Eté 1999
Suite à léchec électoral de lextrême droite francophone aux législatives
et régionales du mois de juin, les transfuges dAGIR (conduits par Willy Fréson)
passés en 1996 au Front National se réunissent avec leurs anciens ennemis qui avaient
fondé, lors de latomisation dAGIR, le mouvement REF (mené par Hubert
Defourny). Ensemble avec Georges Hupin, le dirigeant entre 1972 et 1980 de la section
belge du Groupement de Recherche et dEtudes pour la Civilisation Européenne (GRECE,
Nouvelle Droite), ils projettent de remettre sur pied AGIR. Mais les légataires légaux
de son sigle refusent de se lancer dans cette nouvelle entreprise (relire larticle
«Où va aller AGIR ?», in «RésistanceS» n° 7, été 1999, p. 23). Au même
moment, Hubert Defourny va poursuivre ses contacts politiques avec son «camarade»
bruxellois Hervé Van Laethem (lancien leader du groupe néonazi lAssaut).
Avec ce dernier, le «Chef» de REF est lun des cinq premiers signataires de
l»Appel pour un rassemblement des vrais nationalistes !». Ceux-ci
organiseront des «Etats généraux du nationalisme» indépendamment de linitiative
prise par les anciens dAGIR.
Septembre 1999
Le 11, lors des «Etats généraux du nationalisme», nayant pas réussi à
prendre la direction du nouveau rassemblement des «vrais nationalistes», Hubert Defourny
va déclencher une guerre de tranchées contre ses anciens «compagnons de route»
conduits par Hervé Van Laethem. Sans Defourny, ces derniers fonderont le mouvement
Nation.
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| Avant la création du Bloc
Wallon, en avril 2000, le mouvement REF présidé par Hubert Defourny avait participé aux
"Etats généraux du nationalisme". C'est à cette occasion que le mouvement
Nation fut fondé, en septembre 1999. |
Avril 2000
Après plusieurs rencontres nationalistes, le Bloc Wallon est officiellement
fondé le 13 avril à Liège, en présence dune délégation du Vlaams Blok et
dun représentant du Front National français. Ensuite, des affiches avec le slogan
«Maîtres chez nous !» apparaissent dans plusieurs villes wallonnes.
Léditeur responsable est Hubert Defourny. Ce dernier devient le vice-président de
ce nouveau parti dextrême droite et Georges Hupin est désigné à sa présidence.
Plusieurs anciens élus communaux et provinciaux du Front National et dAGIR rallient
le Bloc Wallon qui sannonce comme étant le «pendant wallon du Vlaams Blok». Pour
sa part, le mouvement REF (fondé en 1995 par Defourny et présent ensuite à diverses
élections) informe dans «Réfractaire» (son journal) quil ne sautodissoudra
pas pour autant. Defourny préfère ainsi garder la porte ouverte, au cas où
Mai 2000
Le mouvement Nation va tenter diverses opérations pour faire échouer le
développement du BW qui risque de représenter une concurrence de taille à ses futurs
projets électoralistes. Mais Nation ne sera pas capable déliminer ni le Bloc
Wallon ni le FN et ses «clones». Résultat : il ne pourra pas se présenter aux
élections communales du mois doctobre 2001.
Août 2000
Le premier numéro de «Bloc-notes», le journal du Bloc Wallon, sort de presse. Comme le
mouvement Nation un an auparavant, le BW affirme être constitué des «différentes
composantes du courant nationaliste identitaire (FNB, FN, REF , AGIR
). Un site
sur Internet est également lancé. Par ailleurs, «RésistanceS» informe en exclusivité
que le Bloc Wallon est soutenu par Jean-Robert Debbaudt, lun des derniers
«lieutenants» du SS Léon Degrelle et responsable de lédition de son pamphlet
négationniste, en 1979.
Septembre 2000
Avec un stand, le Bloc wallon est présent à la fête annuelle du Front National
français. Sa délégation est conduite par Hubert Defourny et son mouvement REF.
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| Elections communales 2000. Tract de
Willy Fréson, cofondateur du Bloc Wallon (avril 2000), mais aussi ancien "conseiller
idéologique" du président du Front National (1996-1999), dirigeant d'AGIR
(1989-1995) et fondateur du Front de la Jeunesse (1973). |
Octobre 2000
Le nouveau parti wallon dextrême droite se présente aux élections
communales dans 7 communes (Beyne-Heusay, Flémalle, Herstal, La Louvière, Liège, Manage
et Mons) et dans 11 districts pour les élections provinciales. Malgré une campagne
denvergure et un matériel de propagande supérieur à ceux du FN et du FNB, le BW
nobtiendra aucun élu. Léchec électoral va augmenter les tensions internes
déjà présentes dès le début.
Février 2001
Dans le cadre des activités politico-culturelles de son association les Amis de la
Renaissance Européenne, le président du Bloc Wallon Georges Hupin se rapproche de
«Devenir», la revue théorique du mouvement Nation. Cet opuscule confidentiel avait
été, auparavant, dénoncé par Hubert Defourny comme étant influencé par la
franc-maçonnerie !
Mai 2001
Après plusieurs mois de tension, le Bloc Wallon se divise en deux fractions. Il y aura
désormais le «Bloc Wallon-canal historique» (celui de Georges Hupin) et le «Bloc
Wallon-bis» (mené par Hubert Defourny). Cest un remake des crises qui avaient
jadis fractionné le Parti des Forces Nouvelles (en 1989), AGIR (en 1994), le Front
National belge (en 1995), français (en 1998) et le Front Nouveau de Belgique (en 1997).
Un «Bloc-notes» (numéroté comme étant le n° 7) est envoyé aux affiliés par la
seconde fraction. Georges Hupin y annonce sa démission de la présidence. Quelques jours
plus tard, un autre numéro de «Bloc-notes» (portant les numéros 7 et 8 et daté des
mois de mai et juin) est communiqué pour annoncer que le précédent «était un faux»
et que Georges Hupin reste le président du BW. Ce dernier enregistre, au Bureau des
marques, le nom du parti, le titre de son journal et son logo. Objectif : empêcher
Defourny et les siens de les utiliser et de continuer à se revendiquer du Bloc Wallon.
Juin-août 2001
Ce qui nempêchera par Defourny de publier trois numéros de «Bloc-notes» pour
dénoncer «la méchanceté de Monsieur Hupin et de sa bande de tricheurs», «les
fripouilles» du «Bloc-bidon» et «le complot» quils avaient organisé pour le
«compte du «FN» belge» et en même temps pour celui des services de renseignements de
notre pays.
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| Il y a deux Bloc Wallon et
deux présidents. L'extrême droite wallonne est désormais complètement atomisée. |
Prochainement
5 septembre 2001
Le trésorier du BW-canal historique est convoqué devant la Justice de paix de Seneffe,
à la demande de la fraction de Defourny, pour une réunion conciliatoire. Dautres
rendez-vous judiciaires auront ensuite lieu. En effet, le BW de Georges Hupin a également
déposé une plainte collective, à Liège, pour faux, usage de faux et détournement
contre ses dissidents.
M.AZ / RésistanceS / 4 août 2001