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Le guide indispensable des antifascistes

Dictionnaire
de l'extrême droite francophone

Ce dictionnaire reprend les principaux partis, mouvements et revues de l’extrême droite belge francophone sur base des articles et brèves publiés dans les différents numéros de RésistanceS. Il sera au fur et à mesure complété.

Attention : les informations datent de l’époque où elles ont été publiées dans RésistanceS, sauf mention.

 

 

 

INDEX

AGIR
« Altaïr »
Amis de la Renaissance européenne
Belgique & Chrétienté
Bloc nationaliste francophone  (nom d’origine : Front national-Fédération Bruxelloise et ensuite Bloc wallon)
Bloc Wallon (BW)
Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS)
Cassandre (amicale) : voir à Euroclio
Centre de formation nationaliste Jacques Borsu, Comité/Collectif pour l’expulsion des faux réfugiés et Comité de soutien Le Pen-Liberté
NOUVEAU Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (CBSJMLP, 2007)
Comité Nationalistes contre l’OTAN
Dernier carré (nouveau nom des Bourguignons)
Devenir
Euroclio (anciennement amicale Cassandre)
Européens unis pour le renouveau (EUR)
Fondation européenne Léon Degrelle (FELD)
Fraternité Saint-Pie X (Belgique)
Front de la Nation Belge-Parti (FNB-P)
Front national-Front voor de Natie (FN)
Front national Saint-Gillois
Front nouveau de Belgique Front nieuw België (FNB)
Groupes de jeunes polémistes nationalistes (GJPN)
Institut européen de symbolique et d’histoire Euroclio : voir à Euroclio
Jeune alliance nationale (JAN)
Jeune Nation
La Ligue
NOUVEAU Mouvement d'action civique (Mac, premier du nom, 1960-1962)
NOUVEAU Mouvement d'action civique (Mac, deuxième du nom, ° 2007)
Nation
Nationale liga-Ligue nationale
« Nation-Info »
 « Le Parvis »
« Polémique-Info »
« Racines et Nation »
REF
« Renaissance Européenne » : voir à Amis de la Renaissance européenne
Résistance verte
Révolte sociale
Terre et Peuple - Bannière wallonne
Thule Sodalitas (nouveau nom de l’association l’Anneau)


AGIR
En automne 1994, le parti nationaliste wallon AGIR (fondé à Liège en 1989) s’autodéchirait. Trois fractures apparaissaient. Trois tribus se disputaient les rênes du pouvoir. La première était menée par son idéologue, Willy Fréson, la deuxième par son président en titre, Robert Destordeur et enfin la troisième par le leader de la tendance pure et dure d’AGIR, Hubert Defourny.

En 1995, Fréson passa le rubicon : il rejoindra le Front national… jusqu’à ce moment encore considéré comme l’ennemi héréditaire n° 1 d’AGIR (1). Son passage dans le camp adversaire lui sera bénéfique: on lui cédera la direction de la section frontiste de la Cité Ardente et une place au bureau politique national, la plus haute instance du FN.

Pendant ce temps, Destordeur tiendra en réanimation continue les restes d’AGIR. Jusqu’en octobre 1997 lorsque celui-ci signa avec le FN une alliance électorale pour les élections de 1999. Defourny pour sa part s’était déjà lancé dans le néorexisme avec la création, en 1995, d’un nouveau parti, REF. Des initiales rappelant celles de REX.

Pour les élections législatives et régionales du 13 juin 1999, Fréson et Destordeur figuraient en très bonne place sur les listes liégeoises du FN. Le premier conduisait à la fois la liste pour le Parlement wallon (et rata de peu son poste de député) et celle pour la Chambre. Le second, poussait la liste pour l’assemblée wallonne et endossait le maillot du premier suppléant. La présence d’autres membres d’AGIR se fit également remarquer (Galère, Moreau, Poulet, etc.).

Quant à lui, Hubert Defourny tenta l’aventure seul avec son groupuscule et deux autres rescapés d’AGIR (Jean Jamar et Alain Pauchen) ainsi que d’un ancien responsable d’arrondissement du FN (Christian Nokin). Ce fut un cuissant échec (en moyenne 0,1 %).

Maintenant, et suite à la confirmation de son insuccès électoral, REF aura les plus grandes difficultés pour survivre en tant que formation politique. D’autant plus que le Vlaams Blok (son protecteur depuis 1995) va cesser de lui apporter son appui. De leur côté, Fréson et Destordeur dressent un bilan désatreux de leur pacte avec le FN. Une nouvelle fois, Féret est accusé d’être un agent provocateur. La rupture est déjà au programme. C’est pour cette raison qu’à la fin du mois de juillet 1999, des rencontres secrètes ont eu lieu avec Defourny. A l’ordre du jour : remettre, éventuellement, sur pied AGIR en vue des élections communales de 2000. A suivre…

(1) Au début des années 90, les dirigeants d’AGIR accusaient Daniel Féret d’être au service de la Surêté de l’Etat pour déstabiliser l’extrême droite francophone. Cette accusation sera reprise, en 1995, par Marguerite Bastien. Pour Daniel Féret, les leaders d’AGIR étaient tout simplement des « nationaux-bolchéviques pro-serbes » (sic). (RésistanceS, n° 7, été 1999, p. 23)

gene3.jpg (14621 bytes) En 1991, le Bloc Belge allait rejoindre AGIR. Constitué par des dissidents du Front National de Féret, ce "Bloc"  était ouvertement raciste, antisémite et néonazi. Ci-contre nous reproduisons son autocollant. En avril 2000, un responsable du Bloc Belge sera perquisitioné dans l'enquête sur les tueurs du Brabant Wallon.

 

« Altaïr »
Dans la mouvance frontiste belge, « Altaïr », une revue de poésie apparue à Braine-l’Alleud en 1974, a la cote. Plusieurs « cadres » d’extrême droite y collaborent depuis de nombreuses années. Parmi eux, se trouve un dénommé Daniel Leskens. Souvenez-vous de ce personnage : en 1995, la RTBF diffusa les images d’un document amateur, montrant celui-ci uriner sur des tombes juives dans une petite ville allemande. Les images scandaleuses de cette profanation antisémite avaient été prises à la suite d’une manifestation nostalgique de SS européens. La délégation belge était constituée de dirigeants du Parti des forces nouvelles (PFN) qui venaient de passer au Front national de Daniel Féret. Leskens devint ensuite conseiller communal FN à Anderlecht. Aujourd’hui, il s’activerait énormément en vue des prochaines élections.

Mais revenons à « Altaïr », une revue qui est également fort appréciée par « Polémique », l’ex-tribune libre de Marguerite Bastien ayant rejoint les rives du FN orthodoxe. Nous avons retrouvé dans nos archives (pas celles qui étaient stockées à Moscou !), un numéro qui fut publié à la Noël 1992. Deux poèmes nous ont particulièrement marqué. Le dernier couplet du premier, écrit par un Kollabo français de cette revue, dit :

« Je ne veux pas mourir sous un chaos épais / Où se mêlent chinois, arabes, nègre et youtre ! / De tous ces immigrés j’en ai cent fois assez ! / Ils nous sucent le sang, et quiconque résiste / Est flétri par le nom glorieux de fasciste : l’Europe aux peuples blancs et la France aux Français ! »

Le second poème que nous avons sélectionné pour vous dans ce numéro d’Altaïr porte un titre évocateur : « Sous l’égide de la croix gammée ». Extraits :

« Pour elle je me suis levé / Sous l’égide de la swastika / Je mène le combat (...). Symbole de grandeur et de pureté / Symbole d’une force éternelle / Symbole de notre fierté / Tu es la raison d’existence / Tu es la raison de notre résistance / Un amour éternel. »

Quant à la rubrique « Des revues... Des revues ... », Altaïr conseille la lecture d’opuscules au titre ne laissant aucune ambiguïté sur ses choix politiques, tels que « Gestapo », « les Nouvelles NS » (nationale-socialistes), « Révision », « l’Empire invisible » (du KKK français !)... et « le National », le bulletin de liaison du FN belge. Concernant ce dernier, « Altaïr » mentionnait alors : « A lire, et à soutenir ! » Le 16 avril 1998, Jean-Pierre Hamblenne, le directeur d’« Altaïr », écrira encore, cette fois-ci chez ses copains de « Polémique » : « la force qui monte et qui a de l’avenir existe bel et bien : c’est le Front National ». Dans les rangs frontistes, comme on le voit, on a les Kamarades que l’on mérite... (RésistanceS, n° 5, hiver 1998-1999)

Amis de la Renaissance européenne
En octobre 1998, une nouvelle association politico-culturelle, les « Amis de la Renaissance européenne », est officiellement née. Située dans le giron de l’extrême droite francophone, initialement, elle devait voir le jour au cours d’une conférence donnée par Pierre Vial, alors professeur d’Histoire du moyen âge à l’Université de Lyon III, du bureau politique du Front national d’outre-Quiévrain et « gourou » de Terre et Peuple, une association néopaïenne préconisant, comme jadis les nazis, la « loi du sang ». Conférence qui n’eut pas lieu, puisque arrivé à la gare du midi, l’orateur ne fut pas reconnu par le comité d’accueil belge. Furax sur ses hôtes (on le comprend), il reprit illico le TGV pour Lyon, sa ville natale. Mais revenons aux "amis" belges.

