Enquête
de RésistanceS
L'extrême droite française s'installe
à Liège
Début juillet, RésistanceS apprend l'ouverture
à Liège de Primatice Belgique, une nouvelle librairie.
Sa particularité : son patron, Philippe Randa, est un leader
français d'extrême droite de longue date. Nous avons
demandé à Guy Laurent, l'un de nos correspondants parisiens
et par ailleurs animateur du Centre de recherches, d’information
et de documentation antiraciste (CRIDA), de nous brosser le portrait
de ce Philippe Randa, de nous informer un peu plus sur sa nébuleuse
éditoriale, sur ses liens étroits avec l'extrême
droite de Belgique - notamment avec Philip Dewinter du Vlaams Belang
- et sur cette singulière librairie ouverte désormais
dans la cité Ardente.
Une enquête de Guy LAURENT
Membre de l’équipe d’animation du Centre de recherches,
d’information et de documentation antiraciste (CRIDA) et correspondant
de RésistanceS en France.

Catalogue et bulletin d'information
n°1 (été 2007) de Primatice Liège. Cette
librairie de diffusion et de distribution propose la majorité
des ouvrages produits par les diverses structures éditoriales
de Philippe Randa. On y retrouve également des livres des éditions
bruxelloise Mengal, dont certains sont singularisés par leur
soutien camouflé au négationnisme et à des politiques
ouvertement racistes. Des revues néofascistes, négationnistes
et intégristes sont aussi en vente – Document : RésistanceS.
POUR AGRANDIR 
Une nouvelle librairie, Primatice Belgique, vient d’ouvrir début
juillet à Liège. Son directeur est un dénommé
Xavier Verdavoine (1). Indépendamment de sa structuration juridique
particulière au regard du droit belge, elle n’est en
fait qu’une annexe de la librairie Primatice de Paris dirigée
par un certain Philippe Randa.
Qui est donc cet intrépide «
businessman » qui n’hésite pas à investir
ses deniers personnels en faveur de l’exportation de la «
culture française » en Belgique ? Quelles sont ses motivations
et quels objectifs commerciaux et/ou politiques poursuit-il en ouvrant
à Liège sa seconde librairie ?
Militant d’extrême
droite de longue date
Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa, est né
en 1960. Il aime à se présenter comme « un
auteur de documents contemporains sur la littérature, la police,
les homosexuels, la politique, la Seconde Guerre mondiale, les grands
criminels, les régions et les ex-comptoirs français
»(2).
Mais dès avant de publier son
premier roman à dix-neuf ans, Philippe Randa entre en politique
et devient un militant encarté : « à dix-sept
ans, je m’inscrivais parallèlement en facs de droit et
de lettres, avec - principalement- ''option GUD'' ! » (3).
S’il déclare avoir cessé
tout engagement militant partisan depuis plus de vingt ans, il reconnaît
toutefois avoir été candidat aux élections municipales
sur une liste du Front national. Il reste encore aujourd’hui
proche de ce parti, en collaborant par exemple avec Générations
Le Pen, l'association frontiste dirigée par Marine Le Pen (4)
ou en publiant un appel implicite à voter pour Le Pen aux présidentielles
de 2007 (5).
Un journaliste très engagé
Pour Philippe Randa, le véritable combat est ailleurs : «
j’ai continué le combat politique à travers mes
divers articles ou livres - écrits ou édités
». C’est sans doute vrai au sens strictement partisan
du terme, mais Randa n’a jamais abandonné - bien au contraire-
son engagement politique.

Philippe Randa, le patron de la librairie Primatice
Belgique, ouverte à Liège en juillet dernier, provient
de l'extrême droite pure et dure française.
Toute sa philosophie politique est résumée
dans un éditorial publié en 2002 :
« Les formidables résultats
au soir du 21 avril 2002 placent dans notre pays la mouvance nationaliste
à plus de 20 % des suffrages. Ils permettent à Jean-Marie
Le Pen d’être présent au second tour de l’élection
présidentielle. Ils ont redonné espoir à des
millions de Français. Les choses ont bougé ! Mais
tout n’est pas encore gagné et la victoire politique,
plus que jamais, passera par le combat culturel. Au premier plan
de celui-ci, il y a les livres « politiquement incorrects
» qui sont les munitions indispensables à la formation
des futurs cadres de notre pays et à la prise de conscience
de ceux qui hésitent encore parfois sur le choix à
faire. La victoire…en lisant ! » (6).
