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La Communauté flamande subsidie La société U-Man Belgium propose aux entreprises des formations en management et des ateliers de communication. Leur but : l’art de donner envie d’acheter, ou celui de communiquer en évitant tout parasitage. Et la Communauté flamande dispense aux entreprises qui y envoient leur personnel des « chèques-formations » qui financent 50 % desdites formations. Rien d’inquiétant à cela ? Rien, si ce n’est que U-Man International est l’une des nombreuses sociétés satellites de la secte de scientologie.
Les bureaux de U-Man à Malines (Photo N. Geerts)
Avec Business Efficiency sprl, U-Man propose aussi des activités de consultance aux entreprises. Activités qui utilisent elles aussi la technologie de la Scientologie, et donnent donc également lieu à la perception de droits d’auteur par WISE. En finançant pour moitié les formations d’U-Man Belgium, c’est donc bien à la prospérité de la secte de Scientologie que la Communauté flamande contribue ! Une prospérité d’ailleurs déjà bien étable, si l’on en juge par l’opulence du bâtiment qu’elle a récemment acquis à Bruxelles, rue de la Loi, comme l’avait révélé RésistanceS en août 2003. Rappelons que le but de la Scientologie est – selon le rapport de la commission d’enquête parlementaire déjà évoqué – d’infiltrer tous les rouages de la société. U-Man est l’une des nombreuses sociétés écran constituées à cet effet. En 1996 déjà, l’hebdomadaire Le Vif s’était fait l’écho, dans son courrier des lecteurs, de la mésaventure d’un délégué commercial qui avait été tout bonnement licencié par son patron pour avoir refusé de suivre une formation dispensée par U-Man, et destinée à optimiser son « agressivité commerciale ». Un patron manifestement séduit par la Scientologie, puisqu’il avait déjà fait appel à U-Man lors du processus d’embauche de ce délégué. D’autres sources font état d’ « U-tests » permettant de détecter les personnalités « dévalorisantes », nuisibles à l’entreprise. Il semblerait cependant que le test mesure surtout le degré de réceptivité de l’employé à la philosophie scientologique, et permette de faire le tri, au sein de l’entreprise, entre les bons et les mauvais esprits – scientologiquement parlant... Le tribunal correctionnel de Lyon épinglait ainsi, en novembre 1996, le cas d’un employé licencié après avoir échoué au test de personnalité U-Man.
U-Man bénéficie de l'aide financière de la Communauté flamande Près de dix ans plus tard, et malgré les multiples appels à la vigilance, la secte n’a pas cessé de nuire, même si le U-test semble avoir été remplacé par un autre test, baptisé « Recrutech ». Au contraire, elle bénéficie maintenant de l’aide financière de la Communauté flamande. Et si elle reste généralement discrète sur sa véritable filiation, il arrive néanmoins que l’un ou l’autre formateur se laisse entraîner à vanter les mérites de son « Eglise » (lire à ce sujet notre article « Un « hostile caché » chez U-Man »). La ministre flamande de l’économie, Patricia Ceysens, a ouvert une liste téléphonique (02/553.37.77) destinée à recueillir les plaintes relatives aux formations dispensées par U-Man Belgium. En attendant, U-Man est reconnu comme centre de formations et de sélection de candidats jusqu’en 2007 …A moins qu’intervienne d’ici là le jugement consécutif à l’inculpation en mars 2003 par le juge Van Espen de 9 membres de la secte pour, notamment, « appartenance à une organisation criminelle »… Nadia Geerts, avec David Lefébure, 20 mai 2004 © RésistanceS – Bruxelles
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