Enquête
sur une mouvance littéraire bien particulière
Le who's who des auteurs des éditions
Dualpha et Déterna
En août dernier, RésistanceS publiait une enquête
suite à l'ouverture à Liège de Primatice, une
librairie liée à l'extrême droite française.
Son patron : l'écrivain et publiciste Philippe Randa, propriétaire
également d'une société de vente par correspondance
et des éditions Dualpha et Déterna. Dans le catalogue
de ces dernières, les livres édités sont présentés
de façon généraliste et ne laissent donc pas
nécessairement deviner leur véritable nature idéologique.
Les curriculum vitae de leurs principaux auteurs démontrent
pourtant la véritable orientation politique des éditions
de Philippe Randa. RésistanceS a portraitisé une bonne
partie d'entre eux. Parmi ceux-ci, il y a aussi quatre Belges.

Quelques couvertures de livres d'extrême
droite publiés chez Dualpha et Déterna, maisons d'éditions
de Philippe Randa – Document : RésistanceS.
Alain de Benoist
Auteur chez Dualpha en 2004 de la « Bibliographie générale
des droites françaises ». Il est né en 1943 et
va faire partie, en 1969, du noyau fondateur du Groupement de recherche
et d'études pour la civilisation européenne (Grece).
Le Grece sera à l'initiative de la Nouvelle Droite (ND), le
courant intellectuel de l'extrême droite proposant alors une
nouvelle stratégie pour la prise du pouvoir, notamment via
le « combat culturel » (alors propre à la gauche)
et la réunification des droites au sein d'un seul et même
parti. Alain de Benoist deviendra bien vite, au milieu des années
1970, l'idéologue le plus en vue de la ND.
Mais
son parcours politique avait déjà débuté
bien avant. A l'âge de 17 ans, il publie son premier essai politique
et adhère à la Fédération des étudiants
nationalistes (Fen). Cette Fen est en contact avec l'Organisation
armée secrète (OAS), luttant par des actions terroristes
contre l'indépendance de l'Algérie française.
Alain de Benoist va aussi collaborer dans ces années 1960 à
diverses publications racialistes et national-européennes :
« Défense de l'Occident » (du néofasciste
Maurice Bardèche), « Europe-Action »... En 2007,
il reste le principal dirigeant du Grece, toujours actif mais dont
l'attrait n'est plus le même qu'il y a trente ans. Le philosophe
français Raymond Aron avait affirmé qu'Alain de Benoist
lui « rappelle irrésistiblement les fascistes ou les
nationaux-socialistes ». Tout en précisant : «
je ne l'accuse pas d'être l'un deux, je dis qu'il pense souvent
de la même manière qu'eux » (1).
Francis Bergeron
Auteur chez Dualpha en 2006 du « Dictionnaire du collectionneur
politiquement incorrect » et co-auteur la même année
(avec Philippe Randa) du « Dictionnaire commenté de livres
politiquement incorrects ». Francis Bergeron a été
un des proches collaborateurs de Jean-Pierre Stirbois, le dirigeant
du solidarisme français, l'un des importants courants de l'extrême
droite des années 1970 et pilier radical du Front national français.
Collaborateur de « Présent », quotidien national-catholique
d'extrême droite, Francis Bergeron est également l'auteur
de divers livres de propagande : « Guide des citations de l’homme
de droite (exemples : Pétain, Brasillach, Le Pen, Stirbois...),
« De Le Pen à Le Pen : une histoire des nationaux et des
nationalistes sous la Ve République » chez l'éditeur
catholique Dominique Martin Morin, en 1986, du « Guide de l'homme
de droite à Paris » aux éditions d'extrême
droite du Trident, en 1989, de « Léon Daudet » publié
aux éditions Pardès, en 2007... Plusieurs des livres de
Francis Bergeron ont été illustrés par des dessins
de Chard, caricaturiste vedette de « Rivarol », un hebdomadaire
nostalgique de l'Ordre nouveau.
