| Le racisme,
un tremplin électoral pour lextrême droiteDe lutilisation du racisme par
les partis de lextrême droite belge francophone
Par Muriel SACCO
Couverture du journal néonazi « LAssaut », édité par le groupuscule du même nom (actif de 1986 à 1993). En marge de leurs discours de plus en plus « politiquement correct », lextrême droite propose souvent des solutions expéditives contre limmigration (doc. : archives RésistanceS). IntroductionA la lecture de nombreux écrits provenant de groupes dextrême droite, on constate quil y a très peu dallusions explicites, voire implicites, à lexistence de races et à la supériorité de la race blanche (1). Ainsi, serait-il possible que lextrême droite actuelle ait abandonné lune de ses caractéristiques fondamentales ? Pourtant, un sondage de 1991 « indique que 50% des Européens interrogés considèrent quil y a trop de non-ressortissants de la Communauté dans leur pays » (2) ; de plus, comme le souligne Nonna Mayer (3), les électeurs des partis de lextrême droite en Europe se caractérisent presque tous par une hostilité envers limmigration. Cest pourquoi il est intéressant de sinterroger sur la problématique suivante : Comment les partis dextrême droite francophone perçoivent-ils les étrangers par rapport aux nationaux ? Cette question de la perception des étrangers présente un intérêt certain, notamment afin de déterminer avec plus ou moins de certitude si lune de leurs caractéristiques principales, qui est le racisme, a disparu ou a simplement été masquée. En effet, on observe que les partis dextrême droite modèrent leur discours pour des raisons qui tiennent à la tentative de respectabilisation de leur image, suite à la percée électorale quils ont connue ces deux dernières décennies et aux sanctions que font peser les lois réprimant lincitation à la haine raciale et ethnique. Lextrême droite en Belgique francophone est mal connue. Il est vrai que celle-ci attire peu lattention face à son homologue flamand qui ne connaît pratiquement aucune division organisationnelle et pèse de tout son poids électoral sur le cours de la vie politique dans cette partie du pays. Si lextrême droite en Belgique francophone est divisée et très peu structurée, ce qui semble être une de ses principales causes de son succès tout relatif, il nen reste pas moins quelle recueille une part non négligeable des voix de lélectorat francophone. Même si cette tendance semblait être revue à la baisse lors des élections législatives, régionales et européennes du 13 juin 1999, ainsi que des élections communales et provinciales du 8 octobre 2000, en comparaison avec les élections de 1994 et de 1995, un sondage de la Libre Belgique du 25 mars 2002 infirme cette diminution manifeste (4). Dans cette étude, nous naborderons que quatre partis de cette extrême droite en Belgique francophone, car celle-ci est tellement morcelée que les analyser tous serait impossible étant donné le peu dinformations qui existent sur certains dentre eux. Cest pourquoi nous avons choisi de nous intéresser dune part, au plus important dentre eux, le Front National du Docteur Féret, et à sa dissidence, le Front Nouveau de Belgique de Marguerite Bastien, qui sont tous deux unitaristes, alors que « lidentité belge na jamais été très puissante » (5) ; et dautre part, à deux partis « régionalistes » de défense de la Wallonie, lun, AGIR, qui se divisa en 1994 avant de disparaître en 1995 (6), et lautre, le Bloc Wallon, qui se fonda sur les cendres dAgir en 1999 et implosa deux ans plus tard. Cependant, sil y a lieu de croire que cette division entre unitaristes et régionalistes affectent leurs visions respectives du monde et des Hommes, il faut relativiser cette division en rappelant que les transfuges entre partis dextrême droite ont été fréquents et le seront encore si lon en croit la crise qui traverse actuellement le FNB nombreux et dune assez courte durée, ce qui a affecté lidéologie de chacun dentre eux. Cest pourquoi nous émettrons lhypothèse que cette division na quune influence relative sur leur production idéologique. Pourtant, cette division est perceptible à certains égards, notamment en ce qui concerne lattitude face à la structure fédérale de lEtat belge ou à la construction européenne. Par ailleurs, cette extrême droite nétant ni très organisée ni fort structurée, les différences entre programmes, tracts, publications et communiqués de presse ne sont que très peu affirmées, cest pourquoi nous les utiliserons indistinctement afin de cerner leur perception des étrangers. Comment les partis dextrême droite francophone perçoivent-ils les étrangers par rapport aux nationaux et vice versa ? Cette interrogation sinscrit dans cette problématique beaucoup plus large quest la production de représentations par les partis dextrême droite. Cependant, cette production de représentations est un thème directement lié au racisme et aux représentations qui en découlent. Cest pourquoi, dans une première partie, nous traiterons abondamment du racisme considéré en tant quidéologie, de ses différentes formes et des conséquences quelles ont sur lidéologie dextrême droite, notamment en nous reposant sur les travaux de Pierre-André Taguieff qui est un pionnier en la matière. Ensuite, nous analyserons les écrits des quatre partis dextrême droite francophone en Belgique afin de déterminer la perception quils ont des immigrés par rapport aux nationaux en fonction du type de racisme auquel ils adhèrent. Ensuite, nous confronterons les hypothèses émises dans la littérature scientifique au sujet du racisme et les différentes représentations que lextrême droite francophone a des étrangers afin de déterminer si cette dernière obéit aux mécanismes du racisme. Racisme A. Définir le racisme Selon Michel Wieviorka, « le racisme consiste à caractériser un ensemble humain par des attributs naturels, eux-mêmes associés à des caractéristiques intellectuelles et morales qui valent pour chaque individu de cet ensemble, et