 13 juin dernier, il y gagna 3,1
% de l’électorat.
6. Cela signifie qu’aujourd’hui,
le succès territorial du Front national s’étend
sur l’ensemble de la Région wallonne. De Mouscron
à Verviers, de Namur à Arlon.
7. Dans des cantons où la situation
socio-économique s’exprime de façon différentiée,
le FN obtient de bons scores. En règle générale,
il semble que les zones urbaines les plus touchées
par la crise économique sont extrêmement favorables
au FN (dans les cantons de Charleroi, de La Louvière,
de Mons, de Herstal…). Cependant, des cantons moins
frappés par les méfaits de la mauvaise situation
socio-économique actuelle voient également l’émergence
d’un électorat d’extrême droite.
Dans la Région de Bruxelles-capitale,
la donne électorale de l’extrême droite est
différente, puisqu’elle se cristallise autour du
Front national et du Vlaams Blok. C’est-à-dire
que contrairement à ce qui se passe en Région
wallonne, le FN fait face à Bruxelles à un concurrent
de taille : le Vlaams Blok. Et vice versa, d’ailleurs.
En résumé, nous
retenons dix enseignements du scrutin régional bruxellois
à propos de l’extrême droite :
1. L’addition
des voix obtenues par l’extrême droite (revoir
notre Tableau 3) en 2004 (11 %) se rapproche globalement de
son résultat de 1995 (10 %). Au scrutin de 1999, les
scores cumulés des extrêmes droites étaient
de 8,8 %.
2. Une fois de plus (comme en 1999), le Vlaams
Blok a perdu son pari d’obtenir suffisamment de voix
pour bloquer les institutions bruxelloises.
3. Cela s’explique sans doute en partie
par la « migration » d’une fraction de son
électorat gagné en 1999 en direction du Front
national.
4. Le Vlaams Blok, premier parti néerlandophone
dans la capitale, n’arrive cependant pas à s’y
imposer, malgré les importants efforts humains, matériels
et financiers dépensés pour tenter de conquérir
Bruxelles dans l’optique stratégique de faire
imploser l’Etat fédéral. Et cela depuis
les premières élections régionales (1989).
5. Au sujet de Johan Demol, véritable
« gadget électoral » du Blok depuis 1999,
le constat est désormais clair : l’ancien commissaire
en chef de la Police de Schaerbeek, passé au VB par
opportunisme et vengeance contre la classe politique qui l’avait
abandonné suite à ses ennuis, n’est pas
l’« homme providentiel » de ce parti. Cela
veut peut-être aussi dire que l’extrême
droite n’a pas toujours besoin de « leader charismatique
» pour conquérir, de manière populiste,
des électeurs.
6. En comparaison avec 1999, dans la Région
de Bruxelles-capitale, le FN dépasse le Vlaams Blok
dans cinq cantons sur huit (Ixelles, Saint-Gilles, Schaerbeek,
Saint-Josse-ten-Noode et Uccle).
7. Le FN augmente son score électoral
de manière significative sur l’ensemble des huit
cantons bruxellois.
8. Pour sa part, le VB n’augmente que
dans six cantons.
9. Le parti d’extrême droite
flamand diminue même dans deux cantons symboliques pour
lui (Schaerbeek et Saint-Gilles).
10. A Schaerbeek, le « bastion »
de Johan Demol, le parti d’extrême droite flamand
perd, sans doute à la faveur du FN. Pour rappel, avant
les élections, le responsable francophone du VB, Patrick
Sessler, y a fait sécession et a rejoint le Front national,
tout comme le leader francophone du VB d’Evere, Paul
Arku. Ils figuraient tous deux sur la liste régionale
du FN. Paul Arku a d’ailleurs été élu.
Ce transfuge du VB siégera donc désormais au
Parlement bruxellois dans les rangs de son nouveau parti,
le FN.
Le FN va-t-il capitaliser son succès et se restructurer
?
Lors des élections
régionales bruxelloises de 1989, des législatives
de 1991, des européennes et des communales de 1994, des
législatives et des régionales de 1995 et des
législatives de 2003, le Front national a connu un succès
électoral sans cesse croissant. Le nouveau succès
obtenu le 13 juin dernier devrait donner lieu à une reprise
en main du FN.
