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Le racisme, un tremplin électoral pour l’extrême droite

De l’utilisation du racisme par les partis de l’extrême droite belge francophone

Par Muriel SACCO

 

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Couverture du journal néonazi « L’Assaut », édité par le groupuscule du même nom (actif de 1986 à 1993). En marge de leurs discours de plus en plus « politiquement correct », l’extrême droite propose souvent des solutions expéditives contre l’immigration (doc. : archives RésistanceS).

Introduction
A la lecture de nombreux écrits provenant de groupes d’extrême droite, on constate qu’il y a très peu d’allusions explicites, voire implicites, à l’existence de races et à la supériorité de la race blanche (1). Ainsi, serait-il possible que l’extrême droite actuelle ait abandonné l’une de ses caractéristiques fondamentales ? Pourtant, un sondage de 1991 « indique que 50% des Européens interrogés considèrent qu’il y a trop de non-ressortissants de la Communauté dans leur pays » (2) ; de plus, comme le souligne Nonna Mayer (3), les électeurs des partis de l’extrême droite en Europe se caractérisent presque tous par une hostilité envers l’immigration. C’est pourquoi il est intéressant de s’interroger sur la problématique suivante : Comment les partis d’extrême droite francophone perçoivent-ils les étrangers par rapport aux nationaux ? Cette question de la perception des étrangers présente un intérêt certain, notamment afin de déterminer avec plus ou moins de certitude si l’une de leurs caractéristiques principales, qui est le racisme, a disparu ou a simplement été masquée. En effet, on observe que les partis d’extrême droite modèrent leur discours pour des raisons qui tiennent à la tentative de respectabilisation de leur image, suite à la percée électorale qu’ils ont connue ces deux dernières décennies et aux sanctions que font peser les lois réprimant l’incitation à la haine raciale et ethnique.

L’extrême droite en Belgique francophone est mal connue. Il est vrai que celle-ci attire peu l’attention face à son homologue flamand qui ne connaît pratiquement aucune division organisationnelle et pèse de tout son poids électoral sur le cours de la vie politique dans cette partie du pays. Si l’extrême droite en Belgique francophone est divisée et très peu structurée, ce qui semble être une de ses principales causes de son succès tout relatif, il n’en reste pas moins qu’elle recueille une part non négligeable des voix de l’électorat francophone. Même si cette tendance semblait être revue à la baisse lors des élections législatives, régionales et européennes du 13 juin 1999, ainsi que des élections communales et provinciales du 8 octobre 2000, en comparaison avec les élections de 1994 et de 1995, un sondage de la Libre Belgique du 25 mars 2002 infirme cette diminution manifeste (4).

Dans cette étude, nous n’aborderons que quatre partis de cette extrême droite en Belgique francophone, car celle-ci est tellement morcelée que les analyser tous serait impossible étant donné le peu d’informations qui existent sur certains d’entre eux. C’est pourquoi nous avons choisi de nous intéresser d’une part, au plus important d’entre eux, le Front National du Docteur Féret, et à sa dissidence, le Front Nouveau de Belgique de Marguerite Bastien, qui sont tous deux unitaristes, alors que « l’identité belge n’a jamais été très puissante » (5) ; et d’autre part, à deux partis « régionalistes » de défense de la Wallonie, l’un, AGIR, qui se divisa en 1994 avant de disparaître en 1995 (6), et l’autre, le Bloc Wallon, qui se fonda sur les cendres d’Agir en 1999 et implosa deux ans plus tard. Cependant, s’il y a lieu de croire que cette division entre unitaristes et régionalistes affectent leurs visions respectives du monde et des Hommes, il faut relativiser cette division en rappelant que les transfuges entre partis d’extrême droite ont été fréquents –et le seront encore si l’on en croit la crise qui traverse actuellement le FNB– nombreux et d’une assez courte durée, ce qui a affecté l’idéologie de chacun d’entre eux. C’est pourquoi nous émettrons l’hypothèse que cette division n’a qu’une influence relative sur leur production idéologique. Pourtant, cette division est perceptible à certains égards, notamment en ce qui concerne l’attitude face à la structure fédérale de l’Etat belge ou à la construction européenne. Par ailleurs, cette extrême droite n’étant ni très organisée ni fort structurée, les différences entre programmes, tracts, publications et communiqués de presse ne sont que très peu affirmées, c’est pourquoi nous les utiliserons indistinctement afin de cerner leur perception des étrangers.

Comment les partis d’extrême droite francophone perçoivent-ils les étrangers par rapport aux nationaux et vice versa ? Cette interrogation s’inscrit dans cette problématique beaucoup plus large qu’est la production de représentations par les partis d’extrême droite. Cependant, cette production de représentations est un thème directement lié au racisme et aux représentations qui en découlent. C’est pourquoi, dans une première partie, nous traiterons abondamment du racisme considéré en tant qu’idéologie, de ses différentes formes et des conséquences qu’elles ont sur l’idéologie d’extrême droite, notamment en nous reposant sur les travaux de Pierre-André Taguieff qui est un pionnier en la matière. Ensuite, nous analyserons les écrits des quatre partis d’extrême droite francophone en Belgique afin de déterminer la perception qu’ils ont des immigrés par rapport aux nationaux en fonction du type de racisme auquel ils adhèrent. Ensuite, nous confronterons les hypothèses émises dans la littérature scientifique au sujet du racisme et les différentes représentations que l’extrême droite francophone a des étrangers afin de déterminer si cette dernière obéit aux mécanismes du racisme.

Racisme

A. Définir le racisme

Selon Michel Wieviorka, « le racisme consiste à caractériser un ensemble humain par des attributs naturels, eux-mêmes associés à des caractéristiques intellectuelles et morales qui valent pour chaque individu de cet ensemble, et à partir de là mettre en œuvre des pratiques d’infériorisation et d’exclusion » (7). Par contre, dans le Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques, la définition du racisme diffère quelque peu, « le racisme consiste en un comportement de haine, de refus, de mépris, à l’égard des personnes supposées présenter des caractéristiques physiques différentes et qui sont appréhendées comme formant une race distincte et, bien évidemment, inférieure. Le racisme prétend théoriser scientifiquement l’existence des races considérées comme définitivement inégales. Ces races sont conçues comme des espèces animales hiérarchisées et dont les traits induisent des caractéristiques morales et culturelles particulières contrôlant les actions de chaque individu inclus au sein de chaque race » (8). Ces définitions montrent que la notion de racisme recouvre plusieurs usages, tantôt une opération de caractérisation, tantôt un comportement. Il existe donc différents sens à la notion de racisme. Comme le constate Pierre-André Taguieff, il y a une indétermination conceptuelle (9).