à partir de là mettre en uvre des pratiques dinfériorisation et dexclusion » (7). Par contre, dans le Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques, la définition du racisme diffère quelque peu, « le racisme consiste en un comportement de haine, de refus, de mépris, à légard des personnes supposées présenter des caractéristiques physiques différentes et qui sont appréhendées comme formant une race distincte et, bien évidemment, inférieure. Le racisme prétend théoriser scientifiquement lexistence des races considérées comme définitivement inégales. Ces races sont conçues comme des espèces animales hiérarchisées et dont les traits induisent des caractéristiques morales et culturelles particulières contrôlant les actions de chaque individu inclus au sein de chaque race » (8). Ces définitions montrent que la notion de racisme recouvre plusieurs usages, tantôt une opération de caractérisation, tantôt un comportement. Il existe donc différents sens à la notion de racisme. Comme le constate Pierre-André Taguieff, il y a une indétermination conceptuelle (9). B. Les différents sens du mot racisme P.-A. Taguieff dénombre trois sens du mot « racisme » (10): le racisme-idéologie, le racisme-préjugé, le racisme comme comportement. Le racisme-idéologie est un ensemble organisé de croyances et de représentations. Le racisme-préjugé comprend la sphère des attitudes, des opinions et des croyances. Le racisme-comportement est composé des actes et pratiques quentraîne le racisme. Ces trois sens sont indubitablement liés. En ce qui nous concerne, nous nous intéresserons surtout au racisme en tant quidéologie parce que lidéologie détermine la perception des étrangers comme lune des modalités de la vision du monde quelle engendre, si lon considère avec P.-A. Taguieff que lidéologie est un « système explicite de représentations et de jugements, formulés, susceptibles dêtre présentés sous la forme dune vision du monde ou dune conception générale de lhistoire, et remplissant une fonction principale de légitimation » (11). Robert Miles rejoint la distinction que P.-A. Taguieff opère entre le racisme considéré comme une idéologie et comme un comportement. En effet, R. Miles distingue le racisme en tant que phénomène idéologique et représentationnel et la pratique du racisme (12).
Selon P.-A. Taguieff (13), le sens idéologique du racisme pris comme un idéal-type implique cinq opérations : le rejet de luniversel, la catégorisation fixe des individus, labsolutisation des différences collectives, la naturalisation des différences et une interprétation inégalitaire des différences. Le rejet de luniversel se traduit par la négation de lunité de lespèce humaine, par la croyance en lirréductibilité de la pluralité des identités collectives ; cela conduit à la dénonciation des droits de lHomme car les Hommes ne font pas tous partie dune même unité. Politiquement, cette première opération apparaît sous la forme du rejet du « mondialisme », du « cosmopolitisme », du métissage qui en découle et de la dénonciation du racisme retourné cest-à-dire dun racisme qui sexerce envers les personnes que lon désigne comme étant les auteurs dactes racistes alors quen réalité, ce sont elles les victimes, comme le montre le racisme anti-blancs. La catégorisation fixe des individus consiste à assigner les individus à des classes humaines supposées stables au cours de lévolution. Dans cette optique, lindividu serait une composante quelconque de sa catégorie dappartenance, lentité collective existerait donc réellement et serait une valeur ; à ce titre, lidentité collective est traitée comme un individu. Labsolutisation des différences collectives rend la distinction entre « races » et « cultures » inexistante car les deux termes deviennent incomparables. Il en découle une inassimilabilité des individus dune race à nimporte quelle autre race et une incommunicabilité entre les races, ce qui entraîne linterdiction du métissage culturel qui serait un processus de dissolution des identités collectives. La quatrième implication du racisme idéologique est la naturalisation des différences, soit par biologisation, les frontières nationales et culturelles devenant ainsi insurmontables, soit par ethnicisation ou figement culturaliste. La cinquième implication est une interprétation inégalitaire des différences, une hiérarchisation qui réintroduit une base de comparaison. C. Des différentes formes du racisme La plupart des auteurs francophones distinguent, et opposent parfois, le racisme biologique et le racisme différentialiste. Cette distinction a été suggérée par P.-A. Taguieff au vu de lévolution du langage de lidéologie raciste. Dailleurs, les distinctions ne servent pas tant à classer des comportements quà repérer des évolutions historiques (14). Ces deux formes de racisme se succèdent dans le temps, sans cependant sexclure. Le racisme biologique semble caractériser le début du XX° siècle dans son expression politique, mais il apparaît en réalité au XVIIème siècle dans le discours scientifique, ce qui lui vaut son appellation de racisme scientifique. Le racisme différentialiste, quant à lui, apparaît en France peu après la Seconde Guerre Mondiale dans le sillage de la Nouvelle Droite, du GRECE et du Club de lHorloge, lorsque lidée de hiérarchie des races est affaiblie par le déclin de lidée scientifique de lexistence de races, et plus généralement avec le renforcement du processus de différenciation institutionnelle en cours dans les sociétés occidentales (15). Il nest pas à exclure quun discours mobilisant lidéologie différentialiste ne soit pas sous-tendu par un racisme de type biologique, cest pourquoi on peut affirmer que labsence de référence à la race ne signifie aucunement labsence de racisme, car on peut tout aussi bien faire référence à lethnie qui oriente une autre forme de biologisation (16). La distinction proposée ici nest pas la seule, il en existe dautres qui correspondent chacune à une époque (17).
