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RésistanceS.be 22-04-2010 |
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En Allemagne et dans le Bloc soviétique
Ces hommes, sous le commandement du général SS Prützmann, vont aussi rapidement éliminer les «défaitistes» qui refusent de participer à des combats sans espoir. A titre d’exemple, ils assassineront le 24 mars 1945 le docteur Oppenhof, maire de la ville d’Aix-la-Chapelle, à la frontière belge, qui venait d’être mis en place par les Américains. Ils seront également actifs dans les derniers jours du Reich nazi, défendant les villes de Pyritz et de Berlin. Une fois le conflit terminé, certains de ces commandos, malgré l’absence de commandement centralisé, vont poursuivre pendant quelques années la lutte armée.
Dans leur petit ouvrage intitulé «Kriegspiel» (1), Arnot et Bocquet citent les actions de guérilla des «Edelweiss Piraten» (2) qui auraient également poursuivi diverses visées terroristes jusqu’en 1946. De même, ces auteurs font état d’un autre groupe de Werewolves : les «Freies Deutschland». Cette organisation aurait compté jusqu’à 1400 membres et aurait été active en Poméranie et en Silésie jusqu’en 1947. Cependant, ces informations n’ont pu être confirmées par aucune autre étude historique complète. Pour Perry Biddiscombe (3), seul auteur indiscutable ayant traité de manière rigoureuse du sujet, ces mouvements de «résistance» se poursuivirent effectivement jusqu’en 1947-1948 dans certaines zones de l’Allemagne, notamment avec les groupes «Werwolf Kommando Nuremberg» ou encore le «Freikorps Adolf Hitler». Bien que ce type d’actions n’ait eu que peu incidence sur le déroulement de l’après-guerre en Allemagne, elles eurent un effet terrorisant sur une partie de la population allemande qui voulait tourner la page du nazisme. De surcroît, ces actions eurent des effets néfastes. Comme le rappelle Perry Biddiscombe : «Cette combinaison malveillante d’actions de guérilla et de surveillance a causé la mort de milliers de personnes, directement ou via la répression alliée et soviétique qu’elles provoquèrent. Les ravages aux propriétés infligés, en plus d’une économie centrale-européenne déjà dévastée, équivalent à des dizaines de millions de dollars. De plus, les politiques des occupants de l’Allemagne et ses voisins qui pourraient être considérées comme dures pour l’Allemagne, furent incitées par les Werewolves à devenir plus dures encore » (4). Enfin, certains de ces «résistants» jouèrent un rôle important dans la reconstruction de l’extrême droite après la chute de la dictature hitlérienne. C'est le cas d'un certain Fred Borth. Membre de la Jeunesse hitlérienne, il commandera ensuite un groupe de Werewolves en Autriche, dans une forêt proche de Vienne. Après avoir été arrêté et avoir passé un certain temps derrière les barreaux, il deviendra dans les années 1950-60 un membre influent des milieux néonazis autrichiens. Perry Biddiscombe précise à son sujet : « …Servant aussi comme agent pour les services secrets italien et autrichien et comme probable organisateur d’un réseau ''Gladio'' de formations ''stay bhind'' destiné à soutenir l’Otan en cas de troisième guerre mondiale» (5).
Ce recyclage s’inscrivait dans la vaste opération de lutte contre le communisme que les services secrets occidentaux ont commencé à mener, dans les derniers mois de la Deuxième Guerre mondiale. Sans les citer tous, on peut citer le cas de l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA) en Ukraine. Cette organisation combattante nationaliste et anticommuniste était une émanation de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) qui, sous la direction de Roman Choukhevitch et Stepan Bandera, va lutter tout d’abord contre l’envahisseur allemand avant de se retourner contre les soviétiques. Elle fut accusée de nombreux crimes de guerre, notamment contre les populations polonaise et juive d'Ukraine. Par nationalisme et anti-communisme viscéral, certains membres de l’UPA vont d’ailleurs se battre au sein de la division SS «galicienne». Dans cette dernière phase, l’UPA recevra l’aide des services secrets américains et surtout anglais. La personnalité de Bandera n’étant sans doute pas étrangère à cette collaboration. «Si l’on considère que Stepan Bandera, le dirigeant des nationalistes ukrainiens, a travaillé avant la guerre pour le SIS (Spécial Intelligence Service, les services secrets anglais, ndlr), il n’est guère surprenant qu’en 1945, après la défaite des nazis, ont ait ramené le fils prodigue au bercail», soulignent Mark Aarons et John Loftus, auteurs du livre «Des nazis au Vatican» (6). Ceci dit, au sein de l’OUN, l’organe politique d’où émane l’UPA, des scissions se sont également fait sentir. Comme le précisait le journaliste belge Jean-Marie Chauvier dans un article publié en 2007 dans Le Monde Diplomatique (7) : «Puis, c’est le radical Stepan Bandera qui fait dissidence en 1940 : son OUN-B forma deux bataillons de la Wehrmacht, Nachtgall et Roland, pour prendre part à l’agression menée par l’Allemagne et ses alliés contre l’URSS, le 22 juin 1941. Immédiatement après, déferle la vague des Pogroms (…). Le 30 juin 1941, l’OUN-B proclame un État ukrainien (…). Berlin refuse ce nouvel État, Bandera et Stetsko sont internés (…). Roman Choukhevitch, ex-chef du bataillon Nachtgall et du Schutzmannschaftbataillon 201 (Polizei), prend la tête, fin 42, de l’UPA» (sur les nationalistes nazis ukrainiens, lire les articles de RésistanceS.be référés dans le haut de la colonne de droite de cet article).
Un phénomène semblable a pu être observé en Lettonie. En 1940-45, toujours par anticommunisme, des milliers de Lettons combattirent aux côtés des forces de l’Axe contre l'Armée rouge. La Waffen SS, l'armée de l'élite du nazisme, composée de troupes allemandes et étrangères (françaises, belges, hollandais, croates...), forte de plus 900.000 combattants, comptait environ 150.000 lettons… On voit également que récemment en Ukraine, l'ancien pouvoir politique «orange» avait lancé une vaste opération de réhabilitation de ces combattants nationalistes, une manière d’affirmer son indépendance vis-à-vis de Moscou. Ainsi Mathilde Goanec, dans le quotidien français Libération, écrivait : «Tant pis si le panache de ces résistants à l’occupation soviétique est entaché par leur collaboration de circonstance avec l’Allemagne nazie et leur possible participation à la Shoah. Le sort des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale dérange dans le grand chantier d’une construction d’une histoire nationale en Ukraine» (8) et dans le reste des pays de l'Europe de l'Est où les «collabos» des nazis furent aussi nombreux. Laurent D’Altoe
Notes de l'article principal de cette page : (1) Arno et Bocquet : «Kriegspiel»,
Alpen Publishers, 1988. Le problème avec cet ouvrage, c’est
qu’il mélange réalité historique et certains
éléments fictionnels. C’est cependant un des premiers
à avoir abordé ce sujet.
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• «La clique juive mène le génocide du peuple ukrainien» • Un nazi à la base des services secrets allemands pro-USA • A l'Est, les nazis de hier sont réhabilités • Pourquoi les nazis sont considérés comme des héros en Lettonie • Nationalistes serbes soutenus par l'extrême droite belge • Nazis et Amérique du Sud : une vieille complicité
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