B. Les différents sens du mot racisme

P.-A. Taguieff dénombre trois sens du mot « racisme » (10): le racisme-idéologie, le racisme-préjugé, le racisme comme comportement. Le racisme-idéologie est un ensemble organisé de croyances et de représentations. Le racisme-préjugé comprend la sphère des attitudes, des opinions et des croyances. Le racisme-comportement est composé des actes et pratiques qu’entraîne le racisme. Ces trois sens sont indubitablement liés. En ce qui nous concerne, nous nous intéresserons surtout au racisme en tant qu’idéologie parce que l’idéologie détermine la perception des étrangers comme l’une des modalités de la vision du monde qu’elle engendre, si l’on considère avec P.-A. Taguieff que l’idéologie est un « système explicite de représentations et de jugements, formulés, susceptibles d’être présentés sous la forme d’une vision du monde ou d’une conception générale de l’histoire, et remplissant une fonction principale de légitimation » (11). Robert Miles rejoint la distinction que P.-A. Taguieff opère entre le racisme considéré comme une idéologie et comme un comportement. En effet, R. Miles distingue le racisme en tant que phénomène idéologique et représentationnel et la pratique du racisme (12).

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Couverture du livre raciste du néofasciste français Guillaume Faye. En la matière, ce derniers est l’une des principales références idéologiques du Front nouveau de Belgique et du Vlaams Blok, notamment.

Selon P.-A. Taguieff (13), le sens idéologique du racisme pris comme un idéal-type implique cinq opérations : le rejet de l’universel, la catégorisation fixe des individus, l’absolutisation des différences collectives, la naturalisation des différences et une interprétation inégalitaire des différences. Le rejet de l’universel se traduit par la négation de l’unité de l’espèce humaine, par la croyance en l’irréductibilité de la pluralité des identités collectives ; cela conduit à la dénonciation des droits de l’Homme car les Hommes ne font pas tous partie d’une même unité. Politiquement, cette première opération apparaît sous la forme du rejet du « mondialisme », du « cosmopolitisme », du métissage qui en découle et de la dénonciation du racisme retourné – c’est-à-dire d’un racisme qui s’exerce envers les personnes que l’on désigne comme étant les auteurs d’actes racistes alors qu’en réalité, ce sont elles les victimes, comme le montre le racisme anti-blancs. La catégorisation fixe des individus consiste à assigner les individus à des classes humaines supposées stables au cours de l’évolution. Dans cette optique, l’individu serait une composante quelconque de sa catégorie d’appartenance, l’entité collective existerait donc réellement et serait une valeur ; à ce titre, l’identité collective est traitée comme un individu. L’absolutisation des différences collectives rend la distinction entre « races » et « cultures » inexistante car les deux termes deviennent incomparables. Il en découle une inassimilabilité des individus d’une race à n’importe quelle autre race et une incommunicabilité entre les races, ce qui entraîne l’interdiction du métissage culturel qui serait un processus de dissolution des identités collectives. La quatrième implication du racisme idéologique est la naturalisation des différences, soit par biologisation, les frontières nationales et culturelles devenant ainsi insurmontables, soit par ethnicisation ou figement culturaliste. La cinquième implication est une interprétation inégalitaire des différences, une hiérarchisation qui réintroduit une base de comparaison.

C. Des différentes formes du racisme

La plupart des auteurs francophones distinguent, et opposent parfois, le racisme biologique et le racisme différentialiste. Cette distinction a été suggérée par P.-A. Taguieff au vu de l’évolution du langage de l’idéologie raciste. D’ailleurs, les distinctions ne servent pas tant à classer des comportements qu’à repérer des évolutions historiques (14). Ces deux formes de racisme se succèdent dans le temps, sans cependant s’exclure. Le racisme biologique semble caractériser le début du XX° siècle dans son expression politique, mais il apparaît en réalité au XVIIème siècle dans le discours scientifique, ce qui lui vaut son appellation de racisme scientifique. Le racisme différentialiste, quant à lui, apparaît en France peu après la Seconde Guerre Mondiale dans le sillage de la Nouvelle Droite, du GRECE et du Club de l’Horloge, lorsque l’idée de hiérarchie des races est affaiblie par le déclin de l’idée scientifique de l’existence de races, et plus généralement avec le renforcement du processus de différenciation institutionnelle en cours dans les sociétés occidentales (15). Il n’est pas à exclure qu’un discours mobilisant l’idéologie différentialiste ne soit pas sous-tendu par un racisme de type biologique, c’est pourquoi on peut affirmer que l’absence de référence à la race ne signifie aucunement l’absence de racisme, car on peut tout aussi bien faire référence à l’ethnie qui oriente une autre forme de biologisation (16). La distinction proposée ici n’est pas la seule, il en existe d’autres qui correspondent chacune à une époque (17).

 

- Le racisme biologique
Selon Ariane Chebel d’Appollonia (18), le racisme désigne la théorie de la hiérarchie des races. Il admet donc que l’espèce humaine est divisée en races qui sont déterminées en fonction des caractéristiques physiques héréditaires et de l’appartenance biologique. Sur base de ce déterminisme, le racisme établit un choix préférentiel qui définit les orientations du système de valeurs. Il catégorise par biologisation des différences afin de légitimer l’infériorisation des autres à laquelle il tend. « La race peut désigner sous une forme symbolique la radicalisation de toute différence et poser cette altérité absolue comme inchangeable » (19).

Selon Taguieff, « le racisme postule l’existence de races humaines, qui diffèreraient entre elles, en raison de certaines caractéristiques héréditaires » (20). Il s’agit donc bien d’une idéologie puisque l’existence de races n’a pu être démontrée par les scientifiques.

A l’origine du racisme, il y a une peur et un sentiment de différence, réelle ou non, permanents et insurmontables, marquant l’altérité menaçante et débouchant sur une hiérarchisation qui permet de légitimer l’exclusion (21). Il y a également de construction de deux ensembles totalement inassimilables, permettant ainsi de valoriser les différences : d’une part, il y a l’émergence d’un « Nous » supérieur et l’affirmation d’une identité raciale propre et d’autre part, il y a l’affirmation d’un « Eux » inférieur et racialement différent ; il s’agit respectivement au processus d’auto-racisation et d’hétéroracisation (22).

On note déjà avec ces définitions du racisme biologique qu’il n’est pas question d’étranger ou d’immigré, mais seulement de l’Autre, de son altérité, et d’un sentiment de supériorité par rapport à celui-ci.

L’étranger n’intervient que lorsqu’il est question de frontières ou de définition de la Nation, car avec l’avènement des frontières, l’étranger serait différent du national en ce qu’il possède un statut juridique différent, et serait toujours susceptible de devenir l’ennemi de la Nation en ce qu’il appartiendrait à une autre nation (23). C’est ainsi que E. Balibar affirme : « Si le racisme moderne n’est pas la même chose que le nationalisme, il lui est pratiquement lié à chacun des moments de son histoire. Il en constitue en quelque sorte l’excès constitutif ou le supplément intérieur » (24). Ainsi le racisme serait une conséquence du nationalisme, toutefois cette relation n’est pas systématique. Romain Gary disait « Le patriotisme, c’est aimer les siens, le nationalisme, c’est détester les autres » (25). Un sentiment national fort comme le chauvinisme peut déboucher sur la pensée que la Nation à laquelle on appartient est supérieure à toute autre, ce sentiment peut s’appuyer sur l’idée de race (26) . Les organisations racistes refusent souvent d’être qualifiées comme telles et se réclament donc du nationalisme, ce qui semble démontrer dans le cas de ces organisations que le discours de la race et celui de la nation s’entremêlent régulièrement mais dans un cadre plus général on ne peut les confondre (27).

