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Objectif : un ''nouveau
FN'' belge
Création en Belgique d’un comité
pro-Le Pen
Pour participer en Belgique à l'actuelle campagne présidentielle
de Jean-Marie Le Pen, un ''Comité belge de soutien'' vient
d'être créé officiellement, comme l'avait déjà
annoncé récemment RésistanceS, grâce à
un ''vent favorable''. Ses initiateurs sont des membres et des dissidents
du Front national de Daniel Féret. Au programme : un meeting
à la mi-avril près de Charleroi du chef de l'extrême
droite française. Objectif réel : se positionner en
première place parmi les prétendants au ''trône''
du ''nouveau FN'' belge.
Jean-Marie Le Pen, président-fondateur
du Front national français, est aussi un modèle pour
l'extrême droite de Belgique. Ici posant, en octobre 2006, avec
Kris Roman (à gauche), un ex-responsable du Vlaams Blok, conseiller
communal Front national en 1994 puis chef de la section flamande du
Front nouveau de Belgique en 1996. Aujourd'hui, toujours ''lepéniste'',
Kris Roman dirige Eurorus, un réseau européen de liaison
avec l'extrême droite russe (cette photo a été
diffusée sur Altermedia, un site d'extrême droite internationale).
Le 18 mars dernier, RésistanceS publiait un article sur la
présence d'un Belge, l'avocat Henri Laquay, dans le ''Comité
national de soutien à Jean-Marie Le Pen'', une structure créée
pour appuyer la candidature du président-fondateur du Front
national français à l'élection présidentielle
de cette année. RésistanceS annonçait aussi l’imminence
de la création dans notre pays d’un ''Comité belge
de soutien à Jean-Marie Le Pen'' (CBSJMLP) . Un comité
qui vient officiellement de voir le jour. Installé à
Gilly, dans la région de Charleroi, il rassemble une fraction
des ''lepénistes belges'' engagés dans une course poursuite
pour accaparer les rênes du ''nouveau FN'' en gestation.
Une fois de plus, Daniel Féret
en est le grand absent. Il faut en effet se rappeler que le ''président
à vie'' et actuel ''propriétaire'' légal du FN
belge est depuis bien longtemps persona non grata chez le
''grand frère'' français. Force est aussi de constater,
la non présence dans ce ''comité'' des autres ''familles''
de la droite nationale-populiste, xénophobe et conservatrice
: celle des ''Identitaires'' (Nation, Terre & Peuple-Wallonie),
des ''nationalistes-libéraux'' (Force nationale) et des ''nationaux-catholiques''
(Belgique & Chrétienté...). Ces derniers pourtant
tentent - depuis plusieurs années – de se rapprocher
du Front national français, via certains de ses dirigeants
(par exemple son numéro 2, Bruno Gollnisch) ou en étant
présents à ses diverses manifestations publiques (défilé
Jeanne d'Arc, Fête des BBR...). Exclus du CBSJMLP (pour l'instant
?), avec sa création, ces autres lepénistes belges vont
encore plus se marginaliser dans le paysage extrémiste de droite
et risquent de se retrouver, demain, en dehors du ''nouveau FN''.
Un Front national sans Daniel Féret souhaité désormais
aussi par Jean-Marie Le Pen.
Au programme : un meeting de Le Pen à Charleroi
Comme première action, le CBSJMLP vient de lancer une mini
campagne électorale en direction des résidents français
vivant en Belgique. But : les appeler à voter pour Jean-Marie
Le Pen, le 22 avril prochain, lors du premier tour de l'élection
présidentielle. Des distributions de tracts sont programmées,
notamment dans les gares belges, à l'arrivée des trains
en provenance de France. Des ''parrains'' sont également recherchés
pour apporter un appui et une caution morale au comité. Une
liste de ceux-ci sera prochainement diffusée.
Le comité belge prévoit
surtout l'organisation, comme déjà annoncé le
18 mars dernier par RésistanceS, d'un meeting, à Gilly,
de Jean-Marie Le Pen en personne. Ce meeting devrait se tenir à
la mi-avril et suscitera une importante mobilisation de l'extrême
droite, mais aussi sans doute de contre-manifestants.
