Extrême droite et antisémitisme
à l'Est
«La clique juive mène
le génocide du peuple ukrainien»
Un leader ouest-ukrainien appelle à la lutte contre
les «youpins». Ilya Peroun, spécialiste de l'Europe
de l'Est et correspondant de RésistanceS.be, nous informe du
mouvement de banalisation et de réhabilitation du passé
nazi d'une partie de l'Ukraine. Opération réalisée
avec le soutien du mouvement «orange», pro-occidental
et soutenu par l'Union européenne et les États-Unis.

Les «héros»
de la «révolution orange», Viktor Iouchtchenko
et Ioulia Timochenko, participent-ils aujourd'hui à la réhabilitation
des nazis ukrainiens actifs durant la Guerre 40-45 ?
«La clique juive mène le génocide du peuple
ukrainien», tel est le propos récent, tenu en décembre
dernier, d’une personnalité politique ouest-ukrainienne,
Serguei Ratouchniak, maire d’Oujgorod, une ville d’Ukraine
occidentale de 120.000 habitants, capitale de la Transcarpatie. Dans
ce propos, on sent l’héritage de la grande tradition
nazie, encore vivace dans ces régions d’Europe centrale
(comme la Roumanie, la Slovaquie et la Hongrie voisines immédiates).
Dans l’autre région ouest-ukrainienne
de Galicie, la patrie de Stepan Bandera, dirigeant nazi ukrainien
durant la Guerre 40-45, les influences néonazies et national-fascistes
sont encore plus prononcées.
Ni marginal ni folklorique
Les autorités de Lviv (ex-Lvov, ex-Lwow) et d’Ivano-Frankivsk
(ex-Ivano-Frankovsk, ex-Stanislawow) organisent des célébrations
de Stepan Bandera et de la Waffen SS «Galitchina» (Galizien,
la division SS nazie ukrainienne durant la Seconde Guerre mondiale),
et battent campagne pour la défense d’Ivan Demjianiouk,
l’ancien gardien du centre d’extermination de Juifs de
Sobibor récemment extradé des Etats-Unis vers l’Allemagne
pour y être jugé.
Cette mouvance n’a rien de marginal
ni de folklorique. Elle est à la tête de plusieurs pouvoirs
locaux et régionaux. Si ses formations « ultras »
ne sont guère influentes à l’échelle de
toute l’Ukraine (elles sont très minoritaires partout
ailleurs), elles sont cependant représentées au sein
des grandes formations nationale-démocrates « oranges
» et bénéficient de soutiens occidentaux en tant
que « fers de lance » de la russophobie en Ukraine, sur
la base de raisons géostratégiques ! Elles ont bénéficié
du patronage de l’ex-président Viktor Iouchtchenko.
Défilé pro-SS le
28 avril
Selon certaines sources, Ioulia Timochenko, leader féminin
de la «révolution orange», serait prête à
prendre le relais du «combat national». Quant au nouveau
président Viktor Ianoukovitch, leader du Parti des Régions
hostile aux ultranationalistes, on l’attend au tournant : osera-t-il
annuler le titre de «héros national» accordé
à Bandera ? Quelle position prendra-t-il face au défilé
annuel, prévu le 28 avril prochain à Lviv, de la Waffen
SS «Galitchina» ?
Ilya Peroun
Correspondant de RésistanceS.be
spécialiste de l'Europe de l'Est
Pressions
polonaises sur le Parlement européen
La consécration,
par l’ex-président Viktor Iouchtchenko, du leader
national-fasciste Stepan Bandera comme «héros national»
a été désapprouvée par la Parlement
européen. Comment expliquer cette entorse à la
complaisance occidentale habituelle ?
C’est très
simple. L’initiative de cette désapprobation est
d'origine polonaise. En effet, Varsovie considère les
«banderistes» comme auteurs du «génocide
des Polonais de Volhynie» en 1943. L’«ami»
ukrainien des Polonais, Viktor Iouchtchenko, a donc sérieusement
«gaffé». Mais la position du Parlement européen,
qui n’a eu aucune répercussion médiatique
chez nous, soulève un tollé en Ukraine occidentale.
Les nationalistes radicaux promettent un «soulèvement»
si le nouveau président Viktor Ianoukovitch «ose»
suivre la demande du Parlement européen d'«annuler
la sacralisation de Stepan Bandera».
Cela devrait intervenir,
en principe, avant le 9 mai prochain, «Jour de Victoire
sur le fascisme», les soixante-cinq ans de l’anniversaire
de la capitulation nazie en 1945, qui sera célébré
avec éclat, tant à Kiev qu’à Moscou.
I.P
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mis en ligne le 22 avril 2010.
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Affiche de la
SS ukrainienne. Les nazis d’hier sont aujourd'hui devenus les
héros du combat national en Ukraine.
Sur ce même thème, lire sur RésistanceS.be
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La récupération des «anciens»
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