Quelle est la santé du Front national ?

Réponse : mauvaise. Effectivement, rien n'a vraiment changé, depuis sa création en 1985, pour le FN (canal historique) de Daniel Féret : il reste un parti-fantôme. Et cette année, a sans doute été la pire pour cette formation antisociale d’ultradroite. Il se ramassa une raclée importante lors des élections législatives, régionales et européennes du 13 juin 1999 (par exemple, il passa au Parlement bruxellois de 6 à 2 élus !). Cette défaite électorale allait donné lieu à de nouvelles défections au sein de « sa base » comme de « sa direction ». Voici l'état de santé détaillé du FN.

LES RECENTES DEFECTIONS IMPORTANTES

Hupin, Georges
Ce responsable du parti pour le Hainaut oriental fut l’initiateur de l’« école des cadres du parti » (un projet avorté) et rédacteur des pages idéologiques du « National » (l’organe frontiste). Dans les années 60, il militait au Parti national belge (un minuscule parti de la droite chrétienne belgicaine et influencé par Charles Maurras), ensuite, vers 1972, il mit sur pied la section belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), un réseau de réflexion idéologique à la base de la Nouvelle Droite. Aujourd’hui, Hupin préside le Bloc Wallon, la dernière scission en date du FN (voir sur le Bloc Wallon, notre rubrique "Les Infos").

Fréson, Willy
Nommé, en 1996, « conseiller idéologique au président » (sic), mais élu, deux ans plutôt, au Conseil communal liégeois pour AGIR. Il avait cofondé, en 1989, ce dernier, après avoir été actif au sein du Front de la jeunesse et du Parti des forces nouvelles (PFN). Willy Fréson, également lié au GRECE, est un des autres initiateurs du Bloc Wallon. Il est d'ailleurs sa tête de liste, à Liège, pour les élections du 8 octobre 2000.

Tonneliers, Georges-Pierre
A l’époque de son court passage à l’Université libre de Bruxelles (ULB), il était le chef bruxellois du Front national des Jeunes (FNJ). Tonnelier, jeune garçon influençable, tenta de créer un noyau militant frontiste à l'ULB, avec le soutien d'un gourou d'une secte néopaïenne scandinave, Bernard Mengal (1). Etudiant en informatique, il réalisait aussi le site Internet du parti. Auparavant, il était passé tour à tour par la direction des jeunesses du Front démocratique des francophones (FDF), le Front nouveau de Belgique (FNB), Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS, un comité de francophones pro-Vlaams Blok !). En juillet 2000, il repassa chez Marguerite Bastien (FNB).

Levaux , Marc
Conseiller à l'Aide sociale d'origine FN, ce "jeune" avocat (après près de dix ans passés à l'Université catholique de Louvain), milite à droite depuis pas mal de temps. Il passa par AGIR, le FN, le FNB,… Proche à une époque de l'ex-gendarme d'extrême droite Hubert Defourny, Levaux est l'auteur, en 1998, d'un livre publicitaire pour son mouvement REF. Tenté au début par le Bloc Wallon, il retourna pourtant au FN, mais trahira très vite celui-ci. Il figure désormais en deuxième position sur la liste du FNB à Verviers, après avoir saboter le projet du FN d'y déposer une liste. Sa manoeuvre machiavélique a pour but de s'assurer une place après les communales du 8 octobre. Récemment, il a été condamné pour racisme.

Héger, Francis
Ex-chef de groupe du FN au conseil communal de La Louvière (le FN y avait obtenu plus de 14 % en 1994), il conduira le 8 octobre prochain la liste dissidente Bloc Wallon.

Dhalluin, Serge
Aux communales de 1994, il figurait dans la catégorie des suppléant sur la liste frontiste déposée à Molenbeek. Il est, maintenant, la tête de liste Vlaams Blok pour les élections du 8 octobre 2000.

 

LES « AFFAIRES » POLITICO-JUDICIAIRES

Le sigle FN est à nouveau apparu, en 1999 et 2000, dans la rubrique justice de la plupart de nos quotidiens. Quelques exemples.

vote.jpg (942 bytes) Procès contre Philippe Rozenberg, un ex-député bruxellois et chef du groupe FN au Conseil communal de Molembeek.

vote.jpg (942 bytes) Condamnation pour affichage illégale de Patrick Cocriamont, un conseiller communal et chef de la section d’Anderlecht, par ailleurs issu d’un groupuscule néonazi et négationniste.

vote.jpg (942 bytes) Poursuite et perquisition contre Salvatore Nicotra, conseiller communal élu, en 1994 à Saint-Gilles, sur la liste frontiste,

vote.jpg (942 bytes) etc.

Ces différentes citations, dans la presse, est bien entendu une très mauvaise publicité pour l'image que le Front national essaye de se donner, avec beaucoup de mal, depuis son apparition, en 1985.

 

SES DERNIERS SOUTIENS

Seule bonne note pour lui, le soutien que lui apporte toujours diverses petites structures organisationnelles ou rédactionnelles. Parmi elle :

« Polémique-Info »
Ce bimensuel tendance droite chrétienne intégriste ouvre, cependant, ses colonnes à de purs (néo)nazis voulant « sauver la Race blanche » du « génocide » qui la menace…

« Altaïr »
Cet opuscule confidentiel se consacre à la « poésie nationaliste ». En 1992, on pouvait lire dans ce torchon un texte titré : « Sous l’égide de la croix gammée ». Plusieurs membres ou proches du FN collaborent à "Altaïr". Son directeur manifesta aussi sa nostalgie pour les volontaires belges qui s’engagèrent dans la Waffen SS. Un de ses poèmes fut d’ailleurs publiés dans le mensuel du groupe néonazi l’Assaut (nom qui servit de titre au journal de la SS wallonne !).

« Le Cri du Citoyen »
Ce mensuel raciste et populiste est issu de la mouvance de l'ex-Parti libéral chrétien (PLC). Prenant pour modèle les principaux organes de la presse nationaliste d'outre-Quiévrain ("National-Hebdo", "Rivarol", "Présent"), "Le Cri du Citoyen" publie des articles de Gaston Amaudruz, le "führer" des néonazis suisses, récemment condamné par la justice de son pays pour propagande niant l’existence des chambres à gaz homicides mises en place par le régime hitlérien pour exterminer le peuple juif. En 1994, le directeur du « Cri du Citoyen » figurait sur la liste des candidats FN pour les élections européennes.

La Ligue chrétienne belge (LCB)
Groupuscule intégriste né, en 1992, dans la région de Charleroi. La LCB est caractérisée par un discours pathologique qui dénonce pêle-mêle le rock comme étant « satanique », des « puissances occultes », la « haute finance mondialiste », la franc-maçonnerie, etc. Elle ne cache pas non plus son soutien inconditionnel au négationnisme. La LCB est liée au « Cri du Citoyen » et son président participait comme conférencier, en mai 2000, au congrès de la section de Charleroi du Front national.

Pour plus d’infos sur le Front national et ses « partenaires », consultez notre rubrique « Les Infos » et/ou cliquez sur « Panorama de l’extrême droite francophone » (dans l’encadré de droite « Observatoire »).

Alexandre VICK

RésistanceS, 16 septembre 2000

Note :
(1) Ce Bernard Mengal, militant d'extrême droite de longue date et proche du Front national de Daniel Féret, est repris dans le livre "Les sectes en Belgique" (éditions EPO, 1994, p. 204) d'Alain Lallemand, un des meuillers spécialistes belges du sujet.

 

REMARQUE REACTUALISATION du 31 novembre 2008 : Georges-Pierre Tonnelier n'est plus d'extrême droite CLIQUEZ