RésistanceS.be 30-04-2014

INFOS EXCLUSIVES de RésistanceS.be
sur les Tueries du Brabant


Fouilles à Escouffiaux :
les questions qui dérangent


Notre nouveau collaborateur, Brice Poirier, revient sur les dernières évolutions de l'enquête sur les attaqués des « Tueurs fous du Brabant wallon ». Un ancien site minier intéresse grandement les policiers en charge du dossier. Ainsi que les parcours de ceux qui le fréquentaient : des anciens officiers de l'Armée belge et des maillons importants de l'extrême droite francophone.

 



L'ancienne mine d'Escouffiaux, ici sur une carte postale touristique de l'époque, intéresse de plus en plus la cellule d'enquêtes « tueries du Brabant ».


La juge d'instruction en charge de l'enquête sur les Tueries du Brabant avait ordonné début du mois de mars de nouvelles fouilles sur l'ancien site minier d'Escouffiaux, à la recherche d'une Golf ou d'un cadavre, selon des sources proches de l'enquête.

Ce site de l'Escouffiaux est situé dans la province du Hainaut au « Petit Hornu », dans l'entité de Boussu, section Hornu, et se trouve non loin du lieu-dit « Champ des Sarts », où réside l'ancien homme politique Robert Urbain. Il y a là une vaste friche, d'anciennes terres de charbonnage, qui avaient été rachetées par un particulier. Situé entre la petite place du Champ des Sarts et le bas de la rue du Tour, l'endroit s'est recouvert d'une végétation abondante : tout est laissé à l'abandon depuis des années.

Il est utile de se rappeler que ce que les enquêteurs cherchaient en 1990 au même endroit, sur cet ancien site minier, c'était la « presse » d'un ferrailleur. Elle aurait pu réduire en petit cube la Golf qui manque à l'inventaire des voitures utilisées par les Tueurs.


Service de renseignements
Certains enquêteurs semblent avoir perdu de vue qu'en 2004, le propriétaire du site avait fait retourner beaucoup de terre (et sans doute cassé pas mal de pièces à convictions) avec des engins lourds (excavatrices...), ce qui rend aujourd'hui les fouilles très aléatoires.

Un élément jusqu'ici inconnu est le nom du propriétaire (aujourd'hui décédé) du terril: il s'agit de Georges Herbint, qui n'est pas un inconnu des services de renseignements et de sécurité militaire.

Il avait fait l'objet d'une note de signalement pour ses relations et actions en 1989, à la requête du patron du G2, le Colonel Smulder. Les hommes de ce dernier, avaient remonté toute la filière mais n'avaient pas pu achever leur enquête, leur patron étant tombé malade, puis muté pour­ sa fin de carrière à l'Otan avant de décéder quelques mois plus tard. Son successeur ne jugera pas utile de reprendre ce dossier.


OAS et militaires belges
Il faut dire que Georges Herbint, ancien gendarme, avait une vie très secrète et des relations au plus haut niveau : il fréquentait le Cercle Royal Mars et Mercure (un cercle d'officiers d'Active et de Réserve), était un familier du Lieutenant-Général Janssens, bien connu au sein de la droite catholique et monarchiste, et du Major Bougerol, souvent cité dans le dossier.

Pour compléter le tableau, Georges Herbint était un ami de Simon Genevois, un facho bon teint, avec qui il partageait une série d'idées. Il lui rendait régulièrement visite dans sa ferme à Honnelles.

Simon Gevenois est passé par toute une série de chapelles d'ultra-droite : il fut chef de la section Borinage du Bloc Belge, ouvertement national-socialiste. Il y a aussi des liens avec le Front National, le Westland New Post (dont plusieurs activistes sont cités dans le dossier « Tueurs du Brabant ») ainsi qu'avec divers groupuscules de militaires nostalgiques.

Gevenois est une grande gueule et n'est pas galonné. Mais une bonne partie de ses fréquentations l'était. On pense entre autres aux gens du C-INT (contre-espionnage) mais aussi des commandants de réserve para-commando, proches de l'Organisation armée secrète (OAS), une structure politico-militaire clandestine, formée au début des années 1960 par de hauts-officiers de l'armée française, qui s'opposa à coup de bombes et d'assassinats à l'indépendance de l'Algérie française.

« Est-on allé chez lui afin de rendre nerveuses d'autres personnes plus intéressantes ? », s'interrogeait déjà à l'époque Erik Rydberg, notre confrère de feu le quotidien Le Matin à son sujet.




Cité dans l'enquête sur les tueries du Brabant, Simon Genevois est un « vieux routier » de l'extrême droite belge francophone. Comme le montre notre document ci-dessus, extrait du journal « Force Nouvelle », il fut la tête de liste du parti du même nom aux élections législatives de 1985 dans l'arrondissement de Mons. Le meneur de la liste pour la circonscription de Bruxelles de Forces Nouvelles était Victor Dossogne (à gauche sur notre document), un haut-gradé de l'armée belge – Doc. RésistanceS.be / Ridaf.