L'association les Amis de la Renaissance européenne s’autoproclame comme étant un « groupement d’études et de pratiques ethnotopiques et indochtones pour l’enracinement dans les espaces humains » (sic). Une revue théorique du nom de « Renaissance européenne » est éditée par celle-ci. Le premier numéro est sorti en septembre 1998. Ses principaux animateurs sont Willy Fréson et Dimitri Sève. Le premier participa, en 1974, à la création du Front de la jeunesse et quinze ans plus tard à celle d’AGIR. Il y a trois ans, Fréson passa au Front national. Depuis, il a cofondé le Bloc wallon, en avril 2000. Dimitri Sève, quant à lui, est un militant frontiste dévoué qui se charge, depuis plusieurs années, du « National », le mensuel du parti.

Lors de la première conférence avortée des Amis de la Renaissance européenne, une cinquantaine de personnes s’étaient déplacées pour écouter Pierre Vial. Dans l’assemblée, d’après « le Vif/L’Express » du 9 octobre 1998, on pouvait remarquer Daniel Féret, Patrick Cocriamont (conseiller communal frontiste à Anderlecht, issu de la direction du Parti des forces nouvelles et également collaborateur de « Renaissance européenne ») ou encore Alain Escada (le directeur de « Polémique », un proche du groupe Devenir).

Le leader de cette association est Georges Hupin. Il fit lui aussi partie des partisans du Front national « orthodoxe ».Mais préside, maintenant, le Bloc wallon. (RésistanceS-Info-Net, 5 septembre 2000).

Belgique & Chrétienté

Emblème des « nouveaux croisés » intégristes de Belgique et Chrétienté

Cette association intégriste est apparue à Liège, en 1989, dans la mouvance patriotique « belgicaine ». Sa mission officielle : lutter contre le « racisme anti-chrétien et anti-belge ». Elle traque inlassablement les blasphèmes et autres offenses à la religion catholique, appelle au boycott des sociétés commerciales qui manquent de respect à celle-ci, et avertit d’emblée, via la page d’accueil de son site internet : « Se moquer de la religion catholique deviendra dangereux ! ».

Reprise en main par Alain Escada, elle s’est très vite intégrée dans les rangs de l’extrême droite classique. Proche de la droite ultra, catholique et intégriste française (active au sein du Front national de Jean-Marie Le Pen), en 1995, Belgique et Chrétienté soutiendra la création du Front nouveau de Belgique (FNB), une dissidence du Front national de Daniel Féret. Alain Escada devint même membre de sa direction, comme porte-parole officiel. Ce « croisé » de L’Europe chrétienne passa néanmoins ensuite avec armes et bagages du côté du Front national, après un conflit personnel (et commercial !) avec la présidente du FNB, Marguerite Bastien.

Le « patron » de Belgique et Chrétienté est aussi le fondateur de « Polémique-Info » Dans cette publication hebdomadaire d’extrême droite (aujourd’hui disparue), des écrits pronazis, rendant par exemple hommage à un ancien de la Légion SS Wallonie ou à l’association des Amis de Robert Brasillach (du nom du célèbre collaborateur de l’Occupant nazi pendant la Deuxième guerre mondiale), étaient réguliers. « Polémique-Info » ciblait en particulier la « Haute finance vagabonde et anonyme », terme codé dans la « littérature » antisémite pour désigner les Juifs. Ce journal deviendra la vitrine médiatique de Belgique & Chrétienté.

Les membres de Belgique et Chrétienté proviennent essentiellement de la Fraternité Saint-Pie X (un groupe religieux international exclu de l’Eglise catholique par les autorités papales depuis 1988). Cette « église parallèle » intégriste voue un culte de la personnalité au maréchal Pétain et exploite l’antisémitisme, version Charles Maurras, pour galvaniser ses troupes. L’association Belgique et Chrétienté deviendra la « branche politique » de la Fraternité Saint-Pie X.

En avril 2004, ce réseau intégriste a organisé la projection en avant-première du film de l’intégriste chrétien Mel Gibson, « La Passion du Christ », jugé par beaucoup comme étant un film de propagande antisémite. Au cours de cette projection privée, qui se déroula à Kinépolis - Bruxelles, plus de 1.200 invités soigneusement sélectionnés étaient présents. Ils provenaient des rangs intégristes du catholicisme militant, de la Fraternité Saint-Pie X, mais aussi des Légionnaires du Christ et de l’Opus Dei (qui a aussi ses entrées au Palais royal).

Le 13 mai 2004, à Bruxelles, Belgique et Chrétienté proposa une conférence sur le thème « Obligations chrétiennes à respecter et valeurs familiales à défendre ». Avec pour orateur : le cardinal Gustave Joos, auteur en janvier 2004, lors d’un entretien accordé à un journal populaire, de déclarations homophobes, antisémites et antidémocratiques. Plusieurs plaintes furent déposées contre ce protégé du pape Jean-Paul II LIEN joos.html
Auparavant, en décembre de l’année 2003, l’association fondamentaliste chrétienne avait organisé une conférence, toujours à Bruxelles, avec, notamment, Bruno Gollnisch, le numéro deux du Front national français.
Notice mise à jour le : 8 mai 2004

Bloc nationaliste francophone  (nom d’origine : Front national-Fédération Bruxelloise et ensuite Bloc wallon)
Année d’apparition : 2000. Origine : ex-tendance francophone du FN constituée notamment d’anciens du FDF et de l’UDRT. Ligne politique : fédéraliste belge et ultra-libéralisme poujadiste. Caractéristiques : obsession du danger représenté à Bruxelles par le Vlaams Blok et méfiance maladive à Daniel Féret et à Marguerite Bastien. Dirigeants : Emile Eloy (ex-député régional FN, ex-cadre du FDF) et Juan Lemmens (ex-député régional FN, ex-UDRT, ex-PSD, ex-FNB). Siège : Bruxelles. Nombre de militants : une dizaine. Lié au Front national-Fédération wallonne (dissidence du FN dans le Hainaut). Depuis mai 2000, ce bloc semble avoir disparu de la circulation. (RésistanceS-Info-Net, mai 2000)

Bloc Wallon (BW)
Dans le numéro de lancement de son journal de propagande, le BW se présentait officiellement comme "le nouveau parti wallon". Un parti qui sera présent aux municipales du 8 octobre 2000 dans, au moins, sept communes (Herstal, Flemalle, La Louvière, Liège, Manage, Mons et Mettet).

Mis sur pied en avril 2000, par des dissidents du "groupe des intellos" du Front national, l'idée de ce nouveau parti est née après la défaite des frontistes aux élections législatives et régionales de 1999. Avec le soutien du Vlaams Blok, le BW souhaite dynamiser la cause identitaire en Wallonie. Il est présidé par Georges Hupin, un ex-responsable de section du FN qui fut l’éminence grise de la branche belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), de 1972 à 1981. Auprès de lui, ont retrouve, un de ses compagnons de route de jadis, Willy Fréson. Ce dernier cofonda le "front wallon" AGIR (1989-1994) et passa ensuite quelques années au FN, comme "conseiller idéologique du président" (1996-2000).

Au BW, il y a aussi une partie de l'aile radicale d'AGIR qui avait entre temps fondé le mouvement REF. Depuis avril 2000, plus de 50 militants nationalistes se sont affiliés au BW. La plupart de ceux-ci proviennent du FN, du FNB, de REF et d'AGIR. Jean-Robert Debbaudt, le dirigeant de la Fondation européenne Léon Degrelle, apparaît aussi dans le sillage de ce "Vlaams Blok wallon". Comme plusieurs militants de base de Nation. Les principaux responsables du BW sont également actifs au sein des Amis de la Renaissance européenne. Cette association politico-culturelle païenne est liée aux Français de Terre et Peuple, la tendance la plus ultra du parti français d'extrême droite conduit par Bruno Mégret. L'une des figures de référence du Bloc wallon est Guillaume Faye. Cet ancien cadre du GRECE-France et ami de longue date de Georges Hupin, est l'auteur d'un récent livre raciste (une instruction judiciaire a été ouverte contre ce livre).

