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Suite aux émeutes en Grèce
Révoltes des jeunes :
le FN préconise toujours la manière forte
L'extrême droite n'aime pas la révolte. Malgré
un «discours anti-système» de type populiste, les
partis nationalistes d'ultra droite sont des partisans inconditionnels
de l'ordre pur et dur. Ils préconisent toujours des mesures
fortes à l'égard de ceux qui protestent, notamment contre
l'injustice, les inégalités et les «magouilles
politiciennes». Le Front national belge vient encore de le démontrer.

Scène quotidienne en Grèce, suite à la mort du
jeune « Alexis » - Photo Indymédia
Ce 11 décembre, le Front national belge, celui qui est à
présent aux mains des dits «réformateurs»
opposés au FN de Daniel Féret (actuellement présidé
ad intérim par Patrick Cocriamont, son député
fédéral), a diffusé un communiqué de presse
au sujet des émeutes actuelles qui ont lieu en Grèce.
Pour rappel, celles-ci ont été déclenchées,
partout dans le pays, par une bavure policière ayant tué
par balle, samedi dernier, un jeune manifestant de 15 ans, Alexis
Grigoropoulos. Depuis lors, ce pays du Sud de l'Europe est secoué
par une vague incessante de manifestations massives et radicales contre
le gouvernement d'Athènes.
Abattre les «racailles»,
un droit
Pour le FN «rénové», ces «violentes
émeutes» sont «fomentées par de jeunes voyous
qui brûlent des magasins, saccagent des biens publics et agressent
les forces de police». Le communiqué de presse frontiste
diffusé pour l'occasion, décrit Alexis Grigoropoulos
comme «un jeune anarchiste» qui avait attaqué la
police, le 6 décembre dernier, avec «une trentaine de
racailles». Le FN note dès lors qu'il a tout simplement
été «abattu par un policier, en état de
légitime défense». Un agent des forces de l'ordre
qui n'aurait «fait (que) son devoir». Le FN rappelle à
cette occasion «aux médias» qu’«abattre
un voyou en état de légitime défense n’est
pas une bavure».
Dans son communiqué de presse du 11 décembre,
le parti d'extrême droite belge témoigne dès lors
de «sa solidarité à l’ensemble des forces
de l’ordre qui, que ce soit en Grèce ou en Belgique,
tentent d’assurer la sécurité des personnes et
de leurs biens, au péril de leur vie».
Ce sont «les partis de gauche» qui sont responsables,
pour le FN, de ces émeutes, parce qu'ils «apportent leur
soutien aux émeutiers et stigmatisent la (pseudo) responsabilité
des forces de police dans les violences». Cependant, le gouvernement
grec ferait, selon le parti d'extrême droite belge, «preuve
d’un coupable laxisme dans la gestion des émeutes».

L'extrême droite exploite toujours les émeutes des jeunes
en révolte à des fins politiques. Ci-dessus, deux couvertures
du journal du Front national belge ; l'une date de 1990 (à
droite), l'autre de 2005 – Documents : RésistanceS.be
Le FN couvre les «magouilles politiciennes»
La méthode préconisée par la formation
frontiste pour mater les révoltés ? «Le FN recommande
l’application du principe de la tolérance zéro
et réclame des peines exemplaires». Soucieux de récupérer
l'événement dans un cadre belge, le Front national termine
son communiqué de presse en rappelant «aux politiciens
belges que la Grèce n’a pas le monopole de ce type d’émeutes.
En effet, Anderlecht, Droixhe, Saint-Josse ou encore Saint-Gilles
connaissent régulièrement des ''poussées de fièvre''».
Par cette prise de position radicale au sujet
de la crise sociale qui agite actuellement la Grèce, le FN
belge, au nom de l'ensemble des partis et mouvements de la «droite
nationaliste» et «identitaire», rappelle son attachement
à des solutions extrêmes - et uniquement répressives
- pour répondre à ceux qui se révoltent contre
l'injustice et les «magouilles politiciennes» du gouvernement
grec (de droite), comme l'ont signalé les différents
médias couvrant ces émeutes. De cela, l'extrême
droite ne parle évidemment pas. De la sorte, elle fustige uniquement
les jeunes révoltés qui dénoncent l'injustice
sociale qui a cours en Grèce, et couvre ainsi les vrais responsables
de la situation : une classe politique traversée par des scandales
politico-judiciaires à répétition. L'extrême
droite en devient de la sorte la complice...
Simon Harys
© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 12 décembre 2008.
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La police grecque, arme à feu au poing contre les manifestants.
Le FN lui reconnait le droit d'abattre les voyous - Photo Indymédia
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