Georges-Pierre
Tonnelier
Une mise au point s’impose
Le 30 novembre 2008, RésistanceS.be publiait un article
intitulé «Georges-Pierre Tonnelier et l'extrême
droite : c’est fini» (voir colonne de droite). Parallèlement,
sur toutes les pages du site traitant de cet ancien collaborateur
parlementaire du Front national belge (FN), un encart signalait aux
lecteurs que Georges-Pierre Tonnelier affirmait avoir quitté
les rangs de l’extrême droite. Malgré cela, l’attitude
de celui-ci envers RésistanceS.be oscille entre instrumentalisation
et accusations. Explication de cette situation par Nadia Geerts, pour
RésistanceS.be.

Dans un communiqué de presse du 17 mars dernier, suite au refus
du Conseil de Conciliation et d’Arbitrage du Mouvement réformateur
(MR) d’accepter l’adhésion de Georges-Pierre Tonnelier,
ce dernier annonce d’emblée la couleur par un titre fracassant
: «Didier Reynders refuse de suivre Manuel Abramowicz»
(le coordinateur de la rédaction de RésistanceS.be).
Il poursuit en déplorant que le président du MR soit
«resté sourd aux appels de l’Observatoire de
l’extrême droite à l’accueillir au sein d’un
parti démocratique, ainsi que sa collaboratrice, Mme Nadia
Geerts, l’a exposé sur son site internet, en les termes
suivants : ''Il est à espérer qu’une fois terminés
les divers procès dans lesquels il est impliqué, Georges-Pierre
Tonnelier poursuivra le chemin qu’il semble avoir entamé
récemment. Si tel était le cas, il va de soi qu’il
serait du devoir de tout démocrate de l’aider non pas
à effacer, mais à surmonter et dépasser cette
longue ''erreur de jeunesse'' ''».
Instrumentalisation
Très actif sur
Facebook, Georges-Pierre Tonnelier s’y sert également
des articles susmentionnés pour gagner en crédibilité,
les transformant en sorte de caution morale que lui aurait donnée
l’équipe de RésistanceS.be.
Comme nous le précisions pourtant
dans nos articles, Georges-Pierre Tonnelier est encore inculpé
dans au moins un procès à venir en rapport avec ses
activités durant plus dix ans au sein de l'extrême droite
belge francophone. En effet, il fut un membre actif d'abord du FN
de Daniel Féret, puis du Front nouveau de Belgique (FNB) de
Marguerite Bastien et enfin du Front national rénové.
G.-P. Tonnelier y fut tour à tour militant de base, un des
responsables des jeunesses frontistes, webmaster, tête de liste
aux élections communales de 2000, candidat suppléant
lors d'élections, assistant parlementaire, cofondateur du Comité
belge de soutien à Jean-Marie Le Pen en avril 2007, président
du service d'Etudes du FN rénové, etc.
Plus de dix ans de militance très
active au sein de l'extrême droite ne se rayent pas d’un
simple trait de plume, contrairement à ce qu’il semble
croire, si l’on en juge par un de ses e-mails, adressé
à la députée régionale bruxelloise Viviane
Teitelbaum (MR), le 24 mars dernier :
«Je n'ai pas l'intention
de m'humilier des années durant à vous lécher
les bottes pour me faire "pardonner" d'avoir milité
au FN. J'ai tiré un trait là-dessus, une fois pour
toutes, à vous également d'en prendre acte. La dignité
humaine me pousse à ne pas dépasser certaines limites
dans les gestes que je pose dans votre direction.»
L’équipe de RésistanceS.be
n’a jamais eu l’intention d’accorder un quelconque
certificat de virginité démocratique à G.-P.
Tonnelier. A l’époque où nous avons appris sa
prise de distance avec le FN, il nous a paru normal d’en informer
nos lecteurs. Tout comme il nous semble souhaitable qu’un passé
d’extrême droite ne compromette pas indéfiniment
l’avenir d’un homme qui aurait, en toute bonne foi, réalisé
que son engagement au sein du FN était une erreur de jeunesse.
Mais Georges-Pierre Tonnelier ne semble
pas s’accommoder du facteur «temps», et
de cette épreuve, que d’aucuns appellent «traversée
du désert», qui lui est imposée par les partis
démocratiques. Ainsi, suite au refus qui lui a été
opposé par le FDF lorsqu'il a voulu s'y affilier, Mr. Tonnelier
écrit-il dans un mail du 23 janvier 2009 :
«Autant j'aurais très
bien compris un message du genre "Monsieur Tonnelier, nous
saluons votre démarche de départ du FN et vous encourageons
à poursuivre dans cette direction. Toutefois, étant
donné la durée de votre engagement passé, nous
désirons vous soumettre à une période d'attente,
durant laquelle vous aurez l'occasion de faire vos preuves. Sachez
toutefois que nous somme disposés à vous aider durant
cette épreuve.", autant je ne comprends pas celui qui
m'est adressé par le FDF, à savoir, en gros, "espèce
de facho, on ne veut pas te voir, ni maintenant ni jamais".