- Le racisme biologique Selon Taguieff, « le racisme postule lexistence de races humaines, qui diffèreraient entre elles, en raison de certaines caractéristiques héréditaires » (20). Il sagit donc bien dune idéologie puisque lexistence de races na pu être démontrée par les scientifiques. A lorigine du racisme, il y a une peur et un sentiment de différence, réelle ou non, permanents et insurmontables, marquant laltérité menaçante et débouchant sur une hiérarchisation qui permet de légitimer lexclusion (21). Il y a également de construction de deux ensembles totalement inassimilables, permettant ainsi de valoriser les différences : dune part, il y a lémergence dun « Nous » supérieur et laffirmation dune identité raciale propre et dautre part, il y a laffirmation dun « Eux » inférieur et racialement différent ; il sagit respectivement au processus dauto-racisation et dhétéroracisation (22). On note déjà avec ces définitions du racisme biologique quil nest pas question détranger ou dimmigré, mais seulement de lAutre, de son altérité, et dun sentiment de supériorité par rapport à celui-ci. Létranger nintervient que lorsquil est question de frontières ou de définition de la Nation, car avec lavènement des frontières, létranger serait différent du national en ce quil possède un statut juridique différent, et serait toujours susceptible de devenir lennemi de la Nation en ce quil appartiendrait à une autre nation (23). Cest ainsi que E. Balibar affirme : « Si le racisme moderne nest pas la même chose que le nationalisme, il lui est pratiquement lié à chacun des moments de son histoire. Il en constitue en quelque sorte lexcès constitutif ou le supplément intérieur » (24). Ainsi le racisme serait une conséquence du nationalisme, toutefois cette relation nest pas systématique. Romain Gary disait « Le patriotisme, cest aimer les siens, le nationalisme, cest détester les autres » (25). Un sentiment national fort comme le chauvinisme peut déboucher sur la pensée que la Nation à laquelle on appartient est supérieure à toute autre, ce sentiment peut sappuyer sur lidée de race (26) . Les organisations racistes refusent souvent dêtre qualifiées comme telles et se réclament donc du nationalisme, ce qui semble démontrer dans le cas de ces organisations que le discours de la race et celui de la nation sentremêlent régulièrement mais dans un cadre plus général on ne peut les confondre (27). Il existe cependant des argumentations qui réfutent laltérité comme source du racisme, mais celles-ci relèvent plutôt du domaine de la philosophie politique (28).
- Le racisme culturel ou différentialiste Actuellement, le nouveau racisme est centré sur le problème de limmigration. Dans cette optique, limmigration a été érigée en véritable problème social et politique. Cependant, aucune allusion à la race nest formulée, ce qui entraîne certains à lappeler le « racisme sans race ». En effet, P.-A. Taguieff souligne que lallusion à une quelconque théorie des races nest pas nécessaire pour parler de racisme (31). Mais les différences et les frontières seraient irréductibles. Des disours des partis d'extrême droite à l'égard des immigrés A. Etranger ou immigré Dans le cadre de cette étude, il est nécessaire dopérer une distinction entre « étranger » et « immigré ». Cette distinction a un caractère relatif et nest pas nécessaire dans le langage commun, toutefois elle est utile pour la conceptualisation du problème présent. En effet, lextrême droite produit un discours sur létranger qui peut être tout à fait vide dun quelconque contenu raciste. Létranger est celui qui appartient à une autre nation et vit dans celle-ci par rapport à la nation considérée, alors que limmigré est celui qui vit dans la nation considérée mais qui nen possède pas la nationalité (32). B. Le discours général de lextrême droite belge francophone Les partis dextrême droite belge francophone effectuent une distinction entre immigrés intra-européens et immigrés extra-européens. Limmigration est un thème fondateur de limplantation et de lessor de lextrême droite en général (33). Les immigrés constituent un thème central dans lidéologie et les programmes des partis dextrême droite : ce thème est traité en divers points des programmes, souvent en relation avec les problèmes dinsécurité, dabus de sécurité sociale et de menace de lidentité, sinon nationale, du moins européenne. Si limmigration est un thème central dans le discours de lextrême droite francophone, elle ne constitue pourtant pas une catégorie dindividus traités de manière homogène. En effet, elle distingue dans la plupart des cas deux catégories détrangers, ceux ressortissant de lUnion européenne et ceux des pays tiers à lUnion. Un argument généralement avancé pour expliquer cette distinction consiste à dire que la construction européenne a créé des rapprochements entre identités culturelles à lintérieur de ses frontières, mais ces rapprochements ont créé une distance avec ce qui nappartient pas à cette construction (34). Le paradoxe de ce thème est que limmigration des travailleurs extra-communautaires a été arrêtée en 1974, date à laquelle lextrême droite a entamé son retour politique sur ce thème (sétant absentée depuis la Deuxième Guerre Mondiale). Mais ce thème survient aussi au moment de la prise de conscience que le séjour de la deuxième vague dimmigration nest plus provisoire mais définitif. Cette deuxième vague dimmigration provient essentiellement de pays non-chrétiens, cette caractéristique est également stigmatisée par les partis dextrême droite.
