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Suite du feuilleton «zizanie
à l'extrême droite»
FN «rénové»...
dégraissé ?
Apparu en septembre 2007, le Front national conduit par les
dits «réformateurs» est en pleine crise interne.
Dissidents et opposés au FN de Daniel Féret, ils avaient
pourtant affiché leur unité. Ce n'était finalement
que de la poudre aux yeux. Comme le confirment les dernières
tensions internes. La «guerre des clans» aura-t-elle aussi
lieu désormais au FN bis ?

Home page du blog de Charles Pire. Cet idéologue
frontiste anti-Féret vient de fonder, avec un autre député
régional, Charles Petitjean, la Fédération wallonne
du Front national, un «Front dans le Front».
Le dernier communiqué de presse du FN «rénové»,
daté de ce 11 décembre et relatif aux actuelles émeutes
en Grèce ,
n'est signé que par quatre membres de son bureau politique
: Daniel Huygens (son nouveau président, depuis la démission
de Michel Delacroix pour cause de scandale suite à la diffusion
d'une vidéo antisémite ),
Patrick Sessler (son député régional bruxellois
et surtout son secrétaire général omniprésent),
Jean-Pierre Borbouse (député wallon et chef de la section
de Charleroi) et Quentin de Launois (le responsable du FN dans le
Brabant wallon).
Jusqu'à récemment encore,
les communications officielles du FN bis étaient signées
par l'ensemble des membres de sa direction. Ce qui veut dire qu’en
plus des dirigeants cités ci-dessus, il y avait également
Charles Pire (député régional de l'arrondissement
de Liège, auteur par ailleurs du «Manifeste» politique
de ce FN) et Charles Petitjean (député régional
de l'arrondissement de Charleroi). L'absence de leurs signatures dans
les derniers communiqués de presse frontistes confirme la crise
que vit actuellement le Front national «rénové».
Un «Front dans le Front»
En effet, les députés et dirigeants wallons
Charles Pire (un ancien du Parti social-chrétien) et Charles
Petitjean (un transfuge du PRL, droite libérale) animent aujourd'hui
un courant interne au sein du parti d'extrême droite. Un courant
opposé aux «radicaux» du Front national, conduits
par les députés régionaux Patrick Sessler (Bruxelles)
et Jean-Pierre Borbousse (Charleroi). Le premier provient des rangs
de l'extrême droite néonazie et du Vlaams Belang, le
second milita au PCN, une formation «national-bolchévique»,
avant de s'en faire exclure pour ses étranges comportements
en interne et de rejoindre le Parti du Travail de Belgique, bien connu
comme étant le fer de lance de l'extrême gauche dans
notre pays. Les transfuges des partis traditionnels semblent donc
avoir du mal avec les ex-militants de formations extrémistes
pures et dures. D'autant plus que ces derniers ont été
capables de prendre la présidence du parti, après le
départ précipité de Michel Delacroix, en y plaçant
un des leurs, le député régional Daniel Huygens.
Un fidèle de Sessler. Donc un homme contrôlable... Face
à lui, Charles Petitjean avait proposé sa candidature
au poste de président frontiste. Sans succès.
Dans le but de renforcer leur positionnement
en interne, et depuis leur mise en minorité au sein du bureau
politique du parti, Pire et Petitjean ont annoncé la création
d'une Fédération wallonne du Front national, c'est-à-dire
un «Front dans le Front». Ils ne quittent donc pas leur
parti. Leur calcul est simple : même si les divergences –
idéologiques, stratégiques et personnelles – sont
nombreuses entre les deux «clans» désormais adversaires
officiellement, une division du FN et la mise en place d'une nouvelle
formation électorale seraient totalement désavantageuses
pour tout le monde. Résultat : par pragmatisme et opportunisme,
le «clan de la droite national-libérale» (Pire-Petitjean)
va continuer son combat politique avec ses rivaux du «clan des
radicaux nationalistes et identitaires» (Sessler-Huygens-Borbousse).

Le logo de la dernière dissidence frontiste
en date...
Une nouvelle scission...
Un autre opposant interne à la ligne majoritaire actuelle,
Alex Quévy, a par contre décidé de claquer la
porte du FN bis. Sa démission fait suite à la diffusion
de la vidéo montrant le sénateur Michel Delacroix, le
désormais ancien président de ce Front, fredonnant une
chanson antisémite. Par sa démission, le FN des «réformateurs»
perd un élu local : Alex Quévy siègera dorénavant
comme conseiller communal «indépendant» dans la
commune de Saint-Ghislain où il fut élu aux élections
communales d'octobre 2006. L'ex-frontiste a aussi annoncé la
création d'un nouveau parti politique, dissident du FN : les
Forces démocrates wallonnes (FDW).
Un émiettement bien habituel dans
l'histoire du Front national belge. En février 2005, RésistanceS.be,
dans une étude détaillée, avait déjà
listé plus de trente scissions dans ce partis d'extrême
droite, un record absolu dans l'histoire politique belge .
Ces dissidences avaient donné lieu à la création
de nouveaux partis de droite nationaliste et populiste. La plupart
d’entre eux eurent cependant une existence plus qu'éphémère,
l'électeur frontiste préférant toujours l'original
à la copie.
Alexandre Vick
© RésistanceS.be
– web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite
– www.resistances.be – info@resistances.be – Article
mis en ligne le 12 décembre 2008 .
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: « 12-12-2008 »
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