Extrême
droite juive israélienne
Avigdor Lieberman, parcours d’un extrémiste
Le mois dernier, le gouvernement de l'État d'Israël,
sous l'impulsion de son ministre d'extrême droite, a proposé
une loi considérée comme raciste. L'occasion pour la
revue juive belge Regards de dénoncer la dérive actuelle
du pouvoir politique israélien et de retracer le parcours de
ce ministre d'extrême droite (M.AZ).

Affiches dans les années nonante à
Jérusalem du parti Kach de Meir David Kahane. Fasciste et raciste,
ce groupuscule israélo-américain sera ensuite interdit,
en 1994. Aujourd'hui, l'extrême droite israélienne est
au gouvernement © Photo Manuel Abramowicz
Pour l’historien israélien Zeev Sternhell, spécialiste
des origines du fascisme en France, Avigdor Lieberman, qu’il
compare à Benito Mussolini, est «le plus dangereux
politicien de l’histoire d’Israël». Ancien
videur de boîte de nuit, né en Moldavie en 1958, Avigdor
Lieberman émigre en Israël en 1978. Il entre en politique
au début des années nonante et rejoint rapidement la
direction du Likoud (NDLR : le parti historique de la droite israélienne)
pour ensuite devenir directeur de cabinet de Benjamin Netanyahou (NDLR
: déjà premier ministre) entre 1996 et 1999. Opposé
à toute négociation avec les Palestiniens, il claque
la porte du Likoud et crée son propre parti, Israël Beiteinou,
parti d’extrême droite russophone.
États ethniquement homogènes
Très vite, Avigdor Lieberman imprime son style brutal en multipliant
les déclarations anti-Arabes. Lors des moments les plus meurtriers
de la seconde intifada, il exige le bombardement des stations d’essence,
banques et centres commerciaux palestiniens.
Plus récemment, il a préconisé
des échanges territoriaux et de populations entre Israël
et l’Autorité palestinienne, «pour créer
deux États ethniquement homogènes».
Aux élections législatives de 2006,
son parti Israël Beiteinou remporte onze sièges à
la Knesset. Fort du soutien d’une base qui dépasse désormais
largement la population russophone, Avigdor Lieberman appelle à
bombarder l’Iran et demande la mise à mort des députés
arabes israéliens qu’il soupçonnerait de collaborer
avec le Hamas.
Coalition de droite et d’extrême
droite
Ministre des Affaires stratégiques du gouvernement Olmert,
il démissionne en 2008 pour protester contre les négociations
de paix avec les Palestiniens dans le cadre de la Conférence
d’Annapolis. Lors des élections législatives de
2009, alors que Tsahal a mené des opérations ayant occasionné
de nombreuses victimes dans la Bande de Gaza, Lieberman déplore
que le gouvernement israélien n’ait pas recours à
la bombe atomique, «comme les États-Unis en 1945
à Nagasaki».
Bien qu’il soit poursuivi par la Justice
pour fraude et blanchiment d’argent, il occupe encore la fonction
de ministre des Affaires étrangères du gouvernement
actuel. Poids lourd de cette coalition de droite et d’extrême
droite, Lieberman s’efforce de se présenter comme le
sauveur d’Israël.
Nicolas ZOMERSZTAJN
[Article publié dans REGARDS, le mensuel
du Cercle communautaire laic juif de Belgique (CCLJ), du mois de novembre
2010, et republié sur le site de RésistanceS.be avec
l'aimable autorisation de son auteur. Sur-titre, chapeau, sous-titres,
illustration et légende de RésistanceS.be].
Un
fascisme israélien ?
Suite à la proposition de loi sur la «fidélité
à l'État juif» du gouvernement israélien,
en octobre 2010, à nouveau, il est dénoncé
la fascisation du pays.

