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RésistanceS 25-01-2009 |
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Les connexions avec l’extrême droite
Avec Paul Aulagnier (depuis lors victime d'une purge interne) et ses compagnons de croisades, la messe est bien dite, et pas seulement en latin, la langue usitée lors des offices religieux par ces traditionalistes. Un parfum bien idéologique se mélange aux dogmes catholiques les plus traditionnels ; et ce malgré les déclarations de bonnes intentions tenues à l’occasion d’interviews accordées aux médias. Avec le sourire en option, pour mieux masquer un discours rétrograde. A en croire ses représentants les plus illustres, la Fraternité en question serait «apolitique» et son message purement religieux. Info ou intox ? Un agglomérat intégriste
d'extrême droite Dans l’ombre des projecteurs, cette Fraternité, groupe religieux dissident de l’Eglise catholique de 1988 à 2009, tient un autre langage. Et expose sa vrai nature. Pour s’en convaincre, il suffit de se plonger dans ses écrits «intra muros». Ses orientations politiques sont alors très vite identifiables. Ils sont clairement situés à l’extrême droite de l’échiquier idéologique. Les principes élémentaires des droits de l’Homme et le système démocratique y sont royalement bannis. Fondée par un dignitaire religieux catholique en marge, monseigneur Marcel Lefebvre, la Fraternité Saint-Pie X est clairement liée à l’extrême droite. En Belgique, ses liens avec ceux qui rêvent comme elle d’instaurer un régime d’Ordre nouveau, remontent à son apparition chez nous, au début des années 1970. Ses dirigeants-fondateurs proviennent de plusieurs officines politico-religieuses de droite chrétienne. Intégrées dans l’extrême droite de l’époque, ces officines forment une véritable chaîne. On y trouvait par exemple : l’Ordre du Rouvre (créé par des étudiants de l’Université catholique de Louvain), la ligue anti-avortement Pro Vita, le «Bulletin indépendant d’Information Catholique» (BIDIC, apparu en 1965), les correspondants belges de la Cité catholique de Jean Ousset et du journal antisémite «Lectures françaises», les éditions du Baucens, les «Cahiers Européens-Belgique»…
En réalité, ces organisations et publications forment un même agglomérat intégriste agissant sous divers masques pour mieux tromper l’ennemi. Ensemble, sur différents fronts et visant différentes générations, leur objectif reste le renforcement des «forces nouvelles» pour sauver les valeurs de l’Occident chrétien. Durant près d’une décennie entière, un journal largement diffusé leur servira de tribune médiatique commune et de plaque tournante. C’est le «Le Nouvel Europe magazine», alors dirigé par Emile Lecerf, un ancien collaborateur de l’Institut culturel de la SS, durant l'occupation nazie de la Belgique. Dans ce journal, le lecteur pouvait se procurer par correspondance les livres de monseigneur Lefebvre et ceux de son «église». A la base de cette diffusion se trouvait 3A Diffusion. Cette maison d’édition wallonne publiait, au même moment, les discours politiques de Jean-Marie Le Pen et de Léon Degrelle, les chants de guerre des Phalanges libanaises ou ceux des jeunesses hitlériennes… Le responsable de 3A Diffusion, Arkady Arianoff (décédé le 5 décembre dernier), s’occupait par ailleurs de l’édition belge des «Cahiers Européens». Cette publication française néonazie était dirigée en France par François Duprat, le leader de la tendance radicale du Front national lepéniste et meneur du «mouvement» négationniste. Après son étrange assassinat, en 1978, ce nostalgique de l’Allemagne hitlérienne sera enterré par les bons soins de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, comme d'autres néofascistes... Comme ce bref rappel historique nous l’enseigne,
au cours des années, les connexions fraternelles entre ce courant
intégriste et l’extrême droite belge vont se renforcer.
