Il
affirmait ne plus être au Front national, mais...
Tonnelier dévoile son appartenance politique
sur Facebook
Militant et responsable du Front national durant plus de dix
ans, Georges-Pierre Tonnelier affirmait avoir quitté l'extrême
droite. Pourtant plusieurs indices démontraient le contraire.
RésistanceS.be a mené l'enquête, avec le concours
de Facebook, pour exploiter ces indices et prouver son appartenance
continue au Front national. En voici son résultat.
A l'été 2008, Georges-Pierre Tonnelier, militant et
dirigeant du Front national dès le milieu des années
nonante, affirmait partout qu'il n'était plus d'extrême
droite... Dans le cadre d'une véritable campagne de propagande,
il a envoyé des centaines d'e-mail, de fax et de courriers
postaux à des dizaines d'associations et organismes antiracistes,
ainsi qu'à des responsables de ceux-ci pour affirmer qu'il
était devenu «quelqu'un de bien», puisqu’il
avait rompu avec l’extrême droite.
Depuis de nombreux mois, il a ainsi «harcelé»
le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie
(MRAX), la Ligue des droits de l'Homme, RésistanceS.be et le
Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre
le racisme. Son objectif : exiger de ces organismes qu'ils retirent
de leur site Internet toutes références à sa
personnes (références qui mentionnaient qu'il était
un des responsables du Front national, poursuivi devant les tribunaux
pour racisme et déjà condamné pour ce motif).
Raison évoquée : le «droit à l'oubli».
Georges-Pierre Tonnelier estimant que son militantisme remontait à
ses années de jeunesse. Aujourd'hui, il n'a pourtant que 31
ans...
RésistanceS.be a pour sa part,
dès le 30 novembre 2008, publié un article expliquant
cette «reconversion» de l'ex-responsable frontiste («Georges-Pierre
Tonnelier et l'extrême droite : c’est fini» ).
Membre du Front national de Daniel Féret
dès les années nonante, il a ensuite participé
à diverses initiatives d'extrême droite et y a multiplié
des fonctions importantes : responsable des jeunesses frontistes,
webmaster, assistant parlementaire, tête de liste aux élections
communales, etc. En avril 2007, il participait à la mise en
place en Belgique d'un Comité belge de soutien à Jean-Marie
Le Pen, avec la plupart des députés et dirigeants du
Front national. Sa participation active dans l'extrême droite
pendant plus de dix ans lui vaudra également des ennuis, essentiellement
judiciaires. En 2006, il fut condamné en appel avec Daniel
Féret, le président-fondateur du FN, pour racisme. En
2008, la justice condamna Georges-Pierre Tonnelier pour des propos
antisémites.
Récemment, suite à une
plainte du Centre pour l'égalité des chances et la lutte
contre le racisme, il était jugé pour avoir été
le webmaster, au début des années 2000, d'une maison
d'édition d'extrême droite publiant des textes racistes.
Le directeur de cette dernière, Bernard Mengal, fut reconnu
coupable et condamné mais pas Georges-Pierre Tonnelier en raison
d'une participation technique à cette «entreprise».
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a jugé le concernant
:
«(...) le prévenu
TONNELIER ne fut que le "Webmaster", fonction purement
technique décrite de manière détaillée
par sa défense dans ses conclusions (...). Il échappe
donc à toute responsabilité dans le cadre de la responsabilité
en cascade. Les poursuites sont irrecevables à son encontre».
Cependant, la justice a reconnu qu'il
avait bel et bien été le responsable de la création
du site de ces éditions désormais jugées en infraction
avec la loi antiraciste.
Campagne de propagande tous azimuts
Suite à cette décision judiciaire rendue en
sa faveur, Georges-Pierre Tonnelier s'est relancé dans une
campagne de propagande tous azimuts pour proclamer qu'il avait été
«acquitté» (sic), là où la justice
a déclaré les poursuites irrecevables à son encontre.
Dans le cadre de sa campagne, il a clairement mis en cause plusieurs
personnes (un commissaire de police) et des organismes (le Centre
pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme
– qui avait déposé plainte contre lui –
et RésistanceS.be). A l'encontre de RésistanceS.be,
l'ex-responsable du Front national a porté des accusations
graves.