Extrait d'une affiche du parti Israël
Beiteinou d'Avigdor Lieberman, le principal leader de l'extrême
droite fasciste et raciste juive israélienne.
«De grands
chroniqueurs du Haaretz et du Yediot (NDLR : deux
importants quotidiens hébreux israéliens) qui
n’ont pas leur plume dans leur poche ont mis en garde
: le fascisme est à nos portes. Oh, bien sûr, pas
le fascisme de la Marche sur Rome ou de l’incendie du
Reichstag. Un fascisme rampant, insidieux, larvé, qui
ne paie pas de mine, qui avance à tâtons, qui n’aura
jamais les traits de celui d’antan, un fascisme sans chemises
brunes ou noires».
[Denis Charbit,
correspondant israélien de REGARDS, mensuel du Cercle
communautaire laic juif de Belgique (CCLJ), dans son numéro
du mois de novembre 2010]. |
| Israël
: 10 000 manifestants contre loi raciste

Plusieurs milliers de manifestants juifs
et palestiniens dans les rues de Tel Aviv contre «Le fascisme
et le nettoyage ethnique» - Photo publiée sur le
blog communiste Solidarite-internationale-PCF.
«Voici quinze
jours, le gouvernement israélien a apposé sa signature
au bas d’une loi qui oblige les nouveaux citoyens à
jurer fidélité à Israël en tant qu’''État
juif et démocratique''. C’est surtout le mot
''juif'' qui a suscité la colère des parlementaires
arabes. Ils parlent de racisme parce qu’avec cette loi,
les droits des Arabes en prennent encore un coup. (...).
Le ministre des
minorités, Avishai Braverman, du Parti travailliste,
a qualifié la nouvelle loi d’''horrible faute''.
Il s’interroge sur les raisons qui poussent le gouvernement
à offenser la minorité palestinienne en Israël
par une loi de ce genre. La raison est simple : le premier ministre
Benyamin Netanyahou doit satisfaire son ministre des Affaires
étrangères Avigdor Lieberman, leader du parti
ultranationaliste Yisrael Beitenu. Toutefois, la loi doit encore
être approuvée par la Knesset, le Parlement israélien.
Lieberman entend d’ailleurs
aller encore plus loin. D’ici peu, il voudrait étendre
la loi et obliger tous les Israéliens de plus de seize
ans à prêter ce serment. Son parti entend aussi
rendre punissable toute commémoration publique du ''jour
de la Nakba'' (commémoration du départ de centaines
de milliers d’Arabes d’Israël, en 1948). De
même, il est de plus en plus fréquemment question
aussi de ''transfert'' - un euphémisme pour expulsion
– de la minorité arabe hors des territoires israéliens.
''La voix
de Lieberman, les mains de Netanyahu''
Pour contrer cela, un mouvement progressiste s’est enclenché.
Samedi 16 octobre, à Tel-Aviv, 10 000 manifestants ont
défilé pour protester contre cette loi du ''serment
d’allégeance'' et contre la pléthore de
mesures et lois racistes à venir.
Sous le mot d’ordre
''Tous ensemble contre le racisme – Juifs et Arabes
marchent pour la démocratie'', la manifestation
a pris la direction du ministère de la Défense.
Parmi les manifestants, se trouvaient des membres et des militants
du Parti communiste d’Israël, du Front démocratique
pour la paix et la liberté (Hadash), de la Jeunesse communiste,
du parti de gauche Meretz, de nombreuses ONG et associations
d’activistes et des milliers de citoyens soucieux du respect
de la démocratie.
Les manifestants
brandissaient des banderoles portant des slogans comme ''La
voix de Lieberman, les mains de Netanyahu'', ''Le fascisme
et le nettoyage ethnique relèvent la tête''
et ''Ensemble, nous défendons la démocratie''.
Les organisateurs
de la manifestation distribuaient des tracts conviant le gouvernement
israélien lui-même à jurer allégeance
à la population de son pays : ''Je promets de ne
discriminer ni priver de ses droits quiconque en raison de ses
origines, son sexe, sa nationalité, son accent, sa couleur
de peau, sa culture, son statut économique ou tout autre
facteur''(...).».
[Extraits d'un article de Stéphane
Lejoi publié dans Solidaire, l'hebdomadaire du Parti
du Travail de Belgique (gauche populaire), du 26 octobre 2010].
|
Articles mis en ligne sur RésistanceS.be
– web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite
– www.resistances.be – info@resistances.be – le
14 novembre 2010.
|

Extrême droite en terre promise :
Avigdor Lieberman et le fascisme israélien

L'article ci-contre a été publié une première
fois dans REGARDS, le mensuel du Cercle communautaire laic juif de
Belgique (CCLJ), du mois de novembre 2010, et republié sur
le site de RésistanceS.be avec l'aimable autorisation de son
auteur.
A lire également,
sur cette même page :
• Un
fascisme israélien ?
• Israël
: 10 000 manifestants contre loi raciste
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thème, lire les dossiers de RésistanceS.be

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