Elle
dit défendre les droits de l'Homme …
Les liens de la Scientologie avec l'extrême
droite
En Belgique, où elle a installé son siège
européen, la Scientologie ne regroupe que quelques adeptes.
Mais elle reçoit l'appui de plusieurs personnalités.
Parmi celles-ci, des dirigeants de l'extrême droite, dont une
des figures de proue du mouvement nationaliste flamand.

Hugo Coveliers en compagnie de Filip Dewinter,
dirigeant des purs et durs du Vlaams Belang, au cours d’un débat
sur l’indépendance de la Flandre, organisé, en
octobre 2005, par le Katholieke vlaams hoogstudenten verbond (KVHV),
un mouvement catholique flamand d'ultradroite. A droite, l'affiche
de l'ami des scientologues pour les élections législatives
du 13 juin 2010.
Lors de l'inauguration à grand frais, le 23 janvier dernier,
du nouveau bâtiment de la Scientologie (plus de 8 000 m²),
acquis à coup de millions d'euros, non loin de l'avenue Louise,
les Champs Elysées bruxellois, plusieurs personnalités
belges et étrangères faisaient partie des convives.
Une poignée d'entre eux prirent la parole à la tribune
de ce groupe international idéologico-religieux, qui reste
interdit ou est toujours considéré comme une secte dans
de nombreux pays. Le Parlement belge avait d’ailleurs lui-même
classé la Scientologie comme secte en 1997.
Parmi les orateurs venus apporter une
reconnaissance académique, culturelle ou politique à
cette organisation sectaire, se trouvaient le directeur adjoint des
affaires religieuses du ministère espagnol de la Justice (où
la Scientologie est reconnue depuis peu comme une religion), une parlementaire
membre de la commission sur la drogue du Parlement hongrois qui fut
la responsable nationale de la lutte anti-drogue, un professeur de
l'université de Lille spécialiste en relations internationales,
ainsi que deux Belges, le professeur Christopher Vonck, recteur de
la Faculté d’étude comparée des Religions
à l'université d'Anvers, et le parlementaire Hugo Coveliers.
Dans le monde politique flamand, ce dernier n'est pas n'importe qui.
«Sans distinction d'origine». Ah bon ?
Hugo Coveliers a été
l'un des dirigeants des radicaux de la Volksunie (VU), le plus important
parti nationaliste flamand de 1954 à 1991. En 1993, il quitte
la VU pour rejoindre les rangs du parti libéral (VLD). Aux
élections législatives de 1995, Hugo Coveliers est élu
sénateur. En 1999, il se présente, toujours sous les
couleurs du VLD, à la Chambre des représentant et est
élu. De 1999 à 2003, l'ex-VU va diriger le groupe parlementaire
VLD. Aux législative de 2003, il repasse au Sénat.
Puis, il fit scission en fondant une nouvelle structure politique,
le parti Vlott (Vlaams, Liberaal, Onafhankelijk, Transparant en Tolerant,
en français : Flamand, libéral, indépendant,
transparent et tolérant). A l'occasion des élections
communales de 2006, Vlott se présenta au scrutin, dans plusieurs
villes de Flandre, en cartel avec le Vlaams Belang (VB), le parti
d'extrême droite nationaliste, issu comme Coveliers de la Volksunie
( ).
Depuis lors, le parlementaire nationaliste libéral est resté
fidèle à ses nouveaux alliés politiques. En 2007,
Coveliers était réélu sénateur sur la
liste du VB. Le 13 juin dernier, il poussait sa liste sénatoriale.
Victime sans doute du reflux électoral généralisé
de ce parti d'extrême droite, il ne fut pas réélu.

