| RésistanceS
12-09-2006 |
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Réseau terroriste démantelé en Belgique
Ce jeudi 7 septembre, dix-sept activistes – dont dix militaires – néonazis ont été arrêtés. Membres de l'organisation clandestine Bloed-Bodem-Eer en Trouw (BBET), ils se préparaient, selon la justice belge, à organiser des actions terroristes. BBET est issu de la ''division flamande'' de Blood and Honour, une organisation néonazie internationale. Depuis plusieurs années, RésistanceS dénonce l'existence de cette mouvance extrêmement violente. Radioscopie de celle-ci.
C'est au tout début des années 90 qu'une ''Belgian division'' de Blood and Honour (B&H) apparaît en Belgique. B&H est une organisation skinhead néonazie internationale (voir notre encadré ci-dessous). Des publications néonazies néerlandophones comme francophones (par exemple ''Bec et ongles'', alors éditée par un dirigeant du groupe l’Assaut) vont s’occuper de la promotion des activités des militants belges de B&H. La ''Belgian division'' est localisée à Waarschoot. Son adresse (une boîte postale) est la même que celle de la revue néonazie ''Thule'', le nouveau titre de ''Euro-Forum'', un opuscule réalisé par des néonazis belges néerlandophones et francophones. Parmi eux se trouve le dirigeant de l'Assaut et futur dirigeant-fondateur, en 1999, du mouvement Nation. C’est surtout en Flandre que Blood and Honour va se développer. Notamment avec le soutien idéologique de Bert Eriksson, l’ancien ''führer'' du Vlaamse militanten orde (VMO), milice néonazie interdite par la justice belge.
Au début des années 2000,
une ''division flamande'' de B&H va se réactiver, sous
le nom de Blood and Honour-Flanders puis Vlaanderen. Cette dernière
est en relation étroite avec une série de groupes néonazis
: Groen-rechts, l'ex-Vlaamse jongeren Mechelen (VJM), la Vlaamse Jongeren
Westland (VJW)... Les skinheads néonazis participent encore
aux manifestations du Comité nationalisten tegen globalisering
(le Comité des nationalistes contre la globalisation) et à
celles du Comité nationalistes contre l'Otan. Ces comités
permettent alors aux activistes de diverses organisations d'extrême
droite de se retrouver et de militer ensemble pour des causes identiques.
Dans cette mouvance politique, ils vont également côtoyer
des affiliés du Vlaams Blok jongeren (VBJ), l'organisation
de jeunesse du parti nationaliste flamand (aujourd’hui Vlaams
Belang). Une preuve de plus des liens persistants entre le VB et la
mouvance néonazie. Organisant des concerts de musique ''oï'',
la division flamande de B&H est aussi totalement impliquée
dans le soutien aux négationnistes, dont l'objectif est de
nier le génocide juif commis durant la Deuxième Guerre
mondiale et de réhabiliter le nazisme. Le 2 mars 2002, quelque
part en Flandre et dans la clandestinité totale, B&H-Vlaanderen
participait ainsi au ''Revisionistisch congres'' où prirent
la parole Siegfried Verbeke (leader du groupe négationniste
anversois VHO), Bert Eriksson (ex-VMO), Vincent Reynouard (négateur
français exilé en Belgique et depuis lors responsable
de la section francophone de VHO) et Paul Kruger (pseudonyme du porte-parole
de Blood and Honour-Vlaanderen).
C'est BBET qui fut l'objet de l'opération
policière du 7 septembre qui permit l'arrestation de dix-sept
néonazis belges. Selon nos confrères de Blokwatch, BBET
serait constitué d'environ 25 activistes. Blood and Honour-Vlaanderen
aurait pour sa part été épargné par l'opération
policière. Pour l'instant.
Tel était en tous les cas l'objectif des apprentis terroristes de BBET arrêtés le 7 septembre. Manuel ABRAMOWICZ (1) Les liens entre les extrémistes de Nation et la mouvance de Belgique & Chrétienté (B&C) d'Alain Escada (ex-directeur-fondateur du journal d'ultra droite ''Polémique-Info'') sont nombreux. Sur le blog de Jeune Nation, la section des jeunes du mouvement Nation, figure un rapport d'activité au sujet d'une manifestation qui s'est déroulée en juillet dernier. Ce rapport est signé par l'un de ses responsables. Il y est mentionné :
Blood and Honour : une internationale néonazie ?
Ian Stuart, leader néonazi britannique et héros de Blood and Honour. Blood & Honour (B&H) est fondé en Grande-Bretagne, à la fin des années 70, par Ian Stuart (1957-1993), un dirigeant du National front (NF) qui souhaite recruter et politiser les jeunes skinheads. Les skinheads appartiennent alors à un mouvement culturel issu de la classe ouvrière britannique. Ils sont plutôt antiracistes et leur musique est le ''ska'', un mixte entre le rock anglo-saxon et le reggae jamaïquain. B&H deviendra la première organisation structurée et internationale rassemblant les skinheads de tendance ''NS'', c'est-à-dire ''nationaux-socialistes''. Le mouvement de Ian Stuart se revendique comme étant l'héritier direct de la SS, l'élite de la dictature hitlérienne. Il est ouvertement antisémite. Les Juifs sont sa cible numéro un. Organisant des concerts de ''oï'', le rock des skins, et la distribution des disques des groupes agissant sous son label RAC (Rock against communism), Blood and Honour va également fonder un groupe d’action qui se lancera ensuite dans des opérations terroristes, sous le nom de ''Combat 18'' (un et huit, pour les première et huitième lettres de l’alphabet, soit AH, les initiales d’Adolf Hitler). Fort de plusieurs ''divisions'' à l’étranger (en France, en Allemagne, en Italie, en Belgique, aux Etats-Unis et maintenant dans la plupart des pays de l’ex-bloc soviétique), B&H a néanmoins connu des conflits internes qui donneront lieux à des dissidences, comme celle des Hammers skins. © RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 septembre 2006
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Affiche de BBET, le groupe néonazi démantelé ce 7 septembre. Au programme : violence terroriste et antisémitisme.
Pour comprendre la galaxie de B&H et de BBET, lire nos articles suivants : • La
Belgique reste une plaque tournante des ''négateurs-nazis''
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