Gilbert Sincyr
Auteur chez Dualpha en 2006 de « L'épopée d'Aetius,
dernier général de la Rome antique » et cette année
de « La chaussée des martyrs ». Cet ancien secrétaire
général du Front national français fut également
un membre actif du Grece (revoir la notice d'Alain de Benoist). Après
des conflits internes survenus au sein de cette organisation, il fonde
en 1993 une nouvelle structure, Synergies européennes, avec le
belge Robert Steuckers (également dissident du Grece). Sincyr
et Steuckers vont tenter, sans succès, de concurrencer le Grece
d'Alain de Benoist. Cet intellectuel français poursuit désormais
son combat en publiant des livres chez Philippe Randa.
Jean Mabire
Auteur en 2006 de « Que lire ? », il avait réédité
chez Dualpha son célèbre livre « La Division Charlemagne
». Cette « division » regroupait les volontaires
français de la SS durant l'occupation nazie.
Ce
militant, écrivain et journaliste français d'extrême
droite, récemment décédé (en 2006), a
collaboré à plusieurs titres de la presse dite nationaliste
: « Défense de l'Occident », « L'Esprit Public
», « Europe-Action », « Minute », «
National-Hebdo » (un journal lié au FN de Jean-Marie
Le Pen), « Eléments » (organe du Grece)... Après
avoir accompagné les premiers pas du Grece, Jean Mabire se
rapproche de ses dissidents qui fondent ensuite Terre & Peuple
(T&P). Conduit par Pierre Vial (ex-dirigeant du FN lyonnais),
le mouvement identitaire et racialiste T&P revendique la constitutution
d'une Europe basée exclusivement sur son héritage ethnique
(celui des « peuples blancs ») et religieux (le paganisme
pré-chrétien). Son approche doctrinale s'arc-boute sur
la plus pure tradition partagée jadis par le courant païen
des SS... Jean Mabire était l'un des meilleurs spécialistes
de ce corps d'élite du régime nazi.
Henri De Fersan
Auteur en 1999 chez Dualpha du livre « La malédiction
du Titanic ». Ce nom est utilisé comme pseudonyme par
Christophe Picard. Sous le nom d'Henri De Fersan, il est l'auteur
du livre « Le Racisme antifrançais » (en 1997,
publié aux éditions néofasciste de L'AEncre),
puis l'année suivante du « Racisme anti-français
et anti-chrétien » et de « L'Imposture antiraciste
» en 2001. Ce jeune militant d'extrême droite (il est
né en 1969) avait rejoint les rangs du FN lepéniste
en 1991. Après 1998, il suit les dissidents mégretistes
au sein du Mouvement national républicain. Henri De Fersan
est également lié à l'Alliance générale
contre le racisme et pour le respect de l'identité française
et chrétienne (Agrif), d'obédience nationale-catholique.
Aujourd'hui, De Fersan préside le Parti français chrétien
(PFC). Ce PFC est un groupuscule national-catholique (apparu en 1984)
proche des thèses idéologiques de Léon Degrelle,
l'ex-chef de l'extrême droite belge des années 1930.
Henri De Fersan ne cache par ailleurs pas son soutien à Vincent
Reynouard (2). Bien connu des lecteurs de RésistanceS, ce négationniste
néonazi (il fut l'un des dirigeant du Parti nationaliste français
et européen, PNFE) s'est exilé en Belgique suite à
ses ennuis judiciaires en France.
Jean Desgranges
Auteur du livre « Les crimes masqués du Résistantialisme
», réédité en 2003 chez Dualpha. Ce livre
de l'abbé Jean Desgranges (né en 1874) date de 1948
et fut réédité une première fois en 1998
par les éditions de L'AEncre. Philippe Randa, le dirigeant-fondateur
de Dualpha, était lié à ses éditions parisiennes
spécialisées en ouvrages néonazis et négationnistes.
