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U-Man et la scientologie :
la théorie des « instigateurs cachés »
Un vent favorable nous a permis
de consulter un échantillon de la prose scientologique. Un
syllabus axé sur le développement des techniques de
communication qui se conclut sur une curieuse théorie qui en
évoque d’autres : la « loi de la troisième
partie ». Edifiant de simplisme.

Les bureaux de U-Man à
Malines (Photo N. Geerts)
« L’Histoire nous donne
une opinion très faussée du passé car elle nous
est racontée en fonction des récriminations de deux
adversaires, et on n’y a pas identifié la troisième
partie. On devrait y lire « les instigateurs cachés »
plutôt que « les causes sous-jacentes » de la guerre.
Aucun conflit n’est insoluble, à moins que les véritables
instigateurs ne demeurent cachés ».
Ces véritables instigateurs, ils sont partout, et responsables
de presque chacun des conflits que nous vivons, que ce soit entre
partenaires d’un couple, dans un groupe ou entre nations. Mieux
encore : ce partenaire n’est pas une idée, une valeur,
une « raison » : c’est obligatoirement un individu
ou un ensemble humain. Et de citer, à l’appui de cette
thèse rocambolesque, l’exemple de l’Allemagne finançant
Lénine pour qu’il ourdisse la révolte russe de
1917. Ainsi donc, le conflit entre le gouvernement russe et les forces
révolutionnaires avait un « véritable instigateur
» sans lequel les deux parties auraient pu s’entendre
: l’Allemagne.
Les exemples relatifs à des conflits entre personnes sont tout
aussi simplistes. Vous ne vous entendez plus avec votre épouse
? Cherchez l’amant ! Deux fermiers traînent une querelle
depuis des années ? Cherchez le banquier véreux qui
les monte l’un contre l’autre en coulisse !
Une théorie du bouc émissaire
commune à l’extrême droite et à la Scientologie
On comprend mieux, à la lecture de ces thèses abracadabrantes,
la séduction réciproque qui semble s’exercer entre
l’extrême droite et la scientologie. Tous deux se nourrissent
du fantasme d’un monde simple, si simple qu’il suffit
d’y pointer un doigt vengeur sur le véritable coupable
– forcément extérieur à nous –, le
bouc émissaire : l’immigré, le Juif, le Wallon-profiteur-et-fainéant,
le monde politique corrompu, les juges vendus, sans oublier l’inévitable
« complot judéo-maçonnique » qui fait toujours
recette dans ces milieux-là. Attention : la chasse aux sorcières
est lancée !
Nadia Geerts – 22 mai 2004
© RésistanceS – Bruxelles
– Belgique
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