En août 2000, le BW se dotait d'un journal de propagande titré "Bloc-notes" (diffusé à plus de 2000 exemplaires). Il dispose également d'un site internet diffusant essentiellement des textes théoriques proches de la Nouvelle Droite d'antan. Ce bloc ambitionne encore de mettre sur pied, après les municipales du 8 octobre 2000, une "école de cadres" afin de former l'"élite nationaliste" de demain. (Infos à la date du 22/08/2000).

Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS)
Cette structure francophone blokkophile est dirigée par Pieter Kerstens, un chef d’entreprise installé à Uccle. Fondé en 1994, le BIS est à l’origine une dissidence du Front national conduite par d’anciens dirigeants du Parti des forces nouvelles (PFN). Dès le début, Pieter Kerstens le dirigera en compagnie de Robert Steuckers et de d’Hubert Defourny (cf. REF). C’est l’ex-groupe néonazi l’Assaut (aujourd’hui transformé en groupe Devenir) de Hervé Van Laethem qui s’occupait de la sécurité des meetings du BIS.

En 1989, le PFN — où Kerstens se trouvait à la tête — avait déjà appelé les Bruxellois à voter Vlaams Blok. Le vernis négationniste, rexiste et néonazi de ce parti groupusculaire francophone ne posait aucun problème aux bonnes consciences du Blok. En 1997, après un tour au Front nouveau de Belgique, Pieter Kerstens tout naturellement alla avec son BIS soutenir inconditionnellement le commissaire de Schaerbeek Johan Demol. Le premier meeting de ce dernier fut organisé par le BIS dans une taverne bien connue du milieu (néo)nazi. Au cours d’un autre, au même endroit, en janvier 1999, Pieter Kerstens se fit remarquer lorsqu’il participa avec un commando blokker à l’attaque préméditée et ultraviolente contre la manifestation antifasciste qui se tenait sur le trottoir d’en face.

Cet habitué des grands-messes néofascistes à l’étranger (en présence des antisémites de l’ex-Oeuvre française, à la fête frontiste des Bleus-Blancs-Rouges, par exemple) est depuis plusieurs mois considéré comme persona non grata par Johan Demol. Un candidat blokker obsédé par son profil de « justicier ». Il est vrai que des personnages comme Kerstens ne font rien pour améliorer l’image soft que la direction opportuniste du Blok (« petite-bourgeoise », affirment certains) veut se donner à l’heure actuelle… Pour mieux vendre son programme pourtant toujours nauséabond.

Les tensions internes dues à la présence nuisible du BIS au sein de la mouvance du Blok n’a jamais empêché les principaux hauts dignitaires de ce parti d’accorder au « Ket » (son trimestriel distribué, depuis, 1996 gratuitement à plus de 25.000 exemplaires à Bruxelles) des interviews. Ce fut le cas de Karel Dillen, Franck Van Hecke (deux fois de suite, la première fois en 1996, la dernière fois en mars 1999), Filip Dewinter, Roeland Raes, Gerolf Annemans, Philip Claeys (président national des VBJ)… Le soutien politique du gratin du Blok n’empêchera pas par contre le BIS de publier, dans le numéro de mars 1999 du « Ket », une publicité pour « Polémique », un journal belgicain à l’opposé des thèses antibelges développées par le VB. A l’extrême droite, les contradictions (et les trahissons) sont nombreuses comme on le sait… (RésistanceS, n° 6, printemps 1999, p. 24)

Cassandre (amicale) : voir à Euroclio

Centre de formation nationaliste Jacques Borsu, Comité/Collectif pour l’expulsion des faux réfugiés et Comité de soutien Le Pen-Liberté
Les fachos francophones ne manquent pas d’initiatives pour le moment. Tour à tour, en octobre 1998, on apprenait la création du Collectif pour l’expulsion des faux réfugiés (lancé par Alain Escada, Hervé Van Laethem et Hubert Defourny avec le soutien des néonazis flamands de l’Odal-aktiekomitee), le comité Le Pen Liberté (par Hubert Defourny, le Fondateur de REF) afin de soutenir le chef frontiste, suite à la levée de son immunité parlementaire en rapport avec ses propos révisionnistes, et le Centre de formation nationaliste Jacques Borsu. L’ensemble de ces initiatives semblent émerger d’un même petit noyau dont le but serait de réorganiser la droite national(ist)e (pour ensuite la contrôler). Ce noyau est constitué de déçus, d’exclus et de dissidents des fronts nationaux. Concernant le centre de formation, le site internet de la revue néonazie Devenir (de Hervé Van Laethem) mentionnait que celui-ci aura pour but d’aider les élus et les militants nationalistes à se former à tous les aspects de la vie militante et politique. Cette initiative se placera au-dessus des divergences entre mouvements et espère rassembler des gens de bonne volonté de tous les horizons nationalistes. En 1996, le conseiller communal Patrick Sessler (dissident du FN, aujourd’hui au Vlaams Blok) avait déjà tenté de lancer un tel centre. Par manque d’élèves dignes de ce nom, l’initiative avorta. (RésistanceS, n° 5, hiver 1998-1999)

Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen
(CBSJMLP, Charleroi-Bruxelles (2007)
En vue de participer en Belgique à la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen (président-fondateur du Front national français) pour la présidentielle de 2007, un Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (initiales : CBSJMLP) va, au mois de mars de la même année, être fondé. Son siège s'installe à Gilly, dans la région de Charleroi. Ses membres-fondateurs sont des opposants internes de Daniel Féret, le président-fondateur du Front national dans notre pays. Ces lepénistes belges ont l'objectif de fonder un « nouveau FN », sans Daniel Féret mais avec le soutien de Jean-Marie Le Pen. La création du CBSJMLP fait donc partie de leur stratégie.

Le président-fondateur du Front national français a toujours été un modèle pour l'extrême droite belge comme en témoignent les couvertures de Volonté européenne (de 1988) et Polémique (de 1999). Le responsable du premier journal, Roland Pirard, sera lié au CBSJMLP, celui du second, Alain Escada, sera pour sa part absent de ce comité de soutien à Le Pen (document : RésistanceS).

Parmi les initiateurs de ce « comité belge », se trouvent : Patrick Sessler (son principal « artisan », ancien du Parti des forces nouvelles, du Vlaams Blok et ex-secrétaire-général du FN), Charles Pire (transfuge du Parti social-chrétien et député régional du FN depuis les élections de 2004), Jean-Pierre Borbouse (député régional et conseiller communal frontiste à Charleroi, ancien du Parti communautaire national-européen), Emmanuel Licari di Castel Mola (ex-responsable du FN Jeunes, il a rejoint depuis l’Union pour un mouvement populaire, l'UMP-Belgique) et Ghislain Dubois (un avocat liégeois, président-fondateur de l’asbl Belgique & Chrétienté). Désormais principal contact belge de la direction du FN français, c'est ce dernier qui présidera le CBSJMLP.

Après la mise en ligne d'un site Internet et la réalisation d'un tract quadrichromie, le CBSJMLP annonce très vite l'organisation d'un meeting de Jean-Marie Le Pen à Charleroi. Il n'aura jamais lieu. Pour finir la seule réelle initiative de ce « comité belge » sera l'organisation d'une rencontre avec Bruno Gollnisch, le numéro deux du FN français. Au cours de celle-ci, qui se déroula au Parlement européen de Bruxelles, le 17 avril 2007, on remarquera la présence, outre celle bien entendu de la plupart des membres du CBSJMLP, de plusieurs dirigeants du Vlaams Belang, de François-Xavier Robert (secrétaire-général du Front nouveau de Belgique, FNB), de Marc Levaux (ancien du parti wallon d'extrême droite Agir, du FN, du FNB et ex-proche d'Hubert Defourny, leader du mouvement Ref), de Georges-Pierre Tonnelier (ancien collaborateur de plusieurs dirigeants d'extrême droite : Daniel Féret, Marguerite Bastien, Michel Delacroix, Francis Detraux...), ainsi que d'Anne-Marie Stroobants et Roland Pirard (conseillère communale et militants du Vlaams Belang, ex-responsables de la revue nationaliste ITALIQUE Volonté européenne et désormais soutenus par le mouvement Nation, fondé par Hervé Van Laethem).
Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril suivant, et le « Waterloo électoral » subi par le candidat Jean-Marie Le Pen (n'obtenant que 10 % des voix), le CBSJMLP s'autodissoudra.
(M.AZ – notice à la date du 30/05/2007)
Pour plus d'informations sur le CBSJMLP, lire notre article : Création en Belgique d’un comité pro-Le Pen

