RésistanceS.be 22-01-2012

Après l’interdiction du Front national en Belgique


Que vont devenir les frontistes belges ?


Groggys par le choc de l’abandon de leur idole (Marine Le Pen), des responsables du désormais feu le FN «réunifié» cherchent un asile (politique !). Mais pour l’heure, personne ne veut d’eux… Leur traversé du désert débute.

 

 



Des dirigeants du désormais ex-FN «réunifié» lors d’une manifestation à Liège, en novembre dernier © Photo Bruno Devoghel


Depuis la signification, ce 19 janvier, de la cessation de leur convention avec la présidente du Front national français, Marine Le Pen, les frontistes belges sont totalement groggys. Tout leur espoir de tirer profit lors des élections communales d’octobre de l’«effet mariniste» à l’occasion de l’élection présidentielle en France en avril, s’est envolé en quelques jours. Leur «renaissance électorale», n’aura donc pas lieu, malgré de récents sondages favorables pour le sigle «FN» en Wallonie. Après des années d’énergie dépensée et des zizanies internes coûteuses pour prendre le pouvoir au FN belge, un parti d’extrême droite fondé en 1985 et condamné pour racisme en 2006, les voilà revenus à la case départ.

Les responsables et militants du FN «réunifié» sont orphelins. Abandonnés dans le paysage politique. Pire : c’est leur idole, Marine Le Pen, qui les a politiquement supprimés. Une extrême humiliation qui laissera des traces. Leur FN est désormais dissout, ce qui n’est pas encore le cas du Front national «canal historique», un concurrent coriace.


Persona non grata au PP
Dès le lendemain de l’article exclusif de RésistanceS.be sur ce retournement de situation historique, plusieurs responsables frontistes ont entamé des démarches variées pour se recaser politiquement.

Après l’avoir attaqués et vilipendés publiquement, certains du FN «réunifié» ont été mendiés, pour des raisons opportunistes, une adhésion au Parti populaire (PP). Le président de cette formation fondée en 2009, l’avocat Mischaël Modrikamen, avait notamment déclaré en 2011, se sentir proche des «valeurs républicaines» de Marine Le Pen. Elles s’inscrivent, selon lui, dans un courant européen plus vaste, avec l’Union démocratique du centre (UDC) en Suisse et le Parti de la Liberté (PVV) aux Pays-Bas, ainsi que la N-VA en Flandre ().

Bien informé de la vraie nature idéologique et des caractères compliqués (pour ne pas dire autre chose) de pas mal de ces frontistes, le président du Parti populaire devrait refuser ces offres de transfuges.
 
Des responsables du FN «réunifié», dont le seul élu communal, ont également contacté le FN «canal historique » présidé par Salvatore Nicotra. Objectif : rallier ce Front propriétaire légal de l’ASBL de fondation de ce parti d’extrême droite. D’autant plus que le FN de Nicotra affirme que contrairement aux informations diffusées par l’avocat belge de Marine Le Pen, le sigle et le nom de son parti pourront toujours être utilisés dans notre pays. Pour la bonne et simple raison que le FN belge existe, sous la forme d’une ASBL, depuis 1985, et que le Front national ne fut officiellement fondé en France que trois années plus tard. De 1972 à 1988, le parti lepéniste agissait légalement sous le nom de Front national pour l’unité française, le FNUF. C’est un procès, qui s’ouvrira le 2 février prochain devant la cour d’Appel de Liège, qui décidera de l’avenir définitif du «frontisme national belge». Ce n’est qu’a l’issue de ce procès que l’ASBL Front national décidera d’accepter éventuellement des adhérents de l’ex-FN «réunifié», au cas par cas…

 

«Je rigole pendant qu'ils pleurent sur leur sort»
Chez Solidarité Unitaire (SU), nouveau «parti du centre» fondé tout récemment par trois démissionnaires de la direction du FN «réunifié» (), les ex-frontistes ne sont pas les bienvenus.

