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Dans les coulisses de l’extrême droite francophone

Bloc Wallon : chronologie d'une fin annoncée

bwlogo2.jpg (2819 bytes)«RésistanceS» l’avait prédit. Le Bloc Wallon, parti nationaliste d’extrême droite fondé en avril 2000, est divisé en deux clans rivaux depuis le mois de mai 2001. Pour mieux comprendre son évolution vers la décadence qui le traverse aujourd’hui, voici la chronologie de ce parti mort-né.

Eté 1999
Suite à l’échec électoral de l’extrême droite francophone aux législatives et régionales du mois de juin, les transfuges d’AGIR (conduits par Willy Fréson) passés en 1996 au Front National se réunissent avec leurs anciens ennemis qui avaient fondé, lors de l’atomisation d’AGIR, le mouvement REF (mené par Hubert Defourny). Ensemble avec Georges Hupin, le dirigeant entre 1972 et 1980 de la section belge du Groupement de Recherche et d’Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE, Nouvelle Droite), ils projettent de remettre sur pied AGIR. Mais les légataires légaux de son sigle refusent de se lancer dans cette nouvelle entreprise (relire l’article «Où va aller AGIR ?», in «RésistanceS» n° 7, été 1999, p. 23). Au même moment, Hubert Defourny va poursuivre ses contacts politiques avec son «camarade» bruxellois Hervé Van Laethem (l’ancien leader du groupe néonazi l’Assaut). Avec ce dernier, le «Chef» de REF est l’un des cinq premiers signataires de l’»Appel pour un rassemblement des vrais nationalistes !». Ceux-ci organiseront des «Etats généraux du nationalisme» indépendamment de l’initiative prise par les anciens d’AGIR.

Septembre 1999
Le 11, lors des «Etats généraux du nationalisme», n’ayant pas réussi à prendre la direction du nouveau rassemblement des «vrais nationalistes», Hubert Defourny va déclencher une guerre de tranchées contre ses anciens «compagnons de route» conduits par Hervé Van Laethem. Sans Defourny, ces derniers fonderont le mouvement Nation.

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Avant la création du Bloc Wallon, en avril 2000, le mouvement REF présidé par Hubert Defourny avait participé aux "Etats généraux du nationalisme". C'est à cette occasion que le mouvement Nation fut fondé, en septembre 1999.

Avril 2000
Après plusieurs rencontres nationalistes, le Bloc Wallon est officiellement fondé le 13 avril à Liège, en présence d’une délégation du Vlaams Blok et d’un représentant du Front National français. Ensuite, des affiches avec le slogan «Maîtres chez nous !» apparaissent dans plusieurs villes wallonnes. L’éditeur responsable est Hubert Defourny. Ce dernier devient le vice-président de ce nouveau parti d’extrême droite et Georges Hupin est désigné à sa présidence. Plusieurs anciens élus communaux et provinciaux du Front National et d’AGIR rallient le Bloc Wallon qui s’annonce comme étant le «pendant wallon du Vlaams Blok». Pour sa part, le mouvement REF (fondé en 1995 par Defourny et présent ensuite à diverses élections) informe dans «Réfractaire» (son journal) qu’il ne s’autodissoudra pas pour autant. Defourny préfère ainsi garder la porte ouverte, au cas où…

Mai 2000
Le mouvement Nation va tenter diverses opérations pour faire échouer le développement du BW qui risque de représenter une concurrence de taille à ses futurs projets électoralistes. Mais Nation ne sera pas capable d’éliminer ni le Bloc Wallon ni le FN et ses «clones». Résultat : il ne pourra pas se présenter aux élections communales du mois d’octobre 2001.

Août 2000
Le premier numéro de «Bloc-notes», le journal du Bloc Wallon, sort de presse. Comme le mouvement Nation un an auparavant, le BW affirme être constitué des «différentes composantes du courant nationaliste identitaire (FNB, FN, REF , AGIR…). Un site sur Internet est également lancé. Par ailleurs, «RésistanceS» informe en exclusivité que le Bloc Wallon est soutenu par Jean-Robert Debbaudt, l’un des derniers «lieutenants» du SS Léon Degrelle et responsable de l’édition de son pamphlet négationniste, en 1979.