Comité Nationalistes contre l’OTAN
Créé avec le BIS (Bruxelles Identité Sécurité, la structure des militants auxiliaires francophones du Blok), il a été mis sur patte par Hervé Van Laethem, Hubert Defourny et Kris Roman, en mars 1999. Ces trois anciens compagnons de route de Marguerite Bastien (la présidente-fondatrice du FNB) sont respectivement l’ex-dirigeant du groupe néonazi l’Assaut (aujourd’hui agissant sous le nom de groupe Devenir), le « Fondateur »-président du micro-parti néorexiste REF et le leader de la Nationale liga. Ce dernier fut auparavant tour à tour membre du VB, du FN et participa aux actions musclées de l’Assaut. (RésistanceS, n° 6, printemps 1999)

Dernier carré (nouveau nom des Bourguignons)
En avril 1998, les derniers survivants de la Légion SS « Wallonie » se sont réunis devant le lieu-dit « le tombeau du Géant » (près de Dinant) où les cendres de Léon Degrelle furent dispersées clandestinement en 1994. Cette hommage nostalgique a été suivi d’un repas de camaraderie digne des « années noires ». Il ne fut pas le dernier rendez-vous de ces bourguignons (nom donné aux volontaires rexistes partis combattre le Bolchévisme sur le front de l’Est au sein de la Waffen-SS). Effectivement, d’autres rendez-vous revanchards eurent lieu les 17 et 20 mai. Toutes ces activités sont (co-)organisées par une association localisée à Bruxelles se dénommant le Dernier carré. Elle entretient des relations confraternelles avec les ex-SS flamands. (RésistanceS, n° 4, automne 1998)

Devenir
La revue Devenir est issue de l’une des deux tendances idéologiques du groupe néonazi francophone l’Assaut (1988-1997). Elle fut fondée par Hervé Van Laethem, un ancien sous-officier de l’armée belge qui cofonda l’Assaut. Ce fidèle serviteur de longue date de la renaissance national-socialiste débuta sa carrière politique, vers 1983, au Parti européen (un groupuscule lié à des ex-SS belges, dont Léon Degrelle), dirigea le VMO-Bruxelles (regroupant les nervis francophones du Vlaamse militanten orde de Bert Eriksson) et se chargea du chapitre belgo-flamand du Mouvement européen (un réseau nazi animé par le « couple » franco-allemand Caignet-Kühnen).

vmo.jpg (39693 bytes) La revue Devenir est issue du groupe néonazi l'Assaut, l'ancienne section francophone du Vlaamse militanten orde (VMO), ici représenté par deux militants paramilitaires...

 

En septembre 1995, après une collaboration étroite avec les élements les plus subversifs du Vlaams Blok et des pourparlers avortés avec le Front national (entamés 1991), le groupe l’Assaut décida de rejoindre le Front nouveau de Belgique de Marguerite Bastien (FNB). L’Assaut y contrôlera très vite son service de sécurité et de renseignements ainsi que le FNJ, la section jeune du nouveau parti d’extrême droite.

En juin 1996, Hervé Van Laethem lançait dans « le Bastion », le mensuel du FNB, un «  Appel à tous ceux qui furent, un jour des militants nationalistes ». Cet appel se terminait par ceci : « …Alors, mes camarades, je vous invite à oublier les mauvais souvenirs et les éventuelles dissensions et à venir nous aider à prendre la chance unique et dernière que nous avons avec Marguerite Bastien de construire le grand parti dont le mouvement national a tant besoin ». Quelques mois plus tard, le même Van Laethem précisera : « Aujourd’hui il n’existe pas de solution spécifique ou superficielle. Il faut changer de système. Et ce changement ne pourra se faire qu’avec un parti national et populaire. C’est ce parti que nous essayons de construire aujourd’hui avec le Front nouveau de Belgique ».

Mais malgré l’enthousiasme exprimé par Van Laethem, la lune de miel avec Bastien prit rapidement fin. Plusieurs activistes de l’Assaut, menés par un certain Walter Dierickx (le fils d’un magistrat bruxellois), quittèrent les rangs néofrontistes au printemps 1997. Les autres suivront, en juillet de la même année, après la condamnation pour racisme d’Hervé Van Laethem. C’est alors que ce dernier créa le groupe Devenir, ainsi qu’un bimestriel du même nom.

Dans le numéro de janvier-février 1999 de « Devenir », Van Laethem affirmait que son groupe avait déjà réussi à « réactiver de nombreux militants isolés et découragés par Bastien, Féret et les dirigeants du Vlaams Blok ». Pour accueillir ces déçus, il fonda plusieurs structures militantes polyvalentes : le Comité pour l’expulsion des faux réfugiés, le Comité d’action anti-sioniste, le Centre de formation nationaliste Jacques Borsu (du nom du dirigeant du Parti européen mort en 1989)... En mars 1999, Devenir participa à la création du comité des Nationalistes contre l’OTAN, avec divers autres groupuscules : REF (néorexiste liégeois), la Ligue nationale (conduite par un personnage ayant entamé un remake de Mein Kampf !) et le BIS (la feue structure francophone du Blok). L’objectif de ce comité était de soutenir politiquement le dictateur Milosevic lors des frappes aériennes de l’Alliance atlantique contre la Serbie.

Comme jadis son ancêtre, en dehors des frontières, Devenir est en contact avec toute une série d’organisations néonazies : Le Front d’action des nationaux-socialistes hollandais (ANS), le NSDAP-AO (le parti nazi hitlérien reconstitué aux USA), les restes du Parti nationaliste français et européen (PNFE, responsable d’attentats dans les années 80), l’Unité radicale (rassemblant les partisans purs et durs du national-libéral Bruno Mégret) et bien d’autres nostalgiques du IIIe. Reich. (RésistanceS, n° 7, été 1999, p. 25)

Euroclio (anciennement amicale Cassandre)
L’amicale d’histoire Cassandre a abandonné son nom d’origine. Elle s’est transformée en « Institut européen de symbolique et d’histoire Euroclio ». Cette amicale regroupe notamment des ex-collaborateurs du mensuel d’extrême droite « Nouvel Europe magazine ». On y retrouve aussi parmi ses affiliés des militants, des proches et des anciens du Front national, comme un ex-responsable du GDS, le service de sécurité et de renseignements frontiste. Il faut également mentionner que Cassandre était le nom d’un journal d’ultra-droite édité en Belgique entre 1936 et 1944. En pleine occupation, il s’était mis au service de l’Ordre Nouveau et de son führer francophone Léon Degrelle. Pour l’heure, ce cercle organise des conférences pluridisciplinaires. Comme le 8 janvier 1998. Thème : « Alternative et marxisme ». Conférencier : Michel Godart… alors encore président de la fédération bruxelloise du Parti communiste belge ! (RésistanceS, n° 2, hiver 1997-1998, p. 6)

Européens unis pour le renouveau (EUR)
Malgré ce qu'il affirme sur son site internet, ce nouveau parti, apparu à Anderlecht (Bruxelles) au printemps dernier, est considéré par la FGTB comme très proche des « valeurs » véhiculées par l’extrême droite. Le quartier-général d'EUR s'était alors installé au rez-de-chaussée d'un immeuble loué par le syndicat socialiste. EUR s’adresse essentiellement à l’électorat européen en général, italien, espagnol et portugais en particulier. Son sigle est le même que celui de l’Alliance nationale italienne (issue de l’ex-parti fasciste MSI). En 1997, son président fut candidat aux élections consulaires des Italiens de Belgique sur la liste du CTIM. Dans les rangs de cette organisation internationale néofasciste des Italiens vivant à l'étranger, on trouvait le directeur du "Cri du Citoyen", un journal raciste belge publiant, notamment, des articles de Gaston-Armand Amaudruz, le "führer" des néonazis suisses.
Infos à la date du 22/08/2000

Fondation européenne Léon Degrelle (FELD)
Localisée à Bruxelles et à Braine-Le-Château, cette fondation, totalement opposée à l'Association pour la mémoire de Léon Degrelle (AMLD), a aussi pour but d'honorer la mémoire de l'ancien général SS wallon. A sa création, en 1994, la FELD ambitionnait de mettre sur pied une bibliothèque et une vidéothèque pour rassembler les milliers de documents qu'elle espérait recevoir des derniers partisans de Degrelle. La FELD édite aussi "Recueil", un organe semestriel consacré "bien évidemment à l'étude de celui que l'on peut considérer comme le principal homme politique de notre pays au XXe. Siècle" (sic).