Il existe cependant des argumentations qui réfutent l’altérité comme source du racisme, mais celles-ci relèvent plutôt du domaine de la philosophie politique (28).

 

- Le racisme culturel ou différentialiste
Ce racisme différentialiste exprime le culte des différences de races ; cependant la hiérarchie a disparu de cette forme de racisme, il est maintenant question de droit à la différence qui conduit au refus du métissage (29). Ainsi, P.-A. Taguieff (30) constate qu’il y a quatre spécificités à cette nouvelle expression du racisme. D’abord, il y a un déplacement de la race vers la culture, et donc un autre déplacement qui s’exerce corrélativement de la pureté raciale vers l’identité culturelle. Ensuite, l’inégalité est remplacée par la différence, ce qui conduit non plus à l’affirmation de la supériorité mais à la peur du mélange avec les autres. En troisième lieu, on note un recours à des énoncés qui affirment le respect de la différence des autres plutôt qu’un dénigrement de celle-ci, ce qui signifie qu’on utilise l’hétérophilie plutôt que l’hétérophobie. Enfin, on observe paradoxalement le dénigrement d’un groupe d’individus en utilisant des sous-entendus exprimant un racisme symbolique. Ce racisme symbolique se substitue souvent à un racisme direct.

Actuellement, le nouveau racisme est centré sur le problème de l’immigration. Dans cette optique, l’immigration a été érigée en véritable problème social et politique. Cependant, aucune allusion à la race n’est formulée, ce qui entraîne certains à l’appeler le « racisme sans race ». En effet, P.-A. Taguieff souligne que l’allusion à une quelconque théorie des races n’est pas nécessaire pour parler de racisme (31). Mais les différences et les frontières seraient irréductibles.

Des disours des partis d'extrême droite à l'égard des immigrés

A. Etranger ou immigré

Dans le cadre de cette étude, il est nécessaire d’opérer une distinction entre « étranger » et « immigré ». Cette distinction a un caractère relatif et n’est pas nécessaire dans le langage commun, toutefois elle est utile pour la conceptualisation du problème présent. En effet, l’extrême droite produit un discours sur l’étranger qui peut être tout à fait vide d’un quelconque contenu raciste. L’étranger est celui qui appartient à une autre nation et vit dans celle-ci par rapport à la nation considérée, alors que l’immigré est celui qui vit dans la nation considérée mais qui n’en possède pas la nationalité (32).

B. Le discours général de l’extrême droite belge francophone

Les partis d’extrême droite belge francophone effectuent une distinction entre immigrés intra-européens et immigrés extra-européens. L’immigration est un thème fondateur de l’implantation et de l’essor de l’extrême droite en général (33). Les immigrés constituent un thème central dans l’idéologie et les programmes des partis d’extrême droite : ce thème est traité en divers points des programmes, souvent en relation avec les problèmes d’insécurité, d’abus de sécurité sociale et de menace de l’identité, sinon nationale, du moins européenne.

Si l’immigration est un thème central dans le discours de l’extrême droite francophone, elle ne constitue pourtant pas une catégorie d’individus traités de manière homogène. En effet, elle distingue dans la plupart des cas deux catégories d’étrangers, ceux ressortissant de l’Union européenne et ceux des pays tiers à l’Union. Un argument généralement avancé pour expliquer cette distinction consiste à dire que la construction européenne a créé des rapprochements entre identités culturelles à l’intérieur de ses frontières, mais ces rapprochements ont créé une distance avec ce qui n’appartient pas à cette construction (34).

Le paradoxe de ce thème est que l’immigration des travailleurs extra-communautaires a été arrêtée en 1974, date à laquelle l’extrême droite a entamé son retour politique sur ce thème (s’étant absentée depuis la Deuxième Guerre Mondiale). Mais ce thème survient aussi au moment de la prise de conscience que le séjour de la deuxième vague d’immigration n’est plus provisoire mais définitif. Cette deuxième vague d’immigration provient essentiellement de pays non-chrétiens, cette caractéristique est également stigmatisée par les partis d’extrême droite.

 

- Les immigrés intra-européens
Les mesures prises pour endiguer l’immigration ne visent pas les immigrés européens. Ils sont généralement traités comme les nationaux, ce qui nous vaut des slogans du type « Les Belges et les Européens d’abord ! ». D’ailleurs, la préférence européenne côtoie fréquemment la préférence nationale. Le FN illustre très bien cette assimilation entre le Belge et l’Européen à propos du droit de vote des extra-européens : « il y a réciprocité : si l’Italien de Belgique peut voter chez nous, le Belge résidant en Italie peut faire de même. Qu’en est-il ou qu’en sera-t-il, du Belge résidant au Maroc ou en Turquie ? » (35). De plus, les immigrés intra-européens sont associés à la première vague d’immigration qui a contribué à redresser la situation économique après la Seconde Guerre Mondiale : le FN la qualifie d’indispensable (36).

 

- Les immigrés extra-européens
A l’examen des différents documents écrits émanant des quatre partis d’extrême droite belge francophone, on dégage sept représentations de l’immigré et, plus globalement, de l’immigration. Ces représentations sont liées entre elles, exprimant toutes des reproches envers cette immigration extra-européenne. Elles ont également pour particularité de ne faire aucune allusion à la race, bien que les victimes de ces représentations soient surtout les musulmans.

« Les immigrés abusent des avantages sociaux »

Cette image est souvent associée au fait qu’ils ne travaillent pas ou pas autant que les Belges. En effet, selon le FN (37), les immigrés s’installent en Belgique pour bénéficier de l’aide sociale, percevant plus que ce qu’ils cotisent. Cela est confirmé par la mesure préconisée par le FNB au sujet des immigrés sans emploi : « Les étrangers qui viennent en Belgique doivent travailler, ou bien rentrer chez eux … » (38).

« Le pays est envahi par les immigrés en nombre massif »

Cette image suggère qu’il y a un seuil de tolérance déjà dépassé, et qu’une invasion de la part de l’immigration menace l’existence d’une « majorité nationale ». Au FNB, on parle de « l’éviction des Belges de souche par les populations immigrées » (39), tandis que le FN se dit « préoccupé par la région bruxelloise, où, dans quinze ans, les Belges d’origine étrangère seront largement majoritaires. Il suffit pour s’en convaincre de faire une visite guidée des maternités bruxelloises » (40).

« La présence d’immigrés est une menace pour l’identité nationale»

L’immigration contribue au « génocide de notre peuple » (41). Cette idée est liée à la précédente, non seulement les immigrés menacent l’identité nationale par leur nombre, ainsi que par la nature de leur culture et donc de leur identité, mais également par le simple fait d’être immigré. En effet, le Bloc Wallon dénonce violemment « le fanatisme islamiste, dont le but avoué est de faire, à terme, de Bruxelles une république islamique » (42). En ce qui concerne la constitution d’une armée européenne, l’immigration constituerait même une menace pour la sécurité nationale. Dès lors, le Bloc Wallon préconise une armée européenne « composée de corps militaires nationaux ! Intégrer dans nos rangs des ressortissants de pays potentiellement hostiles, c’est tout simplement de la trahison pour cause idéologique» (43), on constate donc que pour ces partis chaque immigré représente une menace potentielle de trahison envers son pays de résidence en tentant de transformer son identité.

