| RésistanceS 04-05-2008 |
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Refoulement & tabous
L'auteur Jonathan Littell, Prix
Goncourt 2007 pour Les Bienveillantes, propose depuis peu
un nouveau livre, Le sec et l’humide (chez Gallimard).
En 136 pages, il y décrit le « discours degrellien »
(voir notre article «Degrelle sous la plume de Jonathan Littell»
La thèse de l'écrivain Jonathan Littell, dans Le sec et l’humide (éditions Gallimard, mars 2008), est que Léon Degrelle, dirigeant de l'extrême droite belge dans les années 1930 et dirigeant de la SS « Wallonie » sur le Front de l'Est, aurait pu être un homosexuel refoulé, voire même un pédéraste. Mais d'après l'auteur, « Homosexualité et fascisme ne vont pas de pair ». Vraie et fausse hypothèse. En effet, dans son corpus idéologique,
le fascisme (le nazisme et l'extrême droite en général)
préconise une politique familiale de type conservateur : un
homme comme chef absolu du ménage, une femme et des enfants
dominés sous le joug d'une discipline de fer (voir sur ce thème
notre article «Famille, avortement et homosexualité»
Homos-nazis tolérés
si confidentiels Mais un «deux poids deux mesures» subsistait et une sélection idéologique des homosexuels s'opérait. Les non-nazis et ceux de «race non-aryenne» étaient vigoureusement pourchassés. Pour leur part, les «homos-nazis» restaient tolérés, si leur choix sexuel s'exprimait de manière confidentielle et camouflée par un semblant de «vie familiale normale». Hypocrisie des «bien-pensants»… Une attitude qui est d'ailleurs identique au traitement «traditionnel» de la hiérarchie de l'Eglise catholique à l'égard de ses (nombreux ?) curés, religieuses et croyants homosexuels, même si ces derniers sont de bons pères et mères de famille chrétienne...
C'est un leader néonazi allemand, Michaël Kühnen (mort du sida en 1991) qui fut le théoricien du courant homo-nazi. Pour populariser sa vision national-sexuelle, il écrira même un manifeste de 32 pages au titre évocateur : «National-socialisme et homosexualité». Selon son éditeur français, Ars Magna, lui aussi lié au milieu occulte d'extrême droite, «Kühnen prit la défense de Röhm et renoua … avec les confréries. Selon lui, l’homosexualité n’était pas seulement naturelle : elle avait fondé la civilisation». On peut constater, que les gays de l'Ordre noir adhèrent à un concept théorique selon lequel les homosexuels seraient l'élite de la Nation, même s'ils participent ardemment à sa politique familiale. L'élitisme homosexuel développe, comme tout intégrisme, un rejet des «Autres», les considérant comme des faibles, des citoyens de seconde zone, des adversaires... Ex-militaire de carrière, comme Ernest Röhm, Michaël Kühnen bénéficiait de beaucoup de compagnons fidèles, en Allemagne comme à l'étranger. Fréquentant un «monde d'hommes», il partageait alors avec eux ses opinions et ses pratiques idéologico-sexuelles. A l'armée, certains d'entre eux avaient aussi goûté aux jeux homo-érotiques, notamment lors de bizutages bien particuliers.
Dans les années 1980, Michaël Kühnen dirigeait le Mouvement européen, une organisation regroupant plusieurs groupes néonazis allemands, français, hollandais et belges. Lors de rassemblements de ce mouvement, des remakes des «orgies des SA» auraient eu lieu. Pour sa part, le compagnon de route français de Kühnen était Michel Caignet. Ce responsable de la Fédération d'action nationale et européenne (Fane), un groupe néonazi français, allait par la suite, tout en restant fidèle à son engagement politique, mettre sur pied Gaie France, une publication homosexuelle nationaliste. Cachés ou revendiqués, les homos-nazis-nationalistes-identitaires existent bel et bien. Leur orientation sexuelle – considérée comme «dégénérée» par le corpus officiel de l'extrême droite – pourrait expliquer les discours virils de certains d'entre eux. La défense de la famille traditionnelle ne serait donc qu'un leurre pour vivre des relations fraternelles et passionnées entre «guerriers». Manuel Abramowicz
© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le dimanche 4 mai 2008.
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INFORMATION EXCLUSIVE Jean Vermeire, ex-officier SS belge et dernier chef du rexisme, est décédé (03/10/2009)
• Degrelle sous la plume de Jonathan Littell • Famille, avortement et homosexualité • Danger : homophobie ! Du mépris au fascisme… • Amnésie,
bêtise et extrême droite Sur RésistanceS.be, à lire à propos de Léon Degrelle :
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