- Les immigrés intra-européens
- Les immigrés extra-européens « Les immigrés abusent des avantages sociaux » Cette image est souvent associée au fait quils ne travaillent pas ou pas autant que les Belges. En effet, selon le FN (37), les immigrés sinstallent en Belgique pour bénéficier de laide sociale, percevant plus que ce quils cotisent. Cela est confirmé par la mesure préconisée par le FNB au sujet des immigrés sans emploi : « Les étrangers qui viennent en Belgique doivent travailler, ou bien rentrer chez eux » (38). « Le pays est envahi par les immigrés en nombre massif » Cette image suggère quil y a un seuil de tolérance déjà dépassé, et quune invasion de la part de limmigration menace lexistence dune « majorité nationale ». Au FNB, on parle de « léviction des Belges de souche par les populations immigrées » (39), tandis que le FN se dit « préoccupé par la région bruxelloise, où, dans quinze ans, les Belges dorigine étrangère seront largement majoritaires. Il suffit pour sen convaincre de faire une visite guidée des maternités bruxelloises » (40). « La présence dimmigrés est une menace pour lidentité nationale» Limmigration contribue au « génocide de notre peuple » (41). Cette idée est liée à la précédente, non seulement les immigrés menacent lidentité nationale par leur nombre, ainsi que par la nature de leur culture et donc de leur identité, mais également par le simple fait dêtre immigré. En effet, le Bloc Wallon dénonce violemment « le fanatisme islamiste, dont le but avoué est de faire, à terme, de Bruxelles une république islamique » (42). En ce qui concerne la constitution dune armée européenne, limmigration constituerait même une menace pour la sécurité nationale. Dès lors, le Bloc Wallon préconise une armée européenne « composée de corps militaires nationaux ! Intégrer dans nos rangs des ressortissants de pays potentiellement hostiles, cest tout simplement de la trahison pour cause idéologique» (43), on constate donc que pour ces partis chaque immigré représente une menace potentielle de trahison envers son pays de résidence en tentant de transformer son identité. « Limmigration est source dinsécurité » Cest un des leitmotive de lextrême droite, celle-ci nhésite pas à faire des amalgames assez douteux entre délinquance et terrorisme, voire intention guerrière pour grossir le danger. Le Bloc Wallon, suite aux attentats du 11 septembre 2001, voit en chaque Arabe un terroriste potentiel (44). Et le FNB voit dans les événements qui se sont produits à Anderlecht en 1997 : « Des dizaines de milliers de Marocains, Turcs ou Africains. En novembre, c'est vrai, ils nous ont déclaré la guerre [ ] Mais la vraie guerre quils nous font tous les jours. Cest linsécurité» (45). « Les immigrés ne désirent pas sintégrer » AGIR souscrit également à la représentation dune immigration extra-européenne inassimilable à la société belge et qui na pas réussi son intégration (46). Et le Front National enchaîne, évoquant : « Des étrangers qui ne sintégreront jamais, parce quils sont trop différents et trop nombreux et parce quils nen éprouvent pas le désir. Au contraire, la volonté de garder son identité, voire de nous limposer, a été maintes fois clairement exprimée par le groupe détrangers numériquement le plus important puisquil sagit de la communauté islamique installée dans notre pays » (47). « Les immigrés sont culturellement trop différents » Cette représentation suggère que la cohabitation est impossible car les différences culturelles sont insurmontables, cest pourquoi ces partis invoquent les dangers de la société multiculturelle, notamment le métissage. On propose donc une inéluctable séparation afin des les éviter. Le FNB décrit la société multiculturelle comme étant « un magma dindividus sans racines, sans destin commun et donc sans avenir. Chaque peuple est riche de sa culture, mais la cohabitation de cultures différentes sur un même territoire ne peut mener quà des frictions et à lintolérance ou au métissage culturel. Le métissage culturel est un appauvrissement, parce quil tue la diversité et la spécificité qui font la richesse de lhumanité » (48). Pour ce parti, les dangers de la société multiculturelle sont essentiellement causés par la nature de la culture des immigrés. Ainsi, selon le FNB, les problèmes sociaux sont imputables à la culture des immigrés telle la violence dans les écoles, « ce n'est pas dans la nature des immigrés. C'est dans leur culture. La violence dans les écoles, c'est déjà la violence de l'islam » (49). Les écrits émanant des autres partis dextrême droite en Belgique francophone se bornent à faire les mêmes constats, cest-à-dire que lintégration des immigrés extra-européens est impossible à cause de leur différence culturelle trop importante et des risques en termes de sécurité que cela comporte : « Les étrangers extra-européens ne sont pas intégrables car ils ont une culture, une religion et une histoire trop différentes de la nôtre, vouloir les intégrer pour le FN serait une preuve de racisme, le renvoi dans leur pays dorigine est une marque de respect des cultures » (50); et le FN dajouter une formule toute simple à retenir et faisant appel à notre meilleur bon sens populaire : « Lhistoire nous apprend que les sociétés multiculturelles sont le plus souvent des sociétés multi-conflictuelles » (51). « Les immigrés sont des concurrents sur le marché du travail » Enfin, les immigrés sont perçus comme accaparant les postes de travail que des Belges pourraient occuper, cest pourquoi AGIR considère que la présence de main duvre étrangère est injustifiée étant donné quil y a 20% de chômeurs en Belgique (52).
