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Dans les coulisses du monde politique flamand (1942-2004)

Staf De Clercq :
un collabo nazi de référence pour le Vlaams Blok

 


Un modèle dont le Vlaams Blok se réclame encore aujourd’hui : Staf De Clercq lors d’un meeting nazi au début de l’Occupation allemande.

Des hommages continuent d’être rendus, de nos jours, à des « personnalités » de l’histoire du mouvement national flamand dont les liens avec l’idéologie nazie sont pourtant établis. Le 19 septembre 2004, ils étaient plus de deux cents rassemblés à Gooik, autour du monument funéraire élevé à la mémoire de Staf De Clercq, resté chef du VNV - le parti nazi flamand de l’époque - jusqu’à sa mort, en 1942 (voir l’encadré ci-après). Autour de ce nationaliste flamand, notoirement collaborateur et antisémite, se pressaient des figures emblématiques de l’extrême droite actuelle…

Le mensuel du parti, le « Vlaams Blok Magazine », avait déjà fait écho de la manifestation dans ses colonnes. Francis Van den Eynde - député Vlaams Blok et dirigeant historique du Voorpost, groupe néopaïen d’action nationaliste qui réclame une Flandre « ethniquement pure » (voir ci-après l’encadré consacré au Voorpost) - avait même jugé bon de rehausser ( !) d’un discours une soirée que le Voorpost dédiait à Staf De Clercq.

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que Johan Vanslambrouck, l’actuel président du Voorpost, ait compté parmi les organisateurs de l’hommage rendu, en septembre dernier, à ce collaborateur de l’occupant nazi durant la Deuxième guerre mondiale. Vanslambrouck préside par ailleurs l’Ijzerwake – le comité qui organise le pélerinage de l’Yser « bis », né dans les rangs des nationalistes flamands jugeant le pélerinage d’origine trop modéré – et représente le Blok à la Commission nationale du Pacte culturel…

L’invitation à l’hommage organisé le 19 septembre 2004 en l’honneur du nazi flamand Staf De Clercq. Cible visée : la base militante du Vlaams Blok et du Voorpost.


Le Vlaams Blok se met au brun !
Le Vlaams Blok, lui, avait choisi ce week-end-là pour une mise au brun – pardon, au vert…– en Bourgogne. Simple coïncidence, ou volonté d’éviter que trop de mandataires du Blok ne se compromettent en fâcheuse compagnie, à l’heure où il importe plus que jamais au parti d’extrême droite de se donner un vernis de respectabilité ?

RésistanceS
© RésistanceS – Bruxelles – Belgique – 4 octobre 2004

Staf

Staf De Clercq
une personnalité de référence,
aujourd’hui encore, pour le Vlaams Blok et C°

Portrait


Figure de proue - tendance « pure et dure » - du mouvement national flamand, Staf De Clercq (1884-1942) fait toujours, en 2004, l’objet d’un véritable culte de la personnalité. Au Vlaams Blok, mais aussi chez d’autres représentants actuels du « nationalisme flamand radical » - le Voorpost ou le Vlaams nationaal jeugdverbond, par exemple.


Chef nazi de la Flandre pro-allemande, Staf De Clercq. Le drapeau du VNV, inspiré de celui du NSDAP d’Adolf Hitler, et le logo du « National-socialiste », titre du journal du VNV.

Chef suprême du Vlaamsch nationaal verbond (VNV) - le principal parti nationaliste d’extrême droite flamand, créé en octobre 1933, dix mois après l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne -, ce personnage sinistre en dirige les destinées dès les années trente. Représenté au Parlement par 17 députés après le scrutin législatif de mai 1936, le VNV revendiquera, selon les chiffres donnés par De Clercq lui-même, près de 26.205 membres à la veille de la Deuxième guerre mondiale. Ce parti - dont le Vlaams Blok s’inspirera comme d’un modèle lors de sa création, en 1978 - rassemblait des tendances rivales : thioise radicale (partisane des « Grands Pays-Bas »), fédéraliste modérée, nationale-socialiste… Staf De Clercq, quant à lui, se distinguait par ses attaques contre la démocratie et par un discours crypto-nazi des plus grossiers. Le VNV restera un parti partisan d’un régime totalitaire, ayant pour référence la dictature hitlérienne. À partir du milieu des années trente, le chef du VNV entretint des contacts suivis avec les autorités nazies. Quand les troupes du IIIe Reich envahissent la Belgique, son parti, officiellement converti au national-socialisme, se range au service de l’occupant. Staf De Clerq ne verra toutefois que les prémices de l’Ordre nouveau : il meurt en octobre 1942, échappant par là même à l’épuration qui attendait les collabos…

Le passé nazi de Staf De Clercq ne troublera jamais, par la suite, la conscience de ses fidèles disciples. La notice biographique qui lui est consacrée, en bonne place dans l’« Encyclopedie van de Vlaamse Beweging », retient et met en valeur son « désintéressement et le dévouement sans limite avec lesquels il s’acquittait de sa tâche… » (*).

RésistanceS

(*) Comme il est rappelé dans l’ouvrage « La répression des collaborateurs – 1942 – 1952 – Un passé toujours présent », de Luc Huyse et Steven Dhondt, publié en français par le Centre de recherche et d’information socio-politique (CRISP), en 1993, p. 306.

Voorpost
l’avant-poste
pur et dur du Vlaams Blok

Portrait


Au sein du nationalisme flamand version Vlaams Blok, Voorpost assume une mission essentielle : entretenir la flamme du souvenir des « héros » d’hier. C’est à ce titre qu’il prend une part active aux hommages rendus aux dirigeants du « mouvement national flamand », à commencer par celui qui a célébré Staf De Clercq le 19 septembre dernier.

Pilier à la fois structurel et idéologique du Vlaams Blok (VB), cette organisation se présente elle-même comme un « groupe d’action nationaliste ». Née en 1976, elle est l’oeuvre de militants du groupe de réflexion Were Di, ouvertement nostalgique de l’Ordre nouveau nazi. Jumelle de l’ancienne milice paramilitaire néonazie Vlaamse militante orde (VMO), Voorpost continue par ailleurs d’assurer, entre autres, le service d’ordre du VB.

Adorateur des « héros » de la Flandre historique, y compris ceux de la SS flamande, ce groupe a son siège à Gand et dispose de nombreuses sections locales dispersées dans toute la Flandre. Plusieurs de ses responsables occupent des postes importants au Vlaams Blok : Roeland Raes en fut le vice-président de 1978 à 2001, Francis Van den Eynde compte parmi ses « vieux » députés, et Luc Vermeulen y est chargé de la sécurité.

Voorpost se signale en outre par ses célébrations païennes et par les liens qu’il entretient avec la plupart des mouvements « racialistes » actifs en Europe, à l’image de l’organisation française Terre et Peuple.


RésistanceS

© RésistanceS – Bruxelles – Belgique – 4 octobre 2004

 

 

 

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