Clandestin national-socialiste
Simon Genevois est bel et bien un nostalgique de l'Ordre nouveau, un peu folklorique, il est vrai, mais bénéficiant de multiples contacts au cœur même de la « famille nationaliste » belge. Déjà à cette époque, Gevenois fréquentait des militaires de carrière, dont des officiers parachutistes, comme le colonel d'artillerie Victor Dossogne, le père du chef du Front de la Jeunesse et de son parti, « Forces Nouvelles ».

Comme lui, Genevois fut dans les années 1980 l'une des têtes de liste de ce parti d'extrême droite qui par la suite, en 1991, fusionnera dans le Front national belge de Daniel Féret. Ensuite, il sera le point de contact et militera au Bloc Belge, mais aussi au « front wallon » AGIR. On retrouve aussi le même Simon Genevois dans l'ombre de la section wallonne d'un très clandestin « Parti national-socialiste belge » (PNSB).

Ce groupuscule néonazi avait apporté, en 1996, selon le collectif antifasciste « Résistance européenne » du Parti Communautaire National-européen (PCN), son soutien au Front nouveau de Belgique (FNB). Très proche de sa présidente, dans cette dissidence du FN se trouvait le dénommé Claude Nancy, alias « Docteur Soas », chef d'une organisation occulte national-socialiste liée à d'autres cercles clandestins d'extrême droite formés de militaires et de policiers, dont des membres sont cités dans certains des dossiers des « années de plomb belges ». Pour des informations plus détaillées sur Simon Genevois, il faut relire l'article de RésistanceS.be « Tueries du Brabant : Le milieu néonazi borain perquisitionné »




Les hommes de main l'opération de déstabilisation de l'Etat belge connue sous le nom de « Tueries du Brabant wallon » proviendraient du « milieu barbouzard », dans lequel se trouvent aussi des activistes membres de la plupart des partis et groupes de l'extrême droite francophone, comme par exemple le très clandestin « Parti national-socialiste belge » (PNSB). Le PNSB est officiellement la section dans notre pays de la World Union of National Socialists (WUNS), une organisation internationale néonazie implantée aux... Etats-Unis ! – Doc. RésistanceS.be – Ridaf


Questions sans réponse
Depuis lors, Simon Gevenois et l'ensemble de ses connaissances - dont Herbint - semblent sérieusement intéresser la Cellule d'enquête du Brabant wallon.
Surtout qu'en 2000, les agents de celle-ci, dont un « juteux », l'adjudant de gendarmerie A.L. et son équipier, avaient retrouvé chez un prétendu suspect - militaire de carrière - les coordonnées de ... Georges Herbint.

La fille de ce dernier - Sylviane - a reçu plusieurs fois la visite des enquêteurs de la cellule, sans que cette piste n'ait jamais réellement été creusée... Pourquoi ? Les relations au plus haut niveau de feu son père étaient-elles embarrassantes ? Pourquoi son nom n'a jamais été cité, malgré ses fréquentations, ses connections et le fait qu'il soit propriétaire d'un site aujourd'hui fouillé pour la troisième fois depuis le début de l'enquête ? S'agissait-il d'un agent double ? D'un gladiateur allant au charbon ? Autant de questions qui restent à ce jour sans réponse...

BRICE POIRIER

[Spécialiste des dossiers noirs de notre pays, Brice Poirier est un nouveau collaborateur de la rédaction de RésistanceS.be].

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 30 avril 2014.

 

 

LES TUERIES DU BRABANT :
AU BOUT DE LA PISTE ?

Au début des années 1980, la Belgique fut déstabilisée par les attaques contre des grandes surfaces commises par lesdits « Tueurs fous du Brabant wallon ». C'est au total 28 personnes qui furent officiellement tuées par cette bande criminelle énigmatique. Leurs tueries restent de nos jours un des plus grands mystères de l'histoire de notre pays.

Dans l'article ci-contre, Brice Poirier, un nouveau collaborateur de la rédaction de RésistanceS.be, revient sur une piste d'enquête inexploitée jusqu'à présent.

Elle plonge ses racines dans une zone géographique du Hainaut bien particulière dans laquelle se localisait une étrange mouvance politico-militariste. Formée d'officiers de l'armée belge, de soldats perdus, d'anciens contacts belges de l'Organisation armée secrète (OAS) auteure d'opérations terroristes lors de l'indépendance de l'Algérie française et de desperados d'extrême droite.

Cette piste pourrait-elle permettre la découverte des auteurs des tueries du Brabant et surtout de leurs commanditaires ? L'évolution de l'enquête actuelle aboutira-t-elle à des éléments intéressants pour enfin faire éclater la vérité ?

Une chose est sûre : il semble que nous n'avons jamais été aussi près de cette dernière.

[ M.AZ / RésistanceS.be ]


A lire sur ce même sujet sur RésistanceS.be :

NOTRE DOSSIER TUERIES DU BRABANT WALLON


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