Situation
antisémite ?
Les quatre critères pour
définir un retour de l'antisémitisme
Pour définir une situation de crise économique,
il nous faut des critères objectifs. Les économistes
nous en proposent en général toute une série.
Cela devrait être identique pour pouvoir affirmer que nous sommes
dans une «situation antisémite», c’est-à-dire
dans une situation où l’antisémitisme est généralisé
à l’ensemble d’un pays et où les retombées
de celui-ci représentent un danger imminent pour l’ensemble
de la Communauté juive.

Un parc pour enfants, en France, durant l'occupation
nazie. L'antisémitisme est généralisé.
L'Observatoire
belge de l'extrême droite, qui édite le web-journal RésistanceS.be,
propose quatre critères interdépendants pour définir
une «situation antisémite». Les voici :
1. Elaboration, par un groupe politique, religieux ou les deux à
la fois, d’un discours d’apparence logique pour expliquer
le danger affirmé que représentent les Juifs dans
le monde. Un discours qui dénonce, par exemple, leur mainmise
supposé sur la planète. Ce discours est en général
inspiré par divers textes fondateurs de l'«antisémitisme
moderne», tel que les faux «Protocoles des sages de
Sion», un document de propagande réalisé par
la police secrète tsariste à la fin du XIXe. Adoption
également d'un vocabulaire codé pour désigner
les Juifs de façon détournée : «cosmopolites»,
«mondialistes», «l'Internationale de l'argent»,
«la haute finance vagabonde et anonyme»...
2. L’acquisition de ce discours par des leaders d’opinion,
de moyenne ou de grande envergure, permettant sa diffusion et sa
popularisation auprès d’un plus large public.
3. La revendication de mesures discriminatoires générales
vis-à-vis des Juifs (par exemple l’interdiction professionnelle,
l’expulsion des juifs étrangers…).
4. Le passage à l’acte contre les Juifs.

Extrait d'un article sur l'histoire de l'antisémitisme
de Michel Winock paru dans le magazine L'HISTOIRE du mois de mars
1998 – Doc. : RésistanceS.be
Il
faut également rappeler que les sermons antisémites,
en général, prennent racine auprès de strates
de la population dans lesquelles existe au préalable une tradition
culturelle judéophobe (la peur des Juifs en tant que communauté)
ou une hostilité au judaïsme (en tant que religion). Sur
base de ces critères, la Belgique ne vivrait pas une «situation
antisémite». Pour le moment en tout cas…
Cependant, des actes anti-Juifs sont
à nouveau commis ici et là (essentiellement à
Bruxelles et à Anvers). Comme le montrent les diverses études
publiées sur notre site. La vigilance reste donc de vigueur.
Manuel Abramowicz
© RésistanceS – web-journal
de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le 7 février
2009.
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Pour
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