
Des Juifs parmi
les électeurs du Blok ?
A Anvers, le 8 octobre prochain, se reproduira-t-il
cette chose extraordinaire, impensable jadis, révoltante et ulcérante
aujourdhui : un "vote juif" en faveur du Vlaams Blok?
Cela sest-il réellement passé? Et si cela était vrai, y a-t-il
une quelconque preuve de ce fameux "vote juif" pour
le parti dextrême droite flamand? Explications et arguments.

Certes ultra minoritaire au sein même de la Communauté
juive dAnvers, quelques membres de cette communauté ont en effet
coché, sans scrupule, lors des élections communales du 9 octobre 1994,
la case réservée au Vlaams Blok. Parmi les 76.877 électeurs anversois
de ce parti se trouvait donc une minuscule poignée de Juifs!
A lépoque, cette réalité avait déjà fait leffet
dune bombe. Les vagues de cette "affaire" se feront
sentir sur toutes les rives de lEscaut, et même jusquà
Bruxelles. Ici et là, certains rapportaient -en murmurant, de peur
dêtre proscrits- que des Juifs avaient voté pour le Vlaams
Blok. Dautres, plus courageux, dénoncèrent au grand jour
cette profanation. Mais, très vite, la question fut éludée. Puis tabouisée.
Et pour finir refoulée. A la veille des élections communales, il était
temps de republier un réquisitoire contre ceux qui nous ont trahis.
Mais avant tout, il faut revenir à lessentiel : les preuves
de ce vote honteux.
Les preuves
Pour déterminer celui-ci, plusieurs éléments furent avancés. En premier
lieu, on recueillit des témoignages. Qui se révéleront tous concordant.
En 1996, cest un lecteur anversois de Regards qui écrivait
dans notre rubrique "Courrier" : "Jai
constaté quaux dernières élections, certains Juifs orthodoxes
ont envisagé, ici à Anvers, de voter pour le Vlaams Blok - mais
lont-ils fait ?- parce que cette formation est contre les immigrants
arabes. Comme eux".
Pour notre part, nous avons, récemment, réinterrogé
dautres Juifs dAnvers. Ils nous ont tous affirmé connaître
dans leurs connaissances directes des personnes ayant voté pour lextrême
droite locale.
En juin dernier, au cours dune conférence tenue
dans la banlieue anversoise, une dame nous rapportait, pour sa part,
avoir assisté à une scène inimaginable. Le jour des élections de 1994,
une juive religieuse ne sachant pas comment fonctionnait le vote électronique
demanda lassistance dun assesseur du bureau de vote. Ce
dernier, voyant lincompétence de cette électrice en la matière,
lui demanda pour qui elle souhaitait voter. La réponse fut lapidaire
: "Le Vlaams Blok !". Dautres entretiens avec
des membres de la Communauté juive révèlent que des phrases du style
"si je nétais pas juif, je voterais pour le VB"
se font entendre de plus en plus régulièrement.
A ces sources oculaires, nous
pouvons aussi apporter une évidence scientifique. Donc mesurable.
Au lendemain des dernières communales, Marc Swyngedouwn, un de nos
meilleures politologues et professeur aux universités flamandes KUB
et KUL, avait fait le constat, par extrapolation, de ce vote
exceptionnel. Dans le "quartier juif" dAnvers, le
Vlaams Blok récoltait un score inférieur à celui dautres quartiers,
mais ce score était tout de même significatif! Marc Swyngedouwn, que
nous avons interrogé à nouveau à ce sujet, insiste pour dire que "les
Juifs qui ont voté pour le VB ne sont quune infime minorité".
Lélecteur juif blokker?
Mais qui sont-ils au juste? Et pourquoi votent-ils pour un parti dont
lantisémitisme est inscrit dans lhistoire et lidéologie?
(Relire à ce sujet larticle "Le vrai visage du
Blok", publié dans "Regards" de juin
1999). Voici quelques réponses à ces deux questions. Ces électeurs
particuliers seraient issus des tendances les plus religieuses. Cest-à-dire
les Juifs les plus isolationnistes. De ceux qui volontairement se
sont coupés du reste du monde. A lexception des livres de prières,
ils ne lisent rien. Ni livres grand public ni presse nationale ou
internationale. La télévision et la radio sont également bannies chez
eux. Résultat : leur avis sur la vie politique est très limité,
voire inexistant. Leur perception de la représentativité idéologique
reste étroite, caricaturée et immature. Ce quils doivent donc
savoir du Vlaams Blok ne peut être que parcellaire.
Comme dorénavant des milliers de Belges, ils votent
pour lui pour deux "simples raisons" : la peur dans
la ville et lantipolitisme. De plus, les responsables désignés
de linsécurité sont les Arabes, cest-à-dire des ennemis
pour beaucoup de ces Juifs radicaux.
Face à cela, des Juifs anversois se sont mobilisés
pour savoir comment empêcher une telle dérive. Parce quune seule
voix juive pour le VB, cest déjà une voix de trop. Cest
pourquoi dans plusieurs structures de la Communauté anversoise, les
initiatives se sont multipliées pour lancer un signal mobilisateur.
Il est bon encore de se rappeler quil existe, en majorité, plusieurs
"votes juifs" dans la ville portuaire, comme dans toutes
les villes du monde. Aux élections législatives de 1995, une brochure
résumant le programme dAgalev avait même été diffusée dans les
milieux orthodoxes en
yiddish! Le traducteur était un religieux
proche des Ecologistes flamands. Il faut de tout pour faire un monde.
