RésistanceS 25-01-2009

Honneur à l'Ordre nouveau


La messe lefebvriste est dite pour les morts fascistes


Dans son église parisienne, la Fraternité sacerdotale Sa int-Pie X organise des célébrations religieuses en l'honneur d'anciens dirigeants du fascisme européen de jadis, mais aussi pour des néonazis. Inventaire.


Des messes «en fidélité» ou «en l'honneur» ont été célébrées en l'église parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet pour :

Le Général Franco
Le dictateur espagnol, de 1939 à 1975, est un des modèles politiques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Le 29 novembre 2008, le Cercle franco-hispanique, fondé par un ancien militant du parti Ordre nouveau, à la base de la création en 1972 du Front national français, proposait encore une messe en l'honneur du général Franco dans l'église parisienne occupée par les lefebvristes.

Le dictateur Franco également modèle politique historique du groupe néonazi belge L'Assaut (1988-1993), ici en couverture de son mensuel du même non, numéro de décembre 1989 – Doc. : RésistanceS.be

 

José Antonio Primo de Rivera
Des messes en son honneur ont encore été célébrées, le 30 novembre 2007 et le 29 novembre 2008, dans l'église parisienne de la FSSPX, toujours sous l'égide du Cercle franco-hispanique. José Antonio Primo de Rivera fut le chef national de la Falange Espanola de la JONS, le parti fasciste des années 1930 et pilier de la dictature franquiste.

Francisco Franco Bahamonde
«Chef d'Etat et Généralissime» de l'armée espagnole à l'époque franquiste, il est décédé à Madrid le 20 novembre 1975. Une messe en son honneur eut lieu le 30 novembre 2007 en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. A l'initiative de celle-ci : à nouveau le Cercle franco-hispanique.


L'«écrivain-fasciste» et négationniste français Maurice Bardèche (à droite) avec son ami flamand Karel Dillen, le fondateur du Vlaams Blok/Belang – Doc. : Archives Hugo Gijsels

Maurice Bardèche
Pronazi français, il va devenir après la guerre l'un des plus importants idéologues du néofascisme européen. Il fut également un négationniste acharné. En 1948, Maurice Bardèche publie «Nuremberg ou la Terre promise», un livre considéré comme le premier ouvrage visant à nier le génocide des Juifs commis par les hitlériens. Bardèche diffusera sa «pensée politique» dans «Défense de l'Occident», la revue de réflexion politique qu'il avait fondée en 1952 et qu'il dirigera jusqu'a sa disparition définitive en 1982. Sa revue favorisa l'unification de l'extrême droite française groupusculaire dans le Front national en 1972. Suite à sa mort le 30 juillet 1998, une messe en l'honneur de Maurice Bardèche eut lieu le 12 septembre 1998 en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Henri Coston, l'un des plus grands publicistes antisémites d'après-Guerre – Doc. photo. : RésistanceS.be

Henri Coston
Antisémite des années 1930 jusqu'à son décès, il fut un collaborateur très actif dans la «chasse aux Juifs» durant l'occupation nazie de la France. Catholique traditionaliste, Henri Coston anima après la guerre 40-45 la mouvance national-catholique et théorisa diverses «thèses complotistes» nourrissant ainsi les fantasmes de l'extrême droite voyant la «haute finance vagabonde et anonyme» (les Juifs) partout. Lors de sa disparition, le 27 juillet 2001, des hommages lui seront également rendus, en Belgique, dans «Polémique-Info», journal d'Alain Escada, l'actuel dirigeant de l'association Belgique & Chrétienté, et fidèle de la Fraternité lefebvriste, et dans «Nation-Info», le mensuel du mouvement «identitaire» Nation, dont le dirigeant-fondateur est l'ancien leader du groupe néonazi L'Assaut.

Paul Touvier
Un des plus illustres collaborateurs français, il a entre autres été un des chefs régionaux de la Milice, force militaro-policière du régime dictatorial de Vichy et au service des nazis. Paul Touvier participe alors activement à la lutte contre les résistants et à la persécution des Juifs qui se cachent pour éviter la déportation vers les camps de la mort. Après la débâcle nazie, il va passer en clandestinité avec le soutien d'un réseau d'entraide catholique traditionaliste. L'ex-dirigeant milicien n'est arrêté qu'en 1989. Il se trouvait alors à Nice, dans un prieuré proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Conduit devant les tribunaux en 1994, il a été le premier Français condamné pour crimes contre l'humanité. Il mourut le 17 juillet 1996 à la prison de Fresnes. Huit jours plus tard, une messe sera célébrée en son honneur en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

François Duprat
Idéologue français des néofascistes et autres néonazis négationnistes européens, François Duprat devient, dans les années 1970, le «numéro deux» du Front national français de Jean-Marie Le Pen, mais aussi le leader de son courant radical. Depuis son mystérieux assassinat, en 1978, il est toujours vénéré par l'extrême droite, belge comprise. François Duprat a été enterré selon le rite traditionaliste des lefebvristes, à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Manuel ABRAMOWICZ

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 25 janvier 2009.

 

 

Un dossier réalisé par Manuel ABRAMOWICZ


Sommaire

A l'extrême droite de Dieu : introduction au dossier

Carte d’identité de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X

Les principes de base du lefebvrisme

Jean Ousset, le «penseur» du mouvement lefebvriste

Chronologie d’une histoire intégriste en Belgique (de 1969 à nos jours)

Les croisés de l’Occident chrétien en connexion avec l’extrême droite

La messe lefebvriste est dite pour les morts fascistes

Les lefebvristes dans le texte


Lire également sur RésistanceS.be :

Le retour des fous de Dieu…

Charles Maurras, père du «nationalisme intégral» et modèle de Marcel Lefebvre

Belgique & Chrétienté, dans le giron de la FSSPX

Messe lefebvriste pour le néonazi François Duprat


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Avec en communication : «25-01-2009»

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Affiche de RésistanceS, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS 2008