Elle est animée par un groupe d'"amis et camarades jeunes et moins jeunes", rassemblés autour de Jean-Robert Debbaudt, un ex-volontaire de la SS wallonne qui, après la Guerre 40-45, dirigea l'une des multiples fractions concurrentes se revendiquant de Léon Degrelle et de son mouvement Rex. Debbaudt forma encore idéologiquement la plupart des cadres de la Nouvelle Droite qui militaient alors au sein de la section belge du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Membre depuis plusieurs années du Vlaams Blok (comme l'avait révélé le journal "RésistanceS"), Debbaudt est proche du Bloc wallon.

L'autre pilier de la FELD est Marc Vanbesien. En 1989, ce dernier tenait, avec l'actuel bras-droit de Johan Demol (président bruxellois du Vlaams Blok), un stand exposant, à la Foire du livre internationale de Bruxelles, des livres négationnistes et de Léon Degrelle. A cette époque, Vanbesien militait au Parti des forces nouvelles (PFN, néonazi). Ensuite, avec Daniel Leskens, un responsable bruxellois du Front national et dirigeant de l'Association des Amis de Drieu-la-Rochelle, et le leader de l'Association pour l'indivisible liberté d'expression (AILE, une structure négationniste soutenue par Léon Degrelle), Vanbesien participera en Allemagne, à une rencontre internationale d'ex-SS européens. (Infos à la date du 22/08/2000).

Fraternité Saint-Pie X (Belgique)
Elle apparaît en 1971 en Belgique après avoir été fondée en France par Monseigneur Lefèbvre. Cette phalange intégriste nationale-catholique nostalgique de l’Etat français de Pétain a ouvert des points de chute à Bruxelles, Namur, Anvers et Gand. Ces « croisés » militent à l’extrême droite (aux FN en France et en Belgique). (RésistanceS, n° 0, printemps 1997, p. 34)

Front de la Nation Belge-Parti (FNB-P)
Année d’apparition : 1997. Origine : dissidence du FN conduite par le fondateur de la section frontiste de Charleroi. Ligne politique : unité nationale, défense de la monarchie, poujadisme et xénophobie. Caractéristiques : repli autour de son fondateur, marginalité et absence totale de ligne politique cohérente. Président : Jacques Hubert (ex-UDRT, ex-Front nationaliste, ex-patron du FN carolo). Siège : Charleroi. Implantation géographique : aucune. Nombre de militants : une dizaine. Publication : « le Front ». (RésistanceS, n°6, printemps 1999)

Depuis le décès de Jacques Hubert, le 24 juin 2000, le FNB-P n'existe plus. Juste avant, son dirigeant avait rejoint le mouvement Nation.

Front national-Front voor de Natie (FN)
Année d’apparition : 1985 (à Bruxelles). A l’origine fondé comme le parti-frère du FN français. Ces premiers frontistes belges regrouperont l’ensemble des fractions de l’extrême droite francophone, mais, seront très rapidement secoués par de multiples crises internes et amputés par d’hétéroclites dissidences (près de 20 en 14 ans d’existence). Depuis 1989, Jean-Marie Le Pen ne soutient plus ce clone belge. Sa ligne politique est unitariste, monarchiste, inégalitaire, antisociale, ultralibérale (défense du capitalisme populaire) et racisme de type germanique (droit du sang). Le FN belge est caractérisé par une absence de structures, de formation, de dynamisme et entièrement verrouillé d’une main de fer par son président-fondateur, Daniel Féret (en poste depuis 1985 !). Ses principaux dirigeants sont : Alain Sadaune (ex-PS, député régional et responsable de la section FN de Charleroi), Henri Laquay (ex-Parti libéral chrétien, intégriste, conseiller communal à Koekelberg et responsable de la section bruxelloise), Georges Hupin (ancien leader du GRECE-Belgique, responsable de la section de Mons-La Louvière), Jacqueline Merveille (conseillère communale, responsable de la section de Namur), Willy Fréson (ex-PFN, ex-Agir, conseiller communal et responsable de la section liégeoise), Emanuele Licari di Castel Mola (ex-FDF, ex-FNB, ex-BIS, patron bruxellois du Front national des Jeunes), Dimitri Seve (rédacteur en chef du National, lieutenant fidèle et opportuniste de Daniel Féret)…

Le FN est implanté à Bruxelles, Ath, Charleroi, Liège, Mons, Namur et Tournai. Ses précédents scores électoraux sont : 7,6 % à Bruxelles et 5,5 % en Wallonie aux législatives de 1995. Nombre de militants : une quarantaine. Publications : « le National » (mensuel du parti), « la Flamme » (bulletin de la section de Charleroi) et « la Lettre du Président » (bulletin interne).

Nébuleuse :
Pro Vita (réseau antisémite de propagande anti-IVG), Thule-Sodalitas (un groupe de combat néopaïen animé par un conseiller communal du Blok), des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X (secte intégriste de feu Monseigneur Lefevbre), les Amis de Drieu la Rochelle (ADLR), « Polémique » (journal national-catholique traditionaliste), les Groupes de jeunes polémistes nationalistes (cercles militants des lecteurs de « Polémique »), Belgique & Chrétieneté (association « contre le racisme anti-Belge et anti-chrétien », liée à « Polémique »), « Altaïr » (opuscule intégriste publiant des textes néonazis), « le Cri du Citoyené » (mensuel poujadiste, nationaliste et proche de revues françaises antisémites) et  des affiliés italiens du Comité tricolore des Italiens dans le Monde (CTIM, une organisation d’extrême droite implantée internationalement dans la diaspora italienne).(RésistanceS, n° 6, printemps 1999)

Front national Saint-Gillois Année d’apparition : mars 1999. Origine : scission communal du Front national de Daniel Féret conduite par Salvatore Nicotra, alors directeur national du FN des jeunes (FNJ) et responsable de la campagne électorale 1999 de ce parti. Ligne politique : identique à la plupart des autres FN. Caractéristiques : revendique son entière indépendance et autonomie envers le FN d’origine. Depuis sa création, il promet de faire des révélations sur les coulisses du micro-parti de Daniel Féret. Se décrit comme un mouvement d’intérêt communal. Son président souhaite suivre les traces (politiques !) de Michel Demaret, l’ex-bourgmestre PSC de Bruxelles-ville et meneur actuel d’une liste de droite populiste aux prochaines régionales. En vue des élections communales de 2000, Nicotra veut importer à Saint-Gilles les tactiques politiciennes de Demaret. Ce nouveau FN regroupe des militants issus de l’immigration italienne et espagnole. Principaux dirigeants : Salvatore Nicotra (président, conseiller communal) et Pedro Pontigo (secrétaire général). Siège : Saint-Gilles. Implantation géographique : uniquement dans cette commune bruxelloise, mais des sympathisants dans d’autres communes. Nombre de militants : une trentaine.

Nébuleuse :
des militants italiens du CTIM, l’Association de défense des personnes handicapées, une asbl fondée et présidée par Salvatore Nicotra.

Souhaitant attirer l’électorat protestataire italien, la plupart des autres groupuscules d’extrême droite (FNB, FN-FB, REF…) ont proposé à Salvatore Nicotra de se présenter sur leur liste. Certains ont même été jusqu’à lui proposer de conduire leur liste à Liège pour la Chambre. (RésistanceS, n° 6, printemps 1999)

Front nouveau de Belgique Front nieuw België (FNB)
Année d’apparition : 1996. Origine : la plus importante et préjudiciable dissidence du FN. Ligne politique : nationale-catholique, monarchiste, inégalitaire, antisociale, ultra-libérale (de type thatchérien), défense de l’unité nationale et racisme de type germanique (droit du sang). Caractéristiques : haine obsessionnelle de Daniel Féret, culte de la personnalité sans bornes à sa présidente-fondatrice, hyper-autoritarisme, asile (politique !) des déçus du féretisme, des plus opportunistes de la droite nationale et de certains de ceux qui furent mis sur une voie de garage par le PSC et le PRL. Présidente : Marguerite Bastien (ancienne de l’extrême gauche universitaire, du PS et du PRL où elle collabora avec feu Jean Gol). Siège : Bruxelles. Implantations géographiques : Bruxelles, Mons, Namur, Verviers et quelques poches dans le Brabant wallon et dans les Ardennes. Nombre de militants : une trentaine. Publication : « le Bastion » (mensuel officiel du FNB).