Les versions contemporaines (1998 et 2003) de ce livre de Jean Desgranges
sont préfacées par André Figuéras, un
ancien résistant qui rejoindra ensuite les rangs catholiques
intégristes et le Front national français où
il côtoya d’anciens « collabos ».
Jean-François Chiappe
Auteur de « La Vendée en armes », réédité
en 2006 chez Dualpha. Ecrivain français, il a reçu en
1983 le Grand Prix Gobert octroyé par l'Académie française.
Connu pour son appartenance à l'ultradroite monarchiste, dès
1958, Jean-François Chiappe va collaborer au journal «
Rivarol », nostalgique du régime fasciste de Vichy. Il
présidera l'Association des amis de « Rivarol ».
Son parcours politique va le conduire jusqu'au Front national. Dès
1974, il siège au comité central du FN et sera même
pour un moment le vice-président des frontistes. Il a encore
vice-présidé l'Association professionnelle de la presse
monarchique et catholique.
Nicolas Tandler
Auteur chez Dualpha de l'ouvrage « Les secrets de Lénine
» en 2005. C'est un ancien activiste des mouvements néofascistes
Jeune Nation et Occident, dans les années 1960. Après
un passage dans les rangs gaullistes (au RPR de Jacques Chirac) on
le retrouve en 1988 au Front national de Le Pen. Spécialiste
de l'anticommunisme, il poursuit aujourd'hui ses conférences
sur le sujet. Comme en octobre 2006 auprès d'un cercle national-catholique
d'extrême droite.
Roland Gaucher
Auteur chez Dualpha en 2007 (avec Philippe Randa) du livre «
Les rescapés de l'épuration, Marcel Deat et Georges
Albertini ». Roland Gaucher fut le nom utilisé par Roland
Goguillot (1919-2007). Venant des rangs de l'extrême gauche,
il passe durant l'occupation nazie à la direction du Rassemblement
national populaire, l'un des principaux mouvements collaborationnistes.
Condamné à la Libération aux travaux forcés
à vie, il est néanmoins amnistié et libéré
en août 1948. Ce qui lui
permet de poursuivre son engagement à l'extrême droite
: à la revue « Est Ouest », au journal «
Minute », parmi les fondateurs en 1972 du Front national, en
1974 au Parti des forces nouvelles (dissidence du FN)...
En
1979, il réintègre le FN et cinq ans plus tard met sur
pied son nouvel hebdomadaire, « National-Hebdo ». Roland
Gaucher a aussi été conseiller régional et député
européen pour le compte du parti de Jean-Marie Le Pen. Lors
de son décès, le 26 juillet dernier, plusieurs organisations
et publications françaises d'extrême droite lui rendirent
un dernier hommage. En Belgique, ce fut le cas du mouvement Nation,
dont le dirigeant-fondateur, Hervé Van Laethem, était
très proche de Roland Gaucher.
Christian Bouchet
Auteur en 2005 chez Dualpha du livre « Les nouveaux païens
». Né en 1955, il est un leader de longue date de l’une
des tendances les plus radicales l’extrême droite française.
Actif en politique depuis le début des années 1970,
il est passé par l’Organisation lutte du peuple (groupuscule
qualifié de « nazi-maoïste »), le Mouvement
nationaliste révolutionnaire, Troisième Voie, le Groupement
de recherche et d'études pour la civilisation européenne,
Nouvelle Résistance, Unité radicale, le Mouvement national
républicain (scission du FN de Le Pen), le réseau Radical...
Christian Bouchet est également un spécialiste des sociétés
secrètes, en particulier politico-religieuses. Il anime un
site Internet, Vox-NR... Philippe Randa est l'un de ses chroniqueurs...
Olivier Grimaldi
Il a dirigé l'ouvrage collectif « Présence de
José Antonio - 1936-2006 du mythe fasciste à la vérité
historique » édité chez Déterna en 2006.
