| RésistanceS 27-02-2007 |
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De 1978 à nos jours...
Le Vlaams Blok est fondé par des dissidents de l’aile droite de la Volksunie, alors actifs dans deux partis groupusculaires nationalistes : le VVP de Lode Claes et le VNP de Karel Dillen. Ce dernier prendra les rênes du VB. Lode Claes en sera bouté dehors.
De jeunes recrues venant du Nationalistische studenten verbond (NSV, une organisation d'étudiants adeptes de la croix celtique néofasciste) rejoignent le VB. Parmi eux, Filip Dewinter et Frank Van Hecke. Leur modèle : Jean-Marie Le Pen. Ils deviendront les protégés de Karel Dillen. Leur ascension ne va pas faire que des heureux auprès des premiers militants, cadres et dirigeants du Vlaams Blok.
Filip Dewinter crée les Vlaams Blok-Jongeren (VBJ). Leur principale cible : les Jongeren Aktief (JA), la première structure ''jeune'' du parti nationaliste. Les JA sont animées par Xavier Buisseret, un ''vieux'' militant du mouvement nationaliste flamand d'origine francophone (il fut l'un des dirigeants du VMO) et détesté par Dewinter. Le conflit Dewinter-Buisseret perdure toujours actuellement.
Dans quatre villes flamandes, lors des élections communales, le Vlaams Blok va devoir faire face à la concurrence du Nationaal front (NF), un groupuscule ultranationaliste conduit par Werner Van Steen (ex-dirigeant du VMO) et hostile à l'hégémonie électorale du VB. S'adressant à un identique électorat, les résultats de ce rivale seront néanmoins insignifiants : 0,3 % à Koksijde et Ostende, 0,2 % à Leuven et 1,1 % à la Panne.
Ceux qui se sont opposés au ''clan Dewinter'' jettent le gant et fondent un mouvement dissident, le Nationalistisch Verbond (NV). Son existence sera de courte durée.
Apparition au mois de novembre du Nationaal front-Vlaanderen. Cette section flamande du Front national de Daniel Féret est présidée par Johan Braeckmans, un ex-blokker, et rassemble d'autres militants du VB en rupture avec l'appareil dirigeant. Le Nationaal front-Vlaanderen va éditer brièvement un journal : ''Ons Land'' (Notre pays), avec le lion des Flandres comme effigie. Johan Braeckmans sera promu par Daniel Féret vice-président du FN et recevra la deuxième place sur sa liste déposée à l'occasion des élections communales de juin 1994.
Des membres des sections brugeoise et
ostendaise du VB, hostiles à son tournant ''modéré
et bourgeois'', quittent celui-ci. Parmi eux, se trouvent des skinheads
néonazis. Ces dissidents VBistes créent une nouvelle
formation électorale, le Volksnationalistische partij (VNP,
parti populaire nationaliste). Présent avec trois listes aux
élections communales d'octobre 1994, les scores du VNP seront
maigrichons. Le meilleur sera obtenu à Middelkerke : 0,7 %.
Depuis, le VNP a disparu de la scène politique.
Des ex-VB sont parmi les fondateurs bruxellois du Front nouveau de Belgique (FNB), une dissidence du Front national de Daniel Féret. Ils relancent l'idée de fonder en Région flamande un Nationaal front (NF) pour s'opposer au leadership du VB sur l'électorat d'extrême droite. Une campagne de propagande, intitulée ''Nationaal front nu ook in Vlaanderen'' (Front national maintenant aussi en Flandre) est même planifiée. Auparavant plusieurs tentatives avaient également été tenté sans succès en 1988 et 1993.
Conflit au sein du bureau politique du VB sur la stratégie électorale à Bruxelles. Une fuite en direction du journal antifasciste ''RésistanceS'' révèle publiquement le conflit et renforce la crise interne.
Alexandra Colen, députée et dirigeante du courant national-catholique du Vlaams Blok, s’affronte par médias interposés avec Filip Dewinter. Le silence sera ensuite imposé à Colen par la présidence du parti.
