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Portrait d'une galaxie sans identité
Alain Soral, chefaillon des «anti-tout»
Ecrivain polémique, il est connu pour son discours
anti-féministe et homophobe. Depuis novembre 2007, Alain Soral
est membre du comité central du Front national français.
Il fait désormais partie de la crème de la crème
du « clan Le Pen ». Accompagné de son cercle politique,
Egalité & Réconciliation (E&R), Soral est passé
avec armes et bagages à l'extrême droite. Portrait d'une
mouvance orpheline d'identité.

Sur son site Internet, l'écrivain frontiste
s'auto-proclame comme étant un «intellectuel français
dissident»...
L'ancien punk (dans les années 1970) Alain Soral (né
en 1958) est un prototype particulier. Isolé. Marginal. Perdu.
Sans aucune base sociale. Ni famille politique sérieuse. Ex-communiste,
il est maintenant passé dans le camp de l'«autre extrême».
De la gauche, comme des féministes, des homosexuels et des
immigrés, il a la haine. Une haine bien ancrée au plus
profond de ses neurones. Elle est obsessionnelle. Maladive. Il réagit
au quart de tour, s'agite comme un enfant hyperactif dès qu'il
voit un drapeau de couleur rouge. Il fait régulièrement
des ulcères verbaux dès qu'il entend le mot «trotskisme»
et le nom «Olivier Besancenot» and C°. Soral est malade
d'avoir été de gauche. Il se soigne désormais
à droite. Avec des médicaments très forts, ceux
de l'extrême droite la plus caricaturale. La plus ridicule aussi.
Il écrira, un jour, dans un de ses indigestes textes de référence
: «je préfère encore un facho à un gauchiste».
Sa direction : «Vers un
Front national»
C'est au début des années 1990, alors qu’il
est toujours membre du Parti communiste français, que Soral
va préconiser, dans un texte collectif intitulé «Vers
un Front national», l'alliance entre son PCF et le FN de Jean-Marie
Le Pen, un «autre parti du peuple» dixit Soral. Après
plusieurs années d'errance, l'individu réapparaît
sur la scène médiatique qui le nourrit. En 2002, il
publie un nouvel opuscule pamphlétaire, «Jusqu’ou
va-t-on descendre ?». L'ancien coco s'affirme dès ce
moment, et au grand jour, comme un partisan du «national-populisme».
Il ira naturellement frapper à la porte du Front national,
le parti qui incarne le mieux cette mouvance politique. Et le FN accueillera
à bras ouverts un tel personnage, dans l'unique but opportuniste
de créer l'événement et d'apparaître à
cette occasion une nouvelle fois dans les médias. Soral au
FN, tout comme son pote Dieudonné, fait partie d'une opération
de marketing. Qui profite aux deux parties. Etre au centre des projecteurs
est leur ambition-obsessionnelle commune. Soral ou Dieudonné
sont des tremplins médiatiques pour le FN. Et vice versa.
L'écrivain polémique Alain
Soral dira dans une de ses allocutions, prononcées à
Vénissieux, en mars 2007 : «le seul homme politique qui
peut combattre (le) système ne peut être qu’un
nationaliste, indépendant du monde de la finance, de la politique
institutionnelle et des médias, et (que) ce seul homme politique
au côté duquel il faut combattre est, aujourd’hui
en France, quels que soient son passé et le mien, Jean-Marie
Le Pen» (extrait de son texte «Du communisme au nationalisme
: itinéraire d’un intellectuel français»).
En novembre de la même année, le chef du Front national
le nommera au comité central de son parti. Depuis, Soral fait
partie des intimes de Marine Le Pen, fille du président-fondateur
et future présidente selon les volontés de son père...
Au «Front», l'ex-national-communiste défend une
ligne «nationale-sociale». Addition des orientations travaillistes
de la gauche républicaine et des valeurs conservatrices de
la droite française nombriliste.