Pour faire un peuple aussi.
Manuel ABRAMOWICZ
Article publié dans "Regards"
(n°479, du 12 au 25 septembre 2000).
| Des
Juifs dextrême droite Lhistoire
du peuple juif est aussi illustrée de perversions, de dérives
et de traîtrises. En résumé, ce peuple est un peuple comme
les autres. Avec ses bons et ses méchants. Ses modérés et
ses extrémistes. Ses intelligents et ses idiots. Avec aussi
ses fascistes! Heureusement minoritaires et souvent volontairement
en dehors de toute vie juive. LHistoire est là pour
nous rappeler le récit de ces Juifs dextrême droite.
Quelques cas.
Comme nous lavions déjà écrit dans "Regards",
parmi les premiers sympathisants du parti fasciste italien
(qui nétait pas antisémite jusquà son pacte avec
le nazisme), on pouvait compter plusieurs "notables israélites".
Au même moment, de lautre côté des Alpes, un certain
nombre de représentants de la bourgeoisie juive saffichaient
ouvertement avec les Croix-de-feu. Le numéro deux du Parti
populaire français, une formation fasciste de masse, était
lui-même dorigine juive.
Dans un de ses ouvrages, "Des Juifs dans
la collaboration", lécrivain antifasciste Maurice
Rajsfus donne dautres exemples. Notamment celui dEmmanuel
Berl, lun des "nègres", dès juin 1940, du
Maréchal Pétain. Pour Rajsfus, beaucoup de ces "bourgeois
juifs", bien installés dans la société française et proches
de lextrême droite dantan, voulaient aussi se
démarquer des "immigrés juifs" arrivant de lEst,
pour la majorité prolétaires ou révolutionnaires, ou les deux
à la fois. On assistait alors à une version juive de la guerre
des classes.
La fin du conflit mondial - et la confirmation
de lhorreur nazie - nallait pas pour autant mettre
un frein à une présence juive limitée dans les rangs de lextrême
droite. Le Front national français ira même jusquà concentrer
ses Juifs de service au sein du "Comité national des
Français juifs". Ils ny sont quune minuscule
phalange. Cependant, ils existent et se revendiquent ouvertement
comme Juifs
afin de dédouaner Le Pen et son mouvement
de tout antisémitisme. Ces salauds ne manquent pas de culot!
La presse française revient régulièrement
sur ce phénomène marginal. Dernièrement, un journaliste (juif)
de "Marianne" proposait encore à ses lecteurs une
"enquête sur les fachos juifs" (sic). "Tribune
juive", en 1998, se posait la question de savoir si les
"héritiers de Jabotinsky" navaient pas "donné
naissance à une mouvance judéo-fasciste". Deux ans plus
tôt, le même journal alarmait les siens: 15 % des Juifs de
Cannes venaient davouer quils votaient pour le
FN !
La Belgique a aussi connu ses Juifs dextrême
droite quand un certain Philippe Rozenberg fut élu député
sur les listes du Front national. Pour sa part, un personnage
comme Louis Davids, le directeur du "Belgisch-Israelitisch
Weekblad", poursuit aveuglément sa participation à la
croisade en faveur du mouvement national flamand radical.
Dans ce sens, il ira même jusquà prêcher quil
ny eut pas de tradition antisémite en Flandre. Son auditoire
de lépoque était constitué de militant du NSV, un mouvement
nationaliste étudiant lié au Vlaams Blok. (M.AZ)
Article publié dans "Regards"
(n°479, du 12 au 25 septembre 2000). |
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Sommaire du dossier
Présentation du dossier
Dérive sectaire dans la Communauté
juive. Radio Judaïca et "Désinfo Café" calomnient. Communiqué
du CCLJ.
Israël : l'extrême droite revenue
en force au pouvoir ! Communiqué de presse de l'Union des progressistes
juifs de Belgique (27 février 2003).
Israël : l'extrême droite au
pouvoir ! Des Juifs belges protestent.
La guerre
des mots, le retour des nazis ? Une analyse publiée dans le mensuel
de réflexion « La Revue Nouvelle » par un membre de notre
rédaction.
Les retombées
de lIntifada II et des attentats du 11 septembre continuent
à être exploitées abondamment en coulisses.
Contre lextrême droite israélienne au pouvoir, lUnion
des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) réagit, communiqué
de presse du 8 mars 2001.
Lextrême droite au pouvoir en Israël : réaction
du Parti socialiste francophone de Belgique, communiqué de presse
du 19 mars 2001.
Lextrême droite belge "antisioniste" :
une enquête de la revue " Regards ".
Les réseaux antisionistes néonazis :
rappel du soutien hypocrite dorganisations dextrême droite
racistes aux Palestiniens.
Droit de réponse dHervé Van Laethem :
dirigeant du Mouvement Nation et du groupe Intifada européenne.
Enquête chez les Juifs dextrême droite
dans la Diaspora et sur les électeurs juifs du Vlaams Blok. (articles
de la revue " Regards ")
Le retour du "complot juif" :
alimentée par l'intifada, la propagande "antisémite" prend
de l'ampleur dans la presse palestinienne mais également dans celle
des Etats voisins.
Résistances arabes au négationnisme et
à lantisémitisme : Appel dintellectuels arabes contre
le colloque " Révisionnisme et Sionisme ".
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