Depuis son implosion du FN après
les élections 1995, sa division en deux et la fondation
d’une copie conforme (le Front nouveau de Belgique) par
l’un de ses députés fédéraux
de l’époque, Marguerite Bastien, avec la quasi
moitié des 72 conseillers communaux « frontistes
» et de ses députés régionaux bruxellois,
force est de constater que le Front national s’est singularisé
par une inexistence structurelle manifeste. Le FN est loin d’être
un parti politique digne de ce nom. Cependant, entre 1991 et
1995, la formation fondée en 1985 par Daniel Féret
avait réussi à fédérer sous son
label l’ensemble des groupuscules d’extrême
droite et néonazis existant en Belgique francophone (à
l’exception du « front wallon » AGIR, actif
essentiellement à Liège et dans sa région).
Le FN est aujourd'hui arrivé
à un tournant. Devenu le deuxième parti (après
le parti socialiste) à Charleroi et augmentant partout
également ailleurs en Wallonie, l'imitation belge du
parti de Jean-Marie Le Pen a intérêt, s'il veut
fidéliser son électorat, à se structurer
afin de se " retransformer " en véritable parti
politique. En a-t-il cependant le besoin et l'ambition ?
Une fois de plus en effet, la preuve
a été faite, lors de ces dernières élections,
que ce parti d’extrême droite peut capter énormément
de suffrages sans pour autant devoir être présent
structurellement sur le terrain. Il lui suffit de diffuser à
grande échelle (par Belgique diffusion ou la Poste…)
un tract toute-boîtes, quelques jours avant les élections,
pour se rappeler au bon souvenir de l’électorat,
qu’il soit « protestataire » ou non.
Cependant, les prochaines élections
sont des élections communales. Pour y déposer
le plus possible de listes, il faut des sections locales. Et
jusqu’à présent, à notre connaissance,
le FN ne bénéficie d’aucune véritable
section en Wallonie. Son ancrage militant est essentiellement
bruxellois. Il est fort de quelques militants encore en activité
à Charleroi, Namur, Liège et Mons. Mais ceux-ci
sont totalement inorganisés. Ce qui pourrait changer
si l’une ou l’autre tendance interne de la «
formation féretiste » arrivait à prendre
le pouvoir. A l’heure actuelle, le FN est constitué
de deux fractions :
la plus importante est celle
constituée par les ex-militants et cadres des formations
historiques de l’extrême droite francophone (certains
d’entre eux sont également passés par
le Vlaams Blok). Cette tendance radicale tente de s’organiser
autour de la personne de Michel Delacroix (actuel sénateur
et élu député régional le 13 juin
dernier) ;
l’autre fraction regroupe
(mais de manière nullement organisée jusqu’à
présent) les transfuges de partis traditionnels (PRL
et ex-PSC). Le candidat élu député régional
dans la circonscription de Liège, Charles Pire, et
celui élu dans celle de Charleroi, Charles Petitjean,
sont respectivement un ancien président d’arrondissement
du PSC et l’ancien responsable du PRL à Charleroi.
D’autres candidats et élus du FN proviennent
eux aussi des mêmes rangs politiques. Il faut savoir
que le FN a toujours attiré à lui d’anciens
dirigeants du PRL et du PSC, tout comme d’ailleurs le
Front nouveau de Belgique.
Suite aux élections du
13 juin, il se pourrait que des tensions se manifestent entre
ces deux pôles ou au contraire que ceux-ci, pour une question
d’opportunité, décident de fusionner afin
de structurer, à nouveau, le FN. L’objectif serait
de pouvoir être fortement présent aux élections
communales de 2006, mais surtout aux prochaines élections
législatives et régionales prévues pour
2007.
