| RésistanceS
03-10-2006 |
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Infos exclusives L'extrême droite Depuis les années 80, un courant d'extrême droite apporte son soutien idéologique aux intégristes musulmans. Considérés eux aussi comme des ''nationalistes'', ces derniers bénéficieront de la sympathie affirmée de nationalistes européens actifs en Belgique dans divers cercles et partis. Aujourd'hui, des néofascistes pro-islamiques se retrouvent au Vlaams Blok / Belang, mais aussi dans d'autres mouvements d'ultradroite raciste, pourtant connus pour leur islamophobie primaire. L'extrême droite rassemble des identités... lézardées. Enquête de RésistanceS.be.
Roland Pirard et Anne-Marie Stroobants
ne sont pas des cas isolés. Il y a d'autres ''harkis francophones''
au VB, qui y animent une véritable section de langue française.
Ce qui est très étonnant pour un parti anti-francophone,
mais les incohérences identitaires sont légion dans
la nébuleuse néofasciste, comme nous le savons fort
bien (sur ce ''phénomène, lire notre nouvel article
: Les harkis francophones du bloc flamand Nouvelle Droite, néonazi,
antisémite... Jeune militant, Roland Pirard, dans les années 70 déjà, est actif au Mouvement socialiste populaire (MSP). Le MSP est le nom d'emprunt de l'Association politique pour un Ordre nouveau (Apon). L'Apon-MSP agit alors de façon confidentielle dans le but d'infiltrer la gauche radicale et diverses organisations pacifistes, sur le mode opératoire de leurs ''camarades italiens'' impliqués dans la ''stratégie de la tension'' pour déstabiliser l'Italie démocratique. Après des révélations dans ''Concret'', un hebdomadaire d'extrême gauche, les activistes de l'Apon-MSP se dispersent. Avec d'autres Bruxellois, Roland Pirard participe à la fondation, en 1982, de la revue ''Conscience européenne''. Elle utilise l'adresse postale du FSP, le Front socialiste populaire, la nouvelle appellation de l'Apon-MSP. L'équipe rédactionnelle de ''Conscience européenne'' s'allie ensuite avec un groupe ''nationaliste-révolutionnaire'' de Charleroi, conduit par un certain Luc Michel, l'ex-dirigeant du Front de la jeunesse. Ensemble, ils lancent le Front nationaliste-Nationalistische front (FNF), la première tentative de fondation d'un ''FN'' en Belgique qui ne sera actif qu'entre 1982 et 1984. Comme beaucoup d'autres de sa génération militante, Roland Pirard est alors fortement séduit par les écrits idéologiques et géostratégiques de la Nouvelle Droite (ND), le courant ''intellectuel'' de l'extrême droite. Ce courant agit au sein de divers cercles de réflexion, pour la plupart marqués par leur action dans l'ombre, au travers de réseaux qui servent de courroie de transmission entre l'extrême droite subversive et l'ultradroite politique. Roland Pirard fréquente, à Bruxelles, le cercle Etudes, recherches et orientations européennes (Eroe), dirigé par Robert Steuckers. ''Branche belge'' du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Grece), le fer de lance de la ND animée par le Français Alain de Benoist, l'Eroe est alors proche du Parti des forces nouvelles (PFN), un groupuscule néonazi, antisémite et négationniste. Sioniste mental, nazi et autre
bachi-bouzouk
Ayant gagné son autonomie face à Robert Steuckers, le Cercle Copernic tentera de le supplanter. Sans succès. Sa publication, ''Volonté européenne'' se singularise alors par sa très mauvaise qualité graphique. Elle restera ultraconfidentielle et se limitera à une diffusion dans la mouvance du PFN. Ses conférence se tiennent au ''104'', le nom du local anderlechtois des ''Forces nouvelles''. Branchée sur l'avenir des nationalistes européens, la nostalgie d'un certain passé historique transpire régulièrement dans les colonnes de ''Volonté européenne''. Une revue clairement marquée à la droite extrême de l'extrême droite. Elle ne cache d'ailleurs pas ses amitiés politiques pour le Parti nationaliste français, une dissidence du Front national de Jean-Marie Le Pen, conduite par de jeunes néonazis et d'anciens combattants de la division ''Charlemagne'', la SS française. Rien d'étonnant à cela : la majorité des membres de l'équipe et de l'asbl gestionnaire de ''Volonté européenne'' est originaire d'organisations ultra radicales : Front nationaliste populaire, Front de la jeunesse, Association politique pour un Ordre nouveau... L'un des éditeurs responsables de la publication belge fut d'ailleurs Emile Robe, le dirigeant de Rex national, un mouvement groupusculaire rêvant du retour en Belgique du chef de la SS wallonne, Léon Degrelle. ''Volonté européenne'' exprime aussi d'autres sympathies bien particulières. Des néofascistes pro-islamistes
