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RésistanceS.be 04-07-2012 |
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Portrait d'un des deux députés du Front national
Enfant d'une famille bourgeoise, il grandit au château de la Madone à Marseille. Son père, maurassien, était membre des Camelots du Roi et aurait été l'ami de Léon Daudet. «Mon père m'a fait lire Maurras, Marx, j'ai lu Bainville, Jaurès, Proudhon...» étale-t-il volontiers. Après la faculté de droit à Aix-en-Provence, il devient avocat et installe son cabinet à Marseille, un cabinet devenu depuis une puissante machine bien rodée, éminemment lucrative, dont la vitrine est la forte teneur médiatique de «Maître Collard», toujours animateur de l'émission «Les Grandes Gueules» sur RMC, et qui, malgré son mandat de député, ne compte pas abandonner sa profession d'avocat.
Filmé dans le clip de campagne de Pierre Boussel, Collard condamne à l'époque les centres de rétention pour étrangers. Sur un ton solennel, dans une archive disponible à l'INA (Institut national de l'audio-visuel), il proclame : «Je suis ici en tant que témoin. Je crois qu'à l'heure actuelle, sans que les gens s'en rendent bien compte, les droits de l'homme sont en danger. Comme partout on cherche, sur les mécanismes de la peur et de l'inquiétude, à gagner des voix. On peut se demander si ces hommes, ces femmes, ces enfants entassés dans ces cimetières de béton, que sont les centres de rétention, et qui subissent l'expulsion comme on subit l'humiliation, ce n'est pas plus la raison d'Etat racoleuse que la justice». Deux ans plus tard, membre du secrétariat national du MRAP (Mouvement contre le racisme), au moment où il défend un négationniste, il est exclu en même temps qu'il démissionne du mouvement. Ce qui ne l'empêche pas de soutenir les «Premières Assises en défense de l’immigration» du Comité national pour la défense des travailleurs immigrés. Fustigeant alors le «vocabulaire microbien» de Jean-Marie Le Pen, il n'est pas encore le champion de la préférence nationale frontiste. Pour autant «j'étais pro-Algérie française durant ma jeunesse» affirme-t-il, expliquant sa position par la rencontre de pieds-noirs hébergés par sa famille durant l'été 1962.
Trois ans plus tard, en mai 2011, il déclare sa flamme aux thèses frontistes et préside peu après le comité de soutien de la candidature d'extrême droite de Marine Le Pen. Cette fois, même s'il ne s'encarte pas, il jure être «mariniste».
Son premier coup d'éclat au sein du FN, ce fut à Nice, lors des journées d'été du parti, en septembre 2011. Lors de son discours, il multiplia les effets de manche et emperla petites phrases et calembours pour le bonheur des journalistes et des militants. Vingt ans après son attaque de Jean-Marie Le Pen, Collard réalisait en virtuose un acrobatique tête-à-queue rhétorique, pour balayer la poussière du passé, et rendre hommage au fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, qui «en pleine guerre, a quitté le Parlement où l’on parle pour aller se battre où l’on meurt». Il fut longuement ovationné. Aujourd'hui, Gilbert Collard n'a pas non plus grand scrupule à prendre position en faveur des lefebvristes Concernant Gilbert Collard, on retiendra surtout la forme, élégante, que lui confère sa veste réversible. Ils sont désormais trois députés d'extrême droite (*) à siéger au Palais Bourbon, dont deux du «Rassemblement Bleu marine». Jean-Baptiste Malet [Article publié dans le journal français GOLIAS HEBDO, n° 243, du 28 juin au 4 juillet 2012. Republié sur RésistanceS.be avec l'aimable autorisation de son auteur et de cette publication, l'un de nos partenaires en France]. (*) Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen, pour le Front national, et Jacques Bompard, ex-dirigeant-fondateur du FN français, maire de la ville d'Orange, élu sous les couleurs de la Ligue du Sud, une formation électoraliste regroupant plusieurs tendances différentes d'extrême droite, souvent en opposition avec le parti de Marine Le Pen.
© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 4 juillet 2012.
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L'article publié sur cette page provient du journal français Golias Hebdo (n°243, du 28 juin au 4 juillet 2012). Il est mis en ligne sur le web-média RésistanceS.be avec l'aimable autorisation de son auteur et de cette publication, l'un de nos partenaires en France.
Journaliste pour le journal français Golias Hebdo et son supplément, Golias Magazine, Jean-Baptiste Malet est aussi l’auteur du livre Derrière les lignes du Front - Immersions et reportages en terre d’extrême droite (éditions Golias, septembre 2011), fruit d’une enquête de terrain au long cours, à travers la France, échelonnée sur plus d’une année. Il est encore le coréalisateur du film Mains brunes sur la ville (Production – Distribution : La Mare, sortie cinéma: mars 2012), une enquête sur les gestions municipales d'extrême droite à Orange et Bollène (Vaucluse).
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