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Un groupuscule bruxellois dextrême droite est à la base dune récente campagne "antisioniste". Provocation ou exercice pré-terroriste? Enquête sur une nébuleuse raciste anti-arabe et antisémite.
Maintenant, les trop nombreux morts palestiniens servent, et ce nest pas la première fois, de thème de propagande aux "fils spirituels" de Charles Maurras, léminence grise de lantisémitisme français. Ces"fils" ne sont pas pro-palestiniens par conviction et solidarité envers une population opprimée, ils le sont uniquement pour sattaquer à l"Internationale juive". Pour éviter de se retrouver devant les tribunaux, cette fameuse "Internationale" est toutefois désignée dans leurs opuscules de manière codée. Lorsquun de ces organes vous parle de la "Haute finance vagabonde et anonyme", vous pouvez être sûr à 99,9 % que derrière cette formule se cache "Le Juif". Ce fut encore le cas dans le journal national-catholique "Polémique-Info"et plus récemment dans "Nation-Info". Ce dernier mentionnait dans léditorial de son numéro de décembre que "lennemi principal est et reste le grand capital apatride et vagabond". Dans ce même "Nation-Info" figuraient les adresses des "contacts locaux et associations amies du mouvement Nation" (qui édite ce mensuel). Parmi eux se trouvaient deux comités daction dont les adresses postales correspondent à celle dun groupuscule portant le nom étonnant dIntifada européenne ! En novembre 2000, aux abords de bâtiments bruxellois dorganisations juives, des affichettes signées par ce groupuscule jusqualors inconnu furent collées. Sur celles-ci figuraient deux fedayin prêts au combat et le slogan "Israël assassins !". Tout ceci accompagné de la croix celtique néonazie. Selon des sources dultradroite, lIntifada européenne se définit officiellement comme étant un groupe "nationaliste-révolutionnaire" autonome. Pourtant nous avons retrouvé une trace légale et "institutionnelle" le concernant. Dans le "Moniteur belge" du 23 avril 2000, à larticle 3 des statuts du mouvement Nation, il est clairement stipulé que ce groupuscule politique dextrême droite a pour objet, notamment, de "publier un groupe de publications comprenant les titres suivants : Nation-info, Devenir, Intifada européenne ".
Maintenant, la question
est de savoir si ces extrémistes pseudo-antisionistes se borneront
à poursuivre leurs affichages illégaux et autres petites provocations
marginales. Parce que la limite du tolérable a déjà été dépassée.
Au début du mois de novembre, par exemple, Jean Cornil, le directeur-adjoint
du Centre pour légalité des chances et la lutte contre le racisme,
a reçu des menaces anonymes stipulant : "Cornil youpin.
Juifs assassins. Intifada !". Dans lenveloppe contenant
cette missive antisémite se trouvait dailleurs un exemplaire
d"Intifada européenne", le bulletin dinformation
du groupuscule du même nom. Lenvoi avait été fait à partir de
Colfontaine, une des quatre communes wallonnes où existe une section
de Nation. Comme par hasard. Plus grave encore. Sur lun des bâtiments "victimes" des affichettes dIntifada européenne, une boîte en carton, heureusement vide, fut déposée. Létiquette qui laccompagnait mentionnait trois lettres : TNT. Cette action est un signal clair envoyé aux communautés juives : "la prochaine fois, cette boîte pourra être remplie dexplosifs". Il y a dix ans, le groupe néonazi LAssaut, à la base de Nation, avait souvent opéré selon le même modus operandi. Cest pour cette raison dailleurs que les services de sécurité surveillent, à nouveau, de très près les faits et gestes de ces apprentis terroristes. Au cas où Manuel ABRAMOWICZ Article publié dans "Regards" Article publié dans "Regards" (n°490 , du 30 janvier au 06 février 2001). Titre dorigine : "Demain des bombes ?" Précision d'Hervé Van Laethem au sujet de cet article (14/08/2008) |
Sommaire du dossier
Précision d'Hervé Van Laethem au sujet de cet article (14/08/2008)
Couverture du numéro 2 de Devenir, revue d'extrême droite et antisioniste fondée par Hervé Van Laethem en 1998.
Couverture d'une autre revue fondée par le même Van Laethem. Le titre de celle-ci est le même que celui du journal de la SS "Wallonie" de Léon Degrelle. Quant à Devenir ce fut celui de la SS française ! |