| RésistanceS 27-02-2007 |
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Conflits au Vlaams Blok/Belang Zizanie sous chape de plomb
Dans le quotidien ''Het Laatste Nieuws'' du 22 janvier dernier, la parlementaire de Schoten (commune riche de la banlieue chic anversoise) a plaidé pour une adaptation du VB au contexte politique actuel. Pour Marie-Rose Morel, son parti doit s'ouvrir à d'autres catégories d'électeurs et éviter ses accents extrémistes, dont il est coutumier, ce qui pousse certains à lui tourner le dos. Le Vlaams Belang doit se ''normaliser'' dans le paysage politique, dit-elle en passant. Avec pour objectif de gagner les élections législatives du 10 juin prochain. Parce que pour elle, le VB a subi un réel échec aux précédentes élections communales, en octobre de l’année passée. La personne visée par cette analyse : Filip Dewinter en personne. ''Je ne veux pas que le Vlaams Belang se retrouve à 15-18 %, comme il y a quelques années, à cause d'un durcissement de sa ligne politique qui serait contre-productif. Chacun sa formule. Celle de Filip (Dewinter, ndlr) a donné des succès fantastiques, mais chaque formule s'use, un jour ou l'autre'' déclara Marie-Rose Morel au ''Laatste Nieuws''. C’est la stratégie personnelle de Dewinter qui est la cible de ses opposants internes, incarnés désormais par Morel. Est notamment visé, le ''plan'' de Filip Dewinter pour empêcher Jean-Marie De Decker, exclu du parti libéral (VLD) et de la NVA, de se présenter au prochain scrutin avec sa propre formation (''List De Decker''). Une formation bien entendu jugée, à juste titre, comme un frein possible à la poursuite de l'ascension électorale du VB.
Autre VBiste en rébellion contre une direction autocratique, dirigée en sous-main par un Dewinter omniprésent, le député régional Jurgen Verstrepen. Ce dernier est lui aussi un partisan invétéré de la constitution d'une ''Forza Flandria''. Un cartel électoral visant à rassembler – pour combattre la gauche flamande (SP.a, ABVV, Mouvement ouvrier chrétien…) - toutes les ''forces vives de la droite flamande'' : le CD&V, la NVA, des milieux réactionnaires patronaux et un VB ''moins extrémiste''. Le 18 janvier dernier, Jurgen Verstrepen préconisait, une nouvelle fois, sur les antennes de la télévision publique flamande, l'''ouverture du Vlaams Belang''. Une telle ouverture réduirait bien entendu le pouvoir de Filip Dewinter et de ses partisans sur l'appareil dirigeant du parti. Un scénario rejeté par les purs et durs. Suite aux affronts publics de Morel et de Verstrepen (membres tous les deux du VB depuis seulement 2004) à l'égard de Dewinter (arrivé au parti en 1983), la formation d'extrême droite, habituée jusqu'alors à une stabilité de bonne aloi a été en ébullition durant plusieurs jours. Les couteaux se sont aiguisés entre camps adverses. Sans pour autant permettre à Dewinter de savoir réellement qui se cachait dans l'ombre de la jolie parlementaire (certains citent directement Frank Van Hecke, le président) et dans celle de Jurgen Verstrepen. Morel aurait-elle été un cheval de Troie pour déstabiliser le ''clan Dewinter'' ? Certainement. Pour leur part, les adeptes de la ''ligne dure'' se sont rangés derrière Dewinter. C'est le cas de '''t Pallieterke''. Dans cet hebdomadaire, flambeau du nationalisme flamand fondamentaliste, Marie-Rose Morel fut fusillée, intellectuellement parlant. Pour '''t Pallieterke'', le parti doit resté homogène, comme le ''peuple flamand''. Pas de division, parce que les divisions renforcent l'ennemi, la Belgique... Marie-Rose Morel deviendra-t-elle une paria au sein de son propre parti, depuis qu'elle a osé critiquer l'un de ses chefs tout puissant ? Il paraît évident que dans un tel parti dirigé d'une main de fer, elle sera désormais fort isolée après sa sortie des rangs. Comme le signalait d'ailleurs la publication satirique '''t Scheldt'', Marie-Rose Morel était déjà depuis un certain temps l'objet d'acerbes critiques. En cause, plusieurs éléments : son style de ''top modèle'', son profil de ''fille à papa'' (son père est un homme d'affaires important en Flandre), sa revendication d'un ''VB ouvert'' et ses ambitions personnelles. Auparavant, c'est une autre ''femme du Blok'' qui s'était publiquement querellée avec Dewinter. Alexandra Colen, députée et dirigeante de la tendance national-libérale catholique du parti, avait dénoncé les relations fraternelles de Filip Dewinter avec des organisations radicales hollandaises. Souhaitant déjà, au début des années 1990, la constitution d'une ''Forza Flandria'', elle considérait le profil de Dewinter comme un repoussoir à cette stratégie. La direction imposa ensuite une chape de plomb sur les tensions entre Colen et Dewinter. Fin de la crise interne. Alexandra Colen rentra dans les rangs, en silence.