En tant qu’écrivain, journaliste,
éditeur et libraire, il se veut un point de rencontre, de confrontation
et de débat entre les différentes chapelles de sa famille
politique : l’extrême droite. Son site internet publie
chaque semaine la tribune d’un invité, contribuant ainsi
au débat d’idées entre nationalistes. Au travers
de ses chroniques politiques hebdomadaires, publiées d’abord
sur le site internet d’Unité radicale, un groupuscule
néofasciste (7), puis sur ses propres sites (Dualpha.com et
philipperanda.com), il distille conseils, avis, jugements et opinions.
Il n’est certes pas le seul militant politique d’extrême
droite à procéder de la sorte, mais sa particularité
réside dans sa capacité à faire que ses chroniques
soient reprises par d’autres sites allant des « 4verites.com
» de l’ultralibéral Alain Dumait à «
Voxnr » du nationaliste-révolutionnaire Christian Bouchet
(ex-leader d'Unité radicale).

Philippe Randa est l'un des héritiers
de l'extrême droite de l'après-Guerre. Un de ses modèles
fut notamment la revue Défense de l'Occident, du négationniste
Maurice Bardèce © Document photographique et Archives
: RésistanceS.
Un auteur prolifique et éclectique
Par ailleurs, Randa a été le responsable et le collaborateur
d’innombrables titres de la presse nationaliste, entre autres
: directeur de la rédaction du Flambeau littéraire
(en fait le bulletin de la librairie néonazie l’AEncre),
responsable des Dossiers de National Hebdo, en passant par
la direction de la rédaction du journal L’Entraide
nationale du pasteur frontiste Jean-Pierre Blanchard.
Il a aussi créé la revue
Dualpha qu’il définit comme étant - depuis
la disparition d’Europe Action, de Défense
de l’Occident (du négationniste Maurice Bardèche)
ou du Choc du mois (première mouture) - «
la seule revue où s’expriment toutes les familles de
pensée de la mouvance nationale ». Dualpha
a publié plusieurs numéros spéciaux : «
la crise du Front national », à « Evola
envers et contre tous »...
Philippe Randa est aussi l’auteur
de près d’une centaine d’ouvrages, allant de romans
policiers et d’espionnage, à des livres érotiques
ou de science fiction. Mais le détail de quelques titres des
ouvrages dont il est l’auteur (ou le co-auteur) est plus évocateur
de son orientation politique que son autoportrait ne le laisse pas
deviner : Front de l’Est, le rêve éclaté,
Les écrivains- guerriers, L’ordre de la Francisque et
la Révolution nationale, Vers la société multiraciste,
Les antisémites de gauche, Dictionnaire commenté de
livres politiquement incorrect, La maffia rose-Panorama du monde homosexuel,
Dictionnaire commenté de la collaboration française,
Rescapés de l’épuration...
Un éditeur militant «
pluriel », avisé et high tech
Homme aux multiples facettes, Philippe Randa veut apparemment maîtriser
l’ensemble de la chaîne éditoriale (8). Il devient
donc éditeur et fonde en 1997 les éditions Dualpha qui
publient des auteurs tels que l’antisémite Edouard Drumont,
mais aussi Maurice Bardèche, Saint-Loup (ex-SS français),
Robert Brasillach, Alphonse de Chateaubriant sans oublier Gilles Buscia,
Jean Curutchet et Jean-Claude Pérez (activiste de l’OAS),
le rexiste Léon Degrelle ou bien encore l'écrivain belge
Paul Vandromme. Dernièrement, Dualpha a publié La
France LICRAtisée, un ouvrage d’Anne Kling, ainsi
que la Bibliographie générale des Droites françaises
d’Alain de Benoist (en quatre épais volumes). Voulant
diversifier sa production, il fonde en 1998 une autre maison d’édition
: Déterna. Outre quelques auteurs communs avec les éditions
Dualpha, cet éditeur publie la « fine fleur » des
auteurs d’extrême droite (ou proches de celle-ci), tant
les historiques que les contemporains : Jean Mabire, Jean-François
Chiappe, Roland Gaucher, André Figuéras, Marcel Déat,
Pierre-Antoine Cousteau, Henry Coston, Guillaume Faye, Jacques Bompart,
Otto Skorzeny, Olivier Grimaldi ou le dessinateur Konk.
