| RésistanceS 09-01-2003 |
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Were Di, un cercle d'adeptes de la Race blanche, à la base du Vlaams Blok Voici l'histoire de Were Di. Un cercle de formation idéologique à la base du Vlaams Blok et de son programme électoral raciste et antisocial. C'est en 1962 que Were Di (WD), en français Défends-toi, voit le jour sous la forme d'un groupe de réflexion idéologique et de formation politique au service du "combat national-flamand". L'objectif de ses fondateurs, anversois, est de former une "élite" politique pour diffuser les thèses thioises. Celles qui revendiquent la destruction de l'Etat belge et la création des "Grands Pays-Bas", une sorte de mini empire pannéerlandais regroupant l'actuelle Région flamande, la Flandre française, les Pays-Bas hollandais et Bruxelles. "Dietsland-Europa",
une revue nostalgique En 1964, des sections locales, à Gand et à Bruxelles, notamment, vont se mettre sur pied et une branche hollandaise va rapidement voir le jour. A partir de 1968, les thèses de Were Di se développent à travers "Dietsland-Europa" (également connu par ses initiales "DE"), une revue pannéerlandaise fondée, douze ans auparavant, par un certain Karel Dillen et son organisation de jeunesse nationaliste, la Jong Nederlandse Gemeenschap (JNG, Communauté des Jeunes thiois). Cette revue avait pris pour modèle "Défense de lOccident", la publication française dirigée par Maurice Bardèche, un "écrivain fasciste" (selon sa propre définition), négationniste acharné et ami de longue date de Dillen.
Couverture du premier numéro datant de 1956 - de la revue de Were Di. Au sommaire de celui-ci, on retrouve un certain Karel Dillen, le futur président-fondateur du Vlaams Blok (document : archives RésistanceS). "Dietsland-Europa" deviendra l'organe officiel de Were Di. Parallèlement à cette publication, est diffusé, dès 1973, un "organe de combat" ayant pour titre "Rebel". Des brochures de propagande sont également éditées sur les thèmes chers au cercle : l'amnistie, les figures de référence de la collaboration flamande, Bruxelles flamande, l'histoire du nationalisme flamand, etc. En 1975, il se dote d'une organisation de jeunesse qui prendra le nom de Grensland et sera chargée de recruter, de sélectionner et d'endoctriner de nouvelles recrues. Des camps de vacances, dans le plus pur style scout, sont organisés. Idéologie volkisches Comme nous l'avons déjà écrit, WD combat pour la création d'une zone géographique bien définie. L'identité de sa doctrine nationaliste est liée à celle qui fonda le IIIe. Reich. Les "Grands Pays-Bas" qu'il défend devront impérativement être fondés sur une base ethnique (volkisches), reconnaissant l'inégalité entre les hommes (et les "races"). Son manifeste nationaliste de 1973 (et sa réactualisation en 1985), adopté plus tard quasi point par point par le Vlaams Blok, est ouvertement racial et discriminatoire envers les "peuples non-blancs". Donc, depuis 1981, condamnable par notre justice.
Were Di estime que tout Etat doit être constitué par une "Communauté homogène", c'est-à-dire un "Peuple" sans aucun contact biologique étranger (1). C'est pour cette raison qu'afin de la protéger, il faut imposer un système dapartheid et la "loi du sang et du sol", comme le fit le régime hitlérien avec les conséquences que l'on sait. En 1978, l'un de ses cadres s'affirmera d'ailleurs sans complexe comme étant un militant "national-socialiste" (2). Au-delà des frontières pannéerlandaises, Were Di revendique un nationalisme européen autour du concept de l'"Europe des Ethnies". Par ailleurs, son inégalitarisme a aussi un vernis antisocial. En effet, l'Etat raciste d'ordre nouveau et corporatiste qu'il prône pour "sauver" l'héritage historique et biologique du peuple flamand doit aussi être "libéré" des syndicats, catalogués comme étant les pires adversaires de la "Communauté nationale". Dirigeants nationaux-flamands Le fondateur du VB, Karel Dillen, reste le "patriarche" de WD. Dans les années septante, dautres actuels chefs blokkers dirigent ce cercle nationaliste : Roeland Raes (vice-président de 1970 à 1977), Luk Vermeulen (chef du groupe d'action de WD), En 1977, les membres de sa direction se retrouvent, à la fois, au sein du Volks vlaamspartij (VVP, cofondé par Roeland Raes) et du Vlaams nationaalpartij (VNP, mené par Karel Dillen). L'année suivante, ces deux groupuscules regroupant d'anciens dissidents et leaders de l'aile nationale-fasciste de la Volksunie