RésistanceS.be 20-08-2013

INFO EXCLUSIVE de RésistanceS.be


Le néonazi flamand Bert Eriksson toujours honoré


Plus de huit ans après sa disparition à Anvers, des disciples du dernier dirigeant du Vlaamse militanten orde (VMO) lui rendent encore hommage. Bert Eriksson reste un modèle politique au sein de l'extrême droite : de groupuscules néonazis jusqu'au sommet du Vlaams Belang. Le nouveau fer de lance de cette nostalgie cultivée : les Autonome nationalisten Vlaanderen.

 



Sur un mur à Bruxelles, août 2013 © DR


Au milieu du mois d'août est apparu à Bruxelles, un graffiti en l'honneur de Bert Eriksson (notre photo, ci-dessus). Avec un texte en néerlandais proclamant : « B. Eriksson leeft voor 1000 jaren » (B. Eriksson vit pour 1000 ans). Il était accompagné de la rune d'Odal.

Cet emblème provient du « panthéon nazi ». Très vite après la chute du Troisième Reich allemand, il fut repris comme sigle d'identification idéologique par des groupes (néo)nazis, dans plusieurs pays européens, y compris en Belgique.


Ordre des militants flamands
Mais qui était réellement Bert Eriksson ? Au tout début de son adolescence, durant l'occupation nazie du pays, il est membre d'un mouvement de jeunesse collaborationniste d'Ordre nouveau. Durant la guerre de Corée - qui se déroula de 1950 à 1953 -, il fit partie du contingent des para-commandos volontaires de l'armée belge partis combattre les communistes nord-coréens, alors soutenus par la Chine maoïste. Il restera au service de l'armée belge jusqu'en 1962. Plus tard, il devint le patron d'un café à Anvers qu'il baptisa - sans aucun hasard - « Café Odal », comme la rune nazie. Bien vite, ce débit de boissons anversois servira de lieu de rendez-vous à divers groupes d'extrême droite subversifs belges (néerlandophones et francophones), allemands, hollandais, français... Eriksson est alors membre du Vlaamse militanten orde (VMO ; Ordre des militants flamands). D'abord, dans les années 1950, service d'ordre interne de la Volksunie (le parti de la droite nationaliste radicale catholique indépendantiste flamande et ancêtre de l'actuelle N-VA de Bart De Wever), le VMO va ensuite évoluer, après 1968, vers le néonazisme pur et dur, sous l'impulsion de Bert Eriksson, son nouveau leader.

Dans notre pays, cette organisation va former plusieurs « générations de militants » d'extrême droite. En 1977, elle participera activement, avec d'autres groupes d'action nationalistes (Were Di, Voorpost, TAK...) à la mise sur pied du cartel électoral « Vlaams Blok » qui se transformera rapidement en parti politique (il s'agit de l'actuel Vlaams Belang). Plusieurs membres et dirigeants du VMO, dont Eriksson, seront poursuivis par la justice, condamnés et emprisonnés pour violence, constitution d'une milice privée paramilitaire...

L'organisation fut dissoute. Mais Bert Eriksson, la reconstitua avec la création d'une nouvelle structure militante, le « Groupe Odal ». D'autres anciens du VMO, en conflit avec son leader, lanceront, sans succès, un Nationaal front en Flandre (qui fut néanmoins liés aux FN belge et français). Des nervis néonazis bruxellois francophones animeront encore, certes pour une courte période, un « VMO-Bruxelles ».


De Blood and Honour au Vlaams Belang
Après la disparition définitive des pseudopodes du VMO, à la fin des années 1980, cette organisation néonazie flamande restera un modèle militant et politique, y compris au sein de l'extrême droite francophone. Bert Eriksson poursuivra son combat pour le mouvement nationaliste flamand, notamment en soutenant activement le réseau négationniste VHO, mené par d'anciens responsables du VMO , et la « division flamande » de Blood and Honour, un mouvement international de skins NS (nationaux-socialistes) basé à Londres, depuis le milieu des années 1980 

Lors du décès de Bert Eriksson, à l'âge de 74 ans, le 2 octobre 2005, ils seront nombreux à l'extrême droite à lui rendre un dernier hommage. Des dizaines de membres, des parlementaires et des dirigeants du Vlaams Belang étaient présents à son enterrement, comme l'avait révélé à la télévision publique belge francophone (RTBF) le journaliste Jean-Claude Defossé (qui rejoindra ensuite la rédaction de RésistanceS.be ). C'est normal, l'histoire du VMO et du VB est identique. Les connexions furent nombreuses entre l'ordre militant et le parti politique flamand. Parmi les premiers cadres et parlementaires de ce dernier, nombreux avaient débuté leur activisme dans les rangs dirigeants de l'organisation néonazie.