Olivier Grimaldi (1954°) est un activiste français d'extrême
droite de longue date : il fut notamment membre du mouvement Ordre
Nouveau, du Parti des forces nouvelles (dans les années 1970-1980)
et du comité Espace nouveau (regroupant dans les années
1990 des dissidents du FN). Il est surtout connu comme étant
le président du Cercle franco-hispanique (CFH), dès
son apparition en 1982. Le CFH se charge de cultiver la mémoire
de l'Espagne franquiste et phalangiste. En effet, ce cercle propage
toujours de nos jours les écrits idéologiques de José
Antonio Primo de Rivera, le dirigeant de la Phalange espagnole, incarnant
un fascisme version hispanique. Olivier Grimaldi et son CFH organisent
chaque année des pèlerinages sur les traces de l'Espagne
franquiste. Le CFH est soutenu par la plupart des courants de l'extrême
droite, de la droite nationale populiste à la fraction néonazie
de celle-ci. Olivier Grimaldi reste proche de l'OEuvre française,
un groupuscule disciple de l'antisémite Henry Coston.
Philippe Alméras
Il est un des meilleurs spécialistes de l'écrivain controversé
Louis-Ferdinand Céline. Il a consacré plusieurs ouvrages
à celui-ci, dont certains publiés chez Dualpha. Philippe
Alméras a également préfacé l'autobiographie
de Michel Lajoye, un terroriste néonazi (voir la notice qui
suit). Cette dernière a été publiée par
les éditions dirigées par Philippe Randa.
Michel Lajoye
Auteur de « 20 ans, condamné à la prison à
vie », un livre sorti en 2002 aux éditions Dualpha. En
1987, Michel Lajoye commet un attentat à la bombe contre un
café fréquenté par des Nord-africains, dans une
petite commune de Normandie. Arrêté, il est condamné
à la réclusion criminelle à perpétuité.
Aujourd'hui, il coule toujours ses jours à l'ombre des murs
d'une prison française. Michel Lajoye est un pur et dur : au
début des années 1980, il milite déjà
à l'extrême droite, en passant du Front national de Le
Pen (qu'il jugera finalement trop mou) à l'OEuvre française,
un groupuscule néofasciste et national-catholique intégriste.
En prison, il prendra sa carte d'adhésion au Parti nationaliste
français et européen (PNFE), ouvertement national-socialiste
(nazi).
Pour
retracer son histoire, Michel Lajoye publie en 2002 le récit
de son parcours, aux éditions Dualpha. Son livre contient une
lettre de soutien de Carlos, l'ancien terroriste et mercenaire international.
Il est préfacé par Philippe Alméras et postfacé
par Christian Bouchet, deux autres auteurs de Dualpha (revoir ci-dessus
leur notice respective). En 2006, plusieurs personnalités issues
des différents courants de l'extrême droite vont réclamer
sa libération en lançant l'« Appel des 25 pour
une grâce présidentielle de Michel Lajoye », initié
par le Comité d'entraide aux prisonniers européens,
une structure de défense des détenus d'extrême
droite liée aux « Identitaires ». Parmi ses signataires,
se retrouvent notamment… Philippe Randa, le patron de Dualpha,
ainsi que le belge Marc Laudelout (voir notre encadré ci-dessous
sur les auteurs belges de Dualpha).
Alexandre VICK
Notes :
(1) Raymond Aron : « Mémoires , 50 ans de réflexion
politique », éditions Julliard, Paris, 1983, p. 701.
(2) Ce fut le cas, entre autres, dans plusieurs éditoriaux
d'Henri De Fersan publiés dans son journal, le Libre Arverne
: « Révolution nationale » (n°110, du 1er décembre
2004), « Il n'y a pas pire criminel qu'un humaniste »
(n°214, du 23 novembre 2006)...