Sur un fil de commentaires du mur Facebook de Guy Farcy, les mésaventures des frontistes dits «réunifiés» ont donné lieu à un dialogue très instructif. Guy Farcy a été le conseiller idéologique et juridique du FN «réunifié» jusqu’en octobre dernier, depuis il est devenu le vice-président du parti Solidarité Unitaire. Extrait de ce dialogue totalement public :

  • Guy Farcy (suite au partage qu’il a fait sur son mur d’un article de presse reprenant les informations de RésistanceS.be annonçant la fin du FN belge) poste le commentaire suivant : «hé hé le F.N Belge a trop joué la carte extrémiste».
  • F.G (un autre ex-frontiste) répond : «Tu n'as plus qu'à les prendre chez S.U» et, «ils ont voulu jouer avec moi mais aujourd'hui, je rigole pendant qu'ils pleurent sur leur sort».  
  • Réponse de Sandra Latinis, la présidente de Solidarité Unitaire : «Il (n’) est pas question qu'ils viennent chez S.U».
  • F.G : «Même si GP te propose une petite gâterie ? ;-).
  • Guy Farcy : «Nous sommes intraitables sur ce point, aucun cadre du F.N ne sera accepté à S.U, ces personnes ont le groupe extrémiste Nation pour ramer les élections 2012 !».
  • Sandra Latinis : «Il (n’) est pas en position de proposer quoi que se soit».
  • F.G : «Mais Guy, qu'est-ce que je suis HEUREUX d'enfin lire ceci !! Que Nation est bel et bien un groupe néo-nazi. Lorsque je le disais, c'est limite si on ne me demandait pas de la fermer ...».
  • G. Farcy : «Nous l'avons avec Sandra souvent confirmé, notre démission était préparée depuis longtemps».
  • S. Latinis : «De toute façon, il ne faudrait pas oublier que S.U. est et restera un parti du centre!».
  • F.G : «Ce CHAO-BANG était de toute façon prévisible ... Ils n'ont plus qu'à aller pleurer chez CPJ (NDLR : Charles Petitjean) pour intégrer la Fédération Nationaliste Wallonne (NDLR : il s’agit au fait de la Fédération des nationalistes wallons)».
  • Le même : «Parti du centre, je veux bien mais pour éviter qu'il ne penche à droite ou à gauche, il y a intérêt à faire passer des castings à l'entrée !!».
  • La présidente de SU : «Tu peux me faire confiance c'est pas n'importe qui qui pourra rentrer, tu n'as pas eu l'occasion de me connaitre mais tu peux te renseigner».
  • F.G : «Je n'en doute absolument pas, je te fais confiance !».
    (ce fil de discussion a eu lieu ce vendredi 20 janvier 2012).

 

Persona non grata tant au Parti populaire qu’à Solidarité Unitaire, les ex-responsables du FN «réunifié» vont devoir, sans aucun doute, entamer une (infinie) traversé du désert… mais pas en direction du Sahara, il est trop peuplé d’Arabes et de musulmans !

Manuel ABRAMOWICZ

Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 22 janvier 2012.

 

 

 

 


Après 27 ans d’existence, Marine Le Pen souhaite mettre fin à l’histoire du Front national en Belgique !

 


INFO EXCLUSIVE
du web-journal
RésistanceS.be
Le 19 janvier 2012, les derniers responsables du Front national belge «réunifié» ont appris officiellement que Marine Le Pen, la présidente du FN français, avait mis fin à la convention qui les liait depuis avril 2011. Les frontistes de Belgique ne peuvent désormais plus utiliser le nom de son parti, ses initiales et son emblème. Le FN belge est-il pour autant totalement mort politiquement ?

Un dossier de RésistanceS.be, le web-journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite.  

Au sommaire de ce dossier :

 

Et dans les Archives de RésistanceS.be
 

 



En octobre 1988, devant le siège du Front national belge à Molenbeek-Saint-Jean. C’est dans cette commune bruxellois que le parti d’extrême droite, fondé trois ans plus tôt, fit élire son premier élu, lors des élections communales de la même année © Photo Manuel Abramowicz


 


Note de la rédaction
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