Nébuleuse :
cercle Europa (section belge de Synergies européennes, une dissidence raciste et d’ultradroite du GRECE, conduite par Robert Steuckers, ex-idéologue d’Agir et collabo du Vlaams Blok), Thule-Sodalitas, Ordre fraternel européen des druides et chevaliers du Tribann (une secte néopaïenne néonazie belgo-française), Association culturelle francophone de Hoeillart et des affiliés de Pro Vita et des nationalistes italiens du CTIM de la région de Charleroi.(RésistanceS, n° 6, printemps 1999)

Groupes de jeunes polémistes nationalistes (GJPN)
Selon leur document de présentation, les GJPN "constituent un cercle de jeunes lecteurs actifs" (de 16 à 35 ans) du journal "Polémique-Info". A leur création, ce journal populiste, antisémite et raciste annonçait fièrement qu'ils allaient organiser des "activités diverses, tant ludiques que culturelles ou militantes". Pour leur part, les GJPN promettaient au petit lectorat de "Polémique-Info" de le tenir informé "régulièrement de ce qui se déroule, au niveau politique, dans les campus universitaires et hautes écoles". Les GJPN sont, en réalité, une véritable coquille vide.
Infos à la date du 22/08/2000

Institut européen de symbolique et d’histoire Euroclio : voir à Euroclio

Jeune alliance nationale (JAN)
Organisation de jeunes membres du Font nouveau de Belgique (FNB), la JAN est apparue en avril 2004. Son fondateur est Arnaud Franchini, un ancien des jeunes du Front national (FN) de Daniel Féret. Après un conflit interne, Franchini fut écarté par le baron Emmanuel Licari di Castel, le « chef » des « jeunesses frontistes » et protégé de Daniel Féret. Franchini quittera alors le FN pour le FNB. Il fondera ensuite la JAN avec d’autres transfuges du FN.

Basée à Mons, la JAN est aussi active à Charleroi. Arnaud Franchini tente maintenant de développer sa Jeune alliance nationale contre l’ensemble des structures d’extrême droite encore présentes sur le terrain. Il vise notamment à recruter les derniers militants du groupuscule Nation-L’Assaut.

La JAN regrouperait déjà une petite dizaine d’activistes (dont près de 50 % sont des jeunes filles), ensentiellement à Mons et à Charleroi. Fin avril 2004, elle préparait une campagne d’affichage en vue des élections régionales du 13 juin 2004. Arnaud Franchini venait alors d’annoncer qu’il serait l’un des candidats du FNB.
Voir aussi : Front nouveau de Belgique
Fiche mise en ligne le 3 mai 2004

Jeune Nation
Section jeunes du mouvement Nation. Sa première soirée s'est tenue à Charleroi, le 20 mai 2000, en présence de plusieurs skinheads et supporters nationalistes de football. Dont des membres des Wallon's boys.
Infos à la date du 22/08/2000

La Ligue
Cette « ligue », qui se fait aussi parfois appeler « Ligue nationale », a été fondée à Charleroi, à la fin de l’année 2003. Elle est l’une des énièmes dissidences du Front national de Daniel Féret. Le responsable de cette ligue se nomme Olivier Delcourt, le dernier responsable local du parti de Féret dans la « région carolo ». Soutenue par Stéphanie Meunier et Patricia Elaerts, cette nouvelle structure d’extrême droite reprend comme emblème la « flamme tricolore » (dont les droits appartiennent au patron du FN), se revendique de la « droite sociale, nationale et populaire » (comme le FN) et de « Jean-Marie Lepen » (sic).

Au début de l’année 2004, La Ligue a distribué massivement à Charleroi un tract toute-boîte photocopié, de très mauvaise qualité et avec un contenu incohérent.

Vu la qualité de son seul tract et l’absence de réelle présence sur le terrain, cette ligue est plus folklorique que dangereuse. Elle finira rapidement, comme la majorité des « clones du FN », par disparaître de la circulation.
Fiche mise en ligne le 3 mai 2004

Mouvement d'action civique
(Mac, premier du nom, Bruxelles, 1960-1962)

La croix celtique et Jean Thiriart, emblème et l'un des principaux dirigeants du Mouvement d'action civique (premier du nom).

Le Mac est l'une des organisations de référence de l'Histoire de l'extrême droite belge.
En septembre 1960, directement issu du Comité d'action et de défense des Belges d'Afrique (CADBA), le Mouvement d'action civique va voir le jour. Il adopte pour emblème la croix celtique et se singularise par un anticolonialisme extrémiste. Dans cette optique, il apporte un appui logistique à l'Organisation armée secrète (OAS). L'OAS est un réseau clandestin d'extrême droite, constitué de militaires et de civiles, spécialisé dans les actions terroristes afin d'empêcher l'indépendance de l'Algérie française. La Belgique deviendra l'une des bases arrières de l'OAS. Le Mac belge est lui aussi réputé pour ses nombreuses et violentes actions commandos contre ses adversaires. Pour les élections législatives de 1961, il va tenter, sans succès, de réunir les diverses formations d'extrême droite et d'ultradroite de l'époque (Parti national, Parti indépendant, Parti social-indépendant, Rassemblement national...) au sein d'un cartel électoral.

Après des conflits internes, déjà symptomatiques de l'extrême droite francophone de jadis, le Mac disparaît en septembre 1962. Il donne directement naissance à Jeune Europe, une nouvelle organisation qui marquera les années 1960 et sera singularisée par son charismatique dirigeant, Jean Thiriart, ancien des Amis du Grand Reich allemand (Agra, un cercle collaborationniste durant l'occupation nazie), du CADBA, du Mac et futur théoricien du « communautarisme », un nationalisme européen préconisant une alliance avec le Tiers-monde contre les Etats-Unis et le « Sionisme international ». L'ancien « économiste » du Mac, Henri Moreau, rejoindra pour sa part bien plus tard le Front national de Daniel Féret, après sa création en 1985. Le souvenir du Mac sera réactualisé en mai 2007, quand Jean-Pierre Borbouse, député régional du FN, va mettre sur pied un mouvement d'action politique qui prendra le même nom.
(
M.AZ – notice à la date du 30/05/2007).


Mouvement d'action civique
(Mac, deuxième du nom, Charleroi, ° 2007)

En mai 2007, il est annoncé à Charleroi la création d'une nouvelle structure politique : le Mouvement d'action civique (en abrégés : Mac). Ce nom fut déjà utilisé au début des années 1960 par une organisation considérée comme une des références historiques de l'extrême droite belge (voir la notice précédente de notre Dictionnaire). L'initiateur du Mac (deuxième du nom) est Jean-Pierre Borbouse, conseiller communale, député régional et responsable de la section de Charleroi du Front national. Le fondateur de ce Mac fait par ailleurs partie des opposants internes à Daniel Féret, le président-fondateur du FN. Jean-Pierre Borbouse est fort proche de Patrick Sessler (ex-secrétaire général du FN) et de Charles Pire (député régional liégeois frontiste). Ensemble, ils tentent d'exclure Daniel Féret du parti d'extrême droite et de fonder un « nouveau FN ». En avril 2007, avec d'autres adeptes belges du lepénisme (dont le président-fondateur de Belgique & Chrétienté, l'avocat Ghislain Dubois), ils avaient participé à la création du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen (CBSJMLP). La création du Mac fait suite à la disparition de ce CBSJMLP.

 

Affiche pour les élections communales d'octobre 2006 du fondateur du Mac... (document : RésistanceS).

Le but du Mouvement d'action civique de Jean-Pierre Borbouse est de « créer une dynamique militante et un réseau de citoyens résolus à concevoir et à promouvoir une alternative viable pour Charleroi. Car c’est bien à Charleroi que nous allons poser les premiers jalons de notre action. Nous voulons faire de Charleroi un laboratoire politique pour une droite socialement engagée et résolument identitaire. Demain, si nous travaillons bien, et si notre action touche le cœur de nos concitoyens, notre exemple fera tache d’huile et, qui sait, serons-nous présents dans l’ensemble de la francophonie ».

A l'occasion de la fondation du Mac, Borbouse a notamment déclaré : « Ce n’est pas parce que mon parti est malade que nous allons rester les bras ballants à nous morfondre. Je n’en ai d’ailleurs pas le droit vis-à-vis des électeurs du Front national qui m’ont élu au Parlement wallon pour les représenter. J’ai donc décidé de créer (ce) mouvement qui n’est ni un concurrent, ni bien sûr un adversaire du FN, bien au contraire, mais qui sera un moyen complémentaire, aujourd’hui même indispensable, au développement de notre action politique au Pays de Charleroi. »

Le Mac n'a donc, pour l'instant, que l'ambition d’être un nouvelle structure au sein de la « mouvance identitaire » du FN. Mais si ce parti reste ankylosé par ses maux actuels, alors « il appartiendra aux animateurs du Mac de prendre leurs responsabilités dans l’optique de l’échéance électorale régionale de 2009 », ambitionne Jean-Pierre Borbouse.