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Les collaborateurs
belges de Dualpha-Déterna
Les éditions
françaises Dualpha-Déterna publient la plupart
du temps des auteurs nationaux. Dans leur catalogue, on retrouve
cependant la trace de quatre étrangers, de nationalité
ou d'origine belge. Portraits.
Marc Laudelout
Auteur en 2003 chez Déterna (la deuxième maison
d'éditions de Philippe Randa) de « Rivarol, hebdomadaire
d’opposition nationale ». Marc Laudelout est par
ailleurs le préfacier de « Robert Denoël,
un destin », un livre écrit par un autre belge,
Jean Jour (voir ci-dessous sa notice), et édité
en 2006 par Dualpha. Spécialiste et surtout admirateur
inconditionnel de l'écrivain français Louis-Ferdinand
Céline, Marc Laudelout consacre à celui-ci son
militantisme. Depuis 1979, il édite un périodique
entièrement consacré à l'auteur du «
Voyage jusqu'au bout de la nuit », aux autres céliniens,
aux études et à l'actualité céliniennes.
C'est une passion indéfectible. Mais aussi une quête
sans nuance visant à la réhabilitation complète
d'un écrivain qui fit de son antisémitisme littéraire
un succès durant l'occupation nazie. Les céliniens
les plus orthodoxes péchent par leur obstination à
apporter des justifications alambiquées aux propos de
Céline. De plus, leurs connivences avec l'extrême
droite sont légion.
Au
début des années 1990, après avoir collaboré
au « Nouvel Europe magazine » (un journal d'ultradroite
visant notamment à relativiser la période collaborationniste),
Marc Laudelout eut des contacts directs avec le Parti des forces
nouvelles, un groupuscule néofasciste belge soutenu par
Léon Degrelle. A l'heure actuelle, comme auteur d'articles
sur Céline, il poursuit sa collaboration avec «
Rivarol ». Le livre qu'il a publié chez Déterna,
en 2003, retrace l'histoire de ce journal visant à l'unité
de la droite nationaliste et resté profondément
partisan de l'Ordre nouveau. Avec Georges Hupin, le leader de
Terre & Peuple Wallonie (branche locale d'un mouvement racialiste
actif surtout en France), Marc Laudelout est l’un des
deux belges à avoir signé l'« Appel des
25 pour une grâce présidentielle de Michel Lajoye
». Ce dernier est un des autres auteurs de Dualpha. Militant
néonazi, il fut condamné pour un attentat anti-immigrés
(au sujet de Michel Lajoye: revoir la notice le concernant dans
l'article ci-dessus).
Francis
Verdavoine-Bourget
Auteur de « Génération et évolution
humaines », un gros livre (616 pages) publié il
y a quelques années aux éditions Dualpha. En août
dernier, il a été réédité
et réactualisé chez le même éditeur
sous le titre de « Surpeuplement : Un drame planétaire
! » (654 pages), dans la collection « politiquement
incorrect ».
Inconnu
de l'édition belge, Francis Verdavoine-Bourget est le
père de Xavier Verdavoine, le gestionnaire de Primatice-Liège,
la librairie ouverte en juin 2007 par... Philippe Randa. L'ouvrage
de Francis Verdavoine-Bourget est, selon sa présentation
officielle publiée sur les sites de et liés à
Randa : « une mise en accusation de l'insouciance humaine
» face aux dangers qui annoncent la fin de « l'espèce
humaine ». Dès lors, il n'est pas étonnant
qu'il soit promotionné et vendu (au prix de 45 euros)
par le journal « Rivarol », dont les articles alarmistes
sur la fin de « l'homme blanc » orchestrée
par le « cosmopolitisme » se publient à un
rythme soutenu.
Pol Vandromme
En mars 2004, les éditions dirigées par Philippe
Randa proposent un nouveau livre, « Les saisons de Drieu
». Son auteur est le journaliste belge Pol Vandromme.