C. Les perceptions propres à chaque parti - Le Front Nouveau de Belgique
- AGIR Par rapport aux logements, Agir donne priorité aux Wallons (54); par contre il nimpose pas le retour de limmigration intra-européenne. Il ny a pas vraiment de défense des immigrés européens à linverse des autres partis de lextrême droite européenne. Peut-être fautil replacer cette caractéristique dans son contexte historique, cest-à-dire quAgir se situe dans une phase moins avancée de la construction européenne ? Agir se dit démocrate et non-raciste (55), cependant il fait de limmigration un problème dont la solution est le rapatriement (56), le rapatriement représentant une marque de respect des différences culturelles et ethniques. Contrairement au FN, AGIR est un parti régionaliste qui sattache à la défense des Wallons, ce qui le rapproche du Vlaams Blok. Toutefois, cette différence dans le corpus idéologique nempêchera pas un rapprochement de certains de ses membres avec le FN en 1994, peu avant sa dissolution.
- Le Front national de Daniel Féret
- Le Bloc Wallon (NDLR : le Bloc wallon a implosé après les élections communales doctobre 2000. A lheure actuelle, il nexiste plus structurellement. Plusieurs de ses militants ont totalement arrêté de faire de la politique, dautres ont rejoint le groupuscule Nation).
Du type de racisme mobilisé par les partis d'extrême droite belge francophone Dans cette partie, nous traiterons des similitudes entre les partis dextrême droite afin de déterminer à quel type de racisme on est confronté en Belgique francophone de la part de ces partis. Mais dune façon générale, une observation peut être mise en avant pour ce type de partis populistes en Europe : « il y a une animosité vis-à-vis des partis de létranger, utilisé et présenté de multiples façons, aussi bien comme un facteur de décomposition que comme une menace à la cohérence et au respect des normes, ou comme rival économique. Les partis néopopulistes opposent au multiculturalisme des raisons à la fois morales, sociales et économiques, plus quils ne combattent par racisme avoué et biologiquement argumenté » (60). Si lon sen tient à la définition du racisme différentialiste de P.-A. Taguieff, on constate quil est doté de quatre composantes, cest-à-dire la référence à la culture, à la différence plutôt quaux inégalités, à la production dun discours prônant le respect des différences mais aussi le dénigrement de ces groupes. On observe que ces quatre composantes se retrouvent dans le discours des partis dextrême droite belge francophone. En effet, ce type de racisme différentialiste est bien visible dans la représentation « les immigrés sont trop différents culturellement » : il y a effectivement une référence à la culture, et donc corrélativement une allusion manifeste à lidentité. Toutefois cette image est reliée à dautres qui sont autant de traits de ce nouveau racisme différentialiste celle de linassimilabilité des étrangers et du respect de leur différence qui entraînent le retour dans leur pays dorigine : « Les étrangers extra-européens ne sont pas intégrables car ils ont une culture, une religion et une histoire trop différente de la nôtre, vouloir les intégrer pour le FN serait une preuve de racisme, le renvoi dans leur pays dorigine est une marque de respect des cultures » (61). Cette représentation et ses dérivés produisent toutes les caractéristiques du racisme différentialiste. Dautre part, les autres représentations dont le contenu est essentiellement négatif comme « limmigration est source dinsécurité » sexpliquent par les mécanismes quimplique le racisme considéré en tant quidéologie. Le rejet de luniversel se traduit par laffirmation de lexistence de différentes cultures qui constituent chacune une identité. Mais il y a également la catégorisation fixe des individus et une absolutisation des différences qui sexpriment et agissent simultanément dans le discours de ces partis. Si les partis dextrême droite névoquent pas la race, les immigrés extra-européens représentent pour eux une catégorie homogène. En effet, lorsquon considère que les représentations « les immigrés abusent des avantages sociaux », « limmigration est source dinsécurité » ou « les immigrés ne désirent pas sintégrer », tous les immigrés extra-européens sont identiques, ils menacent socialement et physiquement les nationaux. Il en découle donc leur inassimilabilité en montrant les dangers que représentent le métissage et la société multiculturelle : « Cest un fait plus ou moins avéré, au moins en ce qui concerne les immigrés non-européens, que lintégration est un leurre et mène tout droit aux joyeusetés du modèle américain des ghettos et de la criminalité » (62). La pureté raciale, relevant du racisme biologique, nest pas explicitement évoquée dans tous les écrits, au profit de la logique identitaire qui est lexpression politique du racisme différentialiste. Philippe