138 passagers d’un vol qui s’est écrasé en Iran se dirigeaient vers le Canada : Trudeau

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Le premier ministre Justin Trudeau offre ses condoléances à tous ceux qui ont été touchés par l’écrasement du vol PS752 d’Ukraine International Airlines, survenu peu après le décollage à l’aéroport de Téhéran.

Le vol PS752 d’Ukraine International Airlines reliant Téhéran à Kiev s’est écrasé le 8 janvier peu après son décollage, emportant les 176 personnes qui se trouvaient à bord. Des familles, des universitaires et des étudiants canadiens figuraient parmi les victimes.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que la majorité des passagers se dirigeaient vers le Canada.

“Au moins 63 Canadiens étaient à bord et 138 passagers de ce vol étaient en correspondance avec le Canada”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Ottawa, évoquant des gens qui ne rentreront pas auprès des leurs.

M. Trudeau, entouré du ministre des Transports Marc Garneau, du ministre de la Défense Harjit Sajjan et du chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, a promis une enquête approfondie sur ce qui compte parmi les pires catastrophes ayant frappé des citoyens canadiens depuis des décennies. Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, devait s’entretenir avec son homologue iranien afin de faire avancer le dossier.

“Les Canadiens ont des questions et ils méritent des réponses”, a-t-il affirmé.

Ni M. Trudeau ni M. Garneau n’ont voulu se prononcer sur la cause de l’accident.

Prié de dire s’il pouvait écarter l’hypothèse d’un avion abattu – l’appareil s’est écrasé quelques heures après le tir de missiles balistiques iraniens contre des bases irakiennes abritant des soldats américains –, le premier ministre a répondu qu’il était trop tôt pour spéculer.

Dans un premier temps, les autorités ukrainiennes et iraniennes avaient évoqué un possible problème mécanique. L’ambassade d’Ukraine en Iran est ensuite revenue sur ces déclarations, précisant qu’elles n’avaient pas un caractère officiel.

Une anomalie après le décollage, selon Garneau

Ancien astronaute, Marc Garneau a expliqué que les données satellitaires indiquaient un décollage normal du Boeing 737-800, suivi d’une perte de contact presque immédiate.

Cette rupture brutale des communications porte à croire qu’un événement très inhabituel est survenu, a-t-il dit, sans qu’il soit possible d’en dire davantage pour l’instant.

Il a évoqué plusieurs pistes possibles et souligné qu’il faudrait attendre des informations supplémentaires, notamment les boîtes noires, avant de tirer des conclusions.

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada a fait savoir que l’enquête serait menée par les autorités iraniennes et qu’il désignerait un expert canadien chargé de recevoir et d’examiner les renseignements recueillis.

Ukraine International Airlines, qui a suspendu indéfiniment ses vols vers Téhéran, a précisé dans un communiqué que l’appareil avait été construit en 2016 et avait subi sa dernière maintenance prévue le lundi précédent.

Le rapatriement des corps et la recherche des causes seront compliqués par la rupture des liens diplomatiques entre le Canada et l’Iran, survenue il y a plusieurs années.

Pouyan Tabasinejad, vice-président du Congrès irano-canadien, craint que cette absence de relations ne nuise à tous les volets du dossier et prive le Canada d’un rôle de médiateur. Le rapatriement, prévoit-il, prendra plus de temps, et l’obtention d’informations comme la collaboration avec l’aviation civile iranienne s’en trouveront entravées.

Un bilan encore mouvant

M. Champagne a décrit une situation “extrêmement fluide”, prévenant que le nombre de Canadiens dont le décès est confirmé pourrait évoluer à mesure que l’information circulera, notamment en ce qui touche la double citoyenneté.

Il a indiqué être en contact avec son homologue ukrainien et s’être engagé à parler à toutes les autorités concernées, promettant de tenir les Canadiens informés de l’évolution du dossier.

Au moins 27 personnes d’Edmonton figureraient parmi les victimes. Des disparus vivaient aussi en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique, au Québec et en Ontario.