L'asbl gestionnaire du site RésistanceS.be
devrait pour cette raison, dans les jours qui viennent, déposer
plainte contre Georges-Pierre Tonnelier pour diffamation et calomnie,
voire pour harcèlement. En effet, il n'a pas cessé durant
plusieurs mois d'envoyer des e-mail et aussi des SMS à des
membres de RésistanceS.be, y compris le samedi soir. Avec toujours
le même motif : exiger de RésistanceS.be la suppression
sur son site de toute référence à sa personne
pusqu'il n'était plus actif politiquement.
Au même moment, la rédaction
de RésistanceS.be continuait a recevoir des informations selon
lesquelles, Georges-Pierre Tonnelier était - malgré
ses déclarations resté actif au sein du Front national
(voir ci-dessous notre encadré). Ces informations furent vérifiées
et confirmées auprès d'autres sources. Pour en avoir
une confirmation encore plus formelle, il a été décidé
de faire un«testing», sur le modèle de ceux réalisés
en France par SOS Racisme ou dans le cadre d'enquêtes journalistiques
d'investigation. Cette méthode (par exemple avec des caméras
cachées) se justifie déontologiquement si elle constitue
le seul moyen pour pouvoir prouver une information contredite publiquement
par les intéressés concernés.

La page d'accueil d'Isabelle R, « amie
» sur Facebook de Georges-Pierre Tonnelier.
Sur Facebook, Tonnelier affirme qu'il est...
Le profil d'une militante d'extrême droite, au nom
de «Isabelle R», fut créé sur le réseau
social Facebook. Très vite, celle-ci a eu une liste d'amis
très marqués politiquement. Dont certains ne cachant
pas leur admiration nostalgique pour l'Ordre nouveau, des idéologues
et des écrivains fascistes, le «White power», la
croix celtique des néonazis ou Léon Degrelle. Ce profil
ne pouvait laisser aucun doute sur l'appartenance idéologique
à l'extrême droite de cette militante.
Le 18 juin dernier, Georges-Pierre Tonnelier
la contacta de sa propre initiative via le site d'échange Badoo.
Non membre de celui-ci, «Isabelle R» l'informa par e-mail
qu'elle ne pouvait donc pas répondre à son message :
«Monsieur,
Je ne suis pas membre de Badoo et ne souhaite pas l'être.
Je ne peux hélas pas prendre connaissance de votre message.
De quoi s'agit-il ? Dans l'attente de vous lire, veuillez recevoir,
Monsieur, mes plus cordiales salutations».
«Isabelle R» proposa ensuite
à Georges-Pierre Tonnelier de devenir son ami sur Facebook.
Le 1er juillet, il lui envoya ce message :
«Merci d'avoir demandé
à devenir ami sur Facebook. J'accepte bien volontiers votre
demande ! Je vois que vous êtes clairement engagée
en faveur des idées nationalistes, c'est très bien
! Dans quelle région habitez-vous ? Au plaisir de vous lire».
Evoquant donc des «idées
nationalistes» communes, il termina son message en lui laissant
également son numéro de téléphone portable.
Le lendemain, la jeune militante lui répondra qu'elle était
en effet acquise aux idées nationalistes mais était
très déçue des résultats électoraux
de l'extrême droite le 7 juin dernier aux élections régionales.
La réponse de Tonnelier ne se fit pas attendre. Le 2 juillet,
il lui écrit :
«Chère Madame,
En effet, le Front National a connu un gros échec ces dernières
élections, mais sa direction, dont je suis fort proche, est
bien décidée à reprendre les choses en main.
Patrick Sessler (le vice-président de ce FN et son véritable
dirigeant, note de RésistanceS.be) est quelqu'un de bien
et de déterminé et je suis persuadé qu'il arrivera,
avec mon aide et celle d'autres proches, à redresser la barre.
N'oublions pas que ce parti sort de 20 (sic) de mauvaise gouvernance...
Je pense vraiment que le FN, de Patrick Sessler, est le parti qui
aura un avenir dans les années qui viennent, même si,
par exemple, il adopte une autre dénomination.
Pour l'instant, bien sûr, tout est en sommeil, mais toutes
les démarches sont tout de même réalisées
pour remettre la main sur la dotation publique qui est dévolue
au FN.
Avez-vous déjà eu un contact avec ce parti ?
Salutations nationalistes,
Georges-Pierre».
... membre du Front national !