Johan Leman, directeur à l’époque du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, appelle, dans le quotidien ''Gazet van Antwerpen'' , les ''modérés'' du Blok à scissionner. Son objectif : provoquer l’implosion du VB en deux morceaux, comme ce fut le cas au FN français, deux ans plus tôt.
Des dissidents du parti libéral flamand (VLD), après un court passage au Vlaams Blok, mettent en place une nouvelle formation politique, le Nieuwe partij - Fervent nationaal (NP-FN). Son fief est situé à Anvers. Le NP-FN deviendra la branche flamande du Front national de Daniel Féret. Plusieurs ex-VB vont le rejoindre. L'objectif du NP-FN : concurrence au niveau électoral le VB.
Les concurrents et dissidents du VB regroupés au sein du Nieuwe partij – Fervent nationaal se présentent aux élections régionales de 2004, dans les circonscriptions électorales du Brabant flamand et d'Anvers. Lors résultats seront dérisoires : 0,7 % et 0,2 %.
Après des déclarations publiques inhabituelles au sujet de l’Islam de Frank Vanhecke et de Gerolf Annemans (n°3 du VB, favorable à la présence de musulmans sur ses listes !), des radicaux VBistes vont s’insurger. Le député Filip De Man affirmera que ''les musulmans ne seront jamais des démocrates''. Quant à Filip Dewinter, il précisera que ''jamais l’islam et la démocratie ne seront compatibles''. La question de l’Islam devient un sujet provoquant la zizanie, y compris au VB.
Lors des élections communales du 8 octobre, à Anvers, outre la liste commune VB-Vlott (Vlott : formation dissidente du VLD), deux autres listes d'extrême droite sont présentes : le Nieuwe partij (NP) et Protest. La première est proposée par la branche flamande du Front national belge (Nieuwe partij - Fervent nationaal, NP-FN), la seconde regroupe des ''radicaux'' d'extrême droite, dont de jeunes néonazis. Des dissidents du VB se retrouvent également au sein du NP-FN et de Protest qui n'obtiendront pour finir que de très faibles résultats : 0,2 % (632 voix) et 0,2 % (534 voix). Cependant, il est à noter que cette concurrence a sans doute fait perte au VB près de 0,4 %. Sans eux, le parti de Dewinter serait passé de 33 à 34 % . Après les élections communales du 8 octobre et l’échec personnel de Filip Dewinter à Anvers, plusieurs voix VBistes s’expriment pour critiquer sa stratégie. En interne comme dans la mouvance sympathisante du VB. Le Vlaamse Volksbeweging (VVB), un mouvement passerelle entre les différents courants nationalistes flamands, désapprouve publiquement Filip Dewinter. Dirk Laeremans, l'un des dirigeants du VVB, souhaite même que Dewinter quitte le terrain politique. Luc Van der Kelen, éditorialiste au Laatste Nieuws, conclut, à propos de l’échec électoral de Dewinter : ''Begin van het einde'' (le début de la fin). Pour lui, ''le crépuscule des dieux semble entamé pour Filip Dewinter''.
Deux membres de la nouvelle génération du VB, les députés régionaux Marie-Rose Morel (ex-NVA) et Jurgen Verstrepen, s’attaquent publiquement à la ''formule Dewinter''. Elle serait usée, selon Morel. Le VB expose publiquement dans la presse ses tensions internes. Manuel ABRAMOWICZ
© RésistanceS – L'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 27 février 2007 – Egalement publié dans l'hebdomadaire belge ''Le Journal du Mardi'', du 27 février au 5 mars 2007. |
• Zizanie sous chape de plomb – Enquête sur les actuels conflits internes au Vlaams Belang (27/02/2007). • Inventaire des conflits internes au sein du VB, de 1978 à nos jours (27/02/2007). • Le
''Dewinter Blok'' mis sur la touche (21/10/2006) • Le
Vlaams Belang ne parle plus d’une même voix - Entre radicaux
et ''modérés'', le torchon brûle (26/03/2005) • Blok, la zizanie continue (RésistanceS – papier – n°4 – automne 1998)
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