Il n'est pas officiellement « catalogué »
à l'extrême droite, il serait même plutôt
considéré comme socialiste. Cependant, Pol Vandromme
fricote depuis belle lurette avec des hommes se situant «
à la droite de la droite ». Les éditions
Dualpha avait déjà réédité
en 2002 un autre brûlot de Pol Vandromme, « La droite
buissonnière », précédemment publié
aux éditions des Sept Couleurs, fondées et dirigées
par Maurice Bardèche, un des meneurs théoriques
de l'extrême droite fasciste, beau-frère et collaborateur
de Robert Brasillach, un des plus illustres écrivains
français pro-nazi durant la Guerre 40-45.
Connexion étonnante
? Non, puisque Pol Vandromme figure encore aujourd'hui dans
la liste des « soutiens » de l'Association des Amis
de Robert Brasillach (ARB), avec des « personnalités
» telles que Karel Dillen, le président-fondateur
du parti néofasciste Vlaams Blok, Alain de Benoist, le
dirigeant de la Nouvelle Droite française, ou Pierre
Vial, leader racialiste d'extrême droite. Le livre «
Les saisons de Drieu » de Vandromme est entièrement
consacré à l'écrivain collaborationniste
Drieu-La-Rochelle. L'écrivain belge est par ailleurs
connu comme étant un célinien de la première
heure. En effet, outre Drieu, Vandromme s'est passionné
pour Louis-Ferdinand Céline, un de ces autres «
écrivains maudits ». Il est même l'un de
ceux qui ont permis à l'oeuvre de l'écrivain antisémite
d'être ressortie des bibliothèques par la publication
de sa biographie. Nous étions alors en 1963. Deux ans
plus tard, Vandromme écrira « Maurras, l'église
de l'ordre », consacré cette fois-ci à l'idéologue
français du nationalisme intégral, un antisémite
de la pire espèce (sur Charles Maurras, lire
le dossier que RésistanceS lui a consacré
en août 2007).

Extrait d'un catalogue des éditions
Dualpha, avec une promotion d'un livre de Jean Jour, un de ses
auteurs belges – Document RésistanceS.
Jean Jour
Ce liégeois est l'auteur de plusieurs ouvrages publiés
chez Dualpha et le préfacier d'autres livres proposés
par ce même éditeur. En 2000, il publie la «
Guerre d'Espagne en images ». En 2003, il propose «
Simenon, romancier-nu », consacré au célèbre
écrivain liégeois de romans policiers. En juillet
2006, Jean Jour, toujours chez Dualpha, propose « Robert
Denoël, un destin », pour retracer l'itinéraire
de l'éditeur parisien également d'origine liégeoise
qui fut notamment le « découvreur », dans les
« années noires », du pamphlétaire antisémite
Céline. Rien d'étonnant alors de savoir que ce livre
de Jean Jour fut préfacé par le belge Marc Laudelout
(revoir plus haut son portrait). Amoureux fou d'une certaine Amérique
(où il vécut plusieurs années), Jean Jour
avait apposé sur sa voiture le drapeau de l'armée
sudiste, pro-esclavagiste et raciste à l'époque
de la guerre de Sécession. Par ailleurs, Jean Jour collabore
occasionnellement à plusieurs titres de la presse périodique,
dont... « La Libre Belgique »...
[A.V]
|
© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême
droite – www.resistances.be – info@resistances.be –
Article mis en ligne le 7 janvier 2008.
|

La croix celtique et le rat noir, les symboles de l'extrême
droite fréquentée par Randa.
Plus d'informations ?
Sur les éditions d'extrême droite Dualpha et Déterna,
leur patron Philippe Randa, leur réseau d'influence et leurs
auteurs français et belges, il faut lire les articles de RésistanceS
suivants :
• La
Fnac au service de l'extrême droite?
• Philippe
Randa, un éditeur au service de l'Ordre nouveau
• L'extrême
droite française s'installe à Liège
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Avec en communication
: «Soutien 07/01/2008»
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