Dans un deuxième e-mail, toujours daté du 2
juillet, l'ex-officiel ancien membre du Front national dira :
«Chère Isabelle,
FN PLUS est une dissidence du FN, qui a été créée
par deux anciens élus du FN, qui ont été mis
dehors pour des raisons diverses et n'ont donc pas pu figurer sur
la liste du FN. Du coup, ils ont voulu faire leur propre liste,
mais elle n'est promise à aucun avenir, comme toutes les
dissidences du FN.
Le FN de Patrick Sessler est quant à lui le seul parti légal
et réel, qui porte le nom "Front National" et a
comme sigle "FN". C'est le parti qui a été
fondé en 1985 par Daniel Féret, qui est aujourd'hui
exclu (et a pris sa retraite en France).
Pour ma part, je suis en effet membre du FN (je suis un proche de
Patrick Sessler), mais je m'efforce de me faire discret, en raison
d'ennuis judiciaires qui me restent à résoudre.
L'une de mes tâches essentielles, pour l'instant, est de faire
connaissance avec les personnes qui s'intéressent au FN et
de faire le point sur les attentes, les souhaits, les volontés
de s'engager...
Je pense que d'ici quelque temps, le parti (après les vacances)
va pouvoir se remettre en route et aura alors besoin de toutes les
bonnes volontés.
Je suis intéressé par en savoir plus sur vos motivations
et par faire votre connaissance.
@+,
Georges-Pierre».

«Isabelle R» avait des «amis»
sur Facebook bien marqués à l'extrême droite,
voire mêmes proches des milieux néonazis. Ce qui n'a
pas semblé être un problème pour Georges-Pierre
Tonnelier.
Informé par Georges-Pierre Tonnelier
lui même qu'il était membre du Front national, «Isabelle
R» lui demanda ensuite les démarches éventuelles
à faire pour adhérer à son parti. Elle profita
également de l'occasion pour lui dire qu'elle avait été
visiter le site du FN et qu'elle le trouvait très bien, contrairement
à d'autres sites nationalistes. Elle demanda à Tonnelier
de féliciter de sa part le webmaster et s'excusa aussi de l'avoir
comparé à Mesrine quand il lui avait écrit qu'il
avait des ennuis judiciaire («Isabelle R» avait de manière
naïve écrit : «Vous avez des ennuis judiciaires
? J'espère que vous n'êtes pas un gangsters, style Mesrine»,
suivit d'un petit bonhomme avec sourire). Sa réponse arriva
le 3 juillet :
«Lol non pas du tout, je
me suis fait à l'idée d'être l'ennemi public
numéro un, depuis quelques années déjà.
Je suis un authentique délinquant politique, poursuivi pour
délit d'opinion ! En fait, je pense que Mesrine avait moins
de dossiers ouverts contre lui que moi.
Cela dit, si j'ai été condamné en 2006, pour
un tract électoral jugé "raciste", je suis
occupé à gagner tous mes autres procès. Je
viens d'être acquitté dans une affaire de racisme pour
un site internet que j'avais réalisé en l'an 2000,
par exemple.
A propos, merci pour le compliment : le webmaster du site du FN,
c'est bibi.
Si vous souhaitez devenir membre du FN, vous pouvez verser dix euros
sur le compte du FN (http://www.fn.be/devenir-membre.html) 751-2032748-56
avec la mention «membre 2009».
Si vous voulez, nous pouvons nous rencontrer, histoire que je puisse
vous expliquer plus de détails sur la vie politique belge,
puisque mes talents pédagogiques sont enfin reconnus...
Et puis, on peut aussi se tutoyer, non ?
Bises,
Georges-Pierre».
La correspondance entre «Isabelle
R» et Georges-Pierre Tonnelier s'est arrêté ici,
de la volonté de la première.

Sur son espace Facebook, Georges-Pierre Tonnelier
combat le racisme... uniquement anti-blanc en utilisant le visuel
de propagande d'une organisation néofasciste français
! Comme par hasard ?
Par clavier, il reconnait (enfin) la vérité
Par cet échange d'e-mails, il ressort que Georges-Pierre
Tonnelier affirme clairement qu'il est toujours proche de la direction,
membre et responsable du Front national. Il reconnaît aussi
être son webmaster. Ces informations données à
une militante supposée d'extrême droite sont en contradiction
totale avec la campagne de propagande qu'il a lancé depuis
près d'un an pour être réhabilité au sein
de la «société démocratique», comme
il le dit. Georges-Pierre Tonnelier abuse donc tout le monde et utilise
le double langage pour camoufler la poursuite de ses activités
politiques au sein de l'extrême droite.
