Entretien de RésistanceS.be avec Jean Faniel (Crisp)
Où en est l'extrême droite francophone ?
Depuis qu'elle a quitté le Parlement à la suite du scrutin de juin 2010, la droite extrême francophone mérite-t-elle encore le qualificatif de «fantomatique», ou bien lui reste-t-il un avenir dans ce pays ? Qui détient réellement le «label» FN : les responsables du «canal historique» ou ceux du clan dit «réunifié» ? Les scores que l'on prête à Marine Le Pen, personnalité charismatique placée à la tête du Front national français, rendront-ils au ou aux FN belges la possibilité d'engranger à nouveau de bons résultats, comme par le passé ? Et la gauche radicale populaire est-elle en passe de ravir pour de bon la place qu'occupait la droite extrême populiste ? Jean Faniel, chercheur au Centre de recherche et d'information socio-politiques (Crisp), a accepté de nous éclairer sur l'ensemble de ces points.

Affiches «unifiées» du Front national pour les communales de 2000 © Photo Manuel Abramowicz
RésistanceS.be : Le scrutin législatif de juin 2010 a mis fin à la présence du Front national au Parlement : son député fédéral n'a pas été réélu et le parti s'est trouvé dans l'impossibilité de présenter une liste pour le Sénat, alors qu'il y comptait un élu. Voilà donc une formation qui avait siégé au Parlement national entre 1991 et 2010, et jusqu'en 2009 dans les assemblées régionales et de la Communauté française, réduite aujourd'hui à un électorat très restreint. Il lui arrive même de se faire devancer en nombre de voix par la gauche radicale, laquelle paraît de mieux en mieux armée pour percer dans un électorat populaire et protestataire : la progression du Parti du Travail de Belgique (PTB) aux élections en fournit un bon exemple (voir le tableau reproduit plus bas). À quoi attribuez-vous la faillite que connaît actuellement le frontisme dans notre pays ?
Jean Faniel : Plusieurs éléments expliquent la réussite d'un parti d'extrême droite. Plusieurs éléments doivent donc être mis en avant pour expliquer sa défaite. L'échec électoral de l'extrême droite belge francophone tient avant tout à ses tensions internes. Elle est incapable de se présenter aux électeurs de manière unie, des guerres intestines donnant périodiquement naissance à des scissions et à des dissidences. La gestion de la dotation publique allouée par le Parlement fédéral au FN s'est avérée calamiteuse, voire franchement frauduleuse, ce qui non seulement a donné une mauvaise image de ce parti dans la presse, mais l'a en outre privé de moyens financiers pourtant substantiels, quasiment vitaux pour un aussi petit parti.
Plus récemment, l'apparition du Parti populaire, et son discours parfois très dur à l'égard des immigrés ou sur la question de l'insécurité, ont sans doute contribué à priver l'extrême droite d'un réservoir de voix, ces électeurs jugeant peut-être le PP plus crédible, au moins en juin dernier, avant les dissensions internes que celui-ci a connues récemment. Le succès retrouvé du PS en 2010, d'Ecolo en 2009, et de la gauche radicale lors de ces deux scrutins, sont peut-être aussi à interpréter comme le signal que certains électeurs cherchent plutôt à gauche une alternative que des électeurs, les mêmes ou d'autres, ont par le passé cru pouvoir trouver à l'extrême droite.
Enfin, je pense qu'il faut rappeler qu'un travail de fond a été mené par le monde syndical et associatif depuis plusieurs années pour mettre les citoyens en garde contre les idées et les partis d'extrême droite. De son côté, la presse francophone, écrite et audiovisuelle, a refusé de donner la parole au FN et à ses dissidences. Cette attitude de la société civile et des médias consistant à maintenir un cordon sanitaire très solide et strict contre l'extrême droite a probablement joué un rôle aussi dans l'échec des partis l'incarnant, y compris en attisant les tensions internes. Songeons par exemple au tollé qu'a suscité la diffusion au JT d'une vidéo montrant Michel Delacroix, alors président et sénateur du FN «rénové», entonner un chant sur les camps d'extermination ; il a été forcé de céder la main à la tête du parti.
RésistanceS.be: Côté francophone, les partis nationalistes ou régionalistes attirent peu les électeurs, alors que la Flandre en fait l'expérience de longue date - et singulièrement cette année, avec le triomphe de la N-VA de Bart De Wever. Plus fondamentalement, ni la Belgique francophone ni la Wallonie ne disposent d'une identité nationale comparable en vigueur à l'identité flamande. Faut-il voir là une explication au succès moindre de l'extrême droite francophone, si on le compare à celui du Vlaams Belang ?