La personnalité et le parcours de Johan Demol (n'obtenant pas les résultats escomptés) avait aussi fait l'objet de vives polémiques entre différents caciques VBistes, après l'échec cuisant subi à Schaerbeek aux dernières élections communales. Un vieux litige existe encore entre Xavier Buisseret, un militant de la première heure et ex-député fédéral, et Filip Dewinter (encore lui !). Cette zizanie est née, il y a vingt ans, quand le jeune Dewinter mis sur pied une nouvelle organisation de jeunesse pour neutraliser Xavier Buisseret et ses Jongeren Aktief. Ces derniers, comme les VBJ, figurent toujours à l'heure actuelle dans l'organigramme du parti. Dans le conflit actuel opposant Marie-Rose Morel à Filip Dewinter, le président du parti, Johan Van Hecke, est une fois de plus intervenu pour mettre fin au pugilat rendu public. En effet, un parti d'Ordre nouveau ne peut se payer le luxe de divisions internes et laver ensuite son linge sale en public. Et pourtant... Le début de la lézardisation du VB est sans doute en cours, à moins que Filip Dewinter permette à son parti de gagner les élections législatives de juin prochain, et surtout le scrutin régional de 2009. Cette année-là, si le VB ne réussi pas à briser le ''cordon sanitaire'' qui l'empêche de sortir de l'opposition, il paraîtrait évident que c'est de l'intérieur qu'il se brisera. Mais ceci est un autre pari. A risque. Les deux années à venir seront donc décisives pour un VB qui fêtera alors ses trente années d'existence. Des années exclusivement passées dans l'opposition. Et s'est justement cette présence constante dans l'opposition qui expliquerait les conflits actuels. Le maintien du ''cordon sanitaire'' serait donc l'ultime chance, à cours terme, de voir le VB diminuer et retrouver ses maigrichons scores des années 1980. Manuel ABRAMOWICZ
© RésistanceS – L'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 27 février 2007 – Egalement publié dans l'hebdomadaire belge ''Le Journal du Mardi'', du 27 février au 5 mars 2007.
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Dossier réactualisé
le 12 décembre 2007 Zizanie
au Vlaams Blok/Belang • NOUVEAU - Le Vlaams Belang en voie d'implosion ? (12/12/2007) • Zizanie sous chape de plomb – Enquête sur les actuels conflits internes au Vlaams Belang (27/02/2007). • Inventaire des conflits internes au sein du VB, de 1978 à nos jours (27/02/2007). • Le
''Dewinter Blok'' mis sur la touche (21/10/2006) • Le
Vlaams Belang ne parle plus d’une même voix - Entre radicaux
et ''modérés'', le torchon brûle (26/03/2005) • Blok, la zizanie continue (RésistanceS – papier – n°4 – automne 1998)
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