Aujourd’hui, c’est le principal
intéressé qui vient de reconnaître par clavier
cette vérité…
La rédaction de RésistanceS.be
Tonnelier
toujours au Front national ?
Des indices avoués désormais

Georges-Pierre Tonnelier affirme être encore
aujourd'hui un proche de Patrick Sessler, le vice-président-dirigeant
du Front national belge. Ci-dessus, ce dernier pose en 1985
avec l'ex-nazi Belge Léon Degrelle, en 1989 avec le néonazi
négationniste Olivier Mathieu et en 2008 avec Jean-Marie
Le Pen, le président-fondateur du FN français.
Les amitiés politiques de longue date et actuelles de
Sessler ne semblent pas être un souci pour Georges-Pierre
Tonnelier...
Georges-Pierre
Tonnelier criait sur tous les toit qu'il n'était plus
au Front national. Dans l'objectif sans doute de se blanchir
dans le cadre de la poursuite de ses études universitaires
et son futur plan de carrière. Et pourtant, la rédaction
de RésistanceS.be a reçu plusieurs informations
affirmant le contraire. Informations désormais confirmées
et prouvées. Quelques exemples.
En avril de cette
année, il est parvenu par e-mail à la rédaction
de RésistanceS.be ce message d'un ancien responsable
d'extrême droite (nom connu de la rédaction) :
«Je
peux vous garantir avec certitude que le dénommé
Tonnelier simule totalement sa repentance.
Il travaille activement pour Patrick Sessler, notamment pour
tout ce qui est informatique et juridique. Ce dernier exige
cependant que cela soit dans la plus grande discrétion.»
Auparavant, la
rédaction de RésistanceS.be avait déjà
reçu un vent favorable, au sujet d’un échange
d'e-mail entre Georges-Pierre Tonnelier et un ancien de ses
compagnons politiques (nom également connu de la rédaction).
Il y était question clairement de la poursuite de la
collaboration du premier avec la direction du Front national.
Cette collaboration datait d'il y a pas six mois et concernait
notamment la gestion Internet du parti !
Rajoutons ceci
: à plusieurs reprises, Georges-Pierre Tonnelier a été
vu récemment en compagnie de Patrick Sessler et Daniel
Huygens, vice-président et président du Front
national, notamment lors du dépôt de la liste européenne
de ce parti d'extrême droite, en avril dernier, rue des
Colonies à Bruxelles au SPF Intérieur. Lors de
la séance d'admission définitive des listes régionales
par le bureau électoral de l'arrondissement de Charleroi,
le 14 mai dernier, le même Tonnelier y était présent
en compagnie du président frontiste, Daniel Huygens,
comme le confirment plusieurs témoins et un autre élément
de preuve. Les témoignages récueillis confirment
également qu'après l'acceptation de la liste,
au bout de deux heures d'attente, Georges-Pierre Tonnelier accompagna
le président du FN et d'autres de ses proches au «Saint
Yves», un café bien connu du monde judiciaire de
Charleroi. Dans celui-ci, Tonnelier affirma à plusieurs
personnes qu'il était le «conseil juridique
du FN de Sessler» (sic).
Pour se défendre,
contacté par RésistanceS.be, il reconnu être
présent à ce dépôt de liste, mais
uniquement sous les conditions d'un lien financier : il y assistait
juridiquement l'avocat officiel du Front national ! C'est-à-dire
qu'il avait été engagé par ce dernier dans
le cadre d'un contrat de travail. Explication un peu courte.
D'autant plus que depuis près d'un an, il avait affirmé
avoir quitté et n'avoir plus aucun lien avec ce parti
d'extrême droite... Etonnant donc qu'il accepte de travailler
pour celui-ci.
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© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 3 juillet 2009.
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Sur Facebook,
Georges-Pierre Tonnelier est devenu l'ami d'une militante d'extrême
droite... et lui a proposé d'adhérer au Front national...
Lire sur RésistanceS.be à propos
de ladite «conversion» de Georges-Pierre Tonnelier, l'article
suivant :
• Georges-Pierre
Tonnelier et l'extrême droite : c’est fini
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