Laprès-élections du 8 octobre 2000Des
résultats à géométrie variable
En Wallonie et à Bruxelles, lextrême droite francophone disparaît
quasi partout de la scène politique. A Schaerbeek, Demol sauve les meubles mais ne
produit pas deffet. En Flandre, le VB confirme et renforce son implantation.
EN REGION WALLONNE
Représentée par le Front national (FN) de Daniel Féret, le Front nouveau de Belgique
(FNB) de Marguerite Bastien, lAvant-garde dinitiative régionaliste (AGIR) de
Robert Destordeur et le Bloc Wallon (Bloc-W) de Georges Hupin, l'extrême droite
francophone en Wallonie est désormais quasi anéantie.
Lors des élections communales de 1994, le FN avait fait élire vingt-six conseillers
communaux, dont six à La Louvière (14,4 %) et cinq à Charleroi (10,5 %). Pour sa part,
le parti nationaliste wallon AGIR se renforça au
niveau communal avec lélection de huit conseillers communaux.
Aujourdhui, le groupuscule frontiste de Daniel Féret na plus que quatre
conseillers communaux (trois à Charleroi et un à Farciennes). Présent pour la première
fois aux élections communales, seuls deux candidats du FNB
sont élus (à Mouscron et à Verviers). AGIR navait pas déposé de liste
communale. Le groupuscule dextrême droite wallingant nétait présent, le 8
octobre dernier, quaux élections provinciales dans le district de Liège (0,3 %).
Pour sa part, le Bloc Wallon, fondé en avril
2000 par des anciens dAGIR, des dissidents du FN et du FNB, na pas réussi à
faire élire un seul de ses candidats.
Pour les deux autres listes dextrême droite (présentent uniquement dans une
commune), la douche froide fut également au rendez-vous : la Nouvelle union La Hulpoise (NUL) récolte 3 % (125 voix) contre 7 % en
1994 ; le parti des Européens unis pour le
renouveau (EUR, présent uniquement à Tubize) rassemble sous son sigle 283 voix, soit
2.4 %.
DANS LA REGION DE BRUXELLES-CAPITALE
Extrême droite francophone : KO
A Bruxelles, le FN et le FNB s'effondrent littéralement au profit, essentiellement, du
Vlaams Blok. En 1994, le Front national avait décroché quarante-six élus. Désormais,
ils n'en restent plus que deux à Molenbeek avec 6,1 % contre 16,6 % en 1994. Le FNB,
malgré une campagne agressive, notamment contre le Front national, perd tous ses
représentants locaux (qui étaient des transfuges du FN). Propreté & Sécurité (PROSEC, une liste uccloise
dultradroite soutenue par le FNB) et le parti fasciste belgo-italien des Européens unis pour le renouveau (qui navait
déposé quune liste, à Anderlecht) ramassent que des miettes, respectivement 0,5 %
et 1,2 %.
Vlaams Blok : pas deffet Demol
Par contre, le Vlaams Blok passe de quatre à dix-neuf sièges. A Schaerbeek, la liste
blokker gagne quatre élus avec 8,5 %. Il y a six ans, le Front national sétait
accaparé 9,6 % de lélectorat de la Cité des Anes. Cest pour le VB un
échec. En effet, le parti néonazi flamand y organisa une campagne électorale très
coûteuse autour de son " leader populiste" local,
lex-commissaire en chef de la police schaerbeekoise, Johan Demol. Les pronostiqueurs blokkers prévoyaient un véritable
raz-de-marée (au moins 8 sièges, soit environ 15 %). Le VB sauve les meubles en
récupérant une bonne partie de lélectorat frontiste. Cependant, Demol na
pas fédéré autour de lui dautres électeurs. Après celle des élections
régionales du 13 juin 1999, cest une nouvelle défaite pour ce cheval de Troie du
Blok à Bruxelles. Il ne semble donc pas être l" homme
providentiel " quavait rêvé létat-major blokker en
lacceptant dans ses rangs. Conclusion : Demol nest pas populaire. Et
puisque sa chance historique vient de passer à la trappe, aux prochaines élections,
cest évident, il sera oublié une fois pour toute.
EN REGION FLAMANDE
Vlaams Blok : un nouveau succès de foule
La Flandre est en état de choc avec une nouvelle poussée du Blok presque partout
sur le territoire. Un Anversois sur cinq à voté pour le néofasciste Filip Dewinter, un
tiers a voté pour le Vlaams Blok qui peut désormais bloquer les institutions communales.
Avec 25 % des votes le Blok est le plus grand parti à Malines. Le succès fut aussi
au rendez-vous dans de petites localités rurales. Pour la première fois les observateurs
parlent dun nouvel électorat : issu de la classe moyenne et de la bourgeosie.
Dissidents et rivaux : une nouvelle gifle
Ces élections confirment également les échecs successifs de jadis des petits partis
concurrents ou des listes dissidentes du Vlaams Blok. Exemple : à Ostende, le Vlaams nationalistische partij (VNP) et la liste
Burger (menée par un ancien néonazi du Nationaal front flamand) récoltent
respectivement 0.3 % (140 voix) et 0.3 % (141 voix). Le Vlaams Blok, dans cette même
ville, passe de 8.4 % (en 1994) à 9.7 % (4.424 voix).
Johan GULBENKIAN et Manuel ABRAMOWICZ
RésistanceS 9 octobre 2000
Les détails des résultats des extrêmes droites le 8 octobre 2000 :
Résultats communaux en Région de Bruxelles-Capitale
Résultats communaux en Région wallonne
Résultats provinciaux en Région wallonne
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