! Deux ans plus tard, le soutien aux intégristes iraniens se poursuit dans la revue du Cercle Copernic. Dans son numéro 20, on lit ceci:
''Volonté européenne'' va aussi exprimer son soutien au colonel libyen Kadhafi, un dictateur arabe et ''souteneur'' de plusieurs groupes terroristes arabo-musulmans responsables d'attentats en Europe. Dans les colonnes de son n° 13 (janvier 1986), il affirme : ''Les 'nationaux-révolutionnaires' observent le processus révolutionnaire libyen avec beaucoup de sympathie et d'intérêt, ils lisent et discutent le 'Livre vert' de Kadhafi''. La Libye kadhafienne est par ailleurs présentée dans cet article comme étant la victime de ''la propagande du puissant lobby sioniste''.
De Copernic à Féret
!
Au programme de ''Civis'', la lettre d'information de Roland Pirard, alors membre du directoire du Front national belgicain : la réhabilitation de Joris Van Severen, leader fasciste national-flamand d'avant-Guerre (Document : RésistanceS). Sachant comment s'y prendre avec Féret, Roland Pirard passe de simple adhérent frontiste à la direction du ''clone'' belge du FN français de Le Pen. Il devient même son secrétaire général, en charge de l'organisation interne et de la liaison entre les différentes structures du parti. Cumulard au sein du FN, entre 1991 et 1993, il sera par ailleurs le rédacteur en chef du ''National'', l'organe de presse du parti frontiste. Avec son comparse de l'époque, René-Marc Momont, Roland Pirard se charge aussi de relever le niveau intellectuel de la base militante frontiste. Ce travail est dur. Lors des permanence hebdomadaire du FN, il ne sera pas rare d'assister à des conférences du tandem Pirard-Mormont, ensemble ou en solo. Le n°2 de l'ex-Cercle Copernic y manifestera toujours son soutien à la cause arabo-musulmane en général, palestinienne en particulier. En effet, René-Marc Momont donnera certains de ses exposés en keffieh palestinien des combattants du Fatah de Yasser Arafat, comme le montre la photographie ci-dessous.
Une autre question essentielle : sont-ils toujours des partisans acharnés d'une alliance stratégique avec les intégristes islamistes depuis qu'ils militent au VB, spécialiste pourtant de l'islamophobie de la pire espèce ? Une chose est sûre, Roland Pirard et Anne-Marie Stroobants n'ont jamais renié leurs engagements de jadis. La présence au VB de ces (ex ?) supporters de la révolution islamique de l'Ayatollah Khomeiny est-elle étonnante ? Non, parce que dans l'objectif de s'implanter partout, le parti nationaliste flamand ratisse très large. C’est pourquoi ses rangs sont hétéroclites : ils intègrent l'ensemble de l'éventail des courants nationalistes d'extrême droite : ultranationaliste flamingant, néonazi, néofasciste, poujadiste libéral antisocial, chrétien intégriste, néopaïen anti-monothéiste... et pro-intégriste musulman.. Les nationalistes se sont toujours singularisés par leurs ''identités meurtrières''... lézardées. Manuel ABRAMOWICZ
© RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 3 octobre 2006.
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Extrême droite - Islamique Nos sources pour cette enquête Nous avons consulté plusieurs sources publiques pour réaliser cet article. Les articles de ''Volonté
européenne'' : Les articles des publications
antifascistes ''Article
31'' et ''CelsiuS'' : Les livres suivants :
Pour comprendre ce sujet, lire encore sur notre site, nos articles suivants : L'extrême
droite pro-intégriste islamique, existe ! (03/10/2006) L’extrême droite belge "antisioniste" passe à l’action (30/01/2001) Les
réseaux antisionistes néonazis (30/01/2001)
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