Bataille (63), dans son analyse du racisme et de la xénophobie en Wallonie, décelait une tentation de désigner les immigrés comme responsables du malaise et de la déstructuration de la situation. Cest bien de cela quil est question lorsque ces partis parlent des immigrés en tant que source de concurrence sur le marché du travail ou comme abusant des avantages sociaux. Cest pourquoi on peut affirmer que ces partis reproduisent le racisme ambiant dans leurs discours, car ils sinspirent du « bon sens » populaire. Les immigrés symboliseraient une menace pour le bien être économique et matériel des nationaux et des Européens communautaires, outre le risque quils représentent pour la pérennité de lidentité et pour la survie physique et numéraire des nationaux face à ce quils qualifient dinvasion « extra-européenne ». On peut aisément conclure que les partis dextrême droite reprennent aussi à leur compte ce type de racisme, que nous qualifierons de «social » ou « économique », qui amalgame les étrangers extra-européens et les problèmes sociaux. Comme lobserve Andrea Rea, en ce qui concerne le FN, le rapatriement résoudrait déjà le problème des abus sociaux (64), ce qui est également vrai pour les autres partis dextrême droite francophone. Il est intéressant de noter que ces partis se sont adaptés aux différentes configurations institutionnelles existantes dans le pays et au niveau de lUnion européenne, telle la distinction entre immigrés intra-européens et immigrés extra-européens. Le Bloc Wallon déclare saccommoder de la division fédérale du pays. Par contre le FN se réclame dun nationalisme européen et dune civilisation européenne afin de contourner lobstacle du fédéralisme belge étant donné quil est unitariste, ce qui paraît insensé dans le contexte actuel. Le FNB considère lespace européen comme lespace chrétien menacé dune invasion arabo-musulmane, comme nous lavons déjà précisé plus haut. Les nationaux sont donc perçus par ces partis dextrême droite francophone comme les victimes de limmigration. Non seulement, les nationaux doivent subir linsécurité due à la présence de cette immigration, mais ils sont également menacés dans leur identité, leur survie en tant que majorité car linvasion que constituent les flux migratoires tend à minoriser tant les nationaux eux-mêmes que leur bien-être matériel car les immigrés abuseraient des avantages sociaux, des logements et les concurrenceraient sur le marché du travail. Soulignons encore une fois que les immigrés intra-européens sont assimilés aux nationaux. Les partis dextrême droite francophone perçoivent donc les immigrés intra-européens comme les égaux des nationaux.
Conlusion Comment les partis dextrême droite belge francophone perçoivent-ils les étrangers par rapport aux nationaux ? Cette question ne trouvera pas de réponse parfaitement tranchée à la suite de cette analyse étant donné quil est impossible davoir accès à toutes les productions écrites de ces partis. Sil est envisageable de se rendre au siège dun parti pour obtenir des tracts ou des brochures ; dans le cas des partis dextrême droite francophone, cest fortement déconseillé en raison de leur extrême méfiance et de lagressivité dont ils font preuve lorsquon sintéresse un peu plus sérieusement à eux. Dailleurs, il est regrettable quil nexiste aucun organisme ayant pour mission de récolter de façon systématique toutes les publications émanant des partis et destinées au public. Lexistence dun tel organisme permettrait de résoudre le problème de lexhaustivité des ressources pour lanalyse des documents et de leur disponibilité pour le public. Afin de comprendre comment les partis dextrême droite francophone les étrangers et leurs rapports avec les nationaux, nous avons dans un premier temps tenté de définir ce quétait le racisme. Nous avons pu observer quil recouvrait une multiplicité de significations et en avons ensuite présenté les trois principales, qui sont celles que P.-A. Taguieff propose : le racisme en tant quidéologie, en tant que préjugé et en tant que comportement. De ces trois sens, nous avons retenu celui de lidéologie qui paraissait être le plus judicieux pour répondre à notre question. Enfin, nous avons examiné lévolution du racisme, car celui-ci sest transformé au cours du temps, notamment en vertu des réglementations le punissant, reprenant même des arguments quautrefois il aurait été possible de classer dans le répertoire de lantiracisme. Dans un deuxième temps, nous nous sommes attachée à examiner les différentes productions écrites de ces partis qui sont le FN, le FNB, AGIR et le Bloc Wallon afin de saisir les représentations quils se font des immigrés. Il faut encore préciser que cet examen ne prétend nullement à lexhaustivité pour les raisons qui ont été invoquées plus haut. Toutefois, nous avons pu constater quil se trouvait sept représentations des immigrés plus ou moins