Connexions
lepéno-flamandes
Bart De Wever, un ex-disciple lepéniste
?
Depuis quelques jours, circule (à nouveau) sur Internet
une photographie de Jean-Marie Le Pen lors de l'une de ses visites
à Anvers. Le président-fondateur du Front national français
y est accompagné d’un certain… Bart De Wever, le
président de la NVA, le parti nationaliste flamande associé
aux démocrates-chrétiens du CD&V. Problème
: la NVA devrait devenir l'un des maillons du futur gouvernement fédéral,
avec le CD&V, les libéraux (VLD et MR) et les démocrates-humanistes
francophones (cdH). Retour sur une polémique dévoilant
une fois de plus les liens d'une certaine « droite » avec
l'extrême droite.
Par Pierre EYBEN (avec Alexandre
VICK)

Article du quotidien
La Libre Belgique au sujet des connexions De Wever-Le Pen
La photo de Jean-Marie Le Pen avec Bart De Wever date de 1996. Elle
a été prise après une conférence organisée
à Anvers par le Vlaams-nationale Debatclub, un cercle de réflexion
idéologique favorable notamment à la fin du «
cordon sanitaire » isolant l'extrême droite sur l'échiquier
politique. Lié directement au Vlaams Blok / Belang (VB), ce
club préconise l'unité de tous les courants de la droite
dans une seule force politique et organise dans ce but des conférences-débats
(voir l’encadré ci-dessous).
Ex-lepéniste futur ministre fédéral ?
Bart De Wever est aujourd’hui le patron de la Nieuw-vlaamse
alliantie (NVA), la formation nationaliste flamand issue en 2001 de
l’aile ultradroite de l’ex-Volksunie. Depuis, la NVA est
en cartel électoral avec les démocrates-chrétiens
du CD&V (l'ex-CVP). Elle est également à la table
des négociations pour la formation du futur gouvernement fédéral.
Bart De Wever en est même un des acteurs clés.
Alors que cette photo recommence à
circuler sur le Net (elle était déjà apparue,
il y a quelques années, sur le site de Filip Dewinter, le numéro
2 du VB), la justification donnée par un Bart De Wever embarrassé
serait simplement risible si l'arrivé de la NVA n'était
pas programmée dans le prochain gouvernement fédéral.
« J’avais juste fini
mes études et je pensais que c'était une occasion
unique de pouvoir entendre Le Pen, qui était à l'époque
un personnage de poids dans la politique française. Je suis
un légaliste, avec des convictions démocratiques,
mais j'ai une conception anglo-saxonne de la liberté d'expression
: dans une démocratie, tout le monde doit être libre
d'exprimer son opinion, même si c'est une opinion que je déteste.
Et je préfère toujours avoir une information de première
main que de manière filtrée » (1).
C'est la raison pour laquelle, Bart De
Wever paradait avec Le Pen. Son rattachement à la liberté
d'expression l'aurait-il poussé également à fréquenter
des conférences altermondialistes ou de la gauche radicale
? Il semble que son intérêt allait uniquement en direction
d'une certaine droite, bien singulière : populiste, xénophobe
et nationaliste.
Sérieux hiatus supplémentaire
: De Wever et Le Pen se sont encore revus à l’enterrement
de Karel Dillen, le fondateur du Vlaams Blok, figure historique de
l’extrême droite flamande et auteur de la traduction en
néerlandais du premier livre négationniste. Son enterrement
ne se passait pas il y a dix ans. Il se déroulait en mai dernier,
juste avant les élections législatives...
Pierre EYBEN
(avec Alexandre VICK)
(1) Source : La Libre Belgique du 31
août 2007.
Vlaams-nationale
Debatclub :
les connexions lepéno-flamandes
Bart De Wever,
l’actuel président du parti flamand NVA, a rencontré
pour la première fois Jean-Marie Le Pen, le dirigeant
de l’extrême droite française, en 1996. Lors
d’une conférence organisée, à Anvers,
par le Vlaams-nationale Debatclub.
Ce « club
de débat national-flamand » est apparu en 1980.
Officiellement apolitique, il est fortement influencé
par un corpus politique d’extrême droite, en particulier
celui développé par le Vlaams Blok, aujourd’hui
agissant sous le nom de Vlaams Belang (VB). Depuis sa création,
ce club organise régulièrement des débats
avec des personnalités connues du monde politique, médiatique
ou des affaires comme Mark Grammens (publiciste), Filip Dewinter
(dirigeant du VB), Roeland Raes (alors vice-président
du VB), Siegfried Verbeke (responsable de VHO, une association
négationniste fondée à Anvers)...
Des Français
ont également été ses conférenciers
: Jacques Isorni (un des avocats du maréchal Pétain),
Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch (numéro 2 du parti
lepéniste)...
Dans le comité
directeur de ce club de débat, on a retrouvé notamment
Walter Peeters (sénateur blokker) et d’autres membres
du Blok ou de Were Di, un cercle de réflexion nationaliste,
aujourd’hui disparu, fondé par des anciens nazis
et Karel Dillen, le président-fondateur du VB. Le 4 octobre
prochain, une conférence aura lieu pour évoquer
le souvenir de ce dernier. L'initiative de cet «événement
» en revient au... Vlaams-nationale Debatclub.
Alexandre
VICK
Source (réactualisée
en septembre 2007):
Dictionnaire de l'extrême droite néerlandophone
Réalisé par RésistanceS - Pour le consulter
:  |
© RésistanceS –
Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le 9 septembre
2007.
|

La
photo qui fait à nouveau polémique : Bart De Wever et
Jean-Marie Le Pen, en 1996, respectivement patron actuel de la NVA
et président-fondateur du Front national français.
A lire aussi sur RésistanceS
Bart De Wever, le jeune
président du parti NVA, a donc rencontré Jean-Marie
Le Pen, en 1996, lors d'une conférence organisée par
un cercle de réflexion lié au Vlaams Blok / Belang.
Erreur de jeunesse
?
Le 5 mai 2007, le même De Wever retrouvait Le Pen... à
l'enterrement de Karel Dillen, le dirigeant historique de l'extrême
droite flamande d'après-guerre. RésistanceS avait consacré
un article à son enterrement et au dernier hommage que lui
rendit Jean-Marie Le Pen.
Cet article est toujours
en ligne sur notre site. Pour le consulter :
CLIQUEZ ICI
[A.VICK]
L'extrême droite ?
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