Savez-vous que tant M. de Muelenaere que M. De Patoul m'ont clairement
parlé d'une période de traversée du désert
qui se compte en années ? M. De Patoul m'a parlé d'au
moins CINQ ans ! Alors que l'on passe d'Ecolo ou du PS au MR en
cinq minutes !
Comment voulez-vous que je convainque d'autres personnes de quitter
le FN si je ne peux rien leur promettre d'autre qu'une longue traversée
du désert, un accueil plus qu'aride (c'est le cas de le dire
!), un statut de pari, de banni, qui devra démontrer pendant
des années sa bonne foi ! Qui voudra quitter le FN pour quémander
une adhésion à un autre parti, qui n'en veut clairement
pas ?
Vu l'accueil que l'on me fait au MR, je ne conseillerais certainement
pas, dans l'état actuel des choses, à quelqu'un qui
est au FN d'essayer de rejoindre ce parti ! Tout quitter au FN pour
rejoindre quoi ? Un désert ? Pour peu que son adhésion
passée soit connue, il va devoir se cacher, s'humilier, supplier,
se racheter une bonne conduite durant des années...
Moi-même, j'ai perdu mon emploi au FN, pour avoir quoi en
échange ? Du mépris, un rejet...
Si vous appelez ça une manière de combattre d'extrême-droite,
je crois qu'il y a comme un problème...»
Quitter l’extrême droite
n’est pas une question de stratégie politique. On ne
la quitte pas – ou du moins on ne devrait pas la quitter –
pour se refaire une virginité ni pour s’assurer un avenir
politique, mais parce qu’on prend conscience des valeurs que
cette mouvance politique véhicule. Et on ne peut espérer
le soutien des antifascistes que dans cette exacte mesure-là.
La comparaison que fait Georges-Pierre Tonnelier avec les transfuges
d’un parti démocratique à un autre sont donc totalement
inopportunes, et témoignent de ce qu’il n’a toujours
pas pris la mesure du caractère fondamentalement anti-démocratique
du FN.
Au sein de RésistanceS.be, nous
sommes dans l’impossibilité, à l’heure actuelle,
de nous prononcer sur la véritable orientation politique de
Georges-Pierre Tonnelier. Nous connaissons son passé, nous
avons pris acte de sa prise de distance avec le FN (au sujet duquel
les versions divergent d’ailleurs, dès lors qu’alors
que lui prétend avoir quitté le FN, ce dernier prétend
au contraire l’en avoir exclu, comme en témoigne l’extrait
de ce communiqué de presse du Front national à ce sujet
:
«Suite à l’arrestation
de Monsieur Georges-Pierre Tonnelier, le Bureau Politique du Front
National précise que l’intéressé n’occupe
plus aucune fonction en son sein depuis février 2008. Monsieur
Tonnelier terminait ses obligations contractuelles comme collaborateur
parlementaire au moment de son arrestation. Le Bureau Politique
du FN condamne son comportement sans la moindre ambiguïté.
Une procédure d’exclusion à son encontre sera
initiée lors du bureau Politique de ce lundi 30 juin».
Et nous en restons là.
Accusations, menaces…
Ce n’est en revanche pas le cas de Georges-Pierre Tonnelier,
qui tout en se servant abondamment de nos articles annonçant
sa rupture avec le FN, n’en continue pas moins de nous assaillir
de demandes diverses.
Manifestement, le simple fait que son
nom soit encore mentionné sur le site de RésistanceS.be
lui pose problème. Ainsi, suite à un mail que je lui
avais adressé après avoir reçu de lui plusieurs
sms sur mon gsm privé, en soirée et le week-end compris,
voici ce qu’il me répondait le 15 mars 2009 :
«Si ça continue, je
vais commencer à appeler M. Cadranel ou M. Lefébure
(NDLR : deux autres membres de l'équipe de RésistanceS.be)
sur leur lieu de travail aussi (il n'y a pas de raison que vous
soyez la seule), jusqu'à ce que j'aie enfin une explication
avec M. Abramowicz. Si je le veux vraiment, je pourrais aussi me
procurer son numéro de téléphone mobile personnel.
(…)
Après tout, qui est-ce qui parle de moi sur son site internet
? Qui est-ce qui me met en cause publiquement depuis des années
? C'est votre équipe, ce n'est pas moi qui suis venu vers
vous.