Jean Faniel : Effectivement, l'existence d'une identité flamande forte, et de réseaux structurés capables de la porter sur le plan politique est souvent mise en avant pour expliquer l'essor du Vlaams Belang qui est à la fois un parti d'extrême droite et un parti flamingant. Le succès de la N-VA en 2010 est sans doute aussi un élément - certainement pas le seul - qui a contribué au recul du VB, ou qui l'a accentué.
Du côté francophone, le FN a toujours été un peu démuni face à l'absence d'identité nationale francophone forte. Il a plutôt joué la carte de l'attachement à la Belgique unitaire, proposant même que les provinces aient un rôle plus important, ce qui paraît plutôt à contre-courant de l'évolution institutionnelle récente en Belgique. Pour un parti d'extrême droite, ne pas pouvoir s'appuyer sur un nationalisme fort est évidemment un peu handicapant.
Cependant, différentes formations d'extrême droite francophones ont joué la carte nationaliste sur un autre mode, régionaliste. Le « front wallon » Agir (nom formé des initiales de l'Avant-garde d'initiative régionaliste), actif de 1989 à 1996, a eu des élus sur le plan local et a réalisé quelques percées électorales. Il y a dix ans, lors des élections communales de 2000, le Bloc wallon, constitué par des anciens dirigeants d'Agir passés entre-temps au Front national et au Front nouveau de Belgique, a fait long feu. En revanche, « Wallonie d'abord », qui se présentait pour la première fois en 2009 et est clairement issu de Force nationale, parti qui est lui-même une dissidence du FN, a atténué en 2010 son discours d'extrême droite pour mettre surtout en avant une dimension wallingante. A la Chambre, cette formation a remporté entre 1,3 % et 1,9 % selon les circonscriptions, ce qui n'est pas complètement négligeable. Mais deux grandes questions se posent par rapport à ce parti. Les électeurs qui l'ont choisi connaissent-ils sa filiation avec l'extrême droite ? Ce parti est-il encore d'extrême droite en masquant ses positions ou a-t-il vraiment la volonté de prendre ses distances avec ce courant politique ?
Une extrême droite qui n'a rien (encore) de «fantomatique»
Quoi qu'en dise la propagande de Père Ubu-Pan, une feuille d'ultra droite qui exploite les thèmes chers à l'extrême droite, le Front national n'a pas pour autant sombré dans l'invisibilité au point de devenir «fantomatique» (sic). Le FN a beau avoir fortement reculé depuis ses bons scores de 1995 et de 2003, il conserve un potentiel, modeste, à l'échelle des provinces de Hainaut et de Namur (voir le tableau qui suit). Localement, c'est autour de Charleroi que la droite extrême tient bon : dans le canton, aux législatives de 2007, quatre listes distinctes se réclamaient de ce courant - le Front national, Force nationale, le Front nouveau de Belgique et le parti Unie - et l'ensemble approchait des 14 % (13,7 %).
Le reflux est général et la déroute des régionales de 2009 a été sévère ; aux législatives anticipées de 2010, où trois listes se faisaient concurrence (le FN «canal historique», le FN «réunifié» et Wallonie d'abord), le canton de Charleroi enregistre lui aussi une baisse de l'extrême droite, sans qu'elle devienne pour autant «fantomatique» : ses voix totalisent 9 %. Populiste, radicale, islamophobe et hostile à la démocratie, cette droite n'en demeure pas moins dangereuse. N'en déplaise aux manoeuvres de diversion de Père Ubu-Pan, une publication que l'extrême droite goûtait beaucoup, et ce n'est sans doute pas un hasard.
RésistanceS
Scores obtenus par les listes d'extrême droite francophones aux législatives de 2010
| Circonscriptions électorales / Listes |
FN (réunifié) |
FN (canal historique) |
Wallonie d'abord ! |
Total |
| Brabant wallon |
|
|
1,32% |
1,32% |
| Hainaut |
2,79% |
1,60% |
1,91% |
6,30% |
| Liège |
|
|
1,51% |
1,51% |
| Namur |
2,77% |
|
1,60% |
4,37% |
| Luxembourg |
|
|
1,82% |
1,82% |
| Bruxelles - H - V |
0,66% |
|
0,37% |
|
= pas de liste déposée |
RésistanceS.be : Le Parti populaire de Mischaël Modrikamen traverse actuellement des difficultés et, à l'image de Sarkozy en France, il vient disputer à l'extrême droite son propre terrain électoral ; par ailleurs, Marine Le Pen monte en puissance et devrait en principe accéder en janvier à la présidence du Front national français avant de réaliser un gros score à la présidentielle de 2012. Dans ce contexte, la droite extrême belge francophone peut-elle espérer regagner les milliers de voix qu'elle perd scrutin après scrutin ? Et si oui, à quelles conditions ?