A la tribune du nouveau siège bruxellois
de la Scientologie, Hugo Coveliers le 23 janvier dernier. Il était
alors toujours sénateur du Vlaams Belang, le parti d'extrême
droite flamand.
Au
cours de son speech donné à la cérémonie
d'ouverture du nouveau siège européen de la Scientologie
à Bruxelles, le désormais ex-parlementaire d'extrême
droite déclara notamment: «ce qui m'impressionne le plus
est la manière dont vous aidez les gens, sans aucune distinction
quant à leur origine». Le Vlaams Belang est pour sa part
un ardent défenseur de politiques inégalitaires entre
les «Flamands de souche» (membres de la «communauté
homogène», dixit Filip Dewinter, le numéro 2 du
parti) et les personnes étrangères, d'origine étrangère
(les dits «allochtones»), ainsi que les francophones vivant
en Flandre. Le discours de Coveliers emprunte donc un style contradictoire.
Rien d'étonnant pour un partisan d'une Flandre indépendante
basée sur une communauté ethnique homogène.
Il faut signaler ici que les directions
européennes et belges de la Scientologie n'ont pas jugé
bon de rappeler l'appartenance politique exacte de Coveliers. Histoire
de noyer le poisson. Et pourtant, les liens de plusieurs sectes avec
l'extrême droite ne sont pas une nouveauté ( .
En 2004, RésistanceS.be avait déjà annoncé
le ralliement aux thèses de la Scientologie du responsable
de la Jeune alliance nationale (JAN ),
une organisation politique de jeunesse liée au Front nouveau
de Belgique (FNB). Marguerite Bastien, la président-fondatrice
du FNB, avait elle-même eu des contacts avec le groupe sectaire
d'origine nord-américaine. Au Parlement fédéral,
alors députée élue sur une liste du Front national,
elle avait critiqué en 1997 le rapport de la commission parlementaire
sur les sectes. Intervention qui lui avait valu les remerciements
en personne du chef des scientologues pour la Belgique.
Sciento-VB : sur le même front !
En 2008, c'est le leader du Vlaams Belang à Bruxelles,
le député régional Johan Demol, qui avait apporté
à son tour son soutien à la Scientologie. Il figurait
dans un film de promotion de Narconon, une façade de l'entreprise
politico-religieuse visant à recruter des adeptes par le concours
de la lutte contre la drogue. La présence de Demol dans ce
document de propagande de l'organisation avait été révélée
grâce au travail d'investigation de «Anonymous»,
un réseau rassemblant des anciens scientologues ayant décidé
de lutter contre ses nuisances ( ).
Pour défendre l'apparition de
son dirigeant bruxellois dans la vidéo de Narconon, le Vlaams
Belang déclara dans un communiqué de presse : «Qu'il
s'agisse de scientologie ou d'autres organisations qui luttent contre
la drogue, ce qui compte avant tout, c'est le message, et ce message
est celui de décourager le recours aux drogues».
Ligne de défense un peu brève.
De Johan Demol à Hugo Coveliers, le Vlaams
Belang se retrouve donc parfois, dans ses combats, sur le même
front que l'inquiétante organisation sectaire. Est-ce un hasard
ou bien la manifestation de convergences idéologiques communes
? Une chose saute aux yeux : quand la scientologie reçoit des
marques de sympathies de la part de politiciens, il s'agit dans la
plupart des cas de politiciens d'extrême droite. Ce qui n'empêchera
pas ce mouvement politico-religieux d'affirmer son engagement pour
la défense des droits de l'Homme. Une fumisterie de plus.
S. HARYS
Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites.
Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant
clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge
de l'extrême droite.
© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire
belge de l'extrême droite – www.resistances.be –
info@resistances.be – Article mis en ligne le 15 juillet 2010.
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Une nouvelle
enquête de Simon HARYS de RésistanceS.be
Au sommaire de cette enquête :
• La
Scientologie poursuit sa croisade sectaire à partir de Bruxelles
• Les
liens de la Scientologie avec l'extrême droite (Vlaams Belang...)
Sur
ce même thème, lire les articles de RésistanceS.be
sur la Scientologie publiés dans le dossier
suivant :
I

Note
de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient
reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source,
en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire
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