Payman Parseyan, de la communauté irano-canadienne d’Edmonton, a résumé le deuil collectif : la communauté a perdu une part importante d’elle-même, et presque tous les Edmontonais d’origine iranienne connaissaient quelqu’un qui se trouvait à bord.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Vadym Prystaiko, a fait état de ressortissants iraniens, ukrainiens, suédois, afghans, britanniques et allemands parmi les passagers. L’ambassadeur d’Ukraine au Canada, Andriy Shevchenko, a indiqué que son pays travaillait avec les autorités iraniennes sur place pour identifier les corps et soutenir les familles.

“Mon coeur est brisé”, a-t-il confié, ajoutant que cette douleur serait traversée aux côtés des Canadiens.

M. Trudeau s’est entretenu avec plusieurs dirigeants, dont le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron et le premier ministre britannique Boris Johnson, qui lui ont offert leurs condoléances.

Les chefs de parti et plusieurs premiers ministres provinciaux ont également exprimé leurs condoléances. Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a soutenu que les familles des victimes méritaient des réponses claires, tout en rappelant que, quelle que soit la cause, le drame demeure dévastateur. Le chef conservateur Andrew Scheer a parlé d’une terrible tragédie et d’une journée sombre pour le pays, tandis que le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, rappelait que la vie est précieuse.

Ottawa déconseille les voyages non essentiels en Iran

Affaires mondiales Canada invite les proches de citoyens canadiens soupçonnés d’avoir été à bord à communiquer avec son Centre de surveillance et d’intervention d’urgence. Les Canadiens qui se trouvent en Iran et ont besoin d’une aide consulaire doivent s’adresser à l’ambassade du Canada à Ankara ou joindre le même centre.

Ottawa recommande d’éviter tout voyage non essentiel en Iran en raison de l’instabilité de la situation sécuritaire et de la menace terroriste régionale.

L’avertissement rappelle que les Canadiens, en particulier les binationaux, s’exposent à être interrogés, arrêtés ou détenus arbitrairement. L’Iran ne reconnaît pas la double nationalité, et le Canada ne pourra pas obtenir d’accès consulaire pour les binationaux canado-iraniens, invités à bien mesurer les risques d’un séjour.

Cet avis ne fait aucune mention de l’écrasement.

Trudeau commente la riposte américaine

M. Trudeau a confirmé que des militaires canadiens se trouvaient sur une base aérienne irakienne visée par des missiles iraniens.

“Je peux confirmer qu’il y avait des Canadiens à la base d’Erbil lorsque les roquettes ont atterri, mais ils sont tous en sécurité”, a-t-il déclaré.

Invité à dire s’il appuyait la décision de Donald Trump de faire tuer par drone le commandant militaire iranien Qassem Soleimani, M. Trudeau a répondu que ce choix relevait des États-Unis, sans se prononcer clairement.

Il a rappelé que le Canada connaissait depuis longtemps la menace que pose l’IRGC pour la sécurité régionale et locale, et que les Américains avaient pris leur décision en fonction de leur propre évaluation de cette menace.

Après les tirs de missiles, l’Administration fédérale de l’aviation des États-Unis a publié un avis interdisant aux transporteurs civils américains de survoler l’Irak, l’Iran ainsi que les eaux du golfe Persique et du golfe d’Oman.

Transports Canada a emboîté le pas en indiquant sur Twitter qu’Air Canada, seul transporteur canadien à desservir la zone visée, avait modifié ses routes. Un porte-parole de la compagnie a précisé que des vols étaient redirigés vers Dubaï et que d’autres ajustements suivraient au besoin.

Air Canada a expliqué prendre des mesures de précaution en raison de l’incertitude qui règne au Moyen-Orient, comme plusieurs transporteurs internationaux. La compagnie souligne qu’elle n’utilisait plus l’espace aérien iranien depuis le milieu de l’année précédente et que les derniers ajustements concernent l’espace aérien irakien, désormais évité lui aussi.

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