Jean Faniel : Le contexte extérieur joue assurément un rôle dans le succès des partis d'extrême droite, en Belgique francophone comme ailleurs. Le déclin du PP (à supposer qu'il se confirme, or il reste quatre ans avant les prochaines élections législatives, ce qui est une éternité en politique) et le succès éventuel du FN français à l'élection présidentielle de 2012 (lui aussi à vérifier le moment venu) pourraient constituer des éléments favorables pour l'extrême droite belge francophone. De même, la diminution de la protection sociale dans notre pays, l'augmentation de la précarité de l'emploi et plus largement la dégradation de la situation socio-économique vécue par la population pourraient aussi être des facteurs favorables à un regain de l'extrême droite, même s'il ne faut pas établir un lien direct et mécanique entre précarité et vote d'extrême droite, loin de là. Cependant, l'extrême droite ne pourra récolter les fruits d'un pareil contexte… que si elle est en mesure de le faire. Cela peut sembler une évidence, mais cela souligne surtout que jusqu'à présent, la principale faiblesse de l'extrême droite a été l'extrême droite elle-même. Comme je l'ai indiqué au début de cette interview, son incapacité à présenter un visage respectable, uni et crédible a considérablement freiné son essor électoral.
Cela étant, une question revient sans cesse quand on évoque les succès et les échecs de l'extrême droite, en Belgique ou ailleurs. A quoi doit-on jauger cette réussite ? Uniquement aux performances électorales ? Ou bien faut-il examiner le degré de percée des idées d'extrême droite dans la société et la manière dont elles s'incarnent dans les politiques mises en avant par d'autres partis, considérés comme ne relevant pas de l'extrême droite, et de certains gouvernements ? La politique menée par le gouvernement français cet été vis-à-vis des Roms a relancé ce type de questionnement et de polémique.
RésistanceS.be: Comme le Vlaams Belang en Flandre et le FN français aujourd'hui, le Front national belge a toujours eu la réputation d'un parti en proie aux guerres de clans, aux tensions internes, aux tentatives de putsch pour s'emparer du pouvoir et à des dizaines de dissidences. Deux fractions se disputent à présent le «label» FN. La première, le « FN canal historique », est menée par Salvatore Nicotra, conseiller communal et président de l'asbl fondatrice du parti. La seconde, le « FN réunifié », s'organise autour de l'ancien député fédéral Patrick Cocriamont ; elle rassemble les ex-parlementaires régionaux Charles Pire et Charles Petitjean ainsi que le mouvement néofasciste Nation. Une décision rendue récemment en première instance a donné raison à ce second FN. Le Front de Nicotra a toutefois fait appel et a en outre porté plainte contre ses rivaux frontistes. À votre avis, à qui le Front national appartient-il véritablement ?
Jean Faniel : Il s'agit là d'une question très complexe, qui a déjà été évoquée en justice et qui, je pense, ne pourra être réellement tranchée que par un tribunal. A moins, bien sûr, que ces différentes personnes et fractions ne se rabibochent et aplanissent leurs querelles, au moins pour un temps, ce qui ne serait pas complètement neuf dans ce milieu politique habitué aux disputes fratricides suivies de retrouvailles apparemment invraisemblables.
Plusieurs dimensions sont en jeu. Certains peuvent soutenir être les représentants légaux de l'asbl « historique », fondée en 1985. Cela leur donnerait donc une légitimité morale et historique à représenter le FN. D'autres ont été parlementaires du FN, au niveau fédéral ou à celui des entités fédérées, et pourraient de ce fait se targuer d'avoir déjà représenté légalement la « marque » FN. D'autres encore pourraient précisément mettre en avant qu'ils ont déposé le sigle FN comme marque sur laquelle ils ont la propriété intellectuelle.
Si un juge est appelé à trancher pareil conflit, il faudra voir quelle légitimité il privilégiera. La protection d'une marque dans une optique commerciale ? Après tout, avec un peu de cynisme, on pourrait considérer que les candidats frontistes feront une bonne affaire s'ils sont élus : ils percevront une indemnité parlementaire, auront droit à des collaborateurs rémunérés par l'assemblée dont ils seront membres, leur formation percevra une dotation publique et, s'ils sont suffisamment nombreux, ils pourront former un groupe qui bénéficiera lui aussi de moyens de fonctionnement. Bref, il pourrait être sensé d'appliquer une logique économique et commerciale en raisonnant ainsi. Mais les autres logiques pourraient paraître tout aussi fondées.
Le plus probable est que ce problème se pose au moment du dépôt des listes électorales. C'est alors au magistrat chargé de vérifier la validité des dépôts de candidature qu'il appartiendrait, dans une certaine urgence, de trancher ce litige. Sans nécessairement que cette décision ait un caractère définitif. Bref, en la matière, beaucoup de choses sont sans doute possibles.