L'annonce de la création de ce Mouvement d'action civique n'est qu'un élément de plus dans la déconfiture généralisée de la « droite nationale » incarnée par le FN de Daniel Féret. Après la fondation de nombreuses structures dissidentes et concurrentes, le Mac rejoindra bien vite la longue liste des déçus du frontisme, souvent eux-mêmes caractérisés par leur incapacité politique et leur folklore désuet.
(A.V – notice à la date du 30/05/2007).

Nation
Ce mouvement a été fondé à Bruxelles, le 11 septembre 1999, lors des "Etats généraux du nationalisme". Le premier objectif de ceux-ci était de tirer les conclusions de la récente défaite électorale des listes de la "droite nationaliste" francophone. Le second objectif visait à unir les "vrais nationalistes" (sic). Mais, durant ces "états généraux", deux lignes stratégiques s'opposèrent. D'un côté, le clan d'Hubert Defourny (ex-vice-président d'AGIR et "Fondateur" de REF), de l'autre celui d'Hervé Van Laethem (alors responsable de la revue "Devenir", ex-chef du groupe néonazi l'Assaut et leaders des Jeunesses du Front nouveau de Belgique jusqu'en 1997). Le premier clan proposa que l'union se fasse autour de son sigle. Le clan de Van Laethem était pour sa part favorable à la création d'une nouvelle formation politique : le mouvement pour la Nation.

odal2.jpg (43433 bytes)"Le barbu", Hervé Van Laethem (avec le mégaphone), lors d'une manifestation néonazie internationale avec le feu Odal aktiekomitee à Bruges, en 1997.

Alliés depuis plusieurs années, les deux chefs nationalistes finiront par se séparer. Quelques mois plus tard, le mouvement REF avouera pour finir qu'il n'"appréciait guère l'imagerie de type socialo-maçonnique qui envahit les publications de l'équipe DEVENIR-NATION" (in "Refractaire", édition spéciale, décembre 1999).

Le divorce avec Defourny n'empêchera pas Hervé Van Laethem de mettre sur pied sa formation avec le soutien de Michel Demoulin (un ancien attaché parlementaire de Marguerite Bastien, la présidente du FNB) et Robert Ervin (un acharné croisé de la "race des Européens blancs" proche du groupuscule sectaire Thule Sodalitas). Plusieurs déçus du FN et du FNB les rejoignèrent. Ce fut le cas de Jacques Hubert (décédé le 24 juin 2000), un ex-député wallon frontiste et président-fondateur du feu Front de la Nation belge.

Le premier meeting de Nation regroupa à Bruxelles, le 18 décembre 1999, plus de 80 personnes. Son thème était "Un nationalisme pour l'an 2000" et son invité Roland Gaucher, l'un des fondateurs du Front national français et depuis lors en brouille idéologique avec son président, Jean-Marie Le Pen.

Au début, Nation pris très vite de l'ampleur. Il se vantera ainsi d'être "le premier mouvement de Belgique francophone sur le plan militant". Rapidement, la tenue de formations afin d'"armer politiquement" les futurs cadres du "Mouvement nationaliste" (dont Nation serait bien entendu le fer de lance !), furent organisées. Essentiellement implanté dans la capitale, au printemps 2000, Nation bénéficiait d'autres contacts locaux en Wallonie (Charleroi, Herstal, La Louvière, Mons, Mouscron, Spa et Verviers). Pour se donner de l'importance, plusieurs structures thématiques furent mises sur pied : comité des Nationalistes contre l’OTAN, comité pour l'expulsion des faux réfugiés, Résistance verte, Révolte sociale… Une section regroupant les jeunes existe, c'est Jeune Nation. Plusieurs bulletins locaux sont réalisés par ses sections locales ou ses "associations amies", comme par exemple, "Le Parvis" (à Saint-Gilles) ou "Racines et Nation" (à Ixelles).

Contrairement aux autres mouvements d'extrême droite, Nation n'a pas ouvert de site internet, mais édite régulièrement son propre mensuel "Nation-Info". Quant à la revue "Devenir" (fondée et animée par Hervé Van Laethem jusqu'en septembre 1999), elle reste proche de Nation. Un mouvement qui se caractérise par sa haine des "faux nationalistes". Sont visés : les dirigeants du Bloc wallon, des divers FN et ceux du Vlaams Blok.

En Flandre, Nation est lié à la mouvance néonazie qui recrute essentiellement ses troupes de choc au sein des bandes de skinheads et d'hooligans. Parmi les organisations de cette mouvance, citons : l'Odal aktiekomitee (officiellement autodissout depuis avril 2000) et la Vlaamse Jongeren Mechelen (VJM). Ensemble, ils font partie d'un réseau national-socialiste, dont les tentacules sont internationales.

A l'étranger, plus précisément, les contacts de Nation sont le GUD (un mouvement étudiant français néofasciste connu pour ses ratonnades), l'Unité radicale (la fraction regroupant les purs et durs du Mouvement national républicain de Bruno Mégret), l'Alternative nationale (une autre dissidence du FN lepéniste) ainsi qu'une mouvance néonazie allemande en semi-clandestinitée. En février 2000, Nation organisa une série d'initiatives en vue de soutenir l'arrivée de l'extrême droite autrichienne au pouvoir.

A plusieurs reprises, Nation a apporté son soutien politique aux "supporters belges (de football) de tendance nationaliste et provenant de plusieurs Sides de supporters". Dans son bulletin de liaison, en juillet 2000, Nation affirmait - entre les lignes - que parmi les hooligans anglais qui s'étaient livrés à une véritable "bataille" contre des jeunes issus de l'immigration, au cours de l'Euro 2000, des "militants nationalistes-révolutionnaires" se trouvaient, "partout où ça chauffait : aux côtés des Anglais comme, et surtout, aux côtés du "White Side" belge" (Nation-Info, n° 9, juillet-août 2000, p. 5). Il faut savoir que depuis plusieurs années, les organisations à la base de Nation infiltrent les clubs de supporters regroupant des activistes nationalistes, comme les Wallon's boys (à Charleroi) et les Brussels boys (à Molenbeek, une commune de Bruxelles).

Malgré le souhait d'être le principal mouvement nationaliste en Wallonie, Nation ne sera cependant pas présent aux élections municipales du 8 octobre 2000. Ainsi en ont décidé ses dirigeants qui se donnent comme mission de "construire un mouvement solide et crédible". D'ailleurs pour eux, "les élections restent un moyen et ne seront jamais une fin en soi". Cette décision est la preuve que les difficultés rencontrées par ce mouvement pour se développer, surtout depuis l'apparition en avril 2000 du Bloc wallon, sont bien réelles, malgré ce qu'il affirme dans sa propagande. (Infos à la date du 22/08/2000).

Nationale liga-Ligue nationale
Le 4 juin 1998, la Nationale liga (NL) a refait parler d’elle par un communiqué de presse s’attaquant à Marguerite Bastien. Animée par l’ex-conseiller communal FN de Ganshoren, Kris Roman, la NL (basée pour l’instant à Dendermonde) estime que le FNB est un « venin belge » (sic). Pour elle, Bastien « est la plus grande ennemie du peuple flamand ». Cette ligue, complètement loufoque, est issue d’une dissidence du Front national qui avait rejoint le nouveau front de M. Bastien. Son dirigeant (et sans doute seul membre), Kris Roman, est un véritable « militant sans frontière » qui ne cessa de muliplier les cartes de parti. Il fréquenta même pour un temps une secte chrétienne intégriste installée près de la place Flagey à Bruxelles. Celle-ci avait également abrité le négationniste français Olivier Mathieu alors en fuite chez nous. (RésistanceS, n° 4, automne 1998)

« Nation-Info »
Mensuel du Mouvement pour la Nation > voir plus haut

 « Le Parvis »
Bulletin de propagande édité par la section de Saint-Gilles (Bruxelles) du mouvement Nation. Cette section est en particulier constituée d'une bande de jeunes issus de l'immigration portugaise connue pour ses nombreuses bagarres avec des jeunes marocains. (Infos à la date du 22/08/2000).