A sa base, le cercle Droite et
Modernité
L'actuel comité belge de soutien à Le Pen est constitué
de plusieurs élus du Front national de Daniel Féret,
membre d'une tendance interne opposée à ce dernier,
et d’anciens dirigeants frontistes, aujourd’hui en dissidence
:
• Charles Pire
: député régional du FN depuis les élections
de 2004, il fut auparavant l'un des responsables du Parti social
chrétien (PSC, l'ancêtre de l'actuel Centre démocrate
humaniste) de l'arrondissement de Huy. Juriste de formation, ce
courtier en assurance est l'auteur de plusieurs ouvrages politico-religieux
: ''La politique selon Jean-Paul II'', ''Jean-Paul II et les femmes'',
''Le Front national en Belgique''... Il a par ailleurs rédigé
un ''Manifeste populiste pour la Wallonie''. Adepte d'un catholicisme
traditionaliste, Charles Pire est un partisan fidèle du Père
Samuel, le meneur d'un groupe scissionniste du catholicisme, caractérisé
par son orthodoxie et son profil sectaire. Il y a plusieurs années,
ce député frontiste lui a consacré un livre
de propagande, ''Le Père Samuel – L'église du
peuple''.
• Jean-Pierre Borbouse
: député régional depuis 2004 et conseiller
communal du Front national à Charleroi depuis 2006, il est
l'un de ses imprimeurs. Auparavant, il milita au Parti communautaire
national-européen (PCN), une formation d’essence national-bolchévique
! Jean-Pierre Borbouse vient d'ouvrir une salle, à Gilly,
destinée aux futurs meetings des ''réformateurs''
du FN, dont celui de Jean-Marie Le Pen, prévu pour la mi-avril.
• Georges-Pierre Tonnelier
: au milieu des années 1990, il avait tenté de fonder
une structure universitaire pour le Front national à l'Université
libre de Bruxelles, avec le soutien d'un activiste néopaïen,
Bernard Mengal, depuis lors poursuivi devant les tribunaux pour
racisme. Tonnelier devint ensuite, tour à tour, le collaborateur
de divers ''dirigeants nationalistes'' : Daniel Féret, Marguerite
Bastien, Michel Delacroix, Francis Detraux… En avril dernier,
il a été condamné pour racisme, avec Daniel
Féret.
• Emmanuel Licari di
Castel Mola : jusqu’il y a peu, ce baron d'extrême
droite s'occupait des ''jeunesses frontistes''. Aujourd'hui, il
a quitté le Front national pour devenir l’un des responsables
de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), une dissidence
du parti nationaliste Force nationale, lui-même scission du
Front national… (1).
• Ghislain Dubois
: avocat liégeois, il fonda, en 1988, l’asbl Belgique
& Chrétienté, une association intégriste
catholique depuis lors récupérée par une autre
fraction de l’extrême droite francophone, elle aussi
cherchant l'appui des frontistes d'outre-Quiévrain pour reprendre
un jour ou l'autre en main la direction du FN belge. Ghislain Dubois
est l’actuel avocat belge du Front national français,
notamment dans une récente action entamée contre Daniel
Féret. Il est le président du CBSJMLP.
• Patrick Sessler
: ''artisan'' principal du Comité belge de soutien à
Le Pen, il militait dans les années 1980 au très néonazi
Parti des forces nouvelles (PFN). En 1989, il rejoignit le Front
national pour en devenir son numéro 2, après Daniel
Féret. Patrick Sessler passa ensuite au Vlaams Blok où
il épaula intellectuellement Johan Demol, le président
bruxellois de ce parti nationaliste flamand d’extrême
droite. En 2004, il revint au FN, fut désigné au poste
de secrétaire-général, mais entra à
nouveau en conflit avec Féret et ses derniers partisans (le
député fédéral Patrick Cocriamont, Daniel
Leskens, le député régional Charles Petitjean…).