« L’immigration est source d’insécurité »

C’est un des leitmotive de l’extrême droite, celle-ci n’hésite pas à faire des amalgames assez douteux entre délinquance et terrorisme, voire intention guerrière pour grossir le danger. Le Bloc Wallon, suite aux attentats du 11 septembre 2001, voit en chaque Arabe un terroriste potentiel (44). Et le FNB voit dans les événements qui se sont produits à Anderlecht en 1997 : « Des dizaines de milliers de Marocains, Turcs ou Africains. En novembre, c'est vrai, ils nous ont déclaré la guerre […] Mais la vraie guerre qu’ils nous font tous les jours. C’est l’insécurité» (45).

« Les immigrés ne désirent pas s’intégrer »

AGIR souscrit également à la représentation d’une immigration extra-européenne inassimilable à la société belge et qui n’a pas réussi son intégration (46). Et le Front National enchaîne, évoquant : « Des étrangers qui ne s’intégreront jamais, parce qu’ils sont trop différents et trop nombreux et parce qu’ils n’en éprouvent pas le désir. Au contraire, la volonté de garder son identité, voire de nous l’imposer, a été maintes fois clairement exprimée par le groupe d’étrangers numériquement le plus important puisqu’il s’agit de la communauté islamique installée dans notre pays » (47).

« Les immigrés sont culturellement trop différents »

Cette représentation suggère que la cohabitation est impossible car les différences culturelles sont insurmontables, c’est pourquoi ces partis invoquent les dangers de la société multiculturelle, notamment le métissage. On propose donc une inéluctable séparation afin des les éviter. Le FNB décrit la société multiculturelle comme étant « un magma d’individus sans racines, sans destin commun et donc sans avenir. Chaque peuple est riche de sa culture, mais la cohabitation de cultures différentes sur un même territoire ne peut mener qu’à des frictions et à l’intolérance ou au métissage culturel. Le métissage culturel est un appauvrissement, parce qu’il tue la diversité et la spécificité qui font la richesse de l’humanité » (48).

Pour ce parti, les dangers de la société multiculturelle sont essentiellement causés par la nature de la culture des immigrés. Ainsi, selon le FNB, les problèmes sociaux sont imputables à la culture des immigrés telle la violence dans les écoles, « ce n'est pas dans la nature des immigrés. C'est dans leur culture. La violence dans les écoles, c'est déjà la violence de l'islam » (49).

Les écrits émanant des autres partis d’extrême droite en Belgique francophone se bornent à faire les mêmes constats, c’est-à-dire que l’intégration des immigrés extra-européens est impossible à cause de leur différence culturelle trop importante et des risques en termes de sécurité que cela comporte : « Les étrangers extra-européens ne sont pas intégrables car ils ont une culture, une religion et une histoire trop différentes de la nôtre, vouloir les intégrer pour le FN serait une preuve de racisme, le renvoi dans leur pays d’origine est une marque de respect des cultures » (50); et le FN d’ajouter une formule toute simple à retenir et faisant appel à notre meilleur bon sens populaire : « L’histoire nous apprend que les sociétés multiculturelles sont le plus souvent des sociétés multi-conflictuelles » (51).

« Les immigrés sont des concurrents sur le marché du travail »

Enfin, les immigrés sont perçus comme accaparant les postes de travail que des Belges pourraient occuper, c’est pourquoi AGIR considère que la présence de main d’œuvre étrangère est injustifiée étant donné qu’il y a 20% de chômeurs en Belgique (52).

 

C. Les perceptions propres à chaque parti

- Le Front Nouveau de Belgique
Le FNB, dans son mensuel Le Bastion, revient très souvent sur les dangers de la religion islamique. En s’appuyant sur des passages du Coran, il en donne l’image de fidèles qui ne se comportent bien qu’en terre de l’Islam et qui doivent soumettre et humilier les infidèles de l’autre terre. On constate également qu’il s’agit d’un Islam désireux de soumettre les Chrétiens et les Juifs, donc d’un Islam conquérant et dominateur produisant des fidèles de ce type, mais qui sont en plus source de délinquance et de criminalité. Le FNB voit dans l’immigration la cause de la disparition de la population belge de souche car cette immigration possède un très haut taux de fécondité. En fait, comme le constate M. Abramowicz (53), le FNB s’inscrit dans le courant du national-catholicisme qui voit dans l’immigration musulmane un éminent danger pour l’Occident chrétien.

 

- AGIR
(NDLR : AGIR, parti nationaliste wallon d’extrême droite, fondé en 1989, n’existe plus depuis 1996).

Par rapport aux logements, Agir donne priorité aux Wallons (54); par contre il n’impose pas le retour de l’immigration intra-européenne. Il n’y a pas vraiment de défense des immigrés européens à l’inverse des autres partis de l’extrême droite européenne. Peut-être faut–il replacer cette caractéristique dans son contexte historique, c’est-à-dire qu’Agir se situe dans une phase moins avancée de la construction européenne ? Agir se dit démocrate et non-raciste (55), cependant il fait de l’immigration un problème dont la solution est le rapatriement (56), le rapatriement représentant une marque de respect des différences culturelles et ethniques. Contrairement au FN, AGIR est un parti régionaliste qui s’attache à la défense des Wallons, ce qui le rapproche du Vlaams Blok. Toutefois, cette différence dans le corpus idéologique n’empêchera pas un rapprochement de certains de ses membres avec le FN en 1994, peu avant sa dissolution.

 

- Le Front national de Daniel Féret
Le FN cultive son aspect forteresse, « seul contre tous » (57). Cependant, il y a un tel va-et-vient entre les mouvements d’extrême droite qu’il est tout à fait raisonnable de qualifier le programme du FN de totalement vide idéologiquement ou de totalement semblable aux autres partis d’extrême droite de Belgique et même de France. On note seulement que l’immigration est un thème central dans le programme du FN, son endiguement serait la solution à au moins deux problèmes, le premier étant la lutte contre les abus sociaux au nom de la préférence nationale, le second étant l’insécurité (58).

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Le Bloc wallon, parti nationaliste d’extrême droite (actif durant l’année 2000), tenta d’exploiter le racisme à des fins électorales, à l’instar du FN et du VB.

- Le Bloc Wallon
Dans sa lettre de présentation « Bienvenue au Bloc Wallon », George Hupin présente son mouvement comme étant un regroupement des « Wallons déterminés à s'entendre avec tous les autres Européens, sans pour autant sacrifier leur identité au profit d'un "grand machin" institutionnel, dernière étape de l'autoroute mondialitaire » (59). Il se distingue donc quelque peu du FN et du FNB quant à sa vision des autres composantes de l’espace européen.

(NDLR : le Bloc wallon a implosé après les élections communales d’octobre 2000. A l’heure actuelle, il n’existe plus structurellement. Plusieurs de ses militants ont totalement arrêté de faire de la politique, d’autres ont rejoint le groupuscule Nation).