Septembre 2000
Avec un stand, le Bloc wallon est présent à la fête annuelle du Front National français. Sa délégation est conduite par Hubert Defourny et son mouvement REF.

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Elections communales 2000. Tract de Willy Fréson, cofondateur du Bloc Wallon (avril 2000), mais aussi ancien "conseiller idéologique" du président du Front National (1996-1999), dirigeant d'AGIR (1989-1995) et fondateur du Front de la Jeunesse (1973).

Octobre 2000
Le nouveau parti wallon d’extrême droite se présente aux élections communales dans 7 communes (Beyne-Heusay, Flémalle, Herstal, La Louvière, Liège, Manage et Mons) et dans 11 districts pour les élections provinciales. Malgré une campagne d’envergure et un matériel de propagande supérieur à ceux du FN et du FNB, le BW n’obtiendra aucun élu. L’échec électoral va augmenter les tensions internes déjà présentes dès le début.

Février 2001
Dans le cadre des activités politico-culturelles de son association les Amis de la Renaissance Européenne, le président du Bloc Wallon Georges Hupin se rapproche de «Devenir», la revue théorique du mouvement Nation. Cet opuscule confidentiel avait été, auparavant, dénoncé par Hubert Defourny comme étant influencé par la franc-maçonnerie !

Mai 2001
Après plusieurs mois de tension, le Bloc Wallon se divise en deux fractions. Il y aura désormais le «Bloc Wallon-canal historique» (celui de Georges Hupin) et le «Bloc Wallon-bis» (mené par Hubert Defourny). C’est un remake des crises qui avaient jadis fractionné le Parti des Forces Nouvelles (en 1989), AGIR (en 1994), le Front National belge (en 1995), français (en 1998) et le Front Nouveau de Belgique (en 1997).

Un «Bloc-notes» (numéroté comme étant le n° 7) est envoyé aux affiliés par la seconde fraction. Georges Hupin y annonce sa démission de la présidence. Quelques jours plus tard, un autre numéro de «Bloc-notes» (portant les numéros 7 et 8 et daté des mois de mai et juin) est communiqué pour annoncer que le précédent «était un faux» et que Georges Hupin reste le président du BW. Ce dernier enregistre, au Bureau des marques, le nom du parti, le titre de son journal et son logo. Objectif : empêcher Defourny et les siens de les utiliser et de continuer à se revendiquer du Bloc Wallon.

Juin-août 2001
Ce qui n’empêchera par Defourny de publier trois numéros de «Bloc-notes» pour dénoncer «la méchanceté de Monsieur Hupin et de sa bande de tricheurs», «les fripouilles» du «Bloc-bidon» et «le complot» qu’ils avaient organisé pour le «compte du «FN» belge» et en même temps pour celui des services de renseignements de notre pays.

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Il y a deux Bloc Wallon et deux présidents. L'extrême droite wallonne est désormais complètement atomisée.

 

Prochainement…

5 septembre 2001
Le trésorier du BW-canal historique est convoqué devant la Justice de paix de Seneffe, à la demande de la fraction de Defourny, pour une réunion conciliatoire. D’autres rendez-vous judiciaires auront ensuite lieu. En effet, le BW de Georges Hupin a également déposé une plainte collective, à Liège, pour faux, usage de faux et détournement contre ses dissidents.


M.AZ / RésistanceS / 4 août 2001

 

 

 

A lire sur notre site sur le Bloc Wallon :

Bloc Wallon : un nouveau parti d’extrême droite francophone ? (22/08/00)

La fin du Bloc Wallon

Chronologie d'une fin annoncée

Un leader du Bloc Wallon condamné pour racisme (26/02/01)

Condamnation d'un dirigeant d'extrême droite pour appartenance à deux organisations racistes (REF et Bloc Wallon) 28/01/02) NOUVEAU