A noter le « coup » éditorial
réalisé en 1993. Randa et trois autres auteurs d’extrême
droite publient aux éditions Martelle un livre Hommes et
traditions populaires en Poitou-Charentes-Vendée. La préface
est rédigée rien moins que par Jean-Pierre Raffarin,
alors président de la Région Poitou-Charentes et futur
Premier ministre de Jacques Chirac.
Randa précise que si, grâce
à l’utilisation des nouvelles technologies d’impression,
le prix de fabrication d’un livre n’est plus un obstacle
insurmontable pour un petit éditeur (il indique utiliser le
tirage numérique, au fur et à mesure des besoins), les
vrais problèmes résident dans la diffusion et la distribution
de celui-ci. Tirant profit de l’une de ses expériences
passées, alors qu’il oeuvrait à la librairie néonazie
parisienne l’AEncre (9), Randa a remédié à
la question essentielle de la diffusion/distribution « en
créant, parallèlement à sa diffusion en librairie,
mes catalogues mensuels Francephi diffusion (…) ainsi qu’un
site internet, et en avril 2006 j’ouvre un comptoir de vente
éditeur » (10). Ses deux maisons d’édition
ainsi que les librairies Primatice et la société de
VPC (vente par correspondance) Francephi (11) sont en fait les enseignes
commerciales des sociétés « Ekaistos » (12)
et « 20 ans après », dont Philippe-André
Duquesne (alias Philippe Randa) est le dirigeant social.
A priori, Randa est un partisan d’une
concurrence intelligente avec les autres VPCistes et librairies en
ligne d’extrême droite. Ainsi avec la société
Irminsul Editions (installée à Lyon), il passe un accord
de diffusion de leurs ouvrages respectifs avec son gérant Lionel
Bosserelle. De même, le site internet de Dualpha n’hésite
pas à renvoyer – dans l’intérêt mutuel
- à la librairie en ligne Librad.com liée au site «
Voxnr » de Christian Bouchet (13). Par ailleurs, des mailings
croisés permettent de « couvrir » les lecteurs
de toutes les tendances de l’extrême droite.
En petit patron avisé, Randa n’hésite
pas à proposer ses fichiers clients à la location (14).
De même, afin de satisfaire un lectorat sans doute vieillissant,
il édite certains livres de ses catalogues en grands caractères.
Primatice Liège : magasin
de la haine
Philippe Randa déclare « en édition, il ne
faut pas confondre spécialisation et ghettoïsation »
et essaye de ne pas (trop) s’enfermer dans la vente d’ouvrages
liés à telle ou telle (micro) famille politique. Il
vise ici sans doute les clients de la Librairie nationale, de la rue
de la Sourdière à Paris et ceux d'un autre VPCiste,
connu sous le nom de Diffusion de la Pensée française
(DPF). La DPF a été fondée par Jean Auguy et
est directement liée aux Editions de Chiré. Spécialisées
en « littérature contre-révolutionnaire »,
ces éditions diffusent, outre de très nombreux ouvrages,
les deux mensuels Lectures Françaises (fondé
par l'antisémite Henry Coston) et Lectures et Traditions.
La DPF est l'un des piliers de propagande du courant national-catholique,
proche des intégristes lefebvristes.
On trouvera donc aussi à Primatice
Liège tous les livres présents à la « maison
mère » de Paris, ceux des éditions Déterna
et Dualpha comme ceux d’une trentaine d’éditeurs
de la « grande famille » nationale et nationaliste française
(15) (auxquels viendront sans aucun doute s’ajouter les ouvrages
des quelques maisons d’édition belges « cousines
») ainsi que des CD, des DVD, des cartes postales et des jeux.
On y exposera aussi des revues et journaux, à savoir la plupart
des titres de l’extrême droite française : du Choc
du mois à Terre et Peuple, en passant par le
Bulletin Célinien, Certitudes, Eléments,
les Ecrits de Paris, Krisis, Le Libre journal
de la France courtoise, Monde et Vie, National Hebdo,
Minute, Rivarol, Réfléchir et
Agir, Synthèse nationale, Unité normande
et plus curieusement... Actualités juives (dans le
but de répondre à toutes accusations d'antisémitisme).
Des revues que l’on peut trouver pour certaines en kiosque,
mais dont la plupart ne sont livrées que sur abonnement à
un public cible.