Alain Soral et son amie politique
Marine Le Pen, le 12 novembre dernier, sur le plateau de l'émission
«Ce soir ou jamais» (France 3). Thème: «Quel
avenir pour le Front National ?» © Image: France 3.
Doctrine de supermarché pour gogos et autres zozos
Pour développer ses fumeuses théories anti-gauches,
sexistes, anti-féministes, national-sociales, patriotiques
républicaines... Soral va se doter en juin 2007 d'un think
tank visant à cultiver le culte de sa propre personnalité
et la diffusion de sa doctrine de supermarché. Ce cercle de
réflexion prendra le nom d'Egalité & Réconciliation
(E&R).
Aujourd'hui, sur le site Internet de
son mouvement, le visiteur-surfeur peut consulter divers articles,
le plus souvent empreints de théories complotistes, fantasmatiques...
En général, ces derniers sont piqués d'autres
sites. Ainsi, il est loisible de lire des papiers provenant de différentes
gazettes et d'auteurs d'extrême droite, comme Marine et Jean-Marie
Le Pen ou encore Yvan Benedetti, dirigeant frontiste régional,
mais également responsable du journal «Jeune Nation»,
lié à l'Oeuvre française, un groupuscule national-catholique
néofasciste nostalgique des dictatures européennes,
en particulier française (sous la botte du Maréchal
Pétain) et espagnole (sous le joug du général
putschiste Franco). Benedetti est aussi connu pour son soutien officiel
au négationniste français Vincent Reynouard, condamné
il y a quelques mois en Belgique et depuis lors passé en clandestinité
(sur Reynouard ).
Bien «faf» (fasciste) tout cela. Pourtant
E&R affirme être membre d'une «gauche nationale»,
qui reste bien entendu dans les faits introuvable. Alain Soral et
son cercle politique se présentent comme un courant idéologique
voulant allier «la gauche de Travail» et «la droite
des valeurs». Une sorte de pensée «nationale-sociale».
Au sein du FN, Soral fait partie du « courant familial »
des Le Pen. Un courant conduit par Jean-Marie et sa fille Marine Le
Pen et rencontrant de plus en plus d'opposition à l'intérieur
même du Front national.
Pour se donner un verni de gauche, E&R publie
aussi sur son site des articles d'auteurs progressistes, altermondialistes,
libertaires... comme le Belge Jean Bricqmont. Dans la liste des «liens»
d'E&R figure encore le site de l'analyste médiatique belge
Michel Collon, proche du Parti du Travail de Belgique. Seulement voilà,
la «collaboration» de ces personnalités de gauche
n'en est pas une. Le procédé des «Soraliens»
est simple : pour faire croire que des gens de gauche sont parmi eux,
ils repiquent tout simplement des textes sur le Net. Sans l'autorisation
de leur auteur. A l'heure actuelle, aucun homme de gauche n'a rejoint
le mouvement de Soral. Le dire est de l'intox. Les seuls appuis politiques
qu'il reçoit viennent de sa droite. Comme cela peut être
démontré en deux temps trois mouvements, l'entreprise
politique de Soral est une manipulation. Aujourd'hui, seuls quelques
gogos et autres zozos se sont faits prendre au piège.

A ses manifestations, E&R d'Alain Soral
rassemble désormais le gratin de l'extrême droite française,
comme lors de son université 2008 : le député
européen Jean-Claude Martinez, ex-bras droit de Le Pen en matière
économique (libérale !), Christian Bouchet, l'ex-Duce
d'Unité radicale, un groupe nationaliste pro-intégriste
musulman, Franck Timmermans, ancien dirigeant du MNR de Bruno Mégret,
aujourd'hui meneur du Parti populitste...
Un flash pour l'extrême droite
En octobre dernier, le même Soral a confirmé
son appartenance à l'extrême droite la plus caractéristique.
Il a en effet participé au lancement d'un nouveau périodique,
«Flash». Avec sa maquette et ses titres racoleurs, ses
initiateurs souhaitent s'adresser à un public allant au-delà
du ghetto où se concentrent habituellement les lecteurs classiques
d'extrême droite. «Flash» a l'ambition de diffuser
le venin traditionnel de cette droite pseudo rebelle, voire anarchisante,
en direction d'un public jeune et repoussant les conformismes. Avant
ce «canard noir», d'autres à l'extrême droite
avaient tenté une telle expérience. Sans rencontrer
cependant un quelconque succès. Pour l'heure, derrière
«Flash» se trouve toujours un beau « kebba de fachos
» bien connus : Christian Bouchet, l'ex-Duce d'Unité
radicale (un groupuscule néofasciste partisan d'une alliance
avec les intégristes islamiques !), Philippe Randa, écrivain
et directeur des éditions Dualpha (à ce sujet relire
notre article «Philippe Randa, un éditeur au service
de l'Ordre nouveau» ),
Topoline et Béatrice Péreire, deux anciens de «National
Hebdo» (le journal officieux du FN lepéniste), Jean Bourdier,
big-boss jadis de «National Hebdo» et d'une autre publication
du même style, «Minute». Soral, dis-nous qui sont
tes nouveaux camarades, on te dira ce que tu es devenu : un fasciste
de la pire espèce !
Quant à son mouvement E&R, les dysfonctionnements
liés à une identité morcelée se confirment.
Notamment dans les bilans internes réalisés par les
chefs de certaines sections. Suite à des discussions en interne
organisées par la section « Aquitaine » d'E&R
(10 membres actifs sur toute la région !), il était
mentionné dans le n°1 (juillet 2008) du «BMI»
(Bulletin mensuel d'information), réservé aux membres
du mouvement de Soral et que RésistanceS.be a pu néanmoins
se procurer, qu'«une clarification du positionnement d'E&R
afin de lever toute ambiguïté et tout malentendu quand
à nos motivations profondes» devait être réalisée
urgemment. Plus loin, Stéphane, le responsable de cette section
régionale, précisait dans son rapport qu'il était
impératif qu’elle «trouve(r) un ciment pour unifier
l'auberge espagnole qu'est E&R».
Pendant ce temps, le pire ennemi du sieur
Soral, Olivier Besancenot, participe à l'émergence d'une
nouvelle force politique de gauche d'opposition véritablement
contestataire. L'écrivain ex-coco devenu facho continuera quant
à lui à injecter ses haines multiples dans des salons
huppés de communes bourgeoises, bien loin des conflits sociaux.
Avec Soral, l'identité idéologique est systématiquement
lézardée. Rien d'étonnant, le «front»
qu'il incarne est celui des «anti-tout», des «jamais
contents» et des «toujours contre».

