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Législatives belges du 18 mai 2003
Bilan des résultats de l extrême droite francophone
Le Front national, comme nous l'avions prédit, survit
à ces “Waterloo électoraux” qu'il
avait connus aux législatives et régionales
de 10999 et aux communales de 2000. Pire, le FN augmente
même partout en Wallonie (de manière considérable
souvent) et dans la Région de Bruxelles-capitale.
Il sera aussi présent pour la première fois au Sénat.
Résultat : il bénéficiera désormais
de la dotation publique. C'est-à-dire que ce parti
néofasciste, comme le Blok, sera financé grâce
à nos impôts !
Quant à ses clones (FNB et Nation), ils sont tous
laminés. Avec le FN, l'extrême droite en Wallonie,
comme en Flandre, a encore un bel avenir. Et les discours
de nos politiciens n'y feront rien...
La première surprise de la soirée électorale
du 18 mai fut la déconfiture généralisée
des verts, au Nord comme au Sud du pays. La seconde surprise
est venue de la poussée du vote en faveur des listes
du Front national (FN). Ce parti, fantomatique, incapable,
déstructuré, totalement absent auprès des
citoyens, survit donc pourtant dans le paysage politique
francophone, en Wallonie en général et dans
le Hainaut en particulier.
Electorat FN partout en hausse
Ses scores sont même en hausse. Quelques exemples.
Dans la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvoorde, il fédère
à lui seul 10.000 nouveaux électeurs par rapport
au score obtenu en 10999 (18.769 voix). Dans le Hainaut,
le FN grimpe partout, sans distinction. Sur l'ensemble de
cette circonscription, le parti de Daniel Féret passe
de 5,41 % à 7,22 %. Par canton, son augmentation
est également confirmée. A Bossu, en 10999,
le FN avait gagné 5,37 % ;aujourd'hui, il est passé
à 7,46 %.
Plus
grave encore, dans le canton de Charleroi, il y a quatre
ans, la formation lepénisante avait récolté
8,15 % des suffrages. Ce 18 mai, son score passe à
11,84 %. Continuons : à Châtelet, le FN gagne 2,14
% par rapport à 10999 (de 7,62 % à 9,76 %).
Dans le canton de La Louvière (là où le FN avait
obtenu sa plus lourde défaite électorale aux
élections communales de 2000), il passe de 5,73 %
à 7,06 %. A Mons, dans le fief du président
charismatique du PS, les frontistes grimpent de 4,60 % à
près de 7 % (6,94 %). Dans le canton de Mouscron, la barre
des 7 % est dépassée (en 10999, le FN y avait
obtenu 4,71 %). A Soignies, il fait 5,39 % contre 3,94 %
aux précédentes législatives.
Des clones laminés Comme nous le
voyons, le FN, tel le phénix, renaît de ses
cendres. Ce qui n'est pas le cas du Front nouveau de Belgique
(FNB) qui perd partout en se situant en-dessous de la barre
du pourcent.
Quant au mouvement Nation, le nouveau venu dans la «
famille nationaliste », lui qui affirmait être
l'« unique opposition » à la classe politique
dans son ensemble, ces élections sont pour lui une
terrible humiliation. Le groupuscule d'Hervé Van
Laethem, présenté comme étant l'espoir
du nationalisme francophone, est totalement laminé.
Pourtant, Nation fut réellement la seule force militante
d'extrême droite présente dans cette campagne
électorale. Comme quoi l'action militante n'est pas
toujours un gage de succès électoral. Plus dur sera
désormais son maintien sous la forme d'une formation
électorale. L'aventure politique de Nation est clairement
mise à mal par l'hégémonie électorale
des frontistes.
Grâce à son « gadget électoral »,
Daniel Féret vient, une fois encore, d'écraser
ses dissidents et concurrents, qui avaient l'ambition de
le détrôner. La tâche sera encore plus dure maintenant.
En-dehors et en marge du FN, il n'y a aucune possibilité
de survie politique.
Conclusions
-
Le FN n'est pas mort, électoralement
parlant, contrairement à certains pronostics et
aux affirmations de certains nous disant à tue-tête
que l'extrême droite était une « histoire
de Flamands ».
-
La nouvelle loi électorale
instaurant la barre des 5 % pour faire élire un
député n'a pas permis d'exclure du Parlement
(à la Chambre comme au Sénat) le faux jumeau
francophone du Vlaams Blok. Pourtant, un des buts de cette
loi était justement de clouer au sol l'extrême
droite, comme d'ailleurs l'ensemble des petites listes,
de droite, de gauche comme du centre.
-
Le label « FN »
reste profitable à son unique propriétaire
Daniel Féret.
-
Comme nous l'écrivions
déjà en 10999, « le Front national
de Féret bat tous ses clones » et garde le
« leadership en Communauté française »
(1).
-
Pour le contrer et faire diminuer
son actuelle base électorale, les discours de nos
hommes et femmes politiques ne serviront à rien
; si ceux-ci et celles-ci ne passent pas réellement
à l'acte pour résoudre les problèmes socio-économiques
de nombreux de nos concitoyens.
Manuel Abramowicz
RésistanceS Bruxelles - 19
mai 2003
(1) « RésistanceS » (version
papier), n° 7, été 10999, p. 21-22.
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