Pourquoi cette ouverture à Liège
? Randa apporte la réponse suivante : « de nombreux
correspondants belges, nous avaient depuis longtemps demandé
de bénéficier de notre réseau de diffusion de
livres non-conformistes qui a la réputation selon eux, d’être
en France le plus dynamique. C’est un compliment auquel nous
sommes particulièrement sensibles ». L’argument
est recevable, mais la VPC - via Francephi Diffusion - était
suffisante pour satisfaire la demande d’un lectorat belge d’expression
française.
Randa poursuit-il, au-delà de
l’aspect strictement commercial (ouvrir un nouveau marché
à ses éditions), des objectifs plus politiques ? La
librairie pourrait être - à l’instar de Primatice
Paris - un lieu de rencontres, de débats et d’échanges
(notamment lors de séances de signature des auteurs «
maison »), voire de convergences entre des courants et des familles
qui n’ont pas l’habitude de se fréquenter en Belgique.

Philip Dewinter, numéro 2 du Vlaams
Belang (à l'extrême droite sur cette photo), lors d'une
rencontre avec les extrémistes du Bloc Identitaire, en avril
dernier à Bruxelles. Le 27 octobre prochain à Paris,
il retrouvera Philippe Randa, le patron de la librairie d'extrême
droite ouverte à Liège au mois de juillet passé.
Un familier de l’extrême droite belge
Si le père de Philippe Randa, l’écrivain Peter
Randa, est né en 1911 à Marcinelle, près de Charleroi,
dans le Hainaut belge, son fils a grandi en France. Philippe Randa
n’est pas pour autant un inconnu dans le paysage politique et
éditorial extrémiste belge.
Parmi les nombreux exemples franco-belges,
la revue Dualpha, dans son numéro spécial consacré
à la crise de 1998 du Front national, a publié un article
de Luc Michel, dirigeant du Parti communautaire national-européen
(PCN) (16). Dans ce même numéro figurait une publicité
pour la revue Ket éditée alors par l'association
Bruxelles Identité Sécurité (BIS, aujourd'hui
connue sous le nom d'Alliance bruxelloise contre le déclin)
de Pieter Kerstens (responsable francophone du Vlaams Belang). Le
numéro 1 de la revue Synthèse nationale, lancée
à l’occasion de la convention présidentielle du
Front national en 2006 par Roland Hélie (17) - qui n’est
pas sans rappeler Dualpha, la revue créée par
Randa - publie une interview du numéro deux du Vlaams Belang,
Philip Dewinter. Mais la collaboration franco-belge de Randa la plus
réussie restera l’expérience menée avec
le mensuel Pas d’Panique à bord ! dont il était
directeur de la rédaction. Fondé en 1992, celui-ci fusionnera
en février 1996 avec la revue Europe nouvelles éditée
par le cercle « l’Anneau » de Ralf Van den Haute
(18). Philippe Randa deviendra directeur de la rédaction du
nouveau mensuel Pas de Panique à bord - Europe nouvelles (19).
Il est aussi a noter que Philippe Randa
est l'un des signataires de l'« Appel des 25 pour une grâce
présidentielle en faveur de Michel Lajoye », un terroriste
néonazi emprisonné pour l'organisation d'attentats anti-immigrés
dans les années 1980. Initié en 2006 par le CEPE...
le Comité d'entraide aux prisonniers européens, cet
Appel a notamment été signé par Fabrice Robert
(dirigeant du Bloc Identitaire), Emmanuel Ratier (disciple de l'antisémite
Henry Coston), Camille Galic (directrice de Rivarol), Bruno
Gollnisch (numéro 2 du Front national français)... et
deux Belges, Patrick Cocriamont et Marc Laudelout, respectivement
député fédéral du FN de Daniel Féret
et fondateur-directeur du Bulletin Célinien, ainsi
qu'auteur d'un livre sur l'hebdomadaire pro-négationniste Rivarol
édité chez Déterna, un des maillons éditoriales
de la nébuleuse animée par Philippe Randa. Le monde
est petit...
La prochaine participation politique
de Philippe Randa est annoncée à Paris pour le 27 octobre
de cette année, à l’occasion du premier anniversaire
de la revue Synthèse nationale qui rassemblera, outre
Philippe Randa et Roland Hélie, Jean-François Touzé
du FN, Pierre Vial de Terre et Peuple, Bernard Antony de l’AGRIF,
Nicolas Bay du MNR de Bruno Mégret, Odile Bonnard de Solidarité
des Français, Jérôme Bourbon de Rivarol
et Bruno Larebière du Choc du mois, sans oublier «
l’invité d’honneur »... Phiilip Dewinter,
et nous revoilà en quelque sorte de retour en Belgique…
Guy LAURENT
Membre de l’équipe d’animation du Centre de recherches,
d’information et de documentation antiraciste (CRIDA) et correspondant
de RésistanceS en France.