Et quand le Front national va apparaître en Belgique, en 1985,
toujours à la recherche d’une expression politique pour
défendre ses intérêts, le clan lefebvriste va
lui apporter un soutien direct. Quelques exemples. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, les liens entre cette formation politique et la Fraternité sont, entre autres, entretenus via les activités culturelles organisées par «Racines et Civilisation», une association culturelle lefebvriste bruxelloise. Mais aussi via la ligue Pro Vita, le sommet de l’iceberg du lobby anti-IVG, dirigée par un fidèle de monseigneur Lefebvre qui s’était engagé dans la collaboration durant l’occupation nazie. En 1995, l’un des fils de Gérald Wailliez, Hugues, reçoit de Daniel Féret la vice-présidence du FN. Il est ensuite élu député fédéral aux élections législatives. D’autres élus frontistes sont également issus de la Fraternité. Pour sceller sa fidélité à l’Eglise dissidente lefebvriste, Daniel Féret, prêt à tout, va aussi participer personnellement à ses manifestations publiques. Malgré un mode de vie en total contradiction avec les valeurs d’ordre moral prônées par ces compagnons traditionalistes. Mais dans leur milieu, l’hypocrisie et l’opportunisme font bon ménage… Les intégristes fermeront les yeux sur les quelques «péchés» répétés de leur disciple Féret.
Par ailleurs, Daniel Féret n’est pas le seul atout politique des intégristes. D’autres militants d’extrême droite sont directement aux ordres des lefevbristes. C’est le cas d’un certain Alain Escada. Activiste politique de longue date, Escada s’illustre au fil des années comme l’un des principaux propagandistes d’ultradroite. Après un passage dans les rangs «belgicains», il lance en 1995 «Polémique-Info». Ce journal confidentiel ouvrira ses colonnes à plusieurs rédacteurs de l'extrême droite pure et dure. En 1995, avec le groupe néonazi l’Assaut (dans lequel il y a des sympathisants du lefebvrisme), Escada rejoint la direction du Front nouveau de Belgique (FNB) pour en devenir son porte-parole officiel. A la suite de divers conflits internes (et d’une plainte déposée au sujet d'une mauvaise gestion de «Polémique-Info»), le jeune lefebvriste quitte le FNB pour se rapprocher, à nouveau, du Front national de Daniel Féret. A plusieurs reprises, l'ex-patron de «Polémique-Info» se présentera comme un des porte-paroles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Ce fut le cas, en novembre 2001, lors de l’ouverture de son église Saint-Joseph, dans le quartier européen de Bruxelles. Dans le cadre de ses activités politico-religieuses, Alain Escada dirige encore l'association Belgique & Chrétienté. Via cette dernière, il tente de recruter des jeunes fidèles lefebvristes pour ses propres intérêts politiques. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde au sein de la FSSPX. «Formé à
l’école maurassienne» Pour en revenir à l’abbé Aulagnier, cité au début de cet article, en plus de l’expression de ses sentiments monarchistes antidémocratiques, il exprimait en septembre 2001, toujours dans «Polémique-Info», au moment où il dirigeait le district de Belgique de la FSSPX, sa fierté d’avoir été «formé à l’école maurassienne», du nom de Charles Maurras, l’idéologue du «nationalisme intégral», dont l’axe central est le racisme et l’antisémitisme. Manuel ABRAMOWICZ
© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 25 janvier 2009.
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Un dossier réalisé par Manuel ABRAMOWICZ
• A l'extrême droite de Dieu : introduction au dossier • Carte d’identité de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X • Les principes de base du lefebvrisme • Jean Ousset, le «penseur» du mouvement lefebvriste • Chronologie d’une histoire intégriste en Belgique (de 1969 à nos jours) • Les croisés de l’Occident chrétien en connexion avec l’extrême droite • La messe lefebvriste est dite pour les morts fascistes • Les lefebvristes dans le texte Lire également sur RésistanceS.be : • Charles
Maurras, père du «nationalisme intégral»
et modèle de Marcel Lefebvre •
Belgique & Chrétienté, dans le giron de la FSSPX • Messe
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