 

Hommage du Vlaams Belang au néonazi Eriksson

Après la mort, le 2 octobre 2005, de Bert Eriksson, le parti Vlaams Belang lui rendit un vibrant hommage dans son organe de presse officiel (Vlaams Belang magazine  de novembre 2005). Il se terminait ainsi :

« Bert Eriksson fut un homme qui ne laissait aucun commentateur indifférent: il était d’un courage et d’une trempe exceptionnels. Il est resté fidèle à la cause nationaliste flamande et à la construction d’une Europe nouvelle. Il exigeait beaucoup de ses hommes et acceptait pour lui-même les pires risques. Il croyait dur comme fer à ses idéaux et les concrétisait de manière romantique et exaltée. Dans les années qui ont suivi la dissolution du VMO, Eriksson a suivi une voie politique qui n’était pas celle du Vlaams Blok. Cela ne nous empêche pas de reconnaître aujourd’hui qu’il fut un rude combattant, inflexible, qui a toujours lutté pour ses idéaux. »


Aujourd'hui encore plusieurs structures militantes nationalistes en Flandre se revendiquent du VMO de Bert Eriksson ou manifestent à son égard un véritable culte nostalgique. C'est le cas de la Nieuw-solidaristisch alternatief (N-SA), des Autonome nationalisten Vlaanderen, de Voorpost et du courant radical du Vlaams Belang, dans lequel on retrouve notamment Filip Dewinter. Véritable « patron » de ce parti nationaliste d'extrême droite, Dewinter est, à titre d'exemple, lié à l'association des anciens adhérents du VMO, toujours active actuellement.


Bert Eriksson, le dernier lion des Flandres ?
Le 5 octobre prochain, les Autonome nationalisten Vlaanderen (AN) organiseront une soirée en l'honneur de Bert Eriksson (voir ci-dessous, en illustration, l'invitation), avec la projection d'un film militant : « Bert Eriksson, de laatste leeuw van Vlaanderen? » (Bert Eriksson, le dernier lion des Flandres ?).

Les Autonomes nationalisten forment un groupe néonazi flamand qui a pour origine le « courant des nationalistes libres ».

NATIONALISTES LIBRES / AUTONOMES ?

Apparus en Allemagne, au début des années 1990, au sein de la mouvance néonazie ultra (préconisant notamment la lutte armée), les « nationalistes libres » planifient une stratégie d'action autonome en marge des formations électorales d'extrême droite. Pour éviter la « répression de l'Etat » (par des infiltrations d'indicateurs, des poursuites judiciaires, des dissolutions...), ils se sont structurés sur une base semi-clandestine et « sans leader » (une stratégie théorisée par l'extrême droite nord-américaine engagée dans la lutte armée).

Lors de manifestations de rue d'extrême droite, ils défilent sur le modèle des Blacks blocs, les groupes d'ultragauche et anarchistes autonomes qui se sont rendus célèbres, par leurs actions de guérilla urbaine, durant les gigantesques manifestations altermondialistes du début des années 1990.

Le « courant des nationalistes libres » est plus connu sous le nom de « nationalistes autonomes ».  Outre en Allemagne, leur bastion historique, aux Pays-Bas, en France, en Belgique et dans plusieurs pays de l'Europe de l'est, des noyaux de jeunes militants néonazis, souvent issus des rangs de supporters violents de football, se revendiquent des nationalistes autonomes.


 

Dans notre pays, c'est en 1996 que les Autonome nationalisten Vlaanderen se sont mis en place dans le nord de Bruxelles (cf. le « Dictionnaire de l'extrême droite néerlandophone » de RésistanceS.be  cliq). Ensuite, pendant plus de dix ans, ce petit groupe disparut de la circulation. Il s'est réactivé au début de cette année 2013.

Son dirigeant-fondateur, le Bruxellois Chris Berteryan, était déjà dans les années 1990 un jeune disciple de Bert Eriksson. Il est alors lié au groupe néonazi bruxellois francophone l'Assaut, formé par l'ex-VMO-Bruxelles, dont le leader est lui aussi un « enfants politiques » d'Eriksson.

Aujourd'hui, les AN Vlaanderen de Berteryan collaborent régulièrement avec Nation cliqle mouvement d'extrême droite francophone fondé en 1999 et depuis toujours conduit par l'ex-führer de l'Assaut. Pour ces activistes d'extrême droite, le (néo)nazi Bert Eriksson doit encore « vivre pour 1000 ans », comme le proclamait la propagande nazie au sujet du Troisième Reich hitlérien.

Alexandre VICK







Invitation pour la soirée du 5 octobre prochain en l'honneur du nazi Eriksson

 

 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – 20 août 2013.

 

 

 



Le VMO, l'organisation des militants flamands d'orientation néonazie, disparu il y a près de trente ans reste une référence pour l'extrême droite néerlandophone, mais aussi pour son pendant francophone © DR

 


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Sur le VMO de Bert Eriksson ?

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