Notes :
(1) Présenté comme le fils d’un
auteur publié par les Editions Dualpha, Francis Verdavoine-
Bourget dans un article « Une librairie Primatice ouvre en Belgique
», Synthèse nationale, numéro 4, été
2007 p. 35-37
(2) Voir le détail de cet autoportrait sur le site internet
personnel de Philippe Randa (philipperanda.com).
(3) In Philippe Randa « le Fort Chabrol du FN n’est plus
», Dualpha, hors série numéro 1, mai 1999, p.162.
Pour connaître les exploits violents du Groupe union défense
(GUD), voir Xavier Renou : « Le GUD, autopsie d’un moribond.
Histoire et analyses d’un groupuscule d’extrême
droite (1975-1995) » aux Editions Reflex. On peut aussi consulter
l’ouvrage collectif outrageusement hagiographique « Les
rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995
», éditions des Monts d’Arrée liées
à Frédéric Chatillon. A cette époque,
le GUD était étroitement lié au Parti des forces
nouvelles (PFN), dissidence du Front national français dirigée
par Roland Gaucher, Pascal Gauchon et Alain Robert.
(4) Voir son article « Comment dans l’imaginaire de l’extrême
gauche, les immigrés ont pris la place des prolétaires
» dans le numéro 16 d’octobre/novembre 2005 p.
6 de L’Aviso, bulletin de liaison mensuel de l’association
Générations Le Pen de Marine Le Pen.
(5) Voir le supplément à National Hebdo, spécial
campagne présidentielle de « Le Pen Et si c’était
lui ? Le Pen 2007 », p.10 où dans un article «
les soucis d’un petit patron », l’éditeur
Randa apprécie à sa juste valeur l’expérience
du chef d’entreprise Le Pen (à l'époque où
il dirigeait la SERP, une société de diffusion de disques
religieux et politiques).
(6) Extrait de l’éditorial du catalogue numéro
38 de 2002 de Dualpha Diffusion, rédigé par Thomas Magne,
collaborateur de Philippe Randa.
(7) Le mouvement Unité radicale sera dissous après la
tentative d’assassinat contre Jacques Chirac, le 14 juillet
2002, par Maxime Brunerie, l'un de ses sympathisants.
(8) Sur l’édition d’extrême droite, voir
l'article : « L’édition d’extrême droite
: géographie d’un univers discret », dans le numéro
hors série (juillet 1997) de LIVRES « fascismes
d’hier et d’aujourd’hui », bulletin publié
avec le concours de l’Association des Bibliothécaires
français (ABF). Voir aussi dans le dossier réalisé
par la Fédération française de coopération
entre bibliothèques (FFCB) avec le concours du Centre de recherches,
d’information et de documentation antiraciste (CRIDA), en mai
1999, « Les bibliothèques face aux pressions politiques
: quelques outils », le chapitre consacré à la
diffusion de l’édition et de la presse d’extrême
droite.
(9) La librairie l'AEncre venait alors de succéder à
la librairie Ogmios. Celle-ci vendait ses livres via le minitel (3615
Boukin). Très vite Ogmios, société de vente par
correspondance (VPC) qui possédait aussi la librairie du même
nom, « s’est rapidement démarquée des
formes de VPC pratiquées dans le milieu nationaliste, en imprimant
des catalogues et des publicités attrayantes, mettant en valeur
les ouvrages ou articles proposés, et en les diffusant régulièrement
à des dizaines de milliers de correspondants dans toute la
France et en Europe. Ogmios n’a jamais hésité
à diffuser les ouvrages de tous les auteurs non-conformistes
», Le Crapouillot numéro 119 de mai-juin
1994, « Les nationalistes sont de retour », l’article
de Xavier Cheneseau « Nationaux et nationalistes en France »,
p.54. Pour ce qui est de l’histoire agitée des librairies
d’extrême droite, telles Ogmios, L’AEncre ou la
Librairie nationale, voir les articles : « Petites boutiques
des horreurs » et « Les pets et la plume » parus
dans REFLEXes numéro 4 de 2001 consacré à
la « Propagande et aux médias ».