 

Du type de racisme mobilisé par les partis d'extrême droite belge francophone

Dans cette partie, nous traiterons des similitudes entre les partis d’extrême droite afin de déterminer à quel type de racisme on est confronté en Belgique francophone de la part de ces partis. Mais d’une façon générale, une observation peut être mise en avant pour ce type de partis populistes en Europe : « il y a une animosité vis-à-vis des partis de l’étranger, utilisé et présenté de multiples façons, aussi bien comme un facteur de décomposition que comme une menace à la cohérence et au respect des normes, ou comme rival économique. Les partis néopopulistes opposent au multiculturalisme des raisons à la fois morales, sociales et économiques, plus qu’ils ne combattent par racisme avoué et biologiquement argumenté » (60).

Si l’on s’en tient à la définition du racisme différentialiste de P.-A. Taguieff, on constate qu’il est doté de quatre composantes, c’est-à-dire la référence à la culture, à la différence plutôt qu’aux inégalités, à la production d’un discours prônant le respect des différences mais aussi le dénigrement de ces groupes. On observe que ces quatre composantes se retrouvent dans le discours des partis d’extrême droite belge francophone. En effet, ce type de racisme différentialiste est bien visible dans la représentation « les immigrés sont trop différents culturellement » : il y a effectivement une référence à la culture, et donc corrélativement une allusion manifeste à l’identité. Toutefois cette image est reliée à d’autres –qui sont autant de traits de ce nouveau racisme différentialiste– celle de l’inassimilabilité des étrangers et du respect de leur différence qui entraînent le retour dans leur pays d’origine : « Les étrangers extra-européens ne sont pas intégrables car ils ont une culture, une religion et une histoire trop différente de la nôtre, vouloir les intégrer pour le FN serait une preuve de racisme, le renvoi dans leur pays d’origine est une marque de respect des cultures » (61). Cette représentation et ses dérivés produisent toutes les caractéristiques du racisme différentialiste. D’autre part, les autres représentations dont le contenu est essentiellement négatif –comme « l’immigration est source d’insécurité »– s’expliquent par les mécanismes qu’implique le racisme considéré en tant qu’idéologie.

Le rejet de l’universel se traduit par l’affirmation de l’existence de différentes cultures qui constituent chacune une identité. Mais il y a également la catégorisation fixe des individus et une absolutisation des différences qui s’expriment et agissent simultanément dans le discours de ces partis. Si les partis d’extrême droite n’évoquent pas la race, les immigrés extra-européens représentent pour eux une catégorie homogène. En effet, lorsqu’on considère que les représentations « les immigrés abusent des avantages sociaux », « l’immigration est source d’insécurité » ou « les immigrés ne désirent pas s’intégrer », tous les immigrés extra-européens sont identiques, ils menacent socialement et physiquement les nationaux. Il en découle donc leur inassimilabilité en montrant les dangers que représentent le métissage et la société multiculturelle : « C’est un fait plus ou moins avéré, au moins en ce qui concerne les immigrés non-européens, que l’intégration est un leurre et mène tout droit aux joyeusetés du modèle américain des ghettos et de la criminalité » (62).

La pureté raciale, relevant du racisme biologique, n’est pas explicitement évoquée dans tous les écrits, au profit de la logique identitaire qui est l’expression politique du racisme différentialiste. Philippe Bataille (63), dans son analyse du racisme et de la xénophobie en Wallonie, décelait une tentation de désigner les immigrés comme responsables du malaise et de la déstructuration de la situation. C’est bien de cela qu’il est question lorsque ces partis parlent des immigrés en tant que source de concurrence sur le marché du travail ou comme abusant des avantages sociaux. C’est pourquoi on peut affirmer que ces partis reproduisent le racisme ambiant dans leurs discours, car ils s’inspirent du « bon sens » populaire. Les immigrés symboliseraient une menace pour le bien être économique et matériel des nationaux et des Européens communautaires, outre le risque qu’ils représentent pour la pérennité de l’identité et pour la survie physique et numéraire des nationaux face à ce qu’ils qualifient d’invasion « extra-européenne ». On peut aisément conclure que les partis d’extrême droite reprennent aussi à leur compte ce type de racisme, que nous qualifierons de «social » ou « économique », qui amalgame les étrangers extra-européens et les problèmes sociaux. Comme l’observe Andrea Rea, en ce qui concerne le FN, le rapatriement résoudrait déjà le problème des abus sociaux (64), ce qui est également vrai pour les autres partis d’extrême droite francophone.

Il est intéressant de noter que ces partis se sont adaptés aux différentes configurations institutionnelles existantes dans le pays et au niveau de l’Union européenne, telle la distinction entre immigrés intra-européens et immigrés extra-européens. Le Bloc Wallon déclare s’accommoder de la division fédérale du pays. Par contre le FN se réclame d’un nationalisme européen et d’une civilisation européenne afin de contourner l’obstacle du fédéralisme belge étant donné qu’il est unitariste, ce qui paraît insensé dans le contexte actuel. Le FNB considère l’espace européen comme l’espace chrétien menacé d’une invasion arabo-musulmane, comme nous l’avons déjà précisé plus haut.

Les nationaux sont donc perçus par ces partis d’extrême droite francophone comme les victimes de l’immigration. Non seulement, les nationaux doivent subir l’insécurité due à la présence de cette immigration, mais ils sont également menacés dans leur identité, leur survie en tant que majorité car l’invasion que constituent les flux migratoires tend à minoriser tant les nationaux eux-mêmes que leur bien-être matériel car les immigrés abuseraient des avantages sociaux, des logements et les concurrenceraient sur le marché du travail. Soulignons encore une fois que les immigrés intra-européens sont assimilés aux nationaux. Les partis d’extrême droite francophone perçoivent donc les immigrés intra-européens comme les égaux des nationaux.

 

Conlusion

Comment les partis d’extrême droite belge francophone perçoivent-ils les étrangers par rapport aux nationaux ? Cette question ne trouvera pas de réponse parfaitement tranchée à la suite de cette analyse étant donné qu’il est impossible d’avoir accès à toutes les productions écrites de ces partis. S’il est envisageable de se rendre au siège d’un parti pour obtenir des tracts ou des brochures ; dans le cas des partis d’extrême droite francophone, c’est fortement déconseillé en raison de leur extrême méfiance et de l’agressivité dont ils font preuve lorsqu’on s’intéresse un peu plus sérieusement à eux. D’ailleurs, il est regrettable qu’il n’existe aucun organisme ayant pour mission de récolter de façon systématique toutes les publications émanant des partis et destinées au public. L’existence d’un tel organisme permettrait de résoudre le problème de l’exhaustivité des ressources pour l’analyse des documents et de leur disponibilité pour le public.

Afin de comprendre comment les partis d’extrême droite francophone les étrangers et leurs rapports avec les nationaux, nous avons dans un premier temps tenté de définir ce qu’était le racisme. Nous avons pu observer qu’il recouvrait une multiplicité de significations et en avons ensuite présenté les trois principales, qui sont celles que P.-A. Taguieff propose : le racisme en tant qu’idéologie, en tant que préjugé et en tant que comportement. De ces trois sens, nous avons retenu celui de l’idéologie qui paraissait être le plus judicieux pour répondre à notre question. Enfin, nous avons examiné l’évolution du racisme, car celui-ci s’est transformé au cours du temps, notamment en vertu des réglementations le punissant, reprenant même des arguments qu’autrefois il aurait été possible de classer dans le répertoire de l’antiracisme.