communes aux quatre partis pris en compte dans ce cadre et, avec un peu de surprise, quil existait des différences entre eux. Mais dune manière générale, cela ne change rien aux sentiments haineux quils éprouvent vis-à-vis des immigrés extra-européens. Dans la troisième partie, nous avons confronté les caractéristiques du racisme, entendu au sens dune idéologie, avec les représentations que se font ces quatre partis dextrême droite francophone de limmigré afin de déterminer les liens qui les unissaient. Aussi pouvons-nous affirmer que ces représentations sont empreintes de racisme tantôt biologique mais son expression nest pas explicite, il est difficile de laffirmer avec certitude, tantôt différentialiste et de racisme « économique ». Ensuite, nous avons déterminé les représentations que ces partis se faisaient des nationaux, entendues comme des conséquences des représentations que ces formations se font des immigrés extra-européens : les nationaux apparaissent comme des victimes de ces immigrés. En effet, ces partis affirment que lidentité des nationaux ainsi que leur survie numéraire et matérielle sont menacés. Nous avons montré que ces partis perçoivent limmigration extra-communautaire comme une menace sur trois plans. Aussi, nous avons suggéré grâce à létude du racisme en Wallonie de P. Bataille (65), qui démontrait lexistence dune tentative de rendre la population immigrée responsable de la dégradation économique et sociale des travailleurs, que ces partis reprenaient et amplifiaient ce même discours. Si une idéologie se fonde au moins partiellement sur le sens commun, on est en droit de se demander dans quelle mesure ces partis fondent leur idéologie raciste sur celui-ci étant donné que leur discours à propos de limmigration lui est à ce point attaché. De même, on peut se demander si ces partis copient leurs homologues des pays voisins dans cette proximité entre leur idéologie raciste et le sens commun. Une autre interrogation, liée à la première, est de savoir si lédification dune Europe « forteresse » et les discours sécuritaires qui laccompagnent contribuent ou non à alimenter les discours des partis dextrême droite à propos des « dangers » que feraient peser les flux migratoires sur la civilisation européenne et à former un « racisme européen » qui sexerce envers les immigrés installés en Europe et les candidats à limmigration. La distinction que ces partis opèrent entre les immigrés intra-communautaires et extra-communautaires est en effet directement calquée sur celle opérée par les institutions nationales et communautaires. Enfin, il serait également intéressant danalyser le mode sur lequel ces formations excluent les Juifs et les immigrés naturalisés, alors que ceux-ci sont officiellement citoyens de lEtat belge, et par conséquent doivent être considérés comme des nationaux. A. Rea lance une piste en distinguant le racisme intérieur, touchant principalement les Juifs, et le racisme extérieur, touchant principalement les immigrés des anciennes colonies européennes. Cependant il nexplique pas la stigmatisation des « nouveaux Belges ». On constate ainsi que lextrême droite ne cesse dopérer des distinctions, ce qui fait dire à A. Rea que « ce qui est spécifique à ce nouveau racisme, cest lintensification du combat idéologique et politique de la définition des identités des groupes légitimes et des groupes illégitimes » (66).
Muriel SACCO
Bibliographie & sources
- HERMET Guy, BADIE Bertrand, BIRNBAUM Pierre, BRAUDEL Philippe, Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques, Paris, Editions Dalloz/ Armand Colin, 2001, p. 319.
Ouvrages spécialisés - ABRAMOWICZ, Manuel, « Un passé composé », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. Lextrême droite en Belgique, Bruxelles, Editions Labor, 1995, pp. 103-126. - ABRAMOWICZ, Manuel, « Une filiation historique », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. Lextrême droite en Belgique, Bruxelles, Editions Labor, 1995, pp.139-150. - ABRAMOWICZ, Manuel, Les rats noirs. Lextrême droite en Belgique francophone, Bruxelles, Editions Luc Pire, 1996, p.240. - ALALUF, Mateo, « Lémergence du FN en Belgique est plus redevable aux circonstances quà son programme », in DELWIT, Pascal, DEWAELE, Jean-Michel, REA, Andrea, Lextrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, pp. 101-118. - BALIBAR, Etienne, WALLERSTEIN, Immanuel, Race, nation, classe. Les identités ambiguës, Paris, La Découverte, 1997, p. 311. - BATAILLE, Philippe, « Lexpérience belge », in WIEVIORKA, Michel, Racisme et xénophobie en Europe, une comparaison internationale, Paris, Editions La Découverte, 1994, pp. 103-156. - BONNAFOUS, Simone, « « Immigrés », « Immigration ». De quoi parler ? », in TAGUIEFF, Pierre-André, Face au racisme. Analyses, hypothèses et perspectives, Paris, Editions La Découverte, 1991, pp. 144-153. - CHEBEL DAPPOLONIA, Ariane, Les racismes