(10) Selon une Interview de Philippe Randa à Rivarol,
du 7 avril 2006. A noter que Déterna a publié le livre
du Belge Marc Laudelout, directeur du Bulletin célinien
: Rivarol, hebdomadaire d’opposition nationale, consacré
au journal d'extrême droite Rivarol. Avant la création
de son comptoir parisien, les livres de Déterna et de Dualpha
étaient en vente à la librairie d'extrême droite
La licorne bleue.
(11) Nom de la structure de vente par correspondance (VPC) créée
par Randa, basée à Coulommiers (en Seine-et-Marne) et
dont la directrice est Françoise Duquesne
(12) Nom sans doute tiré de son ouvrage de science fiction
Les fusils d’ekaistos, paru en 1981 au Fleuve Noir.
La SARL Ekaistos a réalisé en 2005 un chiffre d’affaire
de 256.307 euros.
(13) « Voxnr » se définit comme le «
site des résistants au nouvel ordre mondial » et
reprend les chroniques hebdomadaires de Philippe Randa. A signaler
que Librad.com existe, outre en français, en versions italienne
et allemande, lesquelles proposent des ouvrages dans ces deux langues.
Dans « Les nôtres-La lettre », numéro
12 du mois d'août 2007, le bulletin interne de ce réseau
nationaliste de propagande, Christian Bouchet indique la preuve concrète
de la réussite de Librad.com « se trouve dans l’accord
qui nous lie à la nouvelle librairie parisienne Primatice ».
Les éditions Déterna ont publié Les nouveaux
nationalistes, un livre de Christian Bouchet constitué
d’interviews de militants néofacistes. A noter que l’interview
de Bouchet est réalisée par... Randa.
(14) Le site commercial www.locadresses.com indique que les éditions
Dualpha offrent à la location 60.896 références
clients et précise que le profil de la clientèle est
« essentiellement masculine, âgée de 40 à
60 ans et aux revenus élevés ».
(15) Parmi lesquels : Ars Magna, Avatar, Godefroy de Bouillon, Nouvelles
Editions Latines, Pardès, Servir...
(16) Dualpha, numéro hors série, mai 1999,
« Ni César ni Brutus », p. 147-152.
(17) Roland Hélie est, entre autres « qualités
», un ancien de la direction du Parti des forces nouvelles,
de National Hebdo, de l’Alliance populaire et du Parti
national républicain (PNR). Il est aujourd’hui responsable
du club Ligne Droite qui se veut la « boîte à
idées au service de la Droite nationale ». Le président
du PNR était Jean-François Touzé, aujourd’hui
membre du bureau politique du Front national de Le Pen, secrétaire
national chargé de la coordination des élus et responsable
de la communication de la campagne présidentielle 2007 . Il
est aussi conseiller régional d’île de France.
Le même Touzé a publié en 2006 aux éditions
Déterna Comme une veillée d’armes, sa
« chronique de combat de l’année 2005 ».
Synthèse nationale de Roland Hélie est très
proche de Philippe Randa. C'est sur son site que fut annoncée,
en juillet 2007, l'ouverture de la librairie Primatice à Liège.
(18) Cet animateur d’expression française de la Nouvelle
Droite flamande est aussi l’un des anciens leaders de la Vlaamse
jeugd, organisation de jeunesse du Hertog Jan Van Brabant, un cercle
regroupant des anciens combattants SS flamands qui fut lié
en 1980 au groupe terroriste néonazi, le WNP, et ensuite aux
négationnistes de VHO. Ralf Van den Haute a aussi été
conseiller communal du Vlaams Blok à Sint Pietersleeuw (commune
de la périphérie bruxelloise). Voir au sujet d’Europe
nouvelles et de l’Anneau l’article de René Monzat
dans le rapport 1996 du CRIDA « Racisme, extrême droite
et antisémitisme en Europe » p. 39, dans l’édition
1997 du même rapport celui de Manuel Abramowicz p. 41, ainsi
que l’article de Jean-Yves Camus consacre aux « relations
internationales du Front national » dans l’édition
1998 du rapport du CRIDA, p. 232. Voir aussi l’article de Nadia
Geerts in RésistanceS du 26 mars 2005.
(19) Qui deviendra dès le numéro 13/14 de mars 1996
Pas de Panique - Europe nouvelles.
© RésistanceS – Observatoire
belge de l'extrême droite – www.resistances.be –
info@resistances.be – Article mis en ligne le 20 août
2007.
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