RésistanceS.be 26-08-2013

Explication d'un étrange phénomène



Une extrême droite pro-sioniste, pourquoi ?


Engagée en première ligne dans la lutte contre « l'islamisation » des pays occidentaux, une partie de la droite nationaliste radicale se cherche de nouveaux alliés. Parmi tous les ennemis des intégristes musulmans :  les femmes, les homosexuels, les laïques et les juifs. A cette occasion, le vieux courant pro-sioniste d'extrême droite s'exprime de nouveau.



En Grande-Bretagne, l'English defence league (EDL), une organisation d'extrême droite exclusivement engagée, depuis 2009, dans le combat contre l'islamisme, arbore le drapeau israélien pour rejeter toute accusation d'antisémitisme, notamment © Photo : PA


Au sein de l'extrême droite, en Belgique comme ailleurs en Europe, un courant pro-israélien a toujours existé. Il est apparu au début des années 1960, notamment au sein de la mouvance nationaliste pro-Algérie française.

Pour ce courant, le soutien à l'Etat israélien est motivé par cinq facteurs :

  1. Constitué de nombreux juifs européens, Israël est considéré comme un pays appartenant au « bloc occidental ».

  2. Ce pays est, géographiquement et sur le plan militaire, à l'avant-poste de la « résistance » ; hier, face aux nationalistes arabes (ayant le leadership au Proche-Orient et en Afrique du nord, des années 1960 aux années 1980), aujourdhuiface aux islamistes.

  3. L'objectif pour ce courant d'extrême droite est de s'allier, en Europe et aux Etats-Unis, aux organisations juives sionistes de la Diaspora pour mener un « front large » de « lutte contre l'islamisation ». Cet objectif fut théorisé par l'idéologue néo-droitier français Guillaume Faye

  4. Le soutien à l'Etat hébreu permet à l'extrême droite de se dédiaboliser de ses liens historiques avec le nazisme allemand. Son positionnement pro-israélien, lui donne,  par exemple, l'occasion de rejeter toute accusation d'antisémitisme. Une stratégie notamment prise en compte en Grande-Bretagne par l'English defence league (EDL).

  5. Par son appui à Israël, le courant d'extrême droite momentanément pro-sioniste espère pouvoir établir des alliances avec des organisations et des partis de la « droite démocratique ». Ce qui devrait, selon ses plans, briser le cordon sanitaire qui isole sur l'échiquier politique - et dans le paysage médiatique - les formations électorales d'extrême droite. Ce fut la stratégie de Gianfranco Fini, le dernier président du Mouvement social italien (MSI), l'héritier du parti national fasciste de Mussolini, d'une partie de la direction actuelle du Front national français et du Vlaams Belang.

 



La Nouvelle Wallonie Alternative (NWA), un des groupuscules formant actuellement l'extrême droite belge francophone, exprime régulièrement son soutien à l'Etat d'Israël, comme le montre son visuel ci-dessus. La NWA multiplie les initiatives pour se présenter comme la plus pro-sioniste des pro-sionistes. Mais ce groupuscule a été mis sur pied, en mars 2012, par les dirigeants du Front national belge présidé par feu Charles Pire. Un FN qui était alors allié à Nation, un mouvement d'extrême droite connu comme propalestinien et pronationaliste arabe... Les paradoxes et les changements d'orientations idéologiques et géo-stratégiques, par realpolitik, sont nombreux chez les nationalistes de l'ultra droite. Il y a manifestement un manque royal de base identitaire solide.



Courant propalestinien d'extrême droite
Malgré la présence de ce courant pro-sioniste par opportunisme, marketing et pragmatisme, la majorité de l'extrême droite reste néanmoins hostile – ou indifférente - à l'« Etat juif ».

Une mouvance nationaliste européenne propalestinien, pronationaliste arabe et même de soutien aux intégristes musulmans (dont les valeurs sont souvent communes avec celles de la droite musclée national-catholique) subsiste à l'extrême droite. Les représentants de cette mouvance sont, en général, issus du néonazisme où l'antisémitisme était tout naturellement bien en vogue. Aujourd'hui, il est toujours présent mais s'exprime sous le masque d'un antisionisme dévoyé.

La coexistence antagoniste des courants pro-sioniste et propalestinien au sein de l'extrême droite est une des raisons qui explique les nombreuses « guerres des clans nationalistes ».

Manuel ABRAMOWICZ



Quelques illustrations d'extrême droite rappelant, une fois encore, son engagement contre le sionisme, pour encore mieux masquer un racisme anti-juifs intrinsèque – Doc. Archives RésistanceS.be



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