Propos recueillis par RésistanceS
Là où l'extrême droite recule, la gauche radicale avance

Salvatore Nicotra, président de l'asbl fondatrice du parti, en meeting, du temps où le Front national se portait bien - Photo : DR
Électoralement, les années nonante ont souri au Vlaams Belang comme au Front national. Les années 2010 profiteront-elles à leur tour aux partis de la gauche radicale, populaire et contestataire ?
La progression du Parti du Travail de Belgique (PTB) dans les urnes invite à le penser (voir les deux tableaux ci-dessous). D'autres pays européens connaissent un phénomène identique : la Grèce, le Portugal, l'Irlande, l'Allemagne...
(RésistanceS).
Comparaison de l'évolution électorale de l'extrême droite et de la gauche radicale aux élections communales de 1994, 2000 et 2006 dans deux communes wallonnes
Scores des communales à La Louvière (Hainaut)
| Elections |
Extrême droite |
Gauche radicale |
| 1994 |
14,1%
(FN)
|
1,2%
(0,9% PTB; 0,3% GU) |
| 2000 |
3,7%
(3,1% FN; 0,6% BW) |
4,2%
(3,1% PC; 1,1% PTB) |
| 2006 |
8,6%
(FN) |
10%
(5,8% UDSC; 4,2% PTB) |
Scores des communales à Herstal (Prov. de Liège)
| Elections |
Extrême droite |
Gauche radicale |
| 1994 |
10,5%
(6,5% Agir; 3,5% FN; 0,5% Unie) |
4%
(2,4% PTB; 1,6% PC) |
| 2000 |
3% |
8,7%
(7,2% PTB; 1,5% PC) |
| 2006 |
incapable de déposer une liste |
9,4%
(PTB) |
Signification des sigles repris dans les tableaux ci-dessus :
Agir : Avant-garde d'initiative régionaliste. Ce «Front wallon» d'extrême droite voit le jour en 1989 à l'initiative de dissidents du Parti des forces nouvelles. Lorsqu'Agir implose, au milieu des années nonante, la plupart de ses dirigeants rallient le FN de Daniel Féret, tandis que son aile minoritaire fonde Ref, un mouvement néorexiste. Les uns et les autres se retrouvent en 2000 pour lancer le Bloc wallon.
BW : Bloc wallon. Formation d'extrême droite créée en 2000, rassemblant des dissidents du FN, les anciens dirigeants d'Agir et le mouvement Ref ; elle ne survivra pas aux communales de la même année.
FN : Front national. Principal parti d'extrême droite francophone du pays, le FN naît à Bruxelles en 1985 autour de Daniel Féret, soutenu par divers groupuscules nationalistes, racistes, néonazis et néorexistes : Union pour une nouvelle démocratie (UND), groupe Delta, Mouvement social nationaliste (MSN), Europèse partij-Parti européen (Epe)...
GU : Gauches unies. Mouvement politique constitué en 1994 à l'initiative du Parti ouvrier socialiste (POS, devenu depuis la Ligue communiste révolutionnaire), du Parti communiste, de militants issus d'autres organisations anticapitalistes et de responsables syndicaux de la FGTB, de la CSC et du Mouvement ouvrier chrétien.
PC : Parti communiste. C'est le parti marxiste historique de Belgique, né en 1920 d'une scission du Parti ouvrier belge, l'ancêtre de l'actuel Parti socialiste. Le PC a siégé au Parlement fédéral jusqu'en 1985.
PTB : Parti du Travail de Belgique. Le PTB surgit en 1970, d'abord en Flandre, sous l'appellation Tout le pouvoir aux ouvriers (Amada). Formation marxiste-léniniste, maoïste et staliniste, il a pris en 2008 un tournant réformiste sans cesser de se réclamer ouvertement du marxisme.
UDSC : Union démocratique socialiste du Centre. Cartel électoral présent uniquement à la Louvière, constitué par des dissidents du PS, des syndicalistes de la FGTB et des anciens du PC.
Unie : liste de l'ultra droite belgicaine, appuyée par le rédacteur en chef que Père Ubu comptait alors ; nombre de ses membres gagneront par la suite le Front national ou le Front nouveau de Belgique. |
Note de la rédaction
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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le lundi 27 décembre 2010.
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Le Front national a connu de belles années ; aujourd'hui, sa santé est très fragile – Photo : DR.

Jean Faniel
Diplômé en sciences politiques de l'Université libre de Bruxelles (ULB), Jean Faniel y a entrepris un doctorat et appartient au Cevipol. Il compte aujourd'hui parmi les chercheurs du Centre de recherche et d'information socio-politiques (Crisp).

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