RésistanceS.be 12-07-2011

Portrait du président du Vlaams Blok/Belang en fonction de 1996 à 2008

Frank Vanhecke, un pur et dur devenu pragmatique

 

Il a fait partie de la «génération Le Pen» avec Filip Dewinter et Gerolf Annemans. Durant plus de 10 ans, adoubé par Karel Dillen, le président-fondateur du Vlaams Blok/Belang, ce partisan de la ligne radicale du parti d'extrême droite flamand le dirigera. Mais depuis lors, il est entré en rébellion contre ses ex-amis. Ce 11 juillet, Frank Vanhecke a pour finir jeté l'éponge en démissionnant du Vlaams Belang et en prenant la tête de ses dissidents rassemblés dans le groupe Belfort. Voici son portrait.

 


Karel Dillen et Frank Vanhecke

Karel Dillen avec son jeune poulain politique Frank Vanhecke, alors tous deux députés européens du Vlaams Blok (le nom jusqu'en 2004 de l'actuel Vlaams Belang).


Né en 1959, Frank Vanhecke a été président du Vlaams Blok/Belang (VB), le plus important parti d'extrême droite flamand, de 1996 à 2008. En juin 2009, il sera réélu au Parlement européen. Avant cela, il avait déjà siégé comme chef du groupe du Vlaams Belang au Sénat et au conseil communal de Bruges.


Ordre nouveau
C'est très jeune que Frank Vanhecke rejoint l'extrême droite flamande en devenant membre du Vlaams national partij (VNP), une petite formation fondée en octobre 1977 par des dissidents de la Volksunie. Le leader du VNP était alors Karel Dillen, un pur et dur du combat flamingant, tendance néonazie. Dillen est effectivement connu à cette époque comme étant un partisan de la négation du génocide juif commis par les nazis lors de la dernière guerre mondiale. Ce vieux routier de l'extrême droite revancharde a été un membre très actif de plusieurs directions de mouvements radicaux, comme Were di, un groupe de réflexion rassemblant des nostalgiques de l'Ordre nouveau «national-socialiste» .

En 1978, le VNP de Karel Dillen s'allie avec un autre petit parti séparatiste, le Vlaamse volkspartij (VVP) de Lode Claes, lui aussi un dissident de la Volksunie (il fut même l'un de ses parlementaires). Sous le nom de «Vlaams Blok» (un intitulé de référence dans l'histoire du nationalisme flamand), le VNP et le VVP mettent sur pied un cartel électoral en vue des élections législatives de 1978. La vingtaine tout juste assumée, Frank Vanhecke devient un des jeunes cadres de ce VB qui se transforme, sous les hospices du VNP, en véritable parti autonome.


Le Pen, pour modèle
Frank Vanhecke est également passé dans les rangs du Taal-Aktie-Komitee (TAK), un groupe de choc d'extrême droite antifrancophone () et du Nationalistische Studenten Vereniging (NSV), une association d'étudiants adeptes de la croix celtique (symbole des néofascistes) et d'actions musclées de type commando (). Il n'y a pas de doute sur son CV politique : Vanhecke est un pur et dur de la cause nationaliste radicale flamande, alors à l'extrême droite de la Volksunie, le parti historique du mouvement national flamand jusqu'en 2001.

Il a fait partie de la génération militante qui va réussir à imposer le Vlaams Blok dans le paysage politique de notre pays. Notamment en prenant pour modèle l'extrême droite française, conduite par Jean-Marie Le Pen. En 1981, Frank Vanhecke termine à la Vrij universiteit Brussel (VUB) ses études en communication par la réalisation d'un mémoire consacrée à la Nouvelle Droite française, le courant idéologico-stratégique qui permit à l'extrême droite de sortir de sa traversée du désert, entamée aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.


Objectif : dédiabolisation
Fort de ses connaissances théoriques, Frank Vanhecke fut rapidement choisi par Karel Dillen, dirigeant historique et fondateur du parti nationaliste flamand, pour prendre en main, en 1996, le VB et le professionnaliser. Une mission qu'il réalisera avec d'autres jeunes cadres, essentiellement Filip Dewinter et Gerolf Annemans, deux «camarades» qui deviendront petit à petit ses pires ennemis.

Frank Vanhecke préconisait une stratégie visant la dédiabolisation du VB dans le but de briser le cordon sanitaire qui l'excluait du pouvoir. Au fil du temps, l'ex-chef du parti  se rangea dans le clan des «pragmatiques». Un clan prônant la participation du Vlaams Belang dans une large coalition nationaliste, qui aujourd'hui ne pourrait être dirigée que par la N-VA de Bart De Wever, un parti nationaliste démocratique super puissant depuis son succès historique aux élections législatives de 2010.


Frank Vanhecke

Le député européen Vlaams Belang Frank Vanhecke, en novembre 2009, à la tribune du congrès de fondation du Parti de la France (PdF), une des nombreuses scissions du Front national français.


Départ pour la N-VA ?
Le 11 juillet dernier, jour de la Fête de la Communauté flamande (une date symbolique pour les nationalistes), l'ancien président du parti d'extrême droite a remis sa démission et a claqué la porte. Officiellement pour protester contre l'exclusion des rangs du parti d'affiliés qui s'étaient rassemblés, depuis quelques mois, dans ledit «groupe Belfort», une fraction autonome et d'opposition à sa direction autocratique, contrôlée désormais par le trio dirigeant constitué par Filip Dewinter, Gerolf Annemans et Bruno Valkeniers (président officiel du VB). Certains pensent que l'avenir politique de Frank Vanhecke, toujours en possession de son mandat de député européen, n'est pas terminé pour autant. Il vient d'ailleurs de prendre la direction du groupe Belfort qui ambitionne de se développer partout en Flandre.

Pourrait-il également rejoindre les rangs de la N-VA de Bart De Wever ? Marie-Rose Morel, sa dernière compagne, était issue de ce parti nationaliste démocratique flamand avant de rallier le Vlaams Belang. Quelques temps avant son décès en février dernier , elle se réconcilia avec De Wever. A l'occasion de ses funérailles, Frank Vanhecke et Bart De Wever, véritables pères politiques de Morel, ont été les artisans de leur bon déroulement. Le signe d'une future alliance possible entre les deux hommes ? A suivre.

Alexandre VICK

 

 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 juillet 2012.

 

 

 

 

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