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Scientologie 12 brochures La secte de Scientologie a de l’argent, et de
la suite dans les idées. Aussi, après s’être
rapprochée du Parlement européen, entreprend-elle maintenant
de diffuser ses brochures de propagande dans les différentes
instances parlementaires. Avec un objectif unique : faire passer l’idée
que la Scientologie est indispensable au bien-être de l’humanité. Janvier : Des outils pour réussir
sa vie Vous trouverez d'autres articles sur la Scientologie dans notre dossier Sectes.
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Brochure
n°3 : « Combattre l’illetrisme et améliorer
l’éducation » Manque de masse, gradient d’étude trop abrupt : c’est grave, docteur ? Première évidence : les élèves n’ont pas appris à apprendre. Heureusement, le bon Ron (Hubbard) a effectué des « recherches approfondies sur la difficulté d’apprendre quelque chose aux autres », ce qui lui a permis de mettre au point une méthode, astucieusement dénommée « méthode d’étude Hubbard » et véritablement révolutionnaire. Puisqu’on vous le dit. Ron Hubbard a donc, du haut de son génie, identifié
trois barrières principales à l’étude :
le manque de masse, un gradient d’étude trop abrupt et
le mot mal compris. Reprenons donc à zéro : le manque de masse, c’est tout simplement le fait de n’avoir pas devant soi un tracteur, ou à défaut un substitut acceptable, lorsqu’il s’agit d’apprendre la mécanique du tracteur. Ni Ron Hubbard ni la brochure ne précisent comment il faut procéder lorsqu’on tente d’étudier la physique quantique, la néantisation sartrienne ou l’éthique de Levinas. Mais peut-être après tout les apprentis scientologues ne sont-ils pas destinés à devenir physiciens ou philosophes, ni même moralistes, historiens, linguistes ou juristes… Le deuxième obstacle, c’est le « gradient d’étude trop abrupt », en d’autres termes la progression trop rapide dans l’acquisition des savoirs. Ainsi les petites roues qu’on ajoute à un vélo permettent-elles à un enfant un apprentissage progressif. L’humanité est décidément bien ingrate de n’avoir pas rendu hommage ainsi qu’il méritait à cet immense pédagogue que fut Ron Hubbard… Mais trêve d’irrévérence. Là où se révèle toute l’étendue du génie de Ron Hubbard, c’est lorsqu’il a le courage de dénoncer haut et clair le troisième obstacle au savoir, de loin le plus important : le mot mal compris. À cela, un seul remède, que nous devons encore à cet esprit brillant : la clarification de mots. Vous ne comprenez pas ? Lisez plutôt : « La clarification de mots peut être définie comme étant l’action de remédier à l’absence de définition et aux mauvaises définitions de mots, ainsi qu’aux difficultés à les employer, et de restaurer ainsi la connaissance ». Eh oui, c’est tout bête, mais il fallait y penser : quand on ne comprend pas une phrase, c’est nécessairement parce qu’on ne comprend pas un (ou plusieurs) des mots qui la composent. C’est ainsi que la Scientologie s’est attelée
aux principes fondamentaux du « bien apprendre ». Résultat,
on le voit : une resucée de poncifs éculés, affligeante
de platitude. La théorie pédagogique de Ron Hubbard, c’est sûr, ne pêche pas par son gradient trop abrupt. Et si c’est à coup de galets de couleurs que la Scientologie prétend sauver le monde de l’illetrisme, les dictateurs ont encore de beaux jours devant eux, eux qui se nourrissent de l’ignorance des peuples. Le plus inquiétant, dès lors, est sans doute la seconde partie de la brochure n°3 : « Un réseau mondial de programmes d’alphabétisation et d’éducation efficaces », qui présente l’ « association laïque » Applied Scholastics. Cette association « à but non lucratif » et soutenue par les Eglises de Scientologie est en effet présente dans le monde entier, et parfois même subventionnée par les pouvoirs publics, comme au Danemark. Et produit, sans doute, de nombreux petits scientologues, tout prêts à aller rejoindre la grande famille des décérébrés de la Scientologie, qui ont certes le « droit à utiliser toute connaissance comme il[s] le désire[nt] », mais dont le seul but est désormais de relire encore et toujours les « Ecritures » – comprenez les livres de Ron Hubbard – entre deux « auditions »… Nadia GEERTS
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