Dans un deuxième temps, nous nous sommes attachée à examiner les différentes productions écrites de ces partis –qui sont le FN, le FNB, AGIR et le Bloc Wallon– afin de saisir les représentations qu’ils se font des immigrés. Il faut encore préciser que cet examen ne prétend nullement à l’exhaustivité pour les raisons qui ont été invoquées plus haut. Toutefois, nous avons pu constater qu’il se trouvait sept représentations des immigrés plus ou moins communes aux quatre partis pris en compte dans ce cadre et, avec un peu de surprise, qu’il existait des différences entre eux. Mais d’une manière générale, cela ne change rien aux sentiments haineux qu’ils éprouvent vis-à-vis des immigrés extra-européens.

Dans la troisième partie, nous avons confronté les caractéristiques du racisme, entendu au sens d’une idéologie, avec les représentations que se font ces quatre partis d’extrême droite francophone de l’immigré afin de déterminer les liens qui les unissaient. Aussi pouvons-nous affirmer que ces représentations sont empreintes de racisme tantôt biologique –mais son expression n’est pas explicite, il est difficile de l’affirmer avec certitude–, tantôt différentialiste et de racisme « économique ». Ensuite, nous avons déterminé les représentations que ces partis se faisaient des nationaux, entendues comme des conséquences des représentations que ces formations se font des immigrés extra-européens : les nationaux apparaissent comme des victimes de ces immigrés. En effet, ces partis affirment que l’identité des nationaux ainsi que leur survie numéraire et matérielle sont menacés.

Nous avons montré que ces partis perçoivent l’immigration extra-communautaire comme une menace sur trois plans. Aussi, nous avons suggéré grâce à l’étude du racisme en Wallonie de P. Bataille (65), qui démontrait l’existence d’une tentative de rendre la population immigrée responsable de la dégradation économique et sociale des travailleurs, que ces partis reprenaient et amplifiaient ce même discours. Si une idéologie se fonde au moins partiellement sur le sens commun, on est en droit de se demander dans quelle mesure ces partis fondent leur idéologie raciste sur celui-ci étant donné que leur discours à propos de l’immigration lui est à ce point attaché. De même, on peut se demander si ces partis copient leurs homologues des pays voisins dans cette proximité entre leur idéologie raciste et le sens commun.

Une autre interrogation, liée à la première, est de savoir si l’édification d’une Europe « forteresse » et les discours sécuritaires qui l’accompagnent contribuent ou non à alimenter les discours des partis d’extrême droite à propos des « dangers » que feraient peser les flux migratoires sur la civilisation européenne et à former un « racisme européen » qui s’exerce envers les immigrés installés en Europe et les candidats à l’immigration. La distinction que ces partis opèrent entre les immigrés intra-communautaires et extra-communautaires est en effet directement calquée sur celle opérée par les institutions nationales et communautaires.

Enfin, il serait également intéressant d’analyser le mode sur lequel ces formations excluent les Juifs et les immigrés naturalisés, alors que ceux-ci sont officiellement citoyens de l’Etat belge, et par conséquent doivent être considérés comme des nationaux. A. Rea lance une piste en distinguant le racisme intérieur, touchant principalement les Juifs, et le racisme extérieur, touchant principalement les immigrés des anciennes colonies européennes. Cependant il n’explique pas la stigmatisation des « nouveaux Belges ». On constate ainsi que l’extrême droite ne cesse d’opérer des distinctions, ce qui fait dire à A. Rea que « ce qui est spécifique à ce nouveau racisme, c’est l’intensification du combat idéologique et politique de la définition des identités des groupes légitimes et des groupes illégitimes » (66).

 

Muriel SACCO
Etudiante à l’Université Libre de Bruxelles (ULB, 2000-2001).
Mise en ligne sur le site de RésistanceS : 16 juin 2003.

 

Bibliographie & sources

 


Ouvrages généraux

- HERMET Guy, BADIE Bertrand, BIRNBAUM Pierre, BRAUDEL Philippe, Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques, Paris, Editions Dalloz/ Armand Colin, 2001, p. 319.

 

 

Ouvrages spécialisés

- ABRAMOWICZ, Manuel, « Un passé composé », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Editions Labor, 1995, pp. 103-126.

- ABRAMOWICZ, Manuel, « Une filiation historique », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Editions Labor, 1995, pp.139-150.

- ABRAMOWICZ, Manuel, Les rats noirs. L’extrême droite en Belgique francophone, Bruxelles, Editions Luc Pire, 1996, p.240.

- ALALUF, Mateo, « L’émergence du FN en Belgique est plus redevable aux circonstances qu’à son programme », in DELWIT, Pascal, DEWAELE, Jean-Michel, REA, Andrea, L’extrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, pp. 101-118.

- BALIBAR, Etienne, WALLERSTEIN, Immanuel, Race, nation, classe. Les identités ambiguës, Paris, La Découverte, 1997, p. 311.

- BATAILLE, Philippe, « L’expérience belge », in WIEVIORKA, Michel, Racisme et xénophobie en Europe, une comparaison internationale, Paris, Editions La Découverte, 1994, pp. 103-156.

- BONNAFOUS, Simone, « « Immigrés », « Immigration ». De quoi parler ? », in TAGUIEFF, Pierre-André, Face au racisme. Analyses, hypothèses et perspectives, Paris, Editions La Découverte, 1991, pp. 144-153.

- CHEBEL D’APPOLONIA, Ariane, Les racismes ordinaires, Paris, Presses de Sciences Po, 1998, p. 111.

- DELWIT, Pascal, DEWAELE, Jean-Michel, REA, Andrea, « Les étapes de l’extrême droite en Belgique », in L’extrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, pp. 57-81.

- MAYER, Nonna, « Les champions des extrêmes droites européennes », in Ces Français qui votent FN, Paris, Flammarion, 1999, pp. 269-300.

- REA, Andrea, « Immigration et racisme. Des thèmes fondateurs », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Editions Labor, 1995, pp. 21-61.

- REA, Andrea, « Le Front national : force électorale et faiblesse organisationnelle », in DELWIT, Pascal, DE WAELE, Jean-Michel, Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 1996, pp. 193-204.

- REA, Andrea, Immigration et racisme en Europe, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, p. 242.

- SABOURIN, Paul, Les nationalismes européens, Paris, PUF, coll. « Que sais-je »,1996 p. 128.

- SOUCHART, Maryse, WAHNICH, Stéphane, CUMINAL, Isabelle, WATHIER, Virginie, « La vision du monde de Jean-Marie Le Pen : un univers menaçant », in Le Pen – Les Mots. Analyse d’un discours d’extrême droite, Paris, Editions Le Monde, 1997, p. 47-82.

- TAGUIEFF, Pierre-André, La force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles, Paris, Editions La Découverte, 1987, p. 645.

