| RésistanceS 04-08-2007 |
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Influence idéologique étrangère
Fondé en 1961, le Parti national belge (PNB) était lui aussi marqué par les écrits de Charles Maurras. Cette petite formation politique anticommuniste, national-catholique et contre-révolutionnaire rassemblait plusieurs personnalités qui marqueront l’histoire de l’ultra droite belgicaine, comme le général Emile Janssens et Gérard Hupin. Le PNB défendait l'unité du pays, l'Occident chrétien et le régime fasciste portugais conduit par Salazar. Le journal du parti,La Nation BeIge, reçut la collaboration journalistique de Jacques Ploncard, dit Jacques Ploncard d'Assac. Complice de l’antisémite professionnel Henry Coston, cet écrivain français spécialiste de I'antimaçonnisme, journaliste en 1928 à L'Antijuif et disciple d'Edouard Drumont, I'auteur de La France juive (en 1886), fut membre des services de documentation du régime collaborationniste de Vichy. Après la défaite des nazis, Jacques Ploncard se réfugia à Lisbonne chez son ami Salazar. Gérard Hupin déjà cité et Jean-Pierre Grimar, un autre membre du Parti national belge, furent les fondateurs de l’association des Amis belges de Charles Maurras.
Au début des années 1970, un « banquet Charles Maurras », initié notamment par le déjà cité Gérard Hupin, s'organisa avec le soutien de la Jeunesse belge-Belgische jeugd (proche du ministre Paul Vanden Boeynants) et de l’organisation Ordre Nouveau-Belgique, deux groupuscules nationalistes régimistes. En avril 1976, Gérard Hupin participa, à Aix-en-Provence, au cinquième colloque consacré à I'auteur national-traditionnaliste, organisé par le Centre Charles Maurras (1). Le maurrassien belge Gérard Hupin décéda le 14 février 1978. Son neveu, Georges Hupin, lui aussi ancien du Parti national belge, lui rendit hommage, dans Pour une renaissance européenne - Pure, I'organe belge du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece), en ces termes : « C'était un catholique assidu. Maurrassien dès la première heure, il vouait à son vieux maître une dévotion au moins aussi fervente qu'à Dieu et une fidélité véritablement chevaleresque » (2).
C'est le mensuel Le Nouvel Europe magazine (NEM) qui poursuivra l'entretien en Belgique du corpus maurrassien dans les années 1970. Le Front de la jeunesse (FJ), une organisation néofasciste fondée à l'Université de Liège en 1974 et soutenue par le NEM, s'inspira de Charles Maurras pour la formation de ses cadres. Le Parti des forces nouvelles (PFN), le bras politique du FJ, se chargera ensuite de poursuivre le combat nationaliste, aussi sous l'égide de Maurras, jusqu'à 1991, année de sa fusion dans le Front national de Daniel Féret. Un « front » lui aussi sous l'influence maurrassienne. Après 1995, c'est Polémique qui va diffuser, via sa librairie, des ouvrages du leader de l'Action française. Le dirigeant-fondateur de ce journal national-catholique est alors déjà en contact avec Rivarol, un hebdomadaire français nostalgique du régime de Vichy et des écrits politiques de Maurras. Génération
Maurras
La plupart des disciples - français comme belges - de Charles Maurras occultent les penchants et les élaborations théoriques antisémites et totalitaristes de cet idéologue français. Son « nationalisme intégral », sa vision politique suscitée par sa théorie des « Quatre Etats confédérés » - des quatre forces subversives de « I’anti-France », c'est-à-dire : « les Protestants, les Francs-maçons, les Métèques et les Juifs » -, font de Charles Maurras I'un des principaux leaders antisémite du XXe siècle. L'on ne peut citer celui-ci sans rappeler son antisémitisme invétéré. L'occultation de cette réalité, par ses émules français comme belges, fait alors force de complicité chez eux. Nier une réalité, certes embarrassante, voilà une stratégie maintes fois menée par I'ultra droite pour pouvoir réhabiliter un passé des plus obscurs... Manuel ABRAMOWICZ
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Charles Maurras et ses disciples Idéologue français d’extrême droite et antisémite professionnel dans l’entre-deux-guerres, Charles Maurras (1868-1952) a eu de nombreux disciples en Belgique. Depuis les années 1930 à nos jours. Sur Charles Maurras et ses disciples belges, lire sur RésistanceS :
Les disciples belges de Charles Maurras Marcel
De Corte, idéologue belge de l’Etat fort
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