Le frontiste Soral en Tintin
à la Une du journal d'extrême droite «Flash»
de novembre 2008.
Le bloc des bloqués
Avec ses propos populo-slogandisés, il attire à
lui des émotifs ayant besoin d'un guide. Cet écrivain
français aux rictus désagréables rassemble des
personnes en recherche d'idéal oppositionnel pour comprendre
le monde compliqué dans lequel ils vivent. Il est soutenu par
ceux qui râlent de manière pavlovienne. Des robotisés
de la contestation, des «anarchistes» de droite, des extrêmes
rigides et des hyper-conservateurs. Soral en attire par le biais de
ses attaques violentes contre l'«establishment» et en
se présentant comme «LE» dissident au système.
Cependant, son attitude de rebelle se limite à
une posture, sans conséquence dans le concret. Ses diatribes,
il les tient dans les salons chics d'hôtels bourgeois ou de
châteaux flamands de nantis (voir notre article sur Soral à
Bruxelles), pas avec les travailleurs en grève, les exclus
du chômage ou les immigrés victimes de l'exploitation
orchestrée par la mondialisation. La rébellion de Soral
est celle d'un roman, pas de la vraie vie ! Finalement, Alain Soral
ne représente que lui-même et ses quelques amis fanatiques.
Ensemble, ils forment le bloc des bloqués.
Alexande Vick
Immigration
Ce qu'en pense le cercle E&R d'Alain Soral
«Pour ce qui est des étrangers, il faut favoriser
leur retour, par exemple en limitant les droits sociaux de
ceux qui ne travaillent pas, ou encore en taxant la main d’œuvre
étrangère. Exiger également des étrangers
qu’ils soient en mesure de se loger correctement, en
dehors du logement social, strictement réservé
aux français. Il faut systématiquement expulser
les étrangers délinquants. Mais le gros de l’immigration
est potentiellement devant nous. Pour s’en préserver,
il faut des mesures défensives, comme par exemple des
délais de carence incompressibles au plan des prestations
sociales : celles-ci ne devraient être ouvertes qu’après
cinq ans travaillés minimum et être conditionnées
par le travail ; le rétablissement des frontières
et des contrôles» [extrait d'un dialogue
entre le mouvement Egalité & Reconciliation (E&R)
et l'organisation néofasciste «Les Identitaires»,
publié le 22 octobre 2007 sur le site Internet du premier].
Avec une telle
approche de l'immigration, il n'y a pas de doute, le cercle
politique Egalité & Reconciliation d'Alain Soral
fait désormais partie de l'extrême droite raciste.

Affiche de l'université 2007 de
l'association E&R d'Alain Soral
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© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 3 décembre 2008.
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Enquête de RésistanceS.be
sur la nébuleuse «nationale-sociale» d'Alain Soral
Au sommaire de cette enquête :
• Le
dirigeant du Front national français Alain Soral à Bruxelles
• Alain
Soral, chefaillon des «anti-tout» (Portrait de Soral et
d'E&R)
Pour affrondir le sujet de cet article,
lisez sur RésistanceS.be,
l'article suivant :
• Création
d'un mouvement politico-ethno-identitaire panafricain à Bruxelles
Campagne « Extrême
droite : ils se trompent de colère ! »
Depuis le mois d'août 2008 et jusqu'aux élections
de juin 2009, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire
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: « 03-12-2008 »
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asbl RésistanceS 2008
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