fondent le Vlaams Blok (sur la similitude entre la direction de Were Di et ce dernier, voir larticle "Were Di-Vlaams Blok : même combat" dans ce même dossier). Tribune néonazie et négationniste Le chef de file du GRECE, Alain de Benoist (ex-chef d'Europe Action, une organisation néofasciste raciste), sera abondamment singé par Were Di. Son ancien dirigeant gantois, Roeland Raes, s'occupera de la diffusion en Flandre de "Nouvelle Ecole", la revue théorique du GRECE. Au même moment, le même Raes était le coordinateur chez nous de "De Schakel" , un bulletin de liaison réalisé à partir des rives latino-américaines par des nazis flamands en exil. Le groupe va multiplier ses contacts avec d'autres organisations et partis dextrême droite à létranger : Deutsche volksunion, Junges Forum, Nationaldemokratische Partei Deutschlands (Allemagne), Centrum partij (Pays-Bas), Front national (France), Movimento social italiano, etc. Il a également beaucoup de liens avec des groupements indépendantistes favorables à l'"Europe des Ethnies". Dès les années septante, Were Di est ainsi en relation avec l'équipe militante qui édite "La Bretagne Réelle". Un titre qui fait directement référence au "Pays Réel", le journal du parti Rex de Léon Degrelle. En 1973, on pouvait lire dans "La Bretagne Réelle" un article disant, notamment :
Deux ans plus tard, le numéro deux de Were Di, Roeland Raes consacre un dossier spécial sur "Le Mouvement national flamand" pour "La Bretagne Réelle". Dans son introduction, Raes mentionne:
Comme d'autres, Roeland Raes prendra ensuite tout naturellement, dans les colonnes de "Dietsland-Europa", la défense de ceux qui nient l'existence des chambres à gaz homicides nazies. Were Di, le géniteur du Blok Fondé par Karel Dillen, en 1978, le Vlaams Blok récupère la plupart des cadres de Were Di, ainsi que son manifeste raciste. "Bart Van Boghout n'omet jamais de souligner que le VB a intégré dans son programme politique les thèses de Were Di", rappelle l'avocat antifasciste anversois Jos Vander Velpen (3). Depuis lors, les liens sont restés solides. A chaque meeting important de WD, de hauts dirigeants du VB viennent l'honorer à la tribune. Ce fut encore le cas de Karel Dillen, lors du quarantième anniversaire de "Dietsland-Europa", en 1995. Idem pour Gerolf Annemans qui est d'ailleurs membre de la rédaction de son mensuel depuis plus de dix ans, comme d'autres blokkers. Dans le journal interne du service de propagande blokker, on pouvait récemment encore se procurer la brochure de présentation de Were Di. Aujourd'hui, actif de manière plus confidentielle, ce cercle de réflexion "volkisches" a donc réussi son pari : former une nouvelle génération de dirigeants nationalistes pour instrumentaliser sur la scène politique son manifeste national-flamand pour la "race". Le mise sur pied du Vlaams Blok ne fut pas un but, mais est un moyen pour arriver à la création de l'Etat hiérarchisé, raciste et d'ordre nouveau rêvé, depuis 1945, par ces nostalgiques de l'An 40. Alexandre VICK Notes : (2) Selon Serge Dumont, "Les Croisés de l'Occident", in "Le Fascisme", "Les Cahiers du Libre Examen", 26ème. série, n° 1-2, novembre 1978, p. 35. (3) Jos Vander Velpen : "Daar komen ze aangemarcheerd - Extreem-rechts in Europa ", EPO, Berchem, 1992.
© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 6 janvier 2003. |
Au sommaire Were Di, Vlaams Blok, même combat! Were Di, un cercle d'adeptes de la "Race blanche", à la base du Vlaams Blok Un nationalisme biologique pour la "Race blanche" (Were Di, dans le texte). Were Di - Vlaams Blok : des dirigeants identiques ? Nouvelles révélations sur les liens du Vlaams Blok et de Were Di avec lantisémitisme. Sources utilisées pour ce dossier sur Were Di et le Vlaams Blok.
Le logo, très païen, de Were Di (*) Depuis la publication (en janvier 2003) de ce dossier de RésistanceS, le groupe néonazi Were Di s'est auto-dissout, en octobre 2006. La raison : l'impossibilité de la reprise, par de nouveaux militants, de son organisation après les décès successifs de ses derniers responsables. Ce qui n'empêche pas, l'utilisation, toujours de nos jours, de son corpus idéologique d'origine par le groupe Voorpost (fondé en 1976 par certains de ses anciens dirigeants) et le Vlaams Belang (VB, le nouveau nom du Vlaams Blok depuis 2004). Ce présent dossier reste donc d'actualité pour comprendre le véritable programme politique du VB. (M.AZ - 31/10/06).
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