- TAGUIEFF, Pierre-André, «  Les métamorphoses idéologiques du racisme et la crise de l’antiracisme », in Face au racisme. Analyses, hypothèses et perspectives, Paris, Editions La Découverte, 1991, pp. 13-63.

- WIEVIORKA, Michel, Le racisme, une introduction, Paris, Editions La Découverte, 1998, p. 169.

 

Articles scientifiques

- ABRAMOWICZ, Manuel, « Belgique : une extrême droite protéiforme », in Politique, novembre 2001, n°21, pp.54-56.

- ABRAMOWICZ, Manuel, « Une « guerre biologique » à venir ? », in Politique, novembre 2001, n°21, p. 55.

- BREWAEYS, Philippe, DAHAUT, Véra, TOLBIAC, Anaïs, « L’extrême droite francophone face aux élections », in Courrier hebdomadaire, CRISP, Bruxelles, 1992, n°1350, p. 42.

- FISCHBACH, Franck, « L’Autre et l’Etranger : les enjeux de la reconnaissance et les stratégies de l’exclusion », in Philosophie politique, Paris, 1993, n°3, pp. 65-88.

- IVALDI, Gilles, «L’extrême droite en Europe occidentale», in Problèmes politiques et sociaux, Paris, décembre 2000, n° 849, p 78.

- SCHNAPPER, Dominique, « La nation et l’étranger », in Philosophie politique, Paris, 1993, n°3, pp. 89-96.

- VANLEAR, Jean, VANDERMOTTEN, Christian, "Immigration et vote d’extrême droite en Europe occidentale et en Belgique », in Cahiers Marxistes, Bruxelles, Janvier-Février 1992, n°183, pp. 53-71.

- WODAK, Ruth, REISIGL, M., "Discourse and racism: a European perspective", in Annual Review of Anthropology, Palo Alto (California), 1999, Vol. 28, pp. 175-199.

 

Les sites de l’Internet visités

- http://www.frontnational.be

 

- http://www.fnb.be/FNB/Bastion

- http://membres.lycos.fr/blocwallon/bienvenue/frame3.html

- www.resistances.be

 


Notes (de bas de page)

  1. REA, Andrea, « Immigration et racisme : des thèmes fondateurs », in LE PAIGE, Hugues (dir.), Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Labor, 1995, p. 40.
  2. VANLEAR, Jean, VANDERMOTTEN, Christian, « Immigration et vote d’extrême droite en Europe occidentale et en Belgique », in Cahiers Marxistes, Bruxelles, Janvier-Février 1992, n°183, p. 53.
  3. MAYER, Nonna, « Les champions des extrêmes droites européennes », in Ces Français qui votent FN, Paris, Flammarion, 1999, pp. 286-287.
  4. ABRAMOWICZ, Manuel, « L’extrême droite francophone existe toujours… », in Résistances, 26/03/02, consulté le 20/04/2002, sur http://www.resistances.be/sondage.html
  5. BATAILLE, Philippe, « L’expérience belge », in WIEVIORKA, Michel, Racisme et xénophobie en Europe, une comparaison internationale, Paris, Editions La Découverte, 1994, p. 107.
  6. ABRAMOWICZ, Manuel, Les rats noirs. L’extrême droite en Belgique francophone, Bruxelles, Editions Luc Pire, 1996, pp. 36-37.
  7. WIEVIORKA, Michel, Le racisme, une introduction, Paris, La Découverte, 1998, p. 7.
  8. HERMET Guy, BADIE Bertrand, BIRNBAUM Pierre, BRAUDEL Philippe, Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques, Paris, Editions Dalloz/ Armand Colin, 2001, p. 260.
  9. TAGUIEFF, Pierre-André, La force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles, La Découverte, 1987, p. 29.
  10. TAGUIEFF, Pierre-André, «  Les métamorphoses idéologiques du racisme et la crise de l’antiracisme », in Face au racisme. Analyses, hypothèses et perspectives, Paris, La Découverte, 1991, p. 14.
  11. TAGUIEFF, Pierre-André, 1987, op. cit., p. 229.
  12. MILES, Robert, Racism after "Race Relations", London, Routledge, 1993, p. 256, cité par WODAK, Ruth, REISIGL, M., « Discourse and racism: a European perspective », in Annual Review of Anthropology, Palo Alto (California), 1999, Vol. 28, pp. 179-180.
  13. TAGUIEFF, Pierre-André, 1987, op. cit., pp. 314-323.
  14. BALIBAR, Etienne, « Racisme et nationalisme », in BALIBAR, Etienne, WALLERSTEIN, Immanuel, Race, nation, classe. Les identités ambiguës, Paris, La Découverte, 1997, p. 58.
  15. TAGUIEFF, Pierre-André, 1987, op. cit., pp. 15-16.
  16. Id., p. 105.
  17. BALIBAR, Etienne, 1997, op.cit., pp. 54-92.
  18. CHEBEL D’APPOLLONIA, Ariane, Les racismes ordinaires, Paris, Presses de sciences po, 1998, p.7.
  19. Id., p.14.
  20. TAGUIEFF, Pierre-André, 1991, op. cit., p. 14.
  21. CHEBEL D’APPOLLONIA, Ariane, 1998, op. cit., pp. 24-25.
  22. TAGUIEFF, Pierre-André, 1987, op. cit., p. 163.
  23. SCHNAPPER, Dominique, « La nation et l’étranger », in Philosophie politique, 1993, n°3, pp. 89-96.
  24. BALIBAR, Etienne, « Racisme et nationalisme : une logique d’excès », in WIEVIORKA, Michel, Racisme et modernité, Paris, La Découverte, 1993, pp. 80-81. Cité par REA, Andrea, Immigration et racisme en Europe, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, p. 13.
  25. Cité par SABOURIN, Paul, Les nationalismes européens, Paris, PUF, 1996, p. 4
  26. SABOURIN, Paul, id., p. 7-8.
  27. BALIBAR, Etienne, 1997, op. cit., p. 54.
  28. Pour en savoir davantage voir : FISCHBACH, Franck, « l’Autre et l’Etranger : les enjeux de la reconnaissance et les stratégies de l’exclusion », in Philosophie Politique, 1993, n°3, pp. 65-88.
  29. SOUCHART, Maryse, WAHNICH, Stéphane, CUMINAL, Isabelle, WATHIER, Virginie, Le Pen – Les Mots. Analyse d’un discours d’extrême droite, Paris, Editions Le Monde, 1997, p. 77.
  30. TAGUIEFF, Pierre-André, 1991, op. cit., p. 43.
  31. TAGUIEFF, Pierre-André, 1987, op. cit., p. 311.
  32. SCHNAPPER, Dominique, 1993, op. cit., p. 90.
  33. REA, Andrea, « Immigration et racisme. Des thèmes fondateurs », in LE PAIGE, Hugues, Le désarroi démocratique. L’extrême droite en Belgique, Bruxelles, Labor, 1995, p. 29.
  34. REA, Andrea 1995, Id., p. 33.
  35. « Le droit de vote des extra-européens », in Le Bastion, février 2002, n°58 ; consulté le 10/03/2002, sur http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_58/DROIT%20DE%20VOTE.htm
  36. In Le National, octobre 1989, n°1, p. 7. Cité par REA, Andrea, 1995, op. cit., p.40.
  37. « Le programme du Front National », in Le National, octobre 1996, n°38, qui reprend le programme du FN.
  38. Point 3 du « programme succinct du FNB », consulté le 10/03/2002, sur http://www.fnb.to/ FNB/Programme%20succinct.htm
  39. « Vision du troisième millénaire : entre Apocalypse et renaissance », in Le Bastion, janvier 2001, n°49 ; consulté le 10/03/2002, fnb.to/FNB/Article/Bastion_49/Martel.htm
  40. Communiqué de presse du FN, « Le Fn contre le projet de modification du code de la nationalité », 20/01/2000, consulté le 31/03/2002, sur http://www. Frontnational.be/communiq.htm
  41. M.P., « La colonisation de l’Europe se poursuit », in www.blocwallon.be/actualité/janvier 2001.htm consulté par le centre pour l’égalité des chances et de lutte contre le racisme et la xénophobie, le 6/03/01, p.3
  42. Communiqué de presse du 15 mars 1999, consulté le 31/03/2002, sur http://www. Frontnational.be/communiq.htm
  43. DEFOURNY, Hubert, « Pas d’armée multiculturelle », in Bloc-notes, décembre 2000, n°2, p. 3.
  44. DEFOURNY, Hubert, « La guerre contre qui ? », in Bloc-notes, octobre 2001, p.1
  45. BASTIEN, Marguerite, « Emeutes », in Le Bastion, Décembre 1997, n°19 ; consulté le 10/03/2002, sur http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_19/Edito_1297.htm
  46. « AGIR : tout un programme », s.l., s. d., p.1.
  47. Communiqué de presse du FN, « Le FN contre le projet de modification du code de la nationalité », 20/01/2000, consulté le 31/03/2002, sur http://www. Frontnational.be/communiq.htm
  48. Point 10 du « programme succinct du FNB », consulté le 10/03/2002, sur http://www.fnb.to/ FNB/Programme%20succinct.htm
  49. BASTIEN, Marguerite, « La violence dans les écoles, c’est déjà la violence de l’islam », in Le Bastion, décembre 1998, n°29, consulté le 10/03/2002, sur http://www.fnb.to/FNB/ Article/Bastion_29/Edito_1298.htm
  50. ABRAMOWICZ, Manuel, 1996, op. cit., p. 45.
  51. Communiqué de presse du FN du 20 janvier 2000, « Le Front National contre le projet de modification du code de la nationalité », consulté le 31/03/2002, sur http://www.frontnational.be/communiq.htm
  52. Point 6 de « AGIR : tout un programme », Tournai, s.l., s.d..
  53. ABRAMOWICZ, Manuel, 1996, op. cit., p. 8.
  54. BREWAEYS, Philippe, DAHAUT, Véra, TOLBIAC, Anaïs, « L’extrême droite francophone face aux élections », in Courrier hebdomadaire, CRISP, Bruxelles, 1992, n°1350, p. 39.
  55. BREWAEYS, Philippe, DAHAUT, Véra, TOLBIAC, Anaïs, Id., p. 38.
  56. BREWAEYS, Philippe, DAHAUT, Véra, TOLBIAC, Anaïs, Id., p. 39.
  57. DELWIT, Pascal, DE WAELE, Jean-Michel, REA, Andrea, « Les étapes de l’extrême droite en Belgique », in DELWIT, Pascal, DE WAELE, Jean-Michel, REA, Andrea (dir.), L’extrême droite en France et en Belgique, Bruxelles, Editions Complexe, 1998., p.66.
  58. REA, Andrea, « Le Front national : force électorale et faiblesse organisationnelle », in DELWIT, Pascal, DE WAELE, Jean-Michel, Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 1996, p. 197.
  59. HUPIN, Georges, « Bienvenue au Bloc Wallon », consulté le 10/03/2002, sur http://membres.lycos.fr/blocwallon/bienvenue/frame3.html
  60. IMMERFAL, Stefan, « The Neo-populist Agenda », in BETZ, Hanz-Georg, The new politic of the right. Neo-Populist Parties and Movements in Established Democracies, Basingstoke, Macmillan, 1998, pp. 257-259 cité par IVALDI, Gilles, « La politique du ressentiment », in Problèmes politiques et sociaux, 2000, n° 849, p. 27.
  61. ABRAMOWICZ, Manuel, 1996, op. cit., p. 45.
  62. HERMANN, Patrick, « Agir : tout un programme ! », Tournai, s.d. ; tract consulté le 13/03/2002 au MRAX.
  63. BATAILLE, Philippe, 1994, op.cit, p. 140.
  64. REA, Andrea, 1996, op. cit., p. 197.
  65. BATAILLE, Philippe, 1994, op.cit, p. 140.
  66. REA, Andrea, Immigration et racisme en Europe, Bruxelles, Editions Complexe, 1998, p. 13.
Etudes & Documents universitaires