ordinaires, Paris, Presses de Sciences Po, 1998, p. 111. - DELWIT, Pascal, DEWAELE, Jean-Michel, REA, Andrea, « Les étapes de lextrême droite en Belgique », in Lextrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, pp. 57-81. - MAYER, Nonna, « Les champions des extrêmes droites européennes », in Ces Français qui votent FN, Paris, Flammarion, 1999, pp. 269-300. - REA, Andrea, « Immigration et racisme. Des thèmes fondateurs », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. Lextrême droite en Belgique, Bruxelles, Editions Labor, 1995, pp. 21-61. - REA, Andrea, « Le Front national : force électorale et faiblesse organisationnelle », in DELWIT, Pascal, DE WAELE, Jean-Michel, Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Editions de lUniversité de Bruxelles, 1996, pp. 193-204. - REA, Andrea, Immigration et racisme en Europe, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, p. 242. - SABOURIN, Paul, Les nationalismes européens, Paris, PUF, coll. « Que sais-je »,1996 p. 128. - SOUCHART, Maryse, WAHNICH, Stéphane, CUMINAL, Isabelle, WATHIER, Virginie, « La vision du monde de Jean-Marie Le Pen : un univers menaçant », in Le Pen Les Mots. Analyse dun discours dextrême droite, Paris, Editions Le Monde, 1997, p. 47-82. - TAGUIEFF, Pierre-André, La force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles, Paris, Editions La Découverte, 1987, p. 645. - TAGUIEFF, Pierre-André, « Les métamorphoses idéologiques du racisme et la crise de lantiracisme », in Face au racisme. Analyses, hypothèses et perspectives, Paris, Editions La Découverte, 1991, pp. 13-63. - WIEVIORKA, Michel, Le racisme, une introduction, Paris, Editions La Découverte, 1998, p. 169.
Articles scientifiques - ABRAMOWICZ, Manuel, « Belgique : une extrême droite protéiforme », in Politique, novembre 2001, n°21, pp.54-56. - ABRAMOWICZ, Manuel, « Une « guerre biologique » à venir ? », in Politique, novembre 2001, n°21, p. 55. - BREWAEYS, Philippe, DAHAUT, Véra, TOLBIAC, Anaïs, « Lextrême droite francophone face aux élections », in Courrier hebdomadaire, CRISP, Bruxelles, 1992, n°1350, p. 42. - FISCHBACH, Franck, « LAutre et lEtranger : les enjeux de la reconnaissance et les stratégies de lexclusion », in Philosophie politique, Paris, 1993, n°3, pp. 65-88. - IVALDI, Gilles, «Lextrême droite en Europe occidentale», in Problèmes politiques et sociaux, Paris, décembre 2000, n° 849, p 78. - SCHNAPPER, Dominique, « La nation et létranger », in Philosophie politique, Paris, 1993, n°3, pp. 89-96. - VANLEAR, Jean, VANDERMOTTEN, Christian, "Immigration et vote dextrême droite en Europe occidentale et en Belgique », in Cahiers Marxistes, Bruxelles, Janvier-Février 1992, n°183, pp. 53-71. - WODAK, Ruth, REISIGL, M., "Discourse and racism: a European perspective", in Annual Review of Anthropology, Palo Alto (California), 1999, Vol. 28, pp. 175-199.
Les sites de lInternet visités - http://www.frontnational.be
- http://www.fnb.be/FNB/Bastion - http://membres.lycos.fr/blocwallon/bienvenue/frame3.html
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Etudes & Documents universitaires Dans la rubrique « Etudes & Documents universitaires » de notre site, nous publions des études et des travaux issus d'universités belges et étrangères. La plupart d'entre eux ont été réalisés par des étudiants. Leurs études et travaux servent aussi à mieux analyser les phénomènes que sont le racisme et l'extrême droite. Afin qu'ils ne restent pas inertes sur des étagères de chambres Nous remercions tous les étudiants qui, par la republication de
leur Manuel Abramowicz, pour RésistanceS Le premier texte publié dans « Etudes & Documents universitaires » a été mis en ligne le 6 juin 2003. Présentation de lauteur du texte : Le racisme, un tremplin électoral pour lextrême droite Lauteur de ce texte, Muriel Sacco, est étudiante en science politique à lUniversité libre de Bruxelles (ULB). Son étude que nous republions ici, avec son aimable autorisation, a été réalisée dans le cadre du cours « Etude approfondie de questions de sciences politiques » (année académique 2001-2002). Le titre de ce document tel que publié sur notre site est de notre rédaction. Mise en ligne : 16 juin 2003 Sommaire de ce texte
A. Définir le racisme B. Les différents sens du mot racisme C. Des différentes formes du racisme - Le racisme biologique - Le racisme culturel ou différentialiste Des discours des partis dextrême droite à légard des immigrés A. Etranger ou immigré B. Le discours général de lextrême droite belge francophone - Les immigrés intra-européens - Les immigrés extra-européens C. Les perceptions propres à chaque parti - Le Front Nouveau de Belgique - AGIR (qui nexiste plus depuis 1996) - Le Front national de Daniel Féret - Le Bloc Wallon Du type de racisme mobilisé par les partis dextrême droite belge francophone Conclusion Bibliographie et sources de ce travail. Notes (de bas de page) |