« Polémique-Info »
Depuis septembre 1995, un journal d’extrême droite est publié sous le titre de « Polémique ». A ses débuts, il affirmait appartenir à la droite nationale, monarchiste et ultra-catholique. Son fondateur, Alain Escada, venait en droite ligne de cette vieille famille politique, via Pro Belgica notamment. Celui-ci se disait modéré et opposé au Front national. C’est dans les bras de Marguerite Bastien qu’il ira refaire de la politique après les échecs successifs de ses expériences électorales précédentes (au BEB et à Unie). Il devient le porte-parole du Front nouveau de Belgique (FNB). Il l’a quitté depuis lors suite à des ennuis financiers et se livre à une guerre sans merci avec sa présidente.

A côté d’articles teintés de nationalisme belge et de défense de l’Occident chrétien, « Polémique » ouvrira ses colonnes au chef du groupe néonazi l’Assaut (voir plus haut à Devenir), à un ancien proche de la secte Ecoovie, à Robert Steuckers et au Dr. Soas. Ce dernier est le pseudonyme d’un véritable médecin qui joue, depuis plus de trente ans, un rôle clé au sein d’un réseau ésotérique constitié de nostalgiques du national-socialisme. Ce réseau fut en 1973, selon une enquête de la gendarmerie, à la base d’un projet de coup d’Etat à la chilienne ! La dernière fois que l’on avait trouvé la signature du Dr. Soas, c’était en avril 1995, dans « Periodieck Contact », le bulletin de liaison d’une amicale d’ex-SS flamands.

Les derniers numéros de « Polémique » confirment les nouveaux amours politico-historiques d’Alain Escada. Le 18 septembre 1997, en effet, un article fut publié en hommage à un ancien de la Légion SS Wallonie récemment décédé. Le 25 septembre, « Polémique » consacra cette fois-ci un article vantant les mérites de l’association des Amis de Robert Brasillach, un des plus illustres collaborateurs français pronazi. Avec une telle évolution, le patriotisme revendiqué au début par cet opuscule n’est dès lors plus qu’un médiamensonge. (RésistanceS, n° 1, automne 1997, p. 6)

"Racines et Nation"
Bulletin de propagande édité par la section d'Ixelles (Bruxelles) du mouvement Nation. Cette section est animée par Hervé Van Laethem (la figure de proue de Nation) et Micheline Gils (une ancienne conseillère communale élue, en 1994, sur la liste du Front national). Comme par hasard, ce bulletin porte un titre fort proche de "Race et Nation", le feu "organe de combat du groupe "Brasillach" du PNFE", un parti néonazi français violent avec qui Van Laethem entretenait, dans les années 90, des contacts réguliers. (Infos à la date du 22/08/2000).

REF
Année d’apparition : 1995. Origine : dissidence rassemblant les éléments les plus extrémistes et douteux d’Agir. Ligne politique : nationale-solidariste, autonomiste, raciste de type ethniste (défense de la Race blanche) et pro-Vlaams Blok. Il semblerait que REF prenne pour modèle politique le mouvement Rex de Léon Degrelle (nom quasi identique, même symbole, même slogan…). Caractéristiques : persuadé d’être le meilleur des partis nationalistes, donneur de leçons aux autres formations, adoration de ses adeptes pour leur Fondateur (sic), allures et discours violents, insultants et ultra-racistes et développement d’une « culture sectaire » (attitudes isolationnistes, vocabulaire codé…). Président-Fondateur : Hubert Defourny (ex-gendarme, ex-vice-président d’Agir et ex-membre de la direction du FNB). Fidèles : Alain Pauchen (ex-Agir, garde du corps de Defourny), Christian Nokin (ancien responsable liégeois du FN), Marc Levaux (ex-Agir, ex-FN) et Grégory Bourguignon (responsable de la section du Hainaut occidental de REF). Siège : Liège-ville. Implantations géographiques : Bruxelles, La Louvière, Liège, Mouscron et Verviers. Précédent score électoral : 0,02 % (379 voix) aux régionales de 1995. Nombre de militants : une petite dizaine. Publication : «  REFractaire » (trimestriel).

Nébuleuse : Comité de soutien Le Pen-Liberté, Devenir (ex-l’Assaut) et ses pseudopodes (Centre de formation nationaliste Jacques Borsu, Action anti-Sioniste, Comité pour l’expulsion des faux réfugiés politiques…), Bruxelles-Identité-Sécurité (structure francophone de soutien au Vlaams Blok dirigée par le trio Steuckers-Kerstens-Defourny), les néonazis flamands de l’Odal aktiekomitee, des bandes de jeunes (skinheads), les Wallons Boys (hooligans du sporting club de Charleroi) participent aux actions anti-réfugiés organisées par REF. (RésistanceS, n° 6, printemps 1999).

Depuis les informations sur REF publiées dans ce numéro de RésistanceS, REF a participé à la création, en avril 2000, du Bloc Wallon.

« Renaissance Européenne » : voir à Amis de la Renaissance européenne

Résistance verte
Cette organisation écologiste d'inspiration NR (nationaliste-révolutionnaire !) est dirigée à Mouscron par le mouvement Nation. Le 11 novembre 1999, elle organisait avec celui-ci une action de protestation contre l'ouverture d'un nouveau Mac Donald's. Cette action avait pour but de dénoncer l'impérialisme culturel et économique américain.
Infos à la date du 22/08/2000

Révolte sociale
Malgré un nom plutôt habituel à gauche, ce comité provient de la droite nationaliste, populiste et rétrograde. En effet, son adresse postale est la même que celle de la section du Hainaut oriental de Nation. Ce comité est apparu, vers la fin 1999, à Schaerbeek, pour protester contre "l'expulsion d'une dame belge de son domicile par l'organisme des logements sociaux", signalait au printemps 2000, "Devenir". Cette revue nationaliste, héritière du groupe néonazi l'Assaut, écrivait aussi que ce comité avait pour but de "ne pas laisser le champ libre sur le plan social aux gauchistes". (Infos à la date du 22/08/2000).

Terre et Peuple - Bannière wallonne
Depuis 2000, une "bannière wallonne" de Terre et Peuple existe. Terre et Peuple est une association identitaire française qui constitue la colonne vertébrale du courant païen et radical du Mouvement national républicain de Bruno Mégret. Le "gourou" de Terre et Peuple est Pierre Vial, l'ex-chef de file des radicaux du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Son association se revendique de la tradition gauloise. Terre et Peuple défend, comme jadis les nazis, les thèses volkischs (un nationalisme basé sur une Communauté ethniquement homogène). La mission que s'est donnée le groupe sectaire de Pierre Vial est de préparer "intellectuellement, politiquement et physiquement" les "Européens blancs" à la "guerre ethnique" à venir, selon lui.

Depuis sa création, vers 1994, diverses organisations de l'extrême droite belge ont manifesté leur soutien à Terre et Peuple. Pierre Vial fut, à plusieurs reprises, invité par Thule-Sodalitas. Le mensuel du Vlaams Blok parlera favorablement de son association. Roland Raes, le vice-président et idéologue du VB est d'ailleurs une connaissance de longue date de Vial. Les "chefs de guerre gaulois" de la "bannière wallonne" sont par ailleurs les mêmes que ceux des Amis de la renaissance européenne et du Bloc wallon. Avec le soutien de nationalistes flamands proches du VB, les activités de cette bannière, comme des autres, se résument essentiellement par l'organisation de ballades historiques et le maintien en vie des traditions païennes de la vieille Europe. Elle sert également de sanctuaire, en Belgique, au réseau politique paneuropéen de Terre et Peuple (Infos à la date du 22/08/2000).

Thule Sodalitas (nouveau nom de l’association l’Anneau)
A la disparition du GRECE-Belgique (cercle de réflexion d’extrême droite), vers 1982, certains de ses « soldats politiques » continuèrent le combat dans d’autres structures de la Nouvelle Droite, notamment à l’association l’Anneau, au cercle Eroe et ensuite au Club du Beffroi. Les deux premières étaient d’orientation « nationaliste-révolutionnaire » (liées à la Vlaamse Jeugd, le mouvement de jeunesse d’une amicale d’anciens SS flamands), la troisième deviendra la section belge du Club de l’Horloge (la scission nationale-libérale du GRECE). L’association l’Anneau a changé de nom en 1996. Désormais, elle agit sous le nom de Thule Sodalitas, un « groupe de combat » (sic) jusqu’à présent lié au Front nouveau de Belgique, mais, depuis peu, également en contact avec les Amis de la Renaissance européenne. Concernant le curriculum politique de son « gourou », Ralf Van den Haute : revoir notre n° 0, page 15.
(RésistanceS, n° 5, hiver 1998-1999)

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