Dans la rubrique « Etudes & Documents universitaires » de notre
site, nous publions des études et des travaux issus d'universités belges et étrangères. La plupart d'entre eux ont été réalisés par des étudiants. Leurs études et travaux servent aussi à mieux analyser les phénomènes que sont le racisme et l'extrême droite.

Afin qu'ils ne restent pas inertes sur des étagères de chambres
d'étudiants ou dans les archives de leurs professeurs, nous avons décidé de leur consacrer une rubrique à part entière. Le but : les rendre disponibles à un large public et qu'ils participent à la nécessaire compréhension des phénomènes sectaires, antidémocratiques, intégristes et fascistes.

Nous remercions tous les étudiants qui, par la republication de leur
travaux sur notre site, participent avec nous à la lutte pour une
société démocratique.

Manuel Abramowicz, pour RésistanceS

Le premier texte publié dans « Etudes & Documents universitaires » a été mis en ligne le 6 juin 2003.

Présentation de l’auteur du texte : Le racisme, un tremplin électoral pour l’extrême droite

L’auteur de ce texte, Muriel Sacco, est étudiante en science politique à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Son étude que nous republions ici, avec son aimable autorisation, a été réalisée dans le cadre du cours « Etude approfondie de questions de sciences politiques » (année académique 2001-2002).

Le titre de ce document tel que publié sur notre site est de notre rédaction.


Mise en ligne : 16 juin 2003


Sommaire de ce texte


Introduction

Du racisme
A. Définir le racisme
B. Les différents sens du mot racisme
C. Des différentes formes du racisme
- Le racisme biologique
- Le racisme culturel ou différentialiste

Des discours des partis d’extrême droite à l’égard des immigrés
A. Etranger ou immigré

B. Le discours général de l’extrême droite belge francophone
- Les immigrés intra-européens
- Les immigrés extra-européens
C.  Les perceptions propres à chaque parti

- Le Front Nouveau de Belgique
- AGIR (qui n’existe plus depuis 1996)
- Le Front national de Daniel Féret
- Le Bloc Wallon

Du type de racisme mobilisé par les partis d’extrême droite belge francophone

Conclusion

Bibliographie et sources de ce travail.

Notes (de bas de page)