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Stratégie de la tension

L'OTAN derrière les "années de plomb" italiennes !

Le 7 mars, l'émission "Les Mercredis de l'Histoire" (Arte) a rediffusé le premier numéro d'une série exceptionnelle consacrée à la déstabilisation de l'Italie par l'extrême droite et l'extrême gauche. Une fois de plus l'OTAN est accusée d'avoir orchestrée une stratégie de la tension.

Cette stratégie avait pour but de discréditer la gauche italienne et de l'écarter du pouvoir. Les conjurés étaient multiples et les rôles de chacun bien distribués. Les nervis d'extrême droite furent recrutés comme hommes de mains, avec comme mission de placer des bombes dans des lieux publics. Des agents de services secrets civils et militaires s'occupèrent du recrutement de ces barbouzes et ensuite de la diffusion de fausses informations visant à faire croire à des "pistes rouges". Dans un article du "Vif/L'Express" consacré à l'émission d'Arte, il est noté que la "vague d'attentats meurtriers" commis par le "terrorisme noir" fut "orchestrée avec le soutien des services secrets italiens et de l'OTAN" (1).

CIA, OTAN, Gladio
"Selon les statistiques du ministère italien de l'Intérieur, 67,55 % des violences commises en Italie de 1969 à 1980 sont imputables à l'extrême droite, 26,5 % à l'extrême gauche et 5,95 % à d'autres bastions. 150 personnes ont été tuées par les actions de la droite radicale et 94 par la gauche extrémiste", précise encore le "Vif/L'Express". Mais, "plus de trente ans après les faits, toute la vérité n'a pas encore été faite sur les origines, les mécanismes et les acteurs de cette gigantesque subversion (&). Il s'avère pourtant que des personnalités démocrates-chrétiennes, des secteurs de l'extrême droite, des responsables de l'armée et des services secrets travaillaient de longue date, notamment au sein de la P2, à une entreprise séditieuse. Cette machination, visant à faire de l'Italie un "régime fort" en plein guerre froide, avait de surcroît la bénédiction de la CIA, de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et de son réseau "Gladio"".

En Belgique comme en Italie, les commanditaires de cette stratégie de la tension seront-ils un jour ou l'autre retrouvés, arrêtés et condamnés ? Espérons-le. D'autant plus que depuis près de trois ans, une cellule constituée de magistrats et de policiers tente, dans "le cadre d'une vaste enquête internationale, de rassembler les trop nombreuses pièces du puzzle". Affaires à suivre.

M.AZ

(1) "Les années rouges et noires de l'Italie", Laurent Smitz, in "Télévif" supplément TV du "Vif/L'Express" du 3 au 9 mars 2001, p. 37.

 

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