Est-ce que vous me demandez mon avis avant d'écrire à
mon sujet ? Respectez-vous ma vie privée avant de lancer
mon nom en pâture sur votre site ? Avouez tout de même
que j'ai des raisons de vouloir vous contacter et des raisons également
de désirer une réponse rapide. Si vous n'écriviez
rien à mon sujet sur votre site, nous n'aurions jamais été
en relation.»
Georges-Pierre Tonnelier ne semble visiblement
pas comprendre qu’un engagement politique est un engagement
public, et qu’il n’y a donc pas lieu d’en appeler
au respect de la vie privée lorsqu’il s’agit de
relayer des informations relatives à l’activité
politique de personnes engagées au sein d’un parti, quel
qu’il soit. Et lorsque nous lui demandons de cesser de nous
importuner de ces courriels, sms et autres messages sur Facebook,
voici ce qu’il nous répond dans un mail du 13 mars dernier:
«Si vous écrivez quoi
que ce soit sur de prétendus harcèlements de ma part
sur votre site, moi je vous attaquerai au pénal en calomnie/diffamation,
pour l'ensemble de votre site ! Si vous décidez de rentrer
dans le jeu des procès pénaux, je pourrais aussi décider
de déposer plainte au pénal contre vous pour calomnie/diffamation
au sujet du contenu de votre site RésistanceS.be. Je suis
en mesure de vous faire autant de procès que vous êtes
capable de m'en faire, et il n'est pas certain que vous les gagnerez.»
Une chose est sûre : que ce soit
par stratégie ou par maladresse, Georges-Pierre Tonnelier fait
preuve d’une attitude qui oscille entre l’instrumentalisation
de nos derniers articles à son sujet et les pressions sur l’équipe
de RésistanceS.be pour qu’elle aille plus loin encore
dans sa collaboration à son insertion dans la vie politique
démocratique.
De notre côté, nous n’avons pas l’intention
de nous laisser instrumentaliser plus longtemps. Aussi mettons-nous
aujourd’hui publiquement les choses au point, comme nous l’avons
fait dans un mail adressé personnellement à Georges-Pierre
Tonnelier par Manuel Abramowicz le 15 mars dernier :
«Nous avons bien d'autres
choses à faire que de nous occuper de votre "réintégration
dans la société démocratique". Cette mission
n'est pas pour le moment une des missions de l'asbl RésistanceS.
De plus, nous n'avons pas les moyens et le temps de nous orienter
dans cette voie-là. Malgré ce que nous avions annoncé.
Hélas.
Vous concernant, je pense que d'autres organismes, dans d'autres
disciplines, vous seront d'une meilleure aide. Ces organismes sont
des organismes spécialisés et qui bénéficient
de moyens ad hoc et d'un bon personnel pour cela.
• Concernant vos autres demandes, je trouve que nous avons
déjà fait beaucoup pour vous. Pour rappel :
Nous avons modifié dans nos articles des aspects que vous
jugiez "méchants" à votre égard.
• Ensuite, nous avons publié un article clair et précis
expliquant que vous aviez quitté l'extrême droite.
• Des hyperliens vers cet article figurent sur toutes les
pages de RésistanceS.be où votre nom est cité.
• Résultat : tout le monde peut désormais prendre
connaissance que vous n'êtes plus d'extrême droite !
C'était votre demande initiale
: nous y avons répondu positivement.
D'ailleurs, aujourd'hui, vous utilisez allègrement notre
article en question comme justificatif auprès des personnes
qui vous reprochent votre militance au Front national. Cf. vos dernières
interventions sur le forum de LiDé...
(…)
Vous aurez compris, par ce présent message, que l'asbl RésistanceS
n'acceptera plus aucun harcèlement de votre part, par aucune
voie de communication, à l'égard de ses bénévoles.
Si tel était le cas, l'asbl RésistanceS déposera
plainte contre vous. Cette plainte s'allongera à vos dossiers
judiciaires, déjà suffisamment lourds, encore à
venir devant les tribunaux.
Un article sera publié aussi sur notre site pour dénoncer
votre campagne d'intimidation et de harcèlement contre l'asbl
RésistanceS
A propos de toutes « relations judiciaires » à
venir nous concernant, nous vous demanderons de vous adresser au
cabinet d'avocat en charge de la plainte qui nous lie désormais.
Nous ne souhaitons donc plus de relation directe avec vous.
Veuillez en prendre bonne note».
Nadia Geerts
Pour RésistanceS.be
© RésistanceS.be
– web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite
– www.resistances.be – info@resistances.be – Article
mis en ligne le 2 avril 2009.
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Sur ce sujet,
lire sur RésistanceS.be :
•
Georges-Pierre Tonnelier et l'extrême
droite : c’est fini
Comité
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