Il faut néanmoins savoir que toute organisation interne
du Front national a toujours été freinée
par un seul homme : Daniel Féret (avec la complicité
de ses principaux « lieutenants »). En 1991, sous
la pression de sa « base militante », le «
président à vie » du Front avait cependant
été bien obligé de céder et d’accepter
de « partager » son parti avec d’autres. Mais
dès que Marguerite Bastien, une transfuge arrivée
en 1995 et directement élue à la Chambre, tenta
de prendre un peu d’importance au sein du FN, celle-ci
reçut son « C4 » des mains de Daniel Féret.
Pour lui, il est impératif de chasser tous ceux qui menacent
sa présidence. Aujourd’hui pourtant, nous ne sommes
plus en 1995, et il se pourrait bien que dans les jours qui
viennent, Féret doive céder à la pression
interne et entreprendre une structuration du FN.
Le FN serait alors en voie de restructuration, au bénéfice
d’un nouveau succès électoral et d’un
ancrage encore plus fort dans le paysage politique de notre
pays. A moins que toutes les forces vives de la Nation décident
de trouver des « remèdes », cette fois-ci
efficaces, pour plonger dans les oubliettes de l’Histoire
ce petit parti inutile.
Manuel ABRAMOWICZ
Le
« vote protestataire »
d’extrême gauche également
en hausse
En
parallèle à la montée
inquiétante de l’extrême
droite sur l’ensemble de la
Wallonie, il est également
à noter que le Parti du Travail
de Belgique (PTB), formation marxiste-léniniste
d’extrême gauche, augmente
ses scores par rapport aux élections
régionales de 1999 dans trois
cantons électoraux significatifs.
Tableau
5
Résultats
du PTB (extrême gauche)
aux élections régionales
de 1999 et 2004 dans trois cantons
significatifs |
| |
1999 |
2004 |
| La
Louvière |
0,9
% |
2,5
% |
| Seraing |
1,4
% |
2,3
% |
| Herstal |
2,2
% |
5,7
% |
Certes limités
de manière caractéristique
dans ces trois cantons wallons (dans
la capitale, le PTB ne dépasse
nulle part la barre des 1 %), les
bons résultats de cette formation
d’extrême gauche signifient
peut-être que le « vote
protestataire », dont bénéficient
les formations d’extrême
droite peut aussi se reporter sur
d’autres types de mouvements
politiques optant pour une voie alternative
sur le plan politique. Les scores
du PTB obtenus à La Louvière,
Seraing et Herstal semblent également
signifier que ce « vote protestataire
» ne s’arc-boute pas toujours
nécessairement sur un «
reflexe raciste ».
Le PTB est en
effet à la pointe dans le combat
antiraciste et est constitué
de militants et de candidats d’origine
arabo-musulmane. Force est aussi de
constater que dans les désormais
« fiefs du PTB », connus
par leur situation de sinistrose généralisée
sur le plan socio-économique,
ce parti d’extrême gauche
est fortement ancré sur le
terrain. Herstal est d’ailleurs
la seule commune francophone ayant
des conseillers communaux communistes
du PTB (au nombre de deux, depuis
les élections communales de
2000).
Tableau
6
Résultats
du Front national aux élections
régionales de 1999 et
2004 dans trois cantons significatifs
|
| |
1999 |
2004 |
| La
Louvière |
6,1
% |
11,0
% |
| Seraing |
3,9
% |
7,7
% |
| Herstal |
4,4
% |
9,2
% |
A la lecture du
tableau 6, nous pouvons aussi constater
que si le PTB obtient de relatifs
bons scores à La Louvière,
Seraing et Herstal, le Front national
ne diminue pas pour autant à
la possible faveur du PTB, mais augmente
et se renforce lui aussi fortement.
M.AZ
|
|
|

A l'initiative d'étudiants
en sciences politiques de l'Ulg, rapidement suivis par le Front
Antifasciste (FAF Liège), les Téritoires de la
Mémoires et bien d'autres associations, une manifestation
se déroulera ce lundi 28 juin 2004 à 14h, à
la Place Saint Lambert de Liège.
Le collectif étudiant, fort motivé, démarre
un véritable chantier au départ de cette manifestation.
Il entend constituer des groupes qui traiteront, dès
octobre, de la démocratie avec des élèves
du secondaires.
Plus d'infos: contacter
RésistanceS, nous relayerons.
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