La majorité des membres du CBSJMLP
appartiennent à la tendance des ''réformateurs'' du
Front national et sont membres du cercle Droite et Modernité,
un mouvement politique dont le directeur est le déjà
cité Patrick Sessler. Ce cercle est apparu en 2005. A l'époque,
il avait été mis sur pied pour soutenir l'avocat Michel
Delacroix, sénateur et vice-président du FN, avec pour
objectif de prendre la direction du parti et de remplacer son président
Daniel Féret par Michel Delacroix. Le cercle Droite et Modernité
préconise, entre autres, l'établissement à Bruxelles
de listes communes FN-Vlaams Belang, afin d'unifier les voix de la
''droite nationale''. Il représente toujours pour Daniel Féret
un adversaire de taille.
Le premier tract
recto-verso du Comité belge de soutien à Jean-Marie
Le Pen (document : RésistanceS).
Avec Le Pen pour un ''nouveau FN''
Auparavant, d'autres Belges se sont déjà profilés
en Belgique parmi les supporters de Jean-Marie Le Pen : le Parti des
forces nouvelles (un groupuscule néonazi actif jusqu'en 1991),
Roger Nols (l'ex-bourgmestre xénophobe de la commune bruxelloise
de Schaerbeek de 1970 à 1989), Henri Laquay (l'avocat de l'association
intégriste Belgique & Chrétienté, ''ami''
de son président, Alain Escada, et seul Belge membre du Comité
national de soutien à Jean-Marie Le Pen pour l'élection
présidentielle de cette année), Hervé Van Laethem
(dirigeant du groupe néonazi L'Assaut et cofondateur du mouvement
Nation) et Hubert Defourny (ex-dirigeant du parti wallon d'extrême
droite Agir et déjà fondateur en 1997 d'un premier comité
de soutien à Jean-Marie Le Pen, lorsque que celui-ci était
une énième fois poursuivi par la justice).
L'objectif des actuels dirigeants du
Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen est, une
fois de plus, de préparer le terrain à la création
d'un ''nouveau FN'' en Belgique, sans Daniel Féret, et sur
la forme d'un véritable parti nationaliste. Une telle formation
politique aurait notamment pour vocation de capitaliser et d'exploiter
au maximum les actuels bons scores électoraux du FN, gagnés
aujourd'hui de façon artificielle. Mais il faut savoir que
la liste des prétendants ''au trône'' est extrêmement
longue. Les rivalités et les animosités entre les candidats
à la direction d’un ''nouveau FN'' sont légion.
Symptôme éternel de la situation chaotique de l'extrême
droite belge francophone.
Manuel Abramowicz
(1) Sur cette Union pour un mouvement
populaire (UMP-Belgique), lire notre article : ''Sarkozy et l'UMP
récupérés par l'extrême droite belge ?''
CLIQUEZ ICI 
© RésistanceS –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 27 mars 2007.
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Jean-Marie Le
Pen, en 2005, au défilé parisien Jeanne d'Arc avec deux
de ses adeptes espagnols. Le chef du FN français soutient désormais
les opposants de Daniel Féret, président-fondateur du
Front national belge.
Sur RésistanceS.be
Pour plus d'information sur le même sujet, lire
nos articles suivants :
• Les
lepénistes belges de 1974 à nos jours (18/03/2007)
• Le
cercle « Droite et Modernité » : le Front national
de demain ? (16/02/2006)
Et
aussi:
• Le
retour des fous de Dieu… (03/07/2005)
• Belgique
& Chrétienté, le rendez-vous de la ''vraie droite
belge'' (26/04/2006)
• Des
listes unitaires FNB pour la ''mouvance identitaire'' (26/04/2006)
• Plainte
contre Belgique & Chrétienté et Nation (21/10/2006)
• Belgique
& Chrétienté perd contre RésistanceS
(30/01/2007)
REMARQUE
REACTUALISATION du 31
novembre 2008